Glen Hughes – Chosen

 

Le bassiste-chanteur accompli surnommé ″ The Voice of Rock ″ n’avait rien produit depuis Resonate paru en 2016. Neuf ans que nous n’avions pas entendu de nouvel album solo de la part de Glenn Hughes. Impossible de lui en vouloir. Il avait un mot d’excuse justifiant d’une étroite et prenante collaboration avec Black Country Communion et The Dead Daisies. Chosen arrive donc à point nommé pour remettre les pendules à l’heure. L’ex-Deep Purple nous gratifie de dix titres vintage à souhait, dans la plus pure tradition d’un heavy rock porté par une voix toujours aussi impeccable et un jeu de basse souverain. Très classique dans sa conception mais hélas sans réelle surprise ou originalité, cette nouvelle production offre néanmoins une redoutable efficacité. On ne la fait pas à un briscard de 74 balais. Glenn Hughes le prouve en s’adjugeant la présence de pointures, celle notamment de Soren Andersen, le guitariste virtuose qui enchaine phrasés et riffs de haut niveau. Malheureusement, impossible d’échapper à Come and Go, la ballade ampoulée mélodramatique à souhait. Dommage!

Dommage aussi que pas un seul titre – à part peut-être en cherchant bien et après plusieurs écoutes – Voice in My Head ou Black Cat Moan – ne se détache vraiment d’un album somme toute bien léché, homogène et agréable à écouter.
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Patrick BETAILLE, octobre 2025

Le lundi c’est permis – Rideaux

© Photo: Dennis Publishing Inc

 


[Julien Green]: ″ La pénombre de la chambre ne lui seyait pas; elle alla vers la fenêtre et d’un seul coup écarta les rideaux – Dim light in the room did not suit her; she went to the window and suddenly drew back the curtains.


Patrick BETAILLE, octobre 2025

Bon Jovi -Slippery When Wet

 

[Extrait]: Au milieu des années 80, le hard FM se caractérise par une déferlante populaire et mondiale au cœur de laquelle surfent allègrement les Iron Maiden, Van Halen, Europe, Def Leppard et consort. À la fin de cette décennie, c’est Bon Jovi qui devient la référence absolue de ce glam metal qui arbore futals moul’ boul’ et tignasses peroxydées à la mode MTV.
Formé en 1983 et emmené par Jon Bon Jovi, le groupe américain sort son troisième album le 18 août 1986. Slippery When Wet interpelle à cause de son titre ambigu [glissant quand c’est mouillé] et de son gros plan sur une jeune femme à forte poitrine vêtue d’un tee-shirt mouillé et moulant. Jugée sexiste et provocatrice, la photo de Mark Weiss sera remplacée par celle d’une vitre humide et embuée sur laquelle le titre de l’album est tracé à la main. Dixit Jon à l’époque, ″ ce disque devra être un tournant décisif dans la carrière du groupe ″. Il le sera en devenant la plus grosse affaire de l’année 1987 avec 17 millions d’exemplaires écoulés.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, octobre  2025

Michael Schenker – D’ont Sell Your Soul

 

Dès ses débuts d’adolescent prodige avec Scorpions et son passage remarqué au sein de UFO, Michael Schenker n’a jamais fait de compromis. En fondant le Michael Schenker Group en 1979, il a marqué de son empreinte un hard rock bien léché au point de devenir une référence pour bon nombre de guitaristes inspirés par les riffs efficaces et les solos ravageurs du virtuose.
Près de cinquante ans après la création de MSG, vient un disque cohérent et sincère qui séduira les fans et rappellera que, au delà des modes, la flamme brûle toujours. Nous voilà rassurés car cette nouvelle production studio respire la passion d’un artiste septuagénaire qui ne se s’est jamais compromis. Là où certains espéraient des prises de risques, le teuton choisit la continuité, quitte à prendre le risque de parfois
paraitre prévisible. Don’t Sell Your Soul n’est pas un disque révolutionnaire, mais il incarne parfaitement ce que Michael Schenker a toujours été: un musicien besogneux, fidèle à son art et à ses Gibson Flying V.
Étayés par un line-up zélé, les onze titres combinent énergie brute et mélodies solides portées par la voix puissante de l’ex Skid Raw: Erik Grönwall. Quant au jeu de Michael, il est toujours aussi précis et inspiré, empreint du mordant harmonique et de la maîtrise technique qui ont toujours été dans son ADN.
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Patrick BETAILLE, octobre 2025

 

Mick Jagger – Aston Martin DB6

© Photo Mick Jagger: Gered Mankowitz

 


Même si Mick Jagger n’est pas un collectionneur compulsif, il a possédé de nombreuses voitures. Des Rolls-Royce – dont une Silver Shadow, une Silver Wraith et une Phantom dorée – quelques Morgan qu’il adorait conduire et de nombreuses Bentley Continental.


Au cours des sixties, la British Invasion bat son plein en envahissant l’imaginaire des adolescents. C’est l’époque au cours de laquelle les musiciens de rock en vogue aiment s’afficher au volant de voitures remarquables. Aston Martin est également au sommet de son art avec une voiture de sport performante, stylée et récemment lancée: la DB6.
À l’été 1968, Mick Jagger, alors âgé de 22 ans, s’offre ce modèle en version bleu nuit. La photographie prise par Gered Mankowitz, immortalise le chanteur des Rolling Stones nonchalamment assis sur les pavés d’un quartier proche de Baker Street à Londres, devant sa récente acquisition. ″ Je l’ai achetée lorsque l’album Beggars Banquet a rencontré le succès partout dans le monde. En deux ans, nous avons gagné plus d’argent que nous n’aurions jamais pu l’imaginer, et nous en avons dépensé des tonnes en fêtes et en excès. Je me souviens bien de cette voiture car c’était ma façon de dire à ma famille que j’avais enfin franchi un cap et que j’étais indépendant ″.

Patrick BETAILLE,  octobre 2025

Le lundi c’est permis – Look

© Source Image: WallHere

 


[Catherine Zeta-Jones]: ″ It’s true, I don’t like the whole cutoff-shorts and Tshirt look, but I think you can look fantastic in casual clothes – C’est vrai, je n’aime pas trop le look short coupé et t-shirt, mais je pense qu’on peut être superbe en tenue décontractée.


Patrick BETAILLE, octobre 2025

 Eddie Adams – Nguyen Van Lem

© Photo: Wikimedia Commons: Eddie Adams – Associated Press

 

En 1968, le photojournaliste américain Eddie Adams couvre la guerre du Vietnam pour le compte de Associated Press. Le premier février dans une rue de Saigon et alors qu’il pense assister à une technique d’intimidation, il est le témoin d’une exécution sommaire. Nguyen Ngọc Loan, le chef de la police du Sud Viêt Nam, tire une balle dans la tête d’un prisonnier Viêt-Cong: le capitaine Nguyen Van Lem.
Ce cliché fit le tour du monde et obtint en 1969 le prix Pulitzer. Eddie Adams déclara alors: ″ Deux personnes sont mortes sur ce cliché. Le colonel a tué le prisonnier, j’ai tué le colonel avec mon appareil photo ″.

Un cameraman de NBC également présent sur les lieux a filmé la scène. Bien que diffusée sur la chaine le 2 février à une heure de grande écoute, la vidéo de quelques secondes a eu beaucoup moins d’impact dans le monde que la photo elle même. 

Patrick BETAILLE, octobre 2025

Christone Ingram – Hard Road

 

C’est incontestable, Christone ″ Kingfish ″ Ingram est l’un des guitaristes les plus doués de sa génération. Adoubé par Keb’ Mo et Buddy Guy il est l’avenir d’un blues moderne solidement ancré dans le delta du Mississippi et jusqu’alors brillamment promu par Alligator Records. Kingfish a néanmoins décidé d’aller de l’avant en s’émancipant de la tutelle de la prestigieuse maison de disques et fonder son propre label: Red Zero Records. Changement de cap donc, avec à la clef un tournant significatif témoignant de l’étendue de la vision et du talent du jeune prodige de 26 ans. Hard Road, son nouvel album, est un pari; celui d’établir un pont entre tradition et modernité. Du blues classique (Memphis) au blues rock puissant (Cosses, S.S.S.) en passant par  l’audace du funk (Truth et Bad Like Me) et la magie de la soul (Nothin’ But Your Love, Standing on Business et Clearly), le natif de Clarksdale poursuit une croisade consistant à perpétuer l’esprit du blues dans une nouvelle dimension. Quel que soit le genre, sa guitare s’épanche avec la voracité d’un alligator irascible. La fureur syncopée de Back To L.A donnerait à n’importe quel guitariste l’envie de réduire son instrument à l’état de petit bois. Plus flamboyant encore, le renversant Voodoo Charm achèvera de séduire les nostalgiques du gaucher de Seattle. 

Avec Hard Road, Christone Ingram apporte avec panache et brio une preuve supplémentaire qu’il détient la force indispensable pour porter le flambeau du blues.

Patrick BETAILLE, Octobre 2025

Gibson ES 345 – Lost to the Future

© Screenshot: Retour Vers le Futur


Doc! C’est une catastrophe! Ma Gibson 345 a disparu! – Nom de Zeus Marty! Prenons la DeLorean, convecteur temporel calé sur 2025! Nous allons retrouver la Cherry Red!


Flashback sur ce moment de 1955. Au cours du bal de fin d’année du lycée de Hill Valley, un adolescent monte sur la scène, prend une guitare et lance à l’orchestre : ″ Ok les gars, on va jouer un blues en Si. Regardez moi pour les changements et essayez de suivre ok?! ″ Riff d’intro sur deux cordes, solo survolté, Duckwalk et tapping devant un public médusé qui découvre le rock’n’roll avec Johnny B. Goode. En coulisse Marvin Berry téléphone: ″ Hey Chuck! C’est Marvin! Marvin Berry ton cousin! Tu m’as dit que tu cherchais un son nouveau hein?! Bon, alors écoute ça! ″.

La mythique Gibson ES-345 Cherry Red sur laquelle Marty joue dans le film Retour Vers le Futur a disparu après le tournage en 1985 et personne ne sait ce qu’est devenu l’instrument. Quarante ans plus tard, l’équipe du film est bien déterminée à la retrouver. Pour tenter de remettre la main sur cette guitare, les acteurs de la trilogie et le fabricant Gibson ont lancé un avis de recherche mondial via une campagne baptisée Lost to the Future: ″ Si vous savez où elle est, écrivez-nous! implore Michael J. Fox, l’acteur qui joue le rôle de Marty McFly.

Patrick BETAILLE, octobre 2025

Le lundi c’est permis – Bas

© Photo: Flickr/Alcide Sarin

 


[Alain Bremond Torrent. Romancier anglais]: ″ Girls with stockings, they know how to make the atmosphere nice – Les filles qui portent des bas, elles savent comment rendre l’ambiance agréable. 


Patrick BETAILLE, octobre 2025