Arthur Brown – Fire

 

[Extrait]: Parti du Yorkshire pour faire des études de philosophie à Reading, Arthur Wilton Brown se ravise, commence à écrire de la musique et s’implique dans différentes formations de rhythm’ n’ blues. Après un séjour à paris où il se produit dans plusieurs cabarets, il crée à Londres The Crazy World of Arthur Brown.
Pour élaborer un premier disque éponyme et plutôt que de faire appel aux sempiternels sujets consacrés aux filles, aux relations amoureuses ou aux bagnoles, Arthur Brown fait un autre choix. Ayant grandi en Angleterre après la seconde guerre mondiale, le chanteur compositeur a passé beaucoup de temps auprès de personnes dont la vie a été détruite par la guerre. Syndromes post-traumatiques, désespoir et dénuement servent ainsi de trame à ce concept album qui raconte le parcours d’un individu confronté à ses démons qui, au cours de ses errance psychédéliques, arrive au Royaume des Ombres  et fait la rencontre du dieu des feux de l’enfer. Après avoir sombré dans les abysses, le personnage revient et hurle : ″ I am the god of hell fire and I bring you…Fire !″ [je suis le dieu de l’Enfer et je t’apporte… le feu ! – NDLR].
Ainsi débute Fire, la troisième chanson du LP au cours de laquelle notre héro est supposé griller. Reproduit sur scène, Fire devient le clou du spectacle. Entre autres extravagances, Brown chante vêtu d’une cape orange, masqué et coiffé d’un chapeau enflammé. L’effet est saisissant, surtout lorsqu’on y ajoute le chant – un blues rapide et exceptionnellement bien interprété. Sorti en 45 tours chez Tracks, le label des Who, le titre devient un immense succès international, caracole en tête des charts au Royaume-Uni et figure aux deuxième rang des hits américains.
Coproduit par Pete Townsend, l’album sort peu après et le groupe prend la route pour une tournée Finalement le groupe est dissout et son fondateur se lance dans divers projets mais sans jamais atteindre la notoriété acquise avec son Crazy World…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, octobre 2023

The Dead Daisies – Best Of

 

The Dead Daisies est un groupe de hard rock qui envoie du bois coupé en Australie. C’était du moins le cas quand en 2012 Jon Stevens et David Lowy, respectivement chanteur et guitariste originaires de Sidney décident de se lancer dans l’aventure. De nombreux changement de line-up,   ont vu passer Marco Mendoza (Whitesnake / Thin Lizzy),  Dizzy Reed (Guns N’ Roses), Darryl Jones (Rolling Stones), John Tempesta (The Cult), Doug Aldrich (Whitesnake), John Corabi (Mötley Crüe), Glenn Hughes (Black Country Communion et Deep Purple) et Tommy Clufetos (Rob Zombie & Black Sabbath). Aujourd’hui le combo est essentiellement composé de musiciens américains et n’a plus grand chose à voir avec ses origines. Le seul membre australien restant étant le fondateur et guitariste David Lowy, désormais accompagné de Brian Tichy (drums), John Corabi (vocals), Doug Aldrich (guitar) et Michael Devin (bass). Après 7 albums et 10 ans après la sortie du premier, le quintet débarque avec un nouveau disque. Appelons un chat un chat, surtout quand c’est marqué sur l’étiquette. Un Best Of! Vous savez ce truc de fainéants à but lucratif. Sauf que là non! 18 morceaux qui passent en revue l’intégralité d’albums excellents dans lesquels il n’y a rien à jeter surtout s’agissant des deux derniers, Holy Ground (2021) et Radiance (2022). En prime et en plus, deux inédits, juste pour prouver que les gars en ont encore sous le pied: The Healer et Let It Set You Free. Voilà, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Moi c’est fait!

Patrick BETAILLE, octobre 2023

Led Zeppelin – Whole Lotta Love

 

[Extrait]: En 1962, Muddy Waters enregistre pour Chess Records un blues composé par Willie Dixon et intitulé You Need Love. En 1966, pour leur premier album éponyme paru chez Decca, le groupe britannique Small Faces grave You Need Loving. Copié sur la version de Dixon, le titre s’octroie quelques libertés quant aux paroles mais surtout au niveau de l’interprétation.
Le 2 octobre 1969, Whole Lotta Love ouvre avec fracas le deuxième album de Led Zeppelin. Très inspirés par les Small Faces qu’ils ont souvent vus en concert, Jimmy Page et Robert Plant donnent à leur propre version une dimension grâce à laquelle cet Amour Inconditionnel deviendra une pépite intemporelle… Le dirigeable va plus loin avec les cris orgasmiques de Plant et des effets suggestifs joués au thérémine par Jimmy Page au milieu de la chanson de 5:35, pendant la montée psychédélique d’un tourbillon jouissif. Comme si cela ne suffisait pas, les dernières paroles ajoutées sont tout aussi explicites et font référence au Back Door Man [un autre blues de Dixon – NDLR], celui qui, pour ne pas se faire repérer, passe par la porte arrière de la maison lorsqu’il rend visite à sa maîtresse…
Chaud comme la braise, dévastateur et sexuellement connoté, le titre deviendra rapidement un standard absolu du groupe, autant pour son énergie et ses qualités musicales que pour l’ambiance malsaine qu’il dégage…
En 1985, un procès pour plagiat contre Led Zeppelin aboutit à un arrangement financier en faveur de Willie Dixon dont le nom figure désormais sur les crédits de Whole Lotta Love
En 2021, Whole Lotta Love a été classée meilleur riff de tous les temps par les magazines Total Guitar et Guitar World.


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Patrick BETAILLE, octobre 2023

The Nahville Teens – Tobacco Road

 

[Extrait]: Originaires des quatre coins du Royaume-Uni, ce sextet de punk rockers avant la lettre se réunissent en 1962 pour former The Nashville Teens. Vite remarqués, les musiciens décrochent un contrat Allemagne au Star Club de Hambourg où les Beatles faisaient alors la loi. C’est là bas qu’ils passent ainsi une bonne partie de l’année 1963 aux côtés de Jerry Lee Lewis.
Alors en pleine bourre, ″ The Killer ″ à un backing band à la hauteur de son énergie… De retour en Angleterre les Nashville Teens sont engagés pour accompagner Chuck Berry lors de sa tournée sur laquelle les premières parties sont assurées par les Minutemen et leur chanteur Mickie Most. Most rêve de devenir producteur. Séduit par ces seconds couteaux de talent, il parvient à les convaincre et décroche pour eux un contrat d’enregistrement avec le label London Records.
En 1960, Arthur Sharp – le chanteur des ″ Teens ″ qui à l’époque travaillait dans un magasin de disques – avait découvert un blues de John D. Loudermilk: Tobacco Road. C’est ce titre qui fera l’objet d’une reprise de la part du groupe.
Dixit l’auteur de la version originale, la chanson porte le nom d’une route de Durham en Caroline du Nord. Le long de cette voie où régnaient misère et délinquance, les barriques pleines de tabac étaient roulées jusqu’à la rivière pour être chargées sur des barges…
Le single sort en juin 1964, atteignant immédiatement la sixième place du classement des singles britanniques et la quatorzième aux USA. Peu enclins à écrire leurs propres chansons, The Nashville Teens n’ont pas su, ou pu, retrouver la formule magique de Tobacco Road pour les 45 tours suivants et disparaîtront en 1966. 


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Patrick BETAILLE, octobre 2023

Jim Jones All Stars – Ain’t no Peril

 

Depuis la naissance en 2007 et la fin du The Jim Jones Revue en 2013, Jim Jones continue à prêcher pour les fans de rockabilly survitaminé et de garage rock foudroyant. Revoici donc le descendant illégitime de Little Richard et du MC5, accompagné cette fois d’un All Stars – dont des anciens de la Revue, Gavin Jay à la basse et Elliot Mortimer aux claviers – et d’une section de cuivres. Le cover art de l’album annonce la couleur: ça va gueuler dans les chaumières. C’est sans surprise donc que l’on retrouve la voix sans fioritures du prédicateur et une ambiance sonore punkoïde qui malgré tout fleure bon la moiteur du bayou appliquée à la soul et au rhythm & blues. Avec ses 12 titres, ce  Ain’t no Peril est, soit un bain de jouvence de garage rock délicieusement vintage, soit une partouze vaudou. C’est vous qui voyez!

Patrick BETAILLE, septembre 2023

Sonny & Cher – The Beat Goes On

 

[Extrait]: Los Angeles en 1962. Elle a 16 ans, lui 27 et ils sont en couple. Il veut faire carrière dans le show-business et elle rêve d’être une star de cinéma. Formé en 1963 par la chanteuse Cher Sarkisian et Sonny Bono, le duo américain débute sa carrière en enregistrant quelques titres anecdotiques sous le nom de Caesar & Cleo…
L’allusion à la mystérieuse relation entre Cléopâtre reine d’Égypte et Jules César empereur romain est abandonnée l’année suivante. Rebaptisés Sonny & Cher, ils obtiennent en 1965 un premier gros succès avec I Got You Babe qui devient numéro 1 aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ils réitèrent dans la foulée avec Baby Don’t Go. Autre coup d’éclat avec Little Man en 1966 puis, en janvier 1967, paraît un titre composé, écrit et produit par Sonny Bono : The Beat Goes On. Les paroles font allusion aux faits marquants couvrant la période à laquelle elles ont été écrites. Il est ainsi question de sport, de minijupe, de guerre au Vietnam ou de teenyboppers, ces ados accros aux tendances consuméristes. Sous forme de métaphore, le message passe :  Quoiqu’il advienne, la vie continue…

Pour The Beat Goes On, ce sont les musiciens de studios appartenant au collectif The Wrecking Crew qui, sans être crédités, participent à l’enregistrement. Parmi eux, Carol Kaye, l’une des meilleures musiciennes de studio de Los Angeles particulièrement appréciée par Phil Spector et Brian Wilson. Sonny Bono, lui aussi, faisait souvent appel à elle pour assurer les parties de guitare 12 cordes. Carol s’était mise à la basse depuis peu et c’est elle qui, grâce à un seul accord sur un jeu simple et clairsemé, offre ce tempo si particulier à l’instrumentation…
The Beat Goes On a été chantée lors des funérailles de Sonny Bono en 1998 et le titre de la chanson a été gravée sur sa pierre tombale.


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Patrick BETAILLE, septembre 2023

IRAN – Melovaz Efface les Femmes

 

[Extrait]: En 2019, le site de streaming iranien Melovaz décide d’effacer toute représentation féminine de sa plate-forme d’écoute et de téléchargement. Comme par enchantement les Lady Gaga, Katy Perry ou Whitney Houston sont grossièrement gommées des visuels de leurs albums disponibles en ligne…

 


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👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, septembre 2023

The Casanovas – Backseat Rhythms

 

Les australiens sont de retour! Non, pas eux, les zôtres: The Casanovas. En 2007 et après deux albums, le guitariste-chanteur Tommy Boyce avait imposé un break à son groupe afin qu’il puisse mener à bien ses études en architecture et obtenir son diplôme. Comme quoi!

Après deux autres LP’s – Terra Casanova et Reptilian Overlord parus respectivement en 2015 et 2020, voici donc Backseat Rhythms qui vient confirmer l’excellente réputation dont bénéficie le power trio qui de près ou de loin, mais surtout sur scène, peut se vanter de pouvoir rivaliser avec Airbourne, The Darkness ou The Black Crowes. À part l’arrivée d’un nouveau batteur en la personne de Brett ″ Wolfie ″ Wolfenden pas grand changement sous les cieux de la lointaine Aussie. Serait-ce un clin d’œil? La pochette ressemble étrangement à celle qui, en 1989, illustrait le  Sonic Temple de The Cult. Avec dix titres 100% rock les séducteurs restent fidèles à un hard rock très seventies qui ne manquera pas de rassurer les fans et de séduire les adeptes d’une high energy aux petits oignons produite par celui qui, en son temps, a fait ses preuves avec les Who, Thin Lizzy, Bad Company, UFO, Kiss et led Zeppelin (Physical Graffiti): Ron Nevison.

Dixit le New Musical Express à propos de The Casanovas: ″ c’est comme Jet [autre groupe australien qui casse la baraque – NDLR] sous Viagra mais en mieux! ″. Quant à ceux qui oseraient prétendre que l’on a affaire à du sous AC/DC, ils seront démembrés à l’aide d’un coupe-ongles. Pas vrai Jojo?!

 

Peter, Paul and Mary – Blowin’ in the Wind

 

[Extrait]: En 1962, Albert Grossman est le manager de Bob Dylan mais aussi aussi celui de Peter Yarrow, Paul Stookey et Mary Travers; c’est par son entremise que ces derniers découvrent Blowin’ in the Wind, une protest song écrite par le ″ Rimbaud du Rock ″. En 1963, le trio folk enregistre sa propre version en une seule prise et, le 18 juin, Warner Bros publie le single. Des animateurs influents le considèrent comme la chanson de l’année et certaines radios de Cleveland, Washington et Philadelphie le passent toutes les heures. En huit semaines le titre atteint la seconde place des charts et connaît un succès mondial, paradoxalement plus retentissant que la version originale de Dylan sortie un mois auparavant. Le nombre d’exemplaires vendus dépasse les deux millions. Cette année-là, Peter, Paul And Mary chantent cet hymne métaphorique lors de la marche pour l’emploi et la liberté à Washington ; événement au cours duquel Martin Luther King prononce devant le Lincoln Memorial son fameux discours : ″ I Have a Dream ″.


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Patrick BETAILLE, septembre 2023

Coco Montoya – Writing on the Wall

 

Un parcours pour le moins atypique que celui de ce musicien californien d’abord recruté comme batteur par Albert Collins qui, dans les années 70, l’initie également à la guitare. Bonne idée car très vite la six cordes n’a plus de secrets pour Coco Montoya. Au point qu’au début de années 80 il est repéré et embauché par John Mayall au sein des Bluesbreakers, formation qui au fil des époques a servi de tremplin à des pointures guitaristiques comme Eric Clapton, Peter Green, Mick taylor, Harvey Mandel, Walter Trout et j’en passe. Venu remplacer Mick Taylor sur le point de rejoindre les Stones, Montoya jouera aux côtés du parrain du blues jusqu’en 1994. L’année suivante il se lance dans une carrière solo et sort un premier album prometteur: Gotta Mind to Travel. Dix albums plus tard et après quatre ans d’absence discographique, inutile de vous dire que le virtuose de la strat était attendu au tournant, lui et son nouvel opus, le sixième sur le légendaire label Alligator Records. Writing On The Wall tient ses promesses et le guitariste-chanteur nous offre un de ces moments de grâce qui allient émotion et sensibilité. Le Coco pourrait en faire des caisses, genre écoutez comme je joue vite, bien et fort – il en a les moyens – mais il préfère user de ses capacités pour nous captiver avec un toucher de manche éblouissant et une interprétation exceptionnelle. Enregistré live avec les musiciens qui l’accompagnent sur scène, ce nouvel album de blues mais pas que est un grand moment classieux, poignant et mid-tempo au cours duquel le bluesman est éblouissant tout au long des 13 plages. Un vrai bonheur!