Salman Rushdie – Kalach’

© Photo: The Eye of Photography

 


[Salman Rushdie – 2015]: ″ Religious radicalism radiates a form of glamour. Give a penniless, jobless young person a Kalashnikov and a uniform, and suddenly you’re giving power to someone who feels vulnerable and disadvantaged ″.

Le radicalisme religieux irradie une forme de séduction. Offrez une kalachnikov et un uniforme à un jeune sans le sou, sans emploi, et soudain vous donnez un pouvoir à celui qui se sent vulnérable et défavorisé ″.


Patrick BETAILLE, août 2023

The Hives – The Death of Randy Fitzsimmons

 

Une petite explication nécessaire quant au titre du dernier albums de The Hives. Depuis bien longtemps tous les membres du groupe suédois prétendent auprès de qui veut l’entendre que toutes leurs compositions sont le fait d’un seul et même individu, un certain Randy Fitzsimmons. Le visuel et le titre du sixième opus du gang aquavité semble donc annoncer la mise en bière de ce mystérieux personnage. Énième coup de com? Je vous laisse mener l’enquête, moi j’ai pas le temps, je suis encore très occupé par l’hypothétique mort de McCartney.

Ceci étant, ce nouvel opus dont les 12 titres sont signés The Hives, est une excellente surprise. Après10 ans d’absence discographique, quel bonheur de constater que le quintet est lui bien vivant et que la magie opère toujours. Mode On/Off, pied au plancher, pas de temps à perdre et, pour le prouver, une grande claque avec guère plus de 30 minutes de délires soniques. Seuls Bogus Operandi et What Did I Ever Do to You? dépassent les 3 minutes, les autres salves oscillant autour des 120 secondes, sauf pour Trapdoor Solution et Step Out of the Way qui plafonnent à peine au dessus de la minute.

Musicalement, The Death of Randy Fitzsimmons sonne remarquablement pour un groupe qui a (déjà?) 30 ans de carrière derrière lui et qui nous offre un mélange frénétique de savoir-faire, de spontanéité, d’expérience, d’énergie et surtout d’excitation qui tend à prouver que ″ rock’ n’ roll is still alive and well ″ et que ″ punk is not dead ″. Punks ou rockers The Hives? Je vous laisse réfléchir. moi j’ai pas le temps, je suis très occupé par la maîtrise d’une soudaine turgescence.

Patrick BETAILLE, août 2023

The Beach Boys – Good Vibrations

 

[Extrait]: En 1956, à Los Angeles et, plus précisément, sur Melrose Avenue, Dorinda morgan et son mari Hite fondent Guild, une maison d’édition musicale et un petit studio destiné à l’enregistrement de démos. Parmi leurs signatures, un dénommé Murry Wilson qui fait le forcing auprès du couple pour que soit auditionné The Penseltones, le groupe de ses trois fils, Brian, Carl et Denis…
Brian Wilson propose une composition basée sur le Sweet Little Sixteen de Chuck Berry et qui fleure bon le soleil, la plage et les filles. Le groupe revient en studio et, avec la voix de leur cousin Mike Love, met en boite la démo d’un premier single. Les Beach Boys étaient nés. Tout s’enchaîne très vite, notamment avec la signature d’un contrat chez Capitol. Le groupe enregistre Surfin’ Safari un premier LP publié à l’automne 1962. Le succès est instantané et entraîne cinq mois plus tard Surfin’ USA, le deuxième album enregistré en moins de trente jours. Les hits se succèdent et les tournées s’enchaînent à une cadence infernale. Brian Wilson, leader et principal auteur supporte de moins en moins cette ″ Surfmania ″ qui hystérise les foules et la pression qui exige de la formation qu’elle soit la seule susceptible de mettre fin à la ″ Beatlemania ″ sur le sol américain… Les premiers signes de déséquilibre mental apparaissent… Il s’isole dans sa chambre, se met à boire et sombre dans une profonde dépression… Sous l’influence de drogues diverses, Wilson monte son propre studio et commence à travailler sur un nouveau projet…

Obsédé par le succès phénoménal du Revolver des ″ Fab Four ″, il veut faire plus et encore mieux avec Smile, un disque introspectif, complexe et tellement ambitieux que sa sortie est sans cesse reportée. De plus en plus malmené par l’alcool et les drogues, obèse, hirsute, Wilson sombre dans la folie…
Sous la pression et dans un moment de lucidité, le compositeur accepte finalement de livrer un extrait rescapé du naufrage de Smile. Good Vibrations sort en single en octobre 1966. C’est l’enregistrement le plus coûteux de l’histoire de la musique : 50 000 dollars pour ce titre dont la mise en œuvre a nécessité 22 sessions réparties dans quatre studios différents…
Hymne emblématique de la contre-culture des sixties, la chanson amorce un retour en grâce des Beach Boys…
Good Vibrations sera classée sixième meilleure chanson de tous les temps selon le magazine Rolling Stone et quatrième par le site Acclaimed Music. Elle recevra aussi le Grammy Hall of Fame Award en 1994.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Le Lundi c’est Permis – Saxo

Candy Dufler From Sreenshot Masterfunk on TV

[Emil Cioran, philosophe]: ″ À quoi bon fréquenter Platon, quand un saxophone peut aussi bien nous faire entrevoir un autre monde? –  Why would we get involved with Plato, when a saxophone can give us a glimpse of another world? ″.


Patrick BETAILLE, juillet 2023

Elvis Presley – That’s All Right

 

[Extrait]: Pas facile d’attirer l’attention d’un patron de maison de disques dont l’activité principale consiste à produire des musiciens de blues comme Howlin’ Wolf ou B.B. King et qui, de surcroît, déclare à qui veut l’entendre : ″ Si un jour, je trouve un blanc qui chante comme un noir alors je serai riche ! ″.

Après plusieurs tentatives infructueuses, le timide Elvis Presley parvient tout de même à se faire admettre dans l’antre de Sun Records et Sam Philipps consent enfin à donner une chance à Elvis et lui alloue les services du guitariste Scotty Moore et du contrebassiste Bill Black pour un essai dans ses locaux de Memphis. Peu enthousiasmé par ce qu’il entend (essentiellement des ballades country), Sam dresse pourtant l’oreille alors qu’il surprend les musiciens qui, au cours d’une pause, font les pitres en mettant à leur sauce un blues d’Arthur Crudup : That’s All Right (Mama)….

Accompagné de sa guitare, Elvis chante avec des intonations hillbilly et se déhanche en gesticulant sur un rythme soutenu. Le titre abrégé en That’s All Right est validé pour figurer en face A du 45 tours à venir. Pour la face B il est décidé de graver Blue Moon of Kentucky, un bluegrass de Bill Monroe.
Le single sort le 19 juillet 1954. Un DJ local influent le diffuse et interviewe l’artiste. le succès est au rendez-vous pour Elvis. Sous le nom des Blue Moon Boys, Presley, Moore et Black tournent dans tout le sud des Etats-Unis. Sur scène Elvis est de plus en plus provoquant et suggestif, nourrissant la colère des ligues de moralité sudistes qui cherchent à faire interdire le groupe qui, d’après elles, pervertit la jeunesse. Le chanteur, désormais affublé du surnom de ″ Pelvis ″ (le Bassin), trouve pourtant un écho très favorable auprès des adolescents. Malgré cet engouement, Sam Phillips a du mal a dégager des bénéfices avec les tournées des Blue Moon Boys. Aussi, décide t’il de vendre le contrat à Tom Parker qui parvient à faire engager le chanteur par RCA. Celui que l’on surnomme  le ″ Colonel ″ s’octroie la fonction de manager exclusif de l’idole qui devient la star nationale des antennes de radios et des émissions de télévision populaires…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, juillet 2023

David McWilliams – The Days of Pearly Spencer

[Extrait]: Sans être proche de l’IRA, cet auteur-compositeur nord-irlandais né à Belfast était toutefois fervent partisan d’une réunification de l’Irlande et il aimait être reconnu en tant qu’irlandais plutôt qu’en tant que citoyen britannique. Mais ce ne sont pourtant pas ses convictions politiques qui vont révéler David McWilliams qui passera de l’ombre à la lumière en interprétant un succès sans lendemain.

À l’origine Days of Pearly Spencer est une ballade folk dont les paroles inspirées par la pauvreté et le désespoir racontent l’histoire de Pearly, un indigent vivant dans le dénuement le plus complet…

Lors de l’enregistrement, le producteur-arrangeur Mike Leander. connu pour être à l’origine de la partie cordes de As Tears Go By des Rolling Stones, accélère le tempo en ajoutant un accompagnement orchestral de violons spécialement composé pour la circonstance. Par ailleurs, la voix de McWilliams est enregistrée via un mégaphone destiné à renforcer la dramaturgie du texte. Cette combinaison aussi étrange qu’originale est une réussite sur laquelle Solomon compte bien thésauriser… Relayé sur toutes les ondes d’Europe continentale, le morceau du troubadour de l’Ulster y rencontre un énorme succès, surtout en France où il est N°1…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Lio – Pop Model

© Costa Kekemenis

Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos connaît son premier succès en 1979 avec Banana Split. Mademoiselle a alors seize ans, et se produit sous le nom de Lio. [NDLR avouez quand même que c’est plus facile à retenir et à caser sur une pochette de disque, à fortiori s’agissant d’un 45 tours].

Sorti en 1986, Pop Model est le quatrième opus studio de la chanteuse. Grâce à  Les Brunes ne Compte pas pour des Prunes et Fallait pas Commencer, l’album se vend à plus de 100 000 exemplaires. Disque d’or, il marque le retour de la lolita sur le devant de la scène et fait pas mal de bruit à cause de sa pochette.

Sur une idée du designer Esteban – inspirée par la ″ Red Girl ″, œuvre du pop artiste Allen Jones – c’est Costa Kekemenis qui s’occupe de la photographie. Couleurs vives, dessous chics face nord pour le recto et fesses sud pour le verso, difficile de louper ce cover art tapageur et suggestif devant lequel beaucoup se sont retrouvés plus excités que des acariens au salon de la moquette. Bien que trouvant le visuel plutôt approprié, Lio exprimera néanmoins des sentiments mitigés à l’égard du fétichisme et du concept de femme-objet que Jones met en avant au travers de ses œuvres.

En 2018, dans son émission Quotidien, Yann Barthès interviewe l’artiste et revient sur l’album en question en le présentant à la caméra: ″ Je me suis toujours demandé si c’était vous! ″.  Réponse de la Pop Model: ″ Je confirme, c’est moi. C’est absolument moi et la petite culotte est en cuir si vous voulez savoir! ″. Voilà qui est dit, maintenant on sait!

 

Rolling Stones – (I Can’t Get No) Satisfaction

 

[Extrait]: Glen Snoddy était loin de se douter que sans lui la face du rock aurait été changée. En 1961, lors d’un enregistrement à Nashville, cet ingénieur du son est à la manœuvre pour peaufiner les réglages de sa console. Soudain, accidentellement, il constate qu’une défaillance technique génère un son saturé en provenance de la guitare électrique d’un musicien du studio.
Intrigué et séduit, le technicien décide de créer un circuit électronique destiné à reproduire cette anomalie sonore. L’effet Fuzz vient d’être inventé ! Snoddy se rend alors chez Gibson qui, sans grande conviction, lance en 1962 la pédale d’effet Maestro FZ1 Fuzztone, également appelée Fuzzbox. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais Non !
En 1965, les Rolling Stones sont en tournée aux Etats-Unis et le 12 mai et entrent dans les studios RCA à Hollywood. Ils arrivent de Chicago où – en tant qu’inconditionnels de blues – ils ont enregistré quelques titres, dont une composition de Keith Richards : (I Can’t Get No) Satisfaction. L’endroit où est né le riff a fait l’objet de nombreuses supputations mais l’histoire raconte que Keith en a eu l’idée durant son sommeil.

Chez RCA les Stones se remettent au boulot et travaillent sur une nouvelle mouture de Satisfaction. Le tempo est accéléré et surtout ″ Keef ″ accepte d’utiliser la Maestro FZ-1 Fuzz Tone de Gibson. Les paroles de Mick Jagger évoquent les travers de l’Amérique illustrés par la démarche d’un homme en quête d’authenticité mais incapable de l’atteindre à cause de la société de consommation…
Malgré les réticences de Richards, le single sort le 6 juin 1965 aux USA où il atteint la première place en Juillet, et le 26 août au Royaume-Uni. Grâce à ces cinq notes qui ont secoué le monde, le titre a été classé deuxième plus grande chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone, derrière… Like a Rolling Stone de Bob Dylan. Du coup, Les Pierres Qui Roulent remettront le couvert dans ce studio pour Paint It Black, Get Off My Cloud, Let’s Spend The Night Together et 19th Nervous breakdown. Quant à Gibson, le succès de sa Fuzzbox est désormais établi. Beaucoup de d’artistes vont désormais utiliser l’effet magique ; que ce soit dans le rock classique, le blues, le garage rock ou le rock psychédélique. Rien Qu’un Seul Mot ! C’est avec cette adaptation qu’en 1965 ″ Schmoll ″ n’a pas obtenu… Satisfaction !


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Phil Travers – The Moody Blues

 

[Extrait]: Phil Travers a travaillé deux années pour le label Decca avant d’être contacté par les Moody Blues pour réaliser l’illustration de leur album In Search Of the Lost Chord (1968). L’artiste restera le designer attitré du groupe jusqu’à Seventh Sojourn en 1972. La pochette de l’album A Question Of Balance paru en 1970 reste sans conteste l’une de ses plus belles réussites…
Une fois n’est pas coutume, le gatefold s’ouvre et se regarde de haut en bas. Des vacanciers se prélassent sur la plage qui borde une mer bleue et paisible alors qu’à l’horizon, un cyclone habité de scènes allégoriques se fait très menaçant. Sur le montage de la composition un homme brandit un revolver. Cette image provient du National Geographic. Suite à une plainte déposée par le magazine, Decca se voit contraint de rappeler les premiers exemplaires déjà en circulation. Pour les éditions suivantes, la tête du personnage sera légèrement modifiée et coiffée d’un casque colonial.


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👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, juillet 2023

The Byrds – Mr. Tambourine Man

 

[Extrait]: Le 20 janvier 1965, The Byrds entrent aux studios Columbia de Los Angeles. Trois voix s’accordent à merveille, celles de Roger McGuinn, Gene Clark et David Crosby. Fasciné par les Beatles, le trio met au point sa propre version d’un titre de Bob Dylan apparue sur son album Bringing It All Back Home et sorti la même année : Mr. Tambourine Man. Électrisée par les guitares de McGuinn et Crosby, cette version n’intègre que le deuxième couplet de l’originale qui en comporte cinq. Columbia est emballée par la démo – véritable synthèse entre le folk du ″ Zimm ″ et la pop des ″ Fab Four ″ – et signe le groupe immédiatement. La maison de disques fait appel au Wrecking Crew, une équipe de requins de studio (entre autres, Leon Russel au piano), pour assurer le coup. Seul McGuinn a le droit de faire sonner sa Rickenbacker 12 cordes…

Beaucoup interprètent les lyrics comme un hymne à la drogue évoquant les premières prises de LSD de Dylan. Le ″ Tambourine Man ″ serait un trafiquant de drogue et ″ play a song for me ″ signifierait donne-moi un joint. Théorie basée sur le fait que les paroles de chansons étaient à l’époque sous surveillance étroite et souvent censurées. Les musiciens s’ingéniaient donc à délivrer des massages sur des sujets sensibles en utilisant des codes souvent alambiqués…
Enregistré en janvier 1965, le single atteint la première place du Billboard Hot 100 peu de temps après sa sortie en single le 12 avril. Mr. Tambourine Man a chamboulé le monde de la musique, convaincu Dylan de passer à l’électrique, et surtout, installé le groupe californien au pinacle d’un genre nouveau : le folk-rock…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

Patrick BETAILLE, juillet 2023