Joe Bonamassa – B.B. King’s Blues Summit 100

 

 

Joe Bonamassa n’a que 11 ans lorsque B.B. King l’invite à monter sur scène en première partie de l’un de ses concerts new-yorkais. C’est probablement cet événement qui a jeté les base d’une relation toute particulière entre le jeune prodige et le blues de Riley Ben King.
B.B. King s’est éteint en 2015, laissant derrière lui une œuvre considérable au travers d’une cinquantaine d’albums et des décennies passées à parcourir le monde pour faire rayonner le blues. Un parcours qui trouve aujourd’hui son aboutissement avec B.B. King’s Blues Summit 100, un album ambitieux qui marque ce qui aurait été le centenaire de la naissance du bluesman.
À l’initiative de Joe Bonamassa, cet album est le fruit d’un processus de création réunissant un panel d’une trentaine de participants parmi lesquels figurent Buddy Guy, Keb’ Mo’, Slash, Christone Ingram, Eric Clapton, Larkin Poe, Jimmie Vaughan, Warren Haynes, Derek Trucks, Kenny Wayne Shepherd, Joanne Shaw Taylor et Bobby Rush, entre autres. Chaque artiste s’est approprié le morceau qui résonnait en lui pour l’interpréter librement au travers de son propre style. Plus qu’un hommage, les 32 titres joués par le gratin du blues et du rock représentent la poursuite d’un engagement: que le blues reste vivant, gravé à jamais dans la mémoire collective! Comme le disait Buddy Guy, chaque guitariste porte en lui une part de BB King. Ce Blues Summit valide le bien fondé de la démarche de Bonamassa qui, en tant que producteur, s’est attaché à traiter les originaux en évitant l’écueil de la simple copie de reliques du passé. Naturel et spontané, l’ensemble dégouline d’autorité et de chaleur. Tout y est! Les voix sont habitées, les cordes redoutables, les cuivres somptueux et le tout est servi par des arrangements conçus dans le respect d’une époque au cours de laquelle la Musique avait encore une âme.

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B.B. King – Gibson Lucille

Source Image: Screenshot – BB King live at Montreux 1993

 

Au début de sa carrière, B.B. King a joué sur des guitares de différentes marques  mais il est surtout connu pour avoir joué sur Gibson ES-335 dont une version baptisée Lucille. L’anecdote liée à ce baptême est racontée par le bluesman lui-même dans une interview qu’il avait accordé à JazzWeekly alors qu’il en était à sa 16ème guitare affublée du même nom.

Le concert avait lieu dans la salle d’un petit patelin au nord-ouest de Memphis. Il faisait donc assez froid en hiver. Pour chauffer la pièce, ils se servaient d’un bidon posé au milieu de la piste, dans lequel ils brûlaient du bois et du kérosène. Les gens dansaient autour, il n’y avait habituellement pas de problème. Mais ce soir là, deux gars ont commencé à se battre. Et l’un d’eux à fait tomber le poêle qui a déversé du carburant sur le sol. Ça a fait comme un fleuve de feu et tout le monde s’est précipité vers la sortie, moi compris ″ expliquait-il.
Une fois dehors, j’ai réalisé que j’avais laissé ma guitare à l’intérieur. J’y suis donc retourné pour la récupérer ″ précisant que le local était en bois, et qu’il avait littéralement craint d’y laisser sa vie. ″ Le lendemain, nous avons appris que les deux individus s’étaient battus pour une fille qui travaillait là et qui s’appelait Lucille. Donc, j’ai nommé ma guitare Lucille pour me rappeler de ne jamais faire une chose comme ça! ″ 

Pour rendre hommage au Roi du Blues, Gibson Brands a commercialisé au début des années 80 la B.B. King Lucille. Basée globalement sur le modèle ES-355, cette version est dépourvue d’ouïes de façon à réduire les problèmes de larsen [B.B. King avait pris l’habitude de bourrer l’intérieur de sa demi-caisse de coton pour limiter le phénomène en concert].