Paul Whitehead – Genesis

Depuis les années 70, Paul Whitehead, peintre et graphiste britannique, reste associé aux jaquettes des albums de Van der Graaf Generator et Peter Hammill mais aussi et surtout de Genesis.
 
Paul Whitehead Trespass
 
 

Graphiquement parlant, Trespass, deuxième album du groupe sorti en 1970, est sans doute le plus surprenant. Dans un décor médiéval on y voit un angelot (l’Amour?) en train d’observer un couple en pleine contemplation du monde extérieur. Un trait noir barre l’image et lorsque la jaquette est dépliée il apparait que c’est un poignard qui est à l’origine de cette balafre. Dixit Whitehead, cette rupture entre le côté bucolique du dessin et la déchirure du couteau correspond au fait que l’ambiance paisible qui domine l’ensemble des compositions est brusquement mise à bas par The Knife, un titre éminemment plus pêchu et accrocheur.

 
 
Paul Whitehead Foxtrot
 
 

Trespass, le flamboyant Nursery Crime (1971) et l’envoutant Foxtrot (1972) resteront à jamais  les marqueurs d’une époque créative au cours de laquelle expression picturale et compositions musicales cohabitaient étroitement. Ainsi, la femme-renard de Foxtrot inspira Peter Gabriel qui fit vivre le personnage sur scène portant une robe rouge et masque de renard.[ Site Officiel Paul Whitehead! ]

 
Patrick BETAILLE, juin 2018

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Mati Klarwein & Santana – Abraxas

Mati Klarwein Abraxas Santana

[Extrait]: Mati Klarwein est assurément l’un des grands peintres du mouvement psychédélique. Allemand d’origine, cet élève des Beaux Arts de Paris s’initie au Surréalisme aux côtés de Fernand Léger et fait la connaissance de Salvatore Dali avec qui il se lie d’amitié. Installé en France il développe son propre style figuratif… L’un des exemples les plus représentatifs de la démarche de l’artiste restera à jamais un concept élaboré en 1961: Aleph Sancturay aussi appelé ″Le Temple de toutes les Religions″. En 1970, Carlos Santana vient de terminer l’enregistrement de son deuxième album et il tombe sur la reproduction de l’un des volets de l’œuvre en question: The Annunciation. On y voit une Vierge Marie à la peau noire, nue, le sexe caché par une colombe, symbole de virginité. L’ange Gabriel participe lui aussi à cette Annonciation revisitée en déboulant tatoué, à califourchon sur un conga et pointant le doigt vers un motif qui n’est autre que Aleph, la première lettre de l’alphabet hébreu signifiant ″ commencement ″. Quant aux Rois Mages, ils sont représentés par des danseurs africains en compagnie de l’artiste lui même. Séduit par le concept et les symboles, Carlos décide que l’image sera le cover art d’ Abraxas… Le disque aura un succès planétaire et il fera connaitre dans le monde entier Mati Klarwein qui travaillera aussi pour Miles Davis (Bitches Brew), Brian Eno, Greg Allman etc… Tout ça grâce à la Black Magic Woman!

Patrick BETAILLE, juin 2018


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Joe Bonamassa – British Blues Explosion

CD1: Beck’s Bolero/Rice Pudding. Mainline Florida. Boogie With Stu. Let Me Love You Baby. Plynth (Water Down The Drain). Spanish Boots. Double Crossing Time. Motherless Children.
CD2: SWLABR. Tea For One/I Can’t Quit You Baby. Little Girl. Pretending. Black Winter/Django. How Many More Times.

Joe Bonamassa LiveNon! Il ne s’agit pas d’une compilation du meilleur de ce qu’a produit le Blues Boom des années 60-70. Ce concert au Old Royal Naval College de Greenwich a été enregistré en 2016 et consiste en un hommage aux maîtres de la dite période: Jeff Beck, Jimmy Page, Eric Clapton et John Mayall, et par conséquence Cream, Led Zeppelin et autres Bluesbreakers sont à l’honneur. Aux commandes le boulimique Joe Bonamassa, le king of the Blues Rock himself, champion du monde toutes catégories de la production d’enregistrements live et de contributions diverses et variées. Le résultat est incontestablement imparable, aussi bien au niveau du fond que de la forme. Le choix des titres est judicieux, la qualité artistique est là, l’exécution est millimétrée, le son excellent et la production au top. De quoi ravir les fans pour qui ce énième live sera incontournable, indispensable et plus, puisque affinité. Les autres trouveront là une belle opportunité de redécouvrir les versions originales d’une époque ô combien furieusement emblématique car globalement la prestation manque un tant soit peu d’âme et de spontanéité. L’ensemble est un peu trop propre, un peu trop formaté, un peu trop linéaire et au final on est quand même bien loin de la folie des premiers enregistrements publics du guitariste. Dommage, mais bon, faute de mieux on prend! Joe Bonamassa ne tente pas de réinventer le Blues Rock, il est le putain de Blues Rock. British Blues Explosion est disponible en double Cd, Dvd et BlueRay bonussés et triple Vinyl colorisé, comme la jaquette qui pique les yeux.

PB, juin 2018

Eastwood Guitars – Crestwood Astral II

Eastwood Guitars Crestwood Astral II

 

La désignation  Hollow Body  s’applique à des guitares à corps creux. Les premiers modèles sont fabriqués dès 1930 afin de répondre aux exigences des musiciens de jazz qui ont besoin d’un volume sonore important. Au cours des 70’s, après maintes évolutions techniques, c’est la la Gibson ES-335 qui marque à jamais les esprits, grâce notamment à Chuck Berry ou Alvin Lee. D’autres marques ont occupé, avec plus ou moins de succès et de bonheur, le créneau de la Hollow Body. Parmi elles, Epiphone et Gretsch bien sûr, mais aussi Höfner ou Ibanez et bien d’autres. Depuis 2001 la société canadienne Eastwood Guitars a investi le marché en proposant des fac-similés de guitares électriques vintage. Ces guitares, fabriquées en Corée du Sud, sont vendues sous les marques Eastwood et Airline. Aujourd’hui et via un financement participatif, Eastwood a décidé de rendre hommage à Jack White en sortant la Crestwood Astral II, une copie de l’instrument que l’on peut entendre sur les premiers enregistrements des White Stripes, bien avant que Jack ne tombe amoureux de sa Airline fabriquée à l’époque aux USA par Valco et aujourd’hui également répliquée par Eastwood qui en a acquis les droits.

Pink Floyd – Atom Heart Mother

Lulubelle III Atom Heart Mother

[Extrait]: En 1970, lors d’une réunion avec l’équipe de designers de Hipgnosis, les membres de Pink Floyd disent vouloir se débarrasser de leur image avant-gardiste, du moins pour ce qui concerne le visuel du disque à venir. D’après le groupe, la jaquette peut représenter n’importe quoi mais elle doit impérativement être simple et bannir toute connotation psychédélique. Avec pour consigne un concept aussi péremptoire que fumeux les photographes de l’agence se mettent en quête et reviennent avec trois propositions: un nageur effectuant un plongeon dans une piscine, une femme posant en haut d’un escalier et un bovidé sur un pâturage de la campagne anglaise. C’est cette dernière image qui au final sera retenue. La pochette de l’album représente donc une vache blanche avec des taches marron, vue de trois quarts arrière, la tête dirigée vers l’objectif. EMI fait de la résistance. Le label est peu emballé par le concept et s’oppose au fait que ni le nom du groupe ni le titre de l’album ne soient mentionnés. Peine perdue! c’est bien Lulubelle III qui se retrouve à l’honneur sur l’une des plus mythiques pochettes de l’histoire du rock, celle de Atom Heart Mother.

Patrick BETAILLE, mai 2018


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Pink Floyd – A Nice Pair

Pink Floyd, censure de A Nice Pair

[Extrait]: A l’initiative de Harvest/Capitol, A Nice Pair a été publié en décembre 1973 sous la forme d’un double album qui regroupe The Piper at the Gates of Dawn et A Saucerful of Secrets, les deux premiers albums de Pink Floyd parus respectivement en 1967 et 1968. La pochette originale de l’album, œuvre de Hipgnosis, consiste au verso en un kaléidoscope de neuf images surréalistes et humoristiques. Deux de ces clichés feront l’objet de censure. Celle qui représente une paire de seins (a nice pair?) sera dans certains pays dotée d’un bandeau ou d’une croix noire alors que les États-Unis opterons pour un sticker violet et blanc apposé sur la poitrine. Une deuxième photo représente la façade d’un cabinet dentaire, celui du Dr Phang. Ce dernier, s’appuyant sur la loi interdisant la publicité dans le domaine médical, demande et obtient le retrait de l’image qui sera remplacée par un cliché sur lequel figure un moine en train de se gargariser. Après la réédition des deux albums originaux sur CD, A nice Pair ne sera plus édité.

Patrick BETAILLE, mai 2018


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Still On The Run – The Jeff Beck Story

The Jeff Beck Story

Le 12 avril à Londres, Avait lieu l’avant première du Rockumentaire ″Still On The Run″.  ″The Jeff Beck Story″ était projeté à Londres au Curzon Mayfair Cinema, en présence de l’intéressé, bien sûr, mais aussi de quelques noms prestigieux et amis. Le film retrace la carrière du guitariste depuis l’apprentissage de l’instrument jusqu’aux quêtes innovantes de sa carrière solo en passant bien sûr par les époques Yardbirds et Jeff Beck Group. Des témoignages ou anecdotes d’Eric Clapton, David Gilmour, Jimmy Page, Joe Perry, Slash, Rod Stewart ou Ron Wood s’ajoutent aux images d’archives et extraits de concerts, dont cinq titres enregistrés à Montreux en 2007. Geoffrey Arnold Beck himself est interviewé. Chez lui, on le voit même dans son atelier en train de monter un moulin sur un châssis de Hot Rod, son autre passion viscérale. ″Still On The Run – The Jeff Beck Story″ sera publié en Dvd et Blu-Ray le 18 mai par Eagle Vision, l’occasion de se pencher sur le parcours de l’un des guitaristes les plus atypiques et les plus influents du Rock: Jeff Beck!

Patrick BETAILLE, mai 2018

 

Gibson – Les guitares ont le Blues

Faillite Gibson

Le fabricant des légendaires guitares électriques Gibson vient de déposer le bilan. L’entreprise était en difficulté financière depuis quelques temps déjà et faisait depuis peu face à une échéance de dette de 375 millions de dollars d’obligations à rembourser ou à refinancer. Il apparaît que c’est principalement la tentative de diversification de la firme US dans les systèmes audio grand public (Philips) qui soit à l’origine de cette débâcle financière. Le groupe a finalement décidé de fermer se département pour se concentrer sur les instruments de musique et les systèmes de sonorisation professionnels. Gibson Brands, maison mère de l’activité guitares, est parvenue à un accord de restructuration avec la majorité des détenteurs des obligations en obtenant de la part de ses créanciers une nouvelle ligne de crédit de 135 millions de dollars. Le début de la fin? Henry Juszkiewicz, le patron de la marque se veut rassurant:  ″ce processus sera pratiquement invisible pour les clients, qui pourront continuer à bénéficier de produits et d’un service client sans égal. Source: Les Echos.

Patrick BETAILLE, mai 2018

Vinyls – Haute Définition?

Rebeat: Vinyl HD

 

Mis à mal par l’arrivée du Compact Disc dans les 80’s, puis plus tard par le MP3 et le streaming, le Disque Vinyl est bel et bien de retour. L’engouement pour la vénérable galette n’en finit pas de titiller les neurones de quelques petits malins qui grenouillent dans les open spaces de start up innovantes. Rebeat, une jeune société autrichienne annonce ainsi l’arrivée prochaine du Vinyl HD. Günter Loibl, le boss, a déposé en 2016 un brevet décrivant une méthode révolutionnaire sensée apporter 30% de capacité supplémentaire, une augmentation conséquente de la durée de vie, un coût de fabrication moindre et une restitution sonore enrichie. Cerise sur le gâteau, la technologie serait compatible avec les platines actuelles. Alors rêve ou réalité? Il faudra attendre 2019 pour être fixé mais à n’en pas douter l’industrie de la musique doit déjà être dans les starting blocks. Après avoir convaincu Pierre que le Cd était fantasbuleux, persuadé Paul le Mp3 était génial, terrifié Jacques avec HADOPI et démontré aux autres que le Vinyle est fabulistique, les Majors ne vont pas rater l’occasion de rééditer à tour de bras des œuvres emblématiques déjà surexploitées mais augmentées pour la circonstance de fonds de tiroirs divers et variés soit disant ″indispensables″ et ″incontournables″. On parie?

Patrick BETAILLE, mai 2018

Sari Schorr – A Force Of Nature

Sari Schorr & The Engine Room

Ancienne choriste Joe Louis Walker et de Poppa Chubby, Sari Schorr décide en 2015 de voler de ses propres ailes en participant au ″ Keeping The Blues Alive festival ″. Mike Vernon est dans la salle. Celui là même qui en son temps a crée le label Blue Horizon et produit Clapton, Mayall, Peter Green et Ten Years After tombe littéralement sous le charme et propose à la new-yorkaise de produire son premier album. D’emblée le ton est donné avec un Ain’t Got No Money porté par la voix puissante et profonde de la diva et les riffs intenses d’ Innes Sibun. Connu pour avoir joué avec Robert Plant et ouvert pour Johnny Winter, Taj Mahal, Walter Trout, ou encore Nine Below Zero, le guitariste amène avec lui le groupe Engine Room qui, avec une efficacité redoutable, offre un régal de complicité et de cohésion tout au long de l’album. A Force of Nature avec un son dense, une rythmique massive et une production brute, tape, à deux exceptions près, dans le registre du Blues Rock couillu et c’est bien entendu la personnalité vocale de Sari Schorr qui par son énergie et son feeling drive l’ensemble des douze titres. Quand la brune enflamme ses cordes vocales elle prend des accents de Tina Turner, de Janis Joplin ou, plus près de nous, de Beth Hart. Pour se convaincre qu’il se passe enfin quelque chose au royaume du Blues il suffit de se laisser porter par la version sombre, moderne et très personnelle d’un chant traditionnel immortalisé en son temps par Leadbelly  puis par Ram Jam dans sa version la plus rock: Black Betty!

Patrick BETAILLE, avril 2018