Ally Venable – Money & Power

 

Ally Venable a pratiqué le chant dès son plus jeune âge, découvert la guitare à 12 ans et n’en avait que 14 lors de la sortie de Wise Man, son premier EP de 7 titres. De cordes en micros la texane a passé la dernière décennie à se faire une place dans un monde musicalement dominé par les hommes. Très influencée par Stevie Ray Vaughan et Samantha Fish, la guitariste et chanteuse a été nominée en 2018 pour le prix du meilleur nouvel artiste aux Blues Awards. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle fasse partie en 2019 de la Blues Caravan de Ruf Records (sa maison de disques) et que Kenny Wayne Shepard l’embarque en première partie de sa tournée de 2021. L’ascension de Venable a donc été fulgurante. Après le succès de Real Gone, N°1 du Billboard blues en 2023, et la reconnaissance par le magazine Total Guitar comme l’une des 100 meilleures guitaristes de blues, l’artiste revient avec un sixième album dans lequel elle confirme vouloir repousser les limites de son art.

Sans être forcément révolutionnaire, Money & Power est un album de blues rock audacieux et agressif qui réveille et satisfait les attentes. Brown Liquor ouvre les hostilités en compagnie de  Christone ″ Kingfish ″ Ingram venu livrer un furieux solo. Changement d’ambiance avec Maybe Someday et son ambiance soul portée par la voix et les cuivres. L’album explose avec le titre éponyme, précis, direct et cinglant porté par un solo à la wah wah de haute volée. Suit Do you cry, un slow blues viscéral au cours duquel la puissance de la voix et un solo d’anthologie vous font sortir les roustons par les oreilles. Même recette mais accélération du tempo sur un Heal Me qui précède Stopper Back Papa qui vient prouver les talents de la dame dans un style plus funky.  Legends, Keep In Mind, Unbreakable irréprochables eux aussi. Stepping Stone et Feel That Thing, puissants et énergiques mais aux ambiances plus atmosphériques et envoutantes. C’est sur Black Cat, un titre fringant emprunté à Janet Jackson, que s’achève Money & Power avec lequel Ally Venable affiche son ambition de vouloir s’imposer à l’avant-garde d’un blues rock puissant et équilibré.

 

Le lundi c’est permis – Grenier

© Photo: Irina Shyak par Mario Sorrenti

 


[Frances Hodgson Burnett – Romancière anglo-américaine]: ″ I am a princess. All girls are. Even if they live in tiny old attics… – Je suis une princesse. Toutes les filles le sont. Même si elles vivent dans de minuscules greniers…


Patrick BETAILLE, avril 2025

Johnny Kidd – Shakin’ All Over

 

[Extrait]: Chanteur et guitariste anglais de rock’n’roll, Frederick Heath fait ses débuts en jouant du skiffle… C’est en 1959 qu’il adopte le pseudo de Johnny Kidd – en référence au pirate écossais William Kidd – et qu’il se produit sous le nom de Johnny Kidd and the Pirates…
À la différence des artistes de l‘époque qui reprennent les titres en vogue chez les rockers américains, le quatuor préfère chasser sur les terres du rhythm & blues en reprenant Bo Diddley ou Arthur Alexander. En mai 1959, HMV publie un premier 45 tours, Please Don’t Touch, et l’année suivante, le 13 mai, l’équipage entre dans les studios d’Abbey Road et enregistre Shakin’ all Over, un rock’n’roll mid-tempo frissonnant à souhait.

Le single est publié en juin 1960 – toujours sur le label HMV – et atteint la première place du hit-parade britannique le 4 août. Grâce à ce succès, le quatuor appareille. Cap sur les tournées avec Vince Taylor et Gene Vincent. En 1961 changement de line up avec l’arrivée de Mick Green (guitare) et Johnny Spence (basse). En 1962, nouvelle tournée avec Jerry Lee Lewis cette fois…
Johnny Kidd and The Pirates ont eu finalement une longue influence qui survécut au trépas du chanteur dans un accident de la route le 7 octobre 1966. Même pas dix ans de carrière mais Shakin’ all Over restera à jamais un classique, repris de nombreuses fois, notamment par les Who, les Flamin’ Groovies, Billy idol, Iggy Pop ou Suzy Quatro…

 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, mai 2025

L.A. Guns – Leopard Skin

 

En ce printemps 2025, L.A. Guns, les vétérans du sleaze rock californien nous gratifient de leur quinzième album studio. Leopard Skin témoigne de pas loin de 40 années de bons et loyaux services au cours desquelles le groupe a toujours fait preuve d’une énergie sans faille pour entretenir la flamme d’un heavy rock simple et efficace. Les dix titres de ce nouvel album – le quatrième depuis le retour aux affaires des membres fondateurs Phil Lewis (chant) et Tracii Guns (Guitare) – offrent une ambiance baignée à la fois de nostalgie et d’inventivité. Dès le premier morceau, Taste It, on retrouve avec plaisir la signature sonore qui a fait la renommée du quintet de Los Angeles: des riffs tranchants, une rythmique entraînante et la voix puissante de Phil Lewis. Lucky Motherfucker vient confirmer la tendance en y ajoutant à mi-course une touche funky et un break étonnant d’originalité. Pas de baisse de régime avec The Grinder, Intense et crasseux avec ses solos de slide. Hit And Run est un mid tempo moins bourrin mais irrésistible. Rien à voir toutefois avec le déjanté Don’t Gimme Away. Lui aussi en mode mid tempo, I’m your Candy Man précède l’étonnant Runaway Train [Rien à voir avec le titre de Soul Asylum – NDLR], une incursion country and western acoustique. Follow The Money s’inscrit dans la lignée des classiques du hard rock avec guitares en veux-tu en voilà et déclamations voraces. Dans la série  » on sait faire aussi des ballades  » c’est le moment de The Masquerade. Intro acoustique, profusion de cordes avant que ne débraque la fée électricité et ses lignes mélodiques dans la plus pure tradition power ballad des eighties. Avec If You Wanna, l’album s’achève comme il a commencé; avec le même punch.
Même s’il ne bouscule pas les codes, Leopard Skin est l’occasion d’apprécier l’honnêteté et l’efficacité de ces Guns encore et toujours prêts à défourailler pour entretenir leur légende, y compris en faisant appel à l’artiste peintre Kahla Lewis pour un cover art des plus attractifs.

 

Le lundi c’est permis – Zipper

 


[Cynthia Lewis – Actrice]: ″ Nobody notices it when your zipper is up, but everyone notices when it’s down – Personne ne remarque quand votre fermeture éclair est fermée, mais tout le monde le remarque quand elle est ouverte. ″


Patrick BETAILLE, mai 2025

Marbles – Only One Woman

 

[Extrait]: Ce sont les Bee Gees qui ont composé le titre qui a lancé la carrière très éphémère du duo anglais The Marbles. Les frères Gibb ont également apporté leur contribution à l’enregistrement. Barry jouait de la guitare et Maurice, du piano et de la basse sur le single sorti sur en août 1968…
Le texte évoque un amour passé. Le protagoniste ne possède qu’une seule photo de celle qu’il aime. Il remue ciel et terre pour la retrouver car pour lui elle est la seule, l’unique, celle qui occupe une place dans son cœur…
Only one Woman atteindra le Top 5 au Royaume-Uni et sera l’unique succès de ses interprètes qui mettront fin à leur collaboration en 1969 pour entamer des carrières en solo. Après un unique album, Trevor Gordon deviendra professeur de musique…

Pour Graham Bonnet c’est une autre histoire. Alors que Ronnie James Dio vient de quitter Rainbow, Ritchie Blackmore auditionne bon nombre de chanteurs potentiels. Sans succès. C’est Roger Glover qui propose celui avec qui il avait déjà bossé auparavant. Bonnet sera finalement accepté. De 1978 à 1979, passage éclair pour le nouveau chanteur de l’Arc-En-Ciel. Le temps d’un seul album: Down to Earth.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, mai 2025

Who – Won’t Get Fooled Again

 

[Won’t Get Fooled Again – Album: Who’s Next – 1971]: Je rendrai hommage à la nouvelle constitution. Je me prosternerai devant la nouvelle révolution. Je me contenterai des changements annoncés. Comme hier, je jouerai de la guitare. Puis, je m’agenouillerai et prierai pour que nous ne nous fassions pas avoir une fois de plus.

Patrick BETAILLE, mai 2025

Beach Boys – Little Deuce Coupe

© Photo: David Fetherston

 

Clarence Catallo a grandi à Détroit, à moins de huit kilomètres de l’usine Ford. À 15 ans, pris de passion pour les hot rods, il casse sa tirelire et achète 35$ une épave de Ford Coupe 1932. En travaillant dans l’épicerie de ses parents il économise et trouve à la casse un moteur V8 de Oldsmobile avec lequel il équipe la Ford. En 1959, il s’adresse aux Frères Alexander pour que soit construit le donk de ses rêves. Mais Clarence ne s’arrête pas là. Il part poursuivre ses études à Long Beach en Californie et confie le véhicule au Barris Kustom Shop à Los Angeles. À l’été 1960, la hauteur du toit est réduite, les vitres adaptées et la carrosserie retravaillée pour recevoir une nouvelle peinture. En 1961, le vieux moteur de l’Olds est modernisé grâce à un compresseur GMC, un jeu de trois gros carburateurs et de nombreuses pièces chromées. La nouvelle version appelée Silver Sapphire fait la couverture du numéro de Juillet 1961 de la revue Hot Rod Magazine.

1963. Les Beach Boys sortent leur quatrième album. Les titres du LP font référence au culte de la bagnole, à commencer bien sûr par Little Deuce Coupe qui offre son titre au 33 tours. ″ C’est juste un petit coupé 32 avec un moteur flathead mais il laisserait sur place une Thunderbird… Quand je mets le pied au plancher je dépasse les 220… Si elle avait des ailes, elle pourrait voler. T’as pas idée de ce que j’ai là…

Capitol a besoin d’un joli bolide pour illustrer le nouvel opus de son groupe. La maison de disques fait appel à Hot Rod magazine qui possède de superbes photos. C’est ainsi que, grâce à ce cover art, le hot rod de Clarence Catallo devient une célébrité internationale sous le nom de Little Deuce Coupe.

Patrick BETAILLE, avril 2025

Le lundi c’est permis – Fauteuil

 


[Robert De Niro]: ″ If it’s the right armchair, it doesn’t take too long to get comfortable in it – Si c’est le bon fauteuil, il ne faut pas longtemps pour s’y sentir à l’aise.


Patrick BETAILLE, avril 2025