[Milan Loranger]: “ Sous tes vêtements, il y a ton soutif. Sous ton soutif, il n’y a que mon imagination. Et quelle imagination! – Under your clothes is your bra. Under your bra, there’s only my imagination. And what an imagination! “
[Extrait]: Silver Convention est un groupe de funk/soul/disco originaire d’Allemagne de l’Ouest. L’ensemble vocal féminin lancé à Munich en 1974 connaît rapidement un énorme succès international avec ses trois premières productions studio. Dès lors et pour répondre aux exigences des prestations scéniques devenues indispensables à la conquête du public, la formation se professionnalise, se renforce et doit se résoudre à plusieurs changements de line-up. Le premier album intitulé Save Me sort en 1975. Le designer et photographe Ken Ley est à l’origine de l’artwork sur lequel un buste de femme nue laisse deviner l’existence d’une paire de menottes. La nudité à connotation sadomasochiste pose problème à certains pays qui font le choix de n’afficher que la paire de pinces sur fond noir, en conservant toutefois l’image offerte sous forme de poster géant. À contrario, Polydor France fait appel au cliché d’origine pour illustrer le LP. Au recto, les mains menottées dissimulent l’entrejambe du modèle. Au verso, c’est la poitrine incriminée qui est à l’honneur. L’image segmentée illustre également le single Save Me et son remix Save Me Again, sur le 45 tours au format 7 pouces: la preuve en image!
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Carolyn Wonderland a ceci d’exceptionnel qui consiste à prouver que le blues n’est ni simpliste, ni unidimensionnel. Son treizième album – le deuxième sur le label Aligator – couvre presque tous les genres, de la country au gospel, du rock au boogie-woogie en passant par le blues. Chanteuse, compositrice, guitariste et multi-instrumentiste, cette artiste a fréquenté quasiment tout le gotta de la musique américaine, John Mayall, Townes Van Zandt et Buddy Guy compris. Il n’est donc pas étonnant de percevoir avec délectation des influences diverses à l’écoute des 12 titres joliment rythmés par des claviers et des parties guitares qui classent la dame parmi les meilleurs musiciens de country blues. Et puis il y a cette voix puissante qui ne lâche rien en offrant une étendue extraordinaire aux compositions. Sooner or Later et son jeu de lap steel guitar. I Ain’t Going Back à la sauce blues funky. Rock en mode shuffle éblouissant pour Truth Is (mon préféré) et Tattoos As His Talisman. Teinte soul aux intonations jopliniennes période Pearl pour un Let’s Play a Game poignant. Whistlin’ Past The Graveyard Again à la lisière du blues et de la country. Piano virevoltant sublime sur Blues for Gene et un It Should Take aux accents louisianais. Direction les Caraïbes avec Deepest Ocean Blue. Flowers in Bloom débute tout en douceur et va crescendo pour laisser libre cours à une performance vocale énorme.
Truth Is c’est ça: un pot-pourri de haute volée qui reflète la classe, le talent et le feeling incontestables d’une musicienne d’exception.
Combo est un artiste de street art né en France, d’un père libanais chrétien et d’une mère musulmane marocaine. Publicitaire repenti – pour Peugeot, MacDo ou Canal+, il décide un jour de changer de cap. Depuis, il parcourt le monde avec ses rouleaux de papiers imprimés et ses bombes de peinture. Quand il ne bombe pas des slogans, son travail consiste principalement à concevoir et réaliser des affiches qu’il placarde sur les murs. Ici, Coexist est écrit avec le C en forme de croissant, le X en forme d’étoile de David et le T en forme de crois chrétienne. Avec ce message, l’artiste prône la paix entre les différentes croyances et religions.
À paris en 2015, Combo s’est fait agresser pour avoir refusé d’enlever l’une de ses œuvres pacifistes; une épaule démise, des contusions et quatre jour d’ITT. ″ Mon petit frère, qui fait de la boxe, m’a appris : j’ai eu les bons gestes quand j’étais à terre ″.
[Anne de Bartillat – journaliste & auteure: Le Fauxcabulaire, 1999]: ″ L’abribuste est le soutien-gorge. Il n’y a que deux places dans les abribustes ″.
Prise en 1993, cette photo est un témoignage sur la misère générée par la guerre civile et la famine qui sévissent alors au sud du Soudan. Un enfant soudanais épuisé et prostré est observé, non loin en arrière plan, par un vautour qui semble attendre son heure. Avec cette révélation, le reporter sud-africain Kevin Carter fait réagir l’opinion internationale et reçoit le prix Pulitzer en 1994. S’en suit une controverse très virulente à propos des conditions dans lesquelles la scène a été immortalisée. Carter est en effet accusé d’avoir privilégié le sensationnel au lieu de prêter assistance au jeune martyr. De nombreuses critiques ont également laissé entendre que le charognard n’était pas le vautour mais plutôt l’auteur du cliché. Le photographe mettra fin à ses jours quelques mois plus tard. On apprendra finalement que le petit garçon a bien été retrouvé sain et sauf, qu’il survécu à la famine et qu’il est décédé des suites du paludisme 14 ans plus tard.
Quo Live est le premier album en public de Status Quo. Il est sorti le 1er mars 1977 sur le label Vertigo Records et a été produit par le groupe. Ce double LP a été enregistré avec le studio Rolling Stones Mobile à l’Apollo Theatre de Glasgow, lors des trois concerts des 27, 28 et 29 octobre 1976. Véritable tournant dans la carrière du groupe ce brulot de boogie rock frénétique a déjà fait l’objet de rééditions remastérisées en 2005 et, en 2014, sous la forme de 4 cd incluant des extraits de concerts australiens.
Marketing oblige, en prenant en compte le fait que Francis Rossi n’ait jamais été vraiment satisfait du son de l’album original et que récemment des masters aient été exhumés par hasard, voici qu’arrive le graal qui devrait combler de bonheur les fans du quatuor anglais.
Dans un coffret de 8 CD on retrouve l’album original, fraîchement remasterisé, mais aussi les 3 prestations écossaises dans leur intégralité et remixées à partir du son des 24 pistes sources. Bien évidemment et mises à part des subtilités au niveau de l’interprétation de la part de musiciens métronomiques patentés, la set list ne varie pas d’un soir à l’autre. Raison pour laquelle l’objet s’adressera essentiellement aux inconditionnels. Les autres – ceux qui possèdent les vinyls ravagés jusqu’au fond des sillons ou ceux qui ont déjà investi dans les rééditions – se laisseront peut-être tenter par les informations regroupées dans le livret inclus dans le contenant. Ils auront raison! Des notes de Dave Ling (auteur et fondateur de Classic Rock Magazine) révèlent les dessous de la création du disque et de son impact lors de sa sortie et, en supplément de commentaires et de photos inédites, un article d’Andy Gamble (AVP Studios) dévoile les processus de mastering et d’ingénierie sonore.
Seule ombre au tableau: le packaging. Avec un tarif de plus de 100 euros, la valeur historique de ce document sonore aurait mérité un emballage moins cheap et surtout une conception mieux adaptée à la manipulation des cd.
The Dead Daisies sortent de leur zone de confort au sein de laquelle ils pratiquent un rock énergique qui leur réussit plutôt bien. Même pas peur! Avec Lookin’ for Trouble, les australo-américains se jettent à corps perdu dans un genre sur lequel beaucoup avant eux se sont cassés les chicots: le blues high octane! Histoire de remettre l’église au cœur du village, ce nouvel album a été enregistré dans les studios Fame de Muscle Shoals en Alabama. C’est depuis ce lieu mythique que le quintet rend un hommage appuyé à des compositeurs ou interprètes qui ont définitivement marqué l’histoire de la musique populaire grâce à des classiques intemporels. Jugez plutôt: I’m Ready (Muddy Waters) – Going Down (Freddy King) – Boom Boom (John Lee Hooker) – Black Betty (Lead Belly) – The Thrill Is Gone (B.B. King) – Born Under A Bad Sign (Albert King) – Crossroads (Robert Johnson) – Sweet Home Chicago (Robert Johnson) – Walking The Dog (Rufus Thomas) et Little Red Rooster (Howlin’ Wolf).
Le groupe ne se contente pourtant pas de resucées honnêtes de standards vénérés. Ils prennent parfois aussi le risque de mettre à mal les préceptes du blues en trois accords sur douze mesures. Le chant puissant de John Corabi et les interventions virtuoses du guitariste Doug Aldrich à la slide offrent à l’ensemble une dimension particulière à la musique du diable. Aucune faute de goût non plus de la part de David Lowy (guitar), Michael Devin (bass) et la nouvelle recrue Sarah Tomek (drums) qui viennent prouver avec efficacité qu’eux aussi sont là pour péter la gueule aux fantômes et faire se lever de sa chaise n’importe quel cul de jatte.
En dix titres électrifiés par la puissance et l’assurance sur lesquelles ils ont bâti leur réputation, The Dead Daisies font de chaque morceau un amalgame de feeling, d’audace et de férocité en offrant à Lookin’ For Trouble un blanc-seing pour laisser le blues venir percuter le heavy rock de plein fouet. Juste histoire de chercher des ennuis en tentant de mettre fin à la querelle des anciens et des modernes.
[Léo Ferré]: ″ T’es toute nue sous ton pull, y’a la rue qu’est maboule, jolie môme. T’as ton cœur à ton cou et l’bonheur par en d’ssous, jolie môme – You’re naked under your jumper pretty girl, the street is going mad. You’ve got your heart around your neck and happiness underneath, pretty girl. ″