Philippe Brossat – Streets of Los Angeles

 

Généralement, Il existe des moyens somme toute classiques – mais qui ont fait leurs preuves – pour raconter l’histoire du rock. Ce ne sont pas les biographies d’artistes ou de groupes qui manquent. Souvent accompagnées de témoignages, d’anecdotes, de faits avérés ou légendaires, avec en toile de fond les lieux, les tournées, la scène, les backstages, les maisons de disques, les studios, les amours etc; elles racontent les errances de ces musiciens qui ont nourri les pages de la musique populaire.

Philippe Brossat, lui, fait le choix de la cartographie, celle de Los Angeles, haut lieu du cinéma mais aussi temple de la culture musicale. Pour son Streets of Los Angeles, l’auteur se met en mode Guide du Routard et nous emmène visiter des endroits plus ou moins connus, théâtres d’évènements heureux, cocasses ou dramatiques, de rencontres, d’albums mythiques, de carrières fulgurantes mais aussi de déchéances qui ont marqué durablement l’histoire du rock.

La visite commence par le Continental Hyatt dans les couloirs duquel John Bonham se baladait en Harley Davidson à l’époque où Led Zeppelin en tournée louait les six derniers étages. Keith Moon et Keith Richard, eux, préféraient balancer des téléviseurs par les fenêtres; Axl Rose y cuisait des steaks au barbeuk sur le balcon de sa chambre, Jim Morrison escaladait la façade du bâtiment et Corey Taylor loupait son suicide en sautant du huitième étage. Cap sur le Château Marmont, le quartier général de quelques stars comme Robert Plant où John Belushi qui a trouvé la mort dans l’un des bungalows jouxtant le bâtiment. Quelques numéros plus loin, le London Frog, club dans lequel les Doors se produisirent sur scène pour la première fois. En route pour les studios Columbia où furent enregistrés les premiers albums des Byrds et de Buffalo Springfield; pour le Troubadour où défilèrent Joni Mitchell, David Crosby, Jackson Browne ou encore Elton John pour son premier concert sur le sol américain. Un peu plus loin, Radio Recorders. C’est là qu’ Elvis Presley a enregistré Jailhouse Rock.

Au fil des 288 pages, on passe de Laurel Canyon – où vécurent Neil Young, Frank Zappa, les Eagles et The Mamas & The Papas – aux environs de la Santa Monica Freeway où Marvin Gaye fut assassiné par son père. On peut aussi décider de flâner sur Santa Monica Boulevard là où Janis Joplin sera retrouvée morte d’une overdose dans la chambre 105 du Landmark Hotel et où Jim Morrison pissa sur le comptoir du Barney’s Beanery, bar dans lequel Quentin Tarantino écrira plus tard le script de Pulp Fiction.  Mais le visiteur est également bien accueilli dans le saint des saint, le Guitar Center sur le parvis duquel les mains de guitaristes (AC/DC, Van Halen, Motörhead, Zappa, etc;) sont imprégnées dans le ciment. Quant à Jimi Hendrix, il a carrément son effigie en façade. Sans oublier une véritable catastrophe pour le monde de la musique. Celle de l’incendie d’un entrepôt situé près du parc d’attractions Universal, hangar anonyme dans lequel étaient stockés certains masters originaux de Chuck Berry, Bill Haley, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, B.B. King, Police, Iggy Pop, Elton John, etc; etc. 

Truffé de tranches de vies et de références indispensables à la compréhension du monde du rock, ce trip sans Gps dans la Cité des Anges est historiquement étonnant, culturellement savoureux, et donc, nécessaire. Édité par Le Mot et le Reste, Streets of Los Angeles est actuellement diponible partout et même ailleurs.

Patrick BETAILLE, juillet 2023

 

Willy Ronis – Le Petit Parisien

© Willy Ronis

 

[ Source France Info ]: Selon Willy Ronis, ce cliché est le seul pour lequel il a demandé à son modèle de se mettre en scène. Le petit Parisien avec sa baguette dans les rues de Paris, c’est Jean Brosseron. A l’époque, en 1952, il avait 5 ans. Aujourd’hui, il se souvient comme si c’était hier que le photographe lui avait demandé de courir en sortant de la boulangerie. ″ Ravi de rendre service et de faire l’intéressant, j’ai couru avec ma baguette. Le monsieur a pris ses photos et ensuite, je suis rentré chez moi. Très fier, je l’ai dit à ma mère, mais elle ne m’a pas cru et m’a répondu : et moi, je suis la reine d’Angleterre ″ raconte, amusé, le septuagénaire.

Patrick BETAILLE, juillet 2023

Festival BD de Dieppe – Le Décolleté de Marie

© Jim

 

Une robe à peine décolletée a fait réagir la municipalité de gauche de Dieppe qui a fait rajouter des livres sur ce dessin de Jim, l’invité d’honneur du festival de la bande dessinée et auteur de Une Nuit à Rome qui met en scène en scène Marie et Raphaël, amants de 20 ans qui se promettent de se revoir à Rome pour leurs 40 ans. C’est donc tout naturellement que l’héroïne figure sur l’affiche destinée à promouvoir l’événement culturel. Voici donc Marie, accoudée sur des piles de livres avec en arrière plan l’église Saint-Jacques. Au prétexte que s’agissant d’annoncer un événement qui touche tous les publics, la mairie communiste a pensé que ″ la représentation d’une jeune femme en pose lascive, avec un décolleté même discret, n’entrait pas dans la vision qu’elle se fait de la lutte contre les discriminations « . Sans consulter ni faire appel aux services de l’artiste le visuel a donc été modifié. Le décolleté de Marie s’est ainsi retrouvé masqué par un empilement de bouquins, ses cheveux ont pris de la longueur et les fines bretelles de sa robe ont gagné en épaisseur.

Face à l’émoi provoqué par la volonté municipale de modifier le visuel original de l’affiche, l’élu Nicolas Langlois a pris la décision de revenir à la version originale. Ouf! Nous avons échappé au pire! Certes, mais jusqu’à quand? Les moralisateurs, coincés du fondement, bas du front, puritains et autres béni-oui-oui, eux les conformistes soumis au politiquement correct sont là, ils veillent. De plus en plus présents et prêts à déclencher une tempête dans un verre d’eau au nom d’une bien-pensance navrante, pitoyable et ridicule.

Patrick BETAILLE, juillet 2023

The Spencer Davis Group – Keep on Running

 

[Extrait]: … L’histoire du Spencer Davis Group débute à l’Université de Birmingham où Spencer Davis, alors étudiant en langues, a dans l’idée de fonder un groupe de rock. Guitariste, chanteur et harmoniciste, le gallois ne jure que pour le rhythm & blues américain qui inonde la scène britannique du moment. En 1963, il fait la rencontre de Merwyn Winwood dit ″ Muff ″, alors à la tête d’une formation locale de dixieland qui compte dans ses rangs un jeune et déjà très talentueux pianiste de 15 ans : son frère cadet Steve Winwood… Le travail du quatuor Installé dans la capitale anglaise finit par venir titiller les oreilles de Chris Blackwell qui propose au groupe de reprendre un titre de ska composé par son protégé Wilfried Edwards : Keep On Running

… Jackpot ! Celui qui permet au groupe de mettre fin au leadership que les Beatles détiennent alors avec Day Tripper. Mieux, alors qu’il tourne régulièrement avec les Beatles et les Who, le Spencer Davis Group est élu meilleur nouveau groupe britannique du moment. D’autres succès suivront confirmant la vision gagnante de Blackwell…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES   👈

 

Patrick BETAILLE, juin 2023

Syd Barret – Have You Got It Yet?

 

Le film documentaire sur l’histoire de Syd Barrett réalisé par Storm Thorgerson (Hipgnosis) et le réalisateur Roddy Bogawa est sorti! Deux heures d’archives, de témoignages, d’interviews d’amis, famille et, bien sûr, de Roger Waters, David Gilmour et Nick Mason. De nombreuses années de recherches de documents ont été nécessaires pour retracer les errances d’un artiste excentrique à l’origine de la formation de Pink Floyd. Le film fait donc également l’objet d’un focus sur ce groupe de potes, de leurs ambitions, de leurs espoirs et de leurs doutes pendant l’émergence d’un raz-de-marée culturel extraordinaire: le psychédélisme du milieu des années soixante. Mi mai, le film a été présenté en avant première au Royaume-Uni et sera montré à partir de juillet aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. À part le Danemark – en juillet également – aucune diffusion en salle n’est pour l’instant prévue en Europe. Alors la France, n’y pensez même pas! Il faudra donc se contenter de fonder quelque espoir quant à une hypothétique sortie en Dvd. Vous avez compris cette fois? Plus d’infos:  Have You Got It Yet?

Patrick BETAILLE, juin 2023

Sam the Sham and the Pharaohs – Wooly Bully

 

[Extrait]: Domingo Samudio fait ses débuts en tant que chanteur en représentant son école au cours d’un radio crochet. Plus tard, il apprend la guitare et forme un groupe de lycée avec quelques amis, dont un certain Trini Lopez. Il s’engage ensuite dans la Navy et vit au Panama pendant six ans. De retour aux États-Unis, il suit des études d’histoire de la musique pendant deux ans…
Musique classique le jour et rock’n’roll la nuit avec une multitude de petites formations d’amateurs. Au cours d’une tournée en Louisiane, Samudio rejoint un groupe local et prend le nom de Sam the Sham (NDLR – Sam l’arnaque). Les musiciens pratiquent avec énergie et fantaisie un mélange de rock et de tex-mex grâce auquel ils deviennent très vite populaires. Après trois 45 tours autoproduits et infructueux, XL – un petit label de Memphis – convoque le quintet pour une audition et finalement, en 1964, est mis en boite l’immortel Wooly Bully dont les droits sont immédiatement achetés par MGM. Avec 3 millions de disques vendus le single remporte un succès mondial, atteignant à l’été 1965 la deuxième place dans les hit-parades américains alors squattés par les groupe de la ″ british invasion ″…
Le rythme hypnotique, l’orgue et le saxophone font fureur sur les pistes de dance. Afin d’attirer l’attention et de consolider leur notoriété Sam the Sham and the Pharaohs décident d’adopter des tenues de scène excentriques. Smokings à paillettes, gandouras, keffiehs et autres turbans deviennent un signe de reconnaissance, au même titre que leurs apparitions dans un corbillard. Mais la formule s’épuise et malgré quelques autres hits mineurs, le groupe se sépare en 1968…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, juin 2023

Ana Popovic – Power

 

On ne présente plus Ana Popovic, musicienne qui compose, chante et fait parler la poudre avec sa stratocaster qu’elle manie avec maestria. La plus américaine des serbes, absente des studios depuis 2018 et considérée comme l’un des génies du blues conjugué au féminin, vient de sortir un treizième album. Power est une renaissance pour celle qui, à 47 ans, vient de vaincre un cancer et n’a envie que d’une chose: jouer, encore et encore. Le changement est néanmoins palpable y compris au niveau de la pochette du disque. Finis les visuels qui mettent en valeur la plastique de la guitariste. En lieu et place, deux mains entrelacées, comme un symbole d’union et d’amitié, probablement celle qu’elle entretient avec son bassiste, collaborateur et ami Burthel Burns. Le répertoire en configuration big band est sobre, varié et bien que toujours présent en terme de feeling, le blues rock pur et dur laisse la place à des explorations enchanteresses dans le domaine du rock ( Flicker ‘N Flame, Strong Taste), du funk (Doin’ This, Queen Of The pack, Deep Down, Turn My Luck), de la soul ( Power over Me, Luv In Touch), y compris des ambiances jazzy avec Recipe Is Romance. Une variété de styles qu’Ana parvient à amalgamer avec brio, faisant des 11 titres de Power un témoignage de détermination et de virtuosité, peut être l’un de ses meilleurs albums. Immanquable !

Patrick BETAILLE, juin 2023

The Jimi Hendrix Experience – Axis : Bold as Love

 

[Extrait]: Pour Axis : Bold as Love, le deuxième album du Jimi Hendrix Experience paru en 1967, c’est une peinture de Roger Law qui illustre la pochette. Les musiciens y sont représentés parmis diverses formes du dieu Vishnou. Hendrix a exprimé sa consternation face au choix du cover art en déclarant que l’image aurait été plus appropriée si elle avait mis en évidence son héritage amérindien… Les hindous ont également exprimé leur colère face à l’appropriation de la divinité Vishnu pour la pochette et l’affiche de l’album. En Malaisie les autorités religieuses ont porté plainte pour outrage envers leur divinité. Finalement, en 2014, le gouvernement malaisien décide d’une interdiction totale de l’œuvre sur son territoire. Pas touche à Vishnou!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, février 2023

Inkie – 250 mètres de Graff’!

Onkie: fresque de Marckolsheim, détails

 

Long de 250 mètres, le barrage EDF de Marckolsheim permettant de réguler le niveau du Rhin a été aménagé en piste cyclable. Le Musée des Arts Urbains et du Street Art de Neuf-Brisach a fait appel au street artiste anglais Inkie pour décorer ce trait d’union bétonné entre la France et l’Allemagne. La fresque reprend des éléments emblématiques de chaque rive du Rhin : les Vosges, la Forêt Noire, la flore et la faune locales. Influencé par l’art nouveau, le graffeur sachant graffer a ajouté deux figures féminines évoquant Loreleï, la nymphe de la mythologie rhénane. La fresque en question sera la plus longue peinte par un seul homme en Europe et nécessitera pas moins de 600 bombes de peinture. ″ C’est une véritable machine de guerre ″, dit de lui le directeur du MAUSA. ″ Il n’y a pas beaucoup d’artistes qui arrivent à faire ça en solo ″. Inauguration prévue le 9 juillet lors de la fête de l’amitié franco-allemande.

Patrick BETAILLE, juin 2023

Giorgio – Looky Looky

 

[Extrait]: Giorgio Moroder commence à jouer du piano à l’âge de 6 ans. Adolescent, il parcourt l’Europe en tant que guitariste dans un groupe de reprises. En 1960 il s’installe à Berlin pour entamer une carrière musicale vouée à l’écriture. C’est en 1969 qu’il sort son premier single sous le nom de scène de Giorgio: Looky Looky.

Chanson ″ Do It Yourself ″ par excellence, c’est grâce à ce titre que le chanteur va commencer par se faire remarquer. Moroder ne se contente pas de composer et d’interpréter les paroles ; il joue de tous les instruments. Seul le refrain [NDLR inspiré de la chanson Papa-Oom-Mow-Mow des Rivingtons] est chanté par Michael Holm, chanteur et ami de longue date qui aurait offert ses services moyennant un bon gros steak…
Paroles bubblegum, musique simpliste, sonorités à la Beach Boys, dès sa sortie Looky Looky rencontre un énorme succès et se vend à plus d’un million d’exemplaires. Numéro 1 des ventes en France pendant une semaine, il est couronné disque d’or en octobre 1970…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, juin 2023