Screamin’ Rebel Angels – Heel Grinder

 

Pas une nouveauté en tant que telle puisque le skud dont à propos duquel je vais causer ne date pas de la dernière neige mais plutôt de celle de janvier 2019.

Depuis 2011, les Screamin’ Rebel Angels se sont approprié l’énergie primitive des débuts du rockabilly, l’émotion du rhythm & blues et la sensualité de la Soul des années 1950, et ce, avec une fougue à nulle autre pareille. À la tête de ce ce quatuor new-yorkais originaire de Brooklin, une certaine Laura Palmer qui a bien compris que l’une des règles essentielles c’est d’essayer d’attirer immédiatement l’attention de l’auditeur. Cette meneuse chante, joue de la contrebasse, de la guitare rythmique, écrit les chansons, conçoit les illustrations et ne mout pas le café; ça c’est plutôt le boulot de Brian Hack, virtuose pourvoyeur de solos de son état. La première chose qui frappe à l’écoute de Heel Grinder (NDLR: Meuleuse de Talons Hauts), le deuxième long play, c’est la voix de Laura, parfois ponctuée de ″Wooo″ à la Little Richard, qui par moments donne l’impression qu’elle est prête pour la baston. Oooh my Sooooul! Elle grogne, vocifère, le ton est si puissant et rugueux qu’on en arriverait facilement à envisager ce qui aurait pu se passer si Bessie Smith avait eu l’occasion d’assurer les lead vocals au sein des Cramps. Voix unique de palmer, virtuosité de Hack, cogne précise de Sean O’Connell et slaps percutants de la miss à la contrebasse; la magie opère et à partir de là tout décolle à un rythme effréné en flirtant avec un psychobilly post punk jouissif que ne renierait pas le Révérend Horton Heat. Si la plupart des 13 titres carburent au nitrométhane, certains comme  Brassy Brown, Sweet  Petunia ou Something on Your Mind font preuve d’exception avec une baisse de tempo qui ne nuit en rien à la fougue et à la cohérence de l’ensemble. Cet album bourré de mélodies et de rythmes est une pépite de revival stupéfiant d’authenticité et de classe. Parfois, le rock, le vrai, bande encore et il n’a rien à devoir aux médias trop occupés à faire l’article de la soupe auto-tunée. Ne me remerciez pas, c’est avec plaisir et volupté que je vous offre de quoi vous décrasser les esgourdes!

 

Steam – Na Na, Hey Hey, Kiss him Goodbye

[Extrait]: Au début des années soixante, les musiciens des Glenwoods – un groupe de doo-wop du Connecticut – gravent un shuffle intitulé Kiss Him Goodbye qui fait un flop. Séparation en 1969 suite au départ pour New York de deux des membres de la formation. Là-bas, Paul Leka en tant que pianiste et producteur, Gary DeCarlo en tant que composteur-musicien-interprète, entrent en studio et enregistrent 4 titres. Mercury Records est aux anges et souhaite concrétiser la démarche en publiant l’ensemble en face A de singles distinct. Se pose alors la question de savoir que mettre en Face B du premier single. Leka et DeCarlo ressuscitent l’ancienne chanson des Glenwoods.

En l’état, Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye est trop court, à peine plus de 1’30; décision est prise d’ajouter un refrain et un long break de percussions pour atteindre la norme des 3’45…

Lorsque la maison de disques entend le résultat enregistré en une seule cession, elle décide de la publication du titre en tant que Face A. Dans un premier temps les musiciens refusent. Un compromis voit le jour et Mercury propose d’éditer la chanson via sa filiale Fontana. Ne voulant voir apparaître aucun nom, le trio accepte toutefois qu’elle sorte sous le nom fictif de Steam…

Quant aux paroles, elles racontent l’histoire d’un mec qui essaie de convaincre la fille dont il est amoureux de quitter son copain du moment pour venir le rejoindre… Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye sort en novembre 1969, passe deux semaines à la première place du Billboard Hot 100 aux Etats-Unis et devient un hit mondial qui se soldera par le statut de multi-platine grâce à plus de 2 millions d’exemplaires vendus. Steam n’a jamais connu d’autres succès…


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Patrick BETAILLE, février 2023

David Bowie – Halloween Jack

 

[Extrait]: Conséquence de plusieurs projets avortés (dont une adaptation musicale du roman 1984 de George Orwel), le huitième album de David Bowie paru en 1974 reste basé sur l’étrange. Tout en s’écartant du glitter rock, Diamond Dogs devient une descente aux enfers post-apocalyptiques où se côtoient des personnages étranges. Parmi eux, Halloween Jack, une créature mi-homme, mi-chien, dessinée par l’artiste belge Guy Peellaert. L’illustration sera assombrie au bon endroit afin de masquer les parties génitales de la créature thérianthrope.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, février 2023

Wild Drawing – Message in the Bottle

© Photo Lionel Gripon (détail)

 

Pour la neuvième année consécutive, le collectif Trompe-l’œil a organisé le Golden Street Art qui vient récompenser les plus belles fresques murales de France réalisées au cours de l’année passée. Grâce à l’aide de 135 photographes qui ont sillonné les routes du pays à la recherche de la perle rare, le site a dévoilé le grand gagnant de cette édition 2022: WD pour Wild Drawing.  Né à Bali et diplômé des Beaux-Arts et en Arts Appliqués, cet artiste a commencé à peindre dans les rues en 2000. Sur le pignon d’une maison située au 42 rue de Brest à Morlaix, le Balinais a réalisé une fresque représentant une jeune femme dans une gigantesque bouteille en verre. Le personnage est en train d’écrire sur un carnet. En arrière plan, une feuille du carnet, roulée et liée, supposée contenir un message – un S.O.S? – adressé au monde. L’artiste précise: ″Aujourd’hui, de plus en plus de personnes sont piégées et seules dans leur monde embouteillé… Personne n’écoute leurs efforts désespérés de communication, d’aide et d’humanité ″. C’est ce Message in the Bottle qui a été couronné par le vote d’un jury composé de huit photographes et par un neuvième juré regroupant les votes des internautes. Source, détails et images: Trompe-l’oeil. 

Patrick BETAILLE, février 2023

Forbes – Le Rock à l’heure des Comptes

 

Selon le classement annuel publié par le magazine américain Forbes, 1,3 milliard de dollars c’est la somme générée l’an dernier par les 10 créateurs et musiciens les mieux rémunérés en 2022, . Un top 10 dans lequel se côtoient groupes de rock, acteurs, réalisateurs ou scénaristes et dont la première place revient à Peter Jackson, réalisateur du Seigneur des Anneaux et de Get Back, le documentaire consacré au Beatles.

Honneur cette année aux musiciens et notamment à quelques légendes du rock, puisque le podium accueille sur ses deux premières marches Genesis et Sting. Les Rolling Stones, quant à eux, ont atteint la septième place.

Genesis: 230 M$. Le groupe de Phil Collins a bouclé l’an dernier sa tournée d’adieu, The Last Domino Tour, riche d’une cinquantaine de dates en Amérique du Nord et en Europe. Mais la fortune amassée en 2022 est principalement liée à la vente, en septembre dernier, de son catalogue pour la somme de 300 millions de dollars.

Sting: 210 M$. Même tabac pour l’ex policeman qui poursuit sa tournée mondiale Sting My Song Tour. Il également récolté 300 millions de dollars pour la vente de son catalogue à Universal Music.

The Rolling Stones: 98 M$. Septième et honorable place de ce classement pour les increvables Stones. Sans avoir fourgué leur répertoire ils peuvent s’enorgueillir d’avoir engranger près de 100 millions de dollars l’an dernier, à l’ancienne. La  tournée Sixty Tour marquant les 60 ans du groupe, a rapporté en moyenne 8,5 millions de dollars par concert.

″Money! You get a good job with more pay and you’re okay. Du fric ! Tu as un bon boulot avec un salaire énorme et tout va bien″ [Roger Waters – Money: extrait]

Patrick BETAILLE, février 2023

Kris Preslan – Watercolors

© Kris Preslan

 

Originaire de l’Oregon, Kris Preslan, bien qu’autodidacte, est au pays de l’Oncle Sam, l’une des figures emblématiques de l’art pictural. Spécialiste dans le domaine de l’aquarelle qu’elle pratique depuis une quarantaine d’années, cette coloriste fait partie entre autres de l’American Watercolour Society et de la Transparent Watercolour Society of America. Si son sujet de prédilection touche essentiellement aux paysages et aux scènes urbaines, l’artiste s’attarde aussi parfois sur des personnages de la vie quotidienne et sur les animaux. Peut- être un peu plus étonnant encore, Kris Preslan a fait sienne la représentation de véhicules en célébrant le chrome et les courbes de la culture mécanique dans tout ce qu’elle a de plus représentatif. Sous ses pinceaux, et grâce à l’utilisation de pigments puissants, motos et voitures, modernes ou anciennes, apparaissent de façon extrêmement réaliste, presque une célébration en trompe-l’œil: Wheels: Watercolors by Kris Preslan.

Patrick BETAILLE, février 2023

The Troggs – Wild Thing

 

[Extrait]: De tous les groupes de la British Invasion, aucun ne mérite mieux l’estampille proto-punk que The Troggs – un groupe originaire du Hampshire en Angleterre – qui, sur la scène du Swinging London, avait pour habitude de revendiquer haut et fort ses origines prolétariennes. C’est Reg Presley qui en 1964 fonde les Troglodytes. Un soir de concert, Larry Page – l’ex manager des Kinks – entend l’interprétation saisissante du You Really Got me de ses anciens poulains par le quatuor auquel il fait immédiatement une proposition de management. Le groupe accepte et un contrat avec CBS est signé peu après. Ce faisant les Troglodytes deviennent The Troggs. Un premier single voit le jour dans l’indifférence la plus totale. L’accord avec la maison de disques ne portant que sur un seul 45 tours, le manager fait des pieds et des mains et finit par décrocher un nouvel accord avec Fontana.

Peu convaincu, à tort, par les talents de compositeur de Presley et de ses hommes des cavernes, Page leur propose deux reprises: Did You Ever Have To Make Up Your Mind des Lovin’ Spoonful ou Wild Thing des Wild Ones, une chanson composée en 1965 par un certain Chip Taylor. Vendue! Direction le studio. Les musiciens profitent des 45 minutes de rab d’une cession en cours et, en 20 minutes, bouclent le titre et celui qui deviendra leur prochain hit: With A Girl Like You, tous deux mixés en direct pendant l’enregistrement. Le single sort en avril 1966, illustration parfaite de ce qu’une interprétation sur 3 accords et pliée dans l’urgence peut faire d’une compo somme toute banale. D’entrée, certains programmateurs radio se font tirer par la manche pour accepter de diffuser un morceau dont les paroles à double sens flirtent allègrement avec la lubricité…

En mai Wild Thing est N°2 au hit parade britannique et atteint la première place du Hot 100 aux États-Unis en juillet. En juin 1967 Jimi Hendrix met le public du Monterey Pop festival sur le cul avec sa reprise à la fin de laquelle il immole sa Stratocaster par le feu.


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Patrick BETAILLE, février 2023

Golden Earring – Moontan

 

[Extrait]: Formé en 1961 à La Haye, Golden Earring connaît très vite le succès. Entre 1969 et 1984, le groupe effectue de nombreuses tournées en Amérique. Durant cette période ils jouent avec Santana, King Crimson, Led Zeppelin, Kiss, Rush, Aerosmith et Jimi Hendrix. Moontan est leur neuvième album studio. Diffusé par Polydor en 1973, il renferme entre autres titres celui qui deviendra le plus grand succès international des bataves : Radar Love. À partir d’une photo de Ronnie Hertz, c’est une danseuse de cabaret qui tient lieu d’illustration. La Bluebell girl emplumée et lascive pose nue. Aux États-Unis, l’image est rapidement censurée. À sa place c’est désormais un gros plan sur une oreille arborant sur son lobe une créole étiquetée  » Golden Earring « .


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Patrick BETAILLE, février 2023

Patrick Commecy : l’Art du Trompe-l’oeil

© Patrick Commecy – A. FRESCO

 

Auteur compositeur de chansons, photographe mais aussi et surtout street-artiste, Patrick Commecy redonne vie aux grands pans de murs blancs et insipides de bâtiments en créant d’étonnante fresques urbaines. Il utilise la technique du trompe-l’œil pour inventer des scènes de vie quotidienne hyperréalistes, apportant du piquant et une grande dose de beauté à l’architecture de nombreuses villes en France. C’est sous le nom de A.FRESCO que l’artiste et sa compagne Marion ont réalisé quelques 400 fresques publiques monumentales. Les illusions mises en œuvre collent avec respect et en tout point à l’architecture environnante, donnant à certains quartiers, rues et bâtiments une dimension inattendue, fantaisiste et surtout saisissante. En 2012, avec la collaboration d’une trentaine de peintres, A.FRESCO était à l’origine d’une fresque monumentale. Situé dans le parking sous-terrain du quartier Eiffel à Levallois, le tableau mural mettait en scène 250 portraits sur 5 kilomètres de long et 8000 m² de surface. Pour en prendre plein les yeux: Patrick Commecy.

Patrick BETAILLE, février 2023

 

Robert, Linda et… Ron

 

Robert Plant: ″ Linda?! Do you know the story about the madman repainting his ceiling? ″
Linda Ronstadt: ″ No, but come on, tell me! You’re so funny Robert! ″
Ron Wood: ″ It’s over, he’s about to seduce her with his stupid jokes! ″


Patrick BETAILLE, février 2023