The Dead Daisies – Best Of

 

The Dead Daisies est un groupe de hard rock qui envoie du bois coupé en Australie. C’était du moins le cas quand en 2012 Jon Stevens et David Lowy, respectivement chanteur et guitariste originaires de Sidney décident de se lancer dans l’aventure. De nombreux changement de line-up,   ont vu passer Marco Mendoza (Whitesnake / Thin Lizzy),  Dizzy Reed (Guns N’ Roses), Darryl Jones (Rolling Stones), John Tempesta (The Cult), Doug Aldrich (Whitesnake), John Corabi (Mötley Crüe), Glenn Hughes (Black Country Communion et Deep Purple) et Tommy Clufetos (Rob Zombie & Black Sabbath). Aujourd’hui le combo est essentiellement composé de musiciens américains et n’a plus grand chose à voir avec ses origines. Le seul membre australien restant étant le fondateur et guitariste David Lowy, désormais accompagné de Brian Tichy (drums), John Corabi (vocals), Doug Aldrich (guitar) et Michael Devin (bass). Après 7 albums et 10 ans après la sortie du premier, le quintet débarque avec un nouveau disque. Appelons un chat un chat, surtout quand c’est marqué sur l’étiquette. Un Best Of! Vous savez ce truc de fainéants à but lucratif. Sauf que là non! 18 morceaux qui passent en revue l’intégralité d’albums excellents dans lesquels il n’y a rien à jeter surtout s’agissant des deux derniers, Holy Ground (2021) et Radiance (2022). En prime et en plus, deux inédits, juste pour prouver que les gars en ont encore sous le pied: The Healer et Let It Set You Free. Voilà, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Moi c’est fait!

Patrick BETAILLE, octobre 2023

The Casanovas – Backseat Rhythms

 

Les australiens sont de retour! Non, pas eux, les zôtres: The Casanovas. En 2007 et après deux albums, le guitariste-chanteur Tommy Boyce avait imposé un break à son groupe afin qu’il puisse mener à bien ses études en architecture et obtenir son diplôme. Comme quoi!

Après deux autres LP’s – Terra Casanova et Reptilian Overlord parus respectivement en 2015 et 2020, voici donc Backseat Rhythms qui vient confirmer l’excellente réputation dont bénéficie le power trio qui de près ou de loin, mais surtout sur scène, peut se vanter de pouvoir rivaliser avec Airbourne, The Darkness ou The Black Crowes. À part l’arrivée d’un nouveau batteur en la personne de Brett ″ Wolfie ″ Wolfenden pas grand changement sous les cieux de la lointaine Aussie. Serait-ce un clin d’œil? La pochette ressemble étrangement à celle qui, en 1989, illustrait le  Sonic Temple de The Cult. Avec dix titres 100% rock les séducteurs restent fidèles à un hard rock très seventies qui ne manquera pas de rassurer les fans et de séduire les adeptes d’une high energy aux petits oignons produite par celui qui, en son temps, a fait ses preuves avec les Who, Thin Lizzy, Bad Company, UFO, Kiss et led Zeppelin (Physical Graffiti): Ron Nevison.

Dixit le New Musical Express à propos de The Casanovas: ″ c’est comme Jet [autre groupe australien qui casse la baraque – NDLR] sous Viagra mais en mieux! ″. Quant à ceux qui oseraient prétendre que l’on a affaire à du sous AC/DC, ils seront démembrés à l’aide d’un coupe-ongles. Pas vrai Jojo?!

 

Rival Sons – Darkfighter

 

Avec des mélodies imparables, des déluges soniques et une authenticité à toute épreuve, il y a comme une fulgurance chez Rival Sons. Darkfighter, le dernier album des californiens a des allures de classique qui, à une époque, aurait pu concurrencer In Rock de Deep Purple ou Toys In The Attic d’Aerosmith. Pas d‘autotune, pas de métronome, pas de bidouillages post prod. C’est du pur jus heavy rock estampillé high energy mais pas que. Huit titres, 40 minutes jouissives sans esbroufe, des riffs lourds, du fuzz et quelques incursions acoustiques qui prouvent que les gars de Long Beach en ont encore sous le coude et qu’ils sont capables de renvoyer la concurrence jouer dans le bac à sable. Jay Buchanan offre des performance vocales de possédé en poussant sa tessiture au delà de ce à quoi il nous avait habitué. Les guitares de Scott Holiday malmènent le papier peint pendant que la basse de Dave Beste louvoie adroitement au milieu des tirs croisés cadencés par le jeu d’un Mike Miley qui pourrait prétendre à la digne succession de John Bonham. Bref, ça pulse velu, sans jamais tomber dans la caricature. Tout sonne vrai, même quand le répertoire flirte de façon éhontée avec la soul ou le shuffle bluesy. Je l’affirme haut et fort: ces frères rivaux méritent beaucoup plus d’attention que celle dont ils disposent actuellement et ils sont dignes d’intégrer les troupes d’élite du rock actuel. Quant à Darkfighter, il devrait devenir l’apanage des grands groupes qui enchantent les rockers depuis l’envol d’un certain dirigeable.

 

Koritni – Long Overdue

 

Long Overdue [NDLR: Traduire par Long Retard ou En retard depuis Longtemps], c’est le moins que l’on puisse dire. Depuis Rolling en 2018, les hard rockers australiens brillaient leur silence. Discographiquement parlant du moins, car sur scène Koritni étaient à l’affiche du Hellfest 2019. Depuis, de profonds changements ont eu lieu au sein de la formation (ceci expliquant cela?). Le batteur Chris Brown, le bassiste Matt Hunter, les guitaristes Eddy Santacreu et Luke Cuerden ne sont plus là mais pour l’heure, la formation est toujours dirigée de main de maître par un Lex Koritni au mieux de sa forme au chant, entouré de Tom Frémont – désormais seul guitariste – et de Daniel Fasano aux drums. Fondamentalement, rien ne change au cœur de la lointaine OZ; les couchers de soleil embrasent toujours Ayers Rock et les ingrédients avec lesquels Koritni s’est bâti une réputation méritée sont toujours d’actualité. Rythmiques efficientes, riffs incisifs, solos inspirés, et performances vocales de haute tenue – y compris en mode mid tempo – nous rassurent quant à la qualité de ce sixième album studio. Rien à jeter parmi les 12 titres de Long Overdue mixé par Kevin Shirley (Aerosmith, Led Zeppelin) avec Ryan Smith (AC/DC) en postproduction. Gros son donc. Voilà un opus simple, efficace, sentant la sueur et le Sullivans Cove qui ramone velu. Un bon remède à la morosité ambiante. Amateurs de pop nostalgique passez votre chemin!

 

The Answer – Sundowners

 

Certains groupes font tellement d’efforts pour paraître authentiques en surfant sur la vague du revival, qu’à force, ils ne deviennent que des caricatures d’eux-mêmes – suivez mon regard! Au mieux, et pour un temps seulement, ils parviennent à donner l’illusion d’être les porte-paroles d’un courant que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître: le rock bien trempé des seventies. Ces efforts, d’autres par contre n’ont pas à les faire tant ils ont naturellement capté l’essentiel des influences qui coulent dans leurs veines et la façon de les exprimer sans faire semblant. Sans conteste, The Answer appartient à cette dernière catégorie. En 2006 le quatuor irlandais avaient annoncé la couleur avec Rise, un galop d’essai au cœur duquel bouillaient des audaces assumées que certains pisse-vinaigres se sont empressés de qualifier de plagiat. La belle affaire! S’agissant de led Zep, Aerosmith, AC/DC ou Black Crowes, qui s’en plaindrait dès l’instant qu’ un amour profond et sincère du genre opère et que la sincérité valide la démarche. Beaucoup d’auditeurs y ont trouvé leur compte et ont offert un succès mérité à ce premier opus. L’engouement se confirme en 2010 avec la parution de Everyday Demons qui permet à Cormac Neeson et sa bande d’assurer la première partie de la tournée Black Ice d’AC/DC. Sur les quatre albums suivants la même recette est appliquée, certes parfois avec une baisse d’inspiration créative qui globalement ne nuit pourtant pas à la cohérence de l’ensemble de la production. Depuis 2016 et un Solas honnête mais dispensable The Answer brillaient par leur silence discographique. Sept années d’éclipse partielle pour une prise de recul probablement nécessaire à un retour aux fondamentaux. Résultat, toujours le même line up et un septième album studio qui vient remettre les pendules à l’heure. Les onze titres de Sundowners devraient ravir les fans de blues rock rétro, de rythmes hypnotiques, de riffs tonitruants et de fuzz. Avec entre autres Get on Back, Blood Brother, Livin’ on the Line et bien sûr la composition qui offre son titre à l’album, nos irlandais du nord raniment la flamme et confirment, si besoin en était, un brillant savoir-faire.

 

Joe Lynn Turner – Belly of the Beast

 

35 années se sont écoulées entre Rescue You paru en 1985 et cette nouvelle production tout droit récemment sortie des ténèbres. Pour autant, Joe Lynn Turner n’est pas resté inactif durant ce laps de temps. Non seulement le chanteur a aujourd’hui à son actif une dizaine d’albums solos – dont le dernier en date Second Hand Life publié en 2007 – mais il affiche également un palmarès étonnant quant au nombre de participations à différents projets. Deep Purple, Rainbow, Yngwie Malmsteen, Glen Huges et consort en font partie. Retour en studio en tant que patron cette fois, pour l’auteur interprète à la voix immédiatement reconnaissable qui a fait de la rock star américaine une valeur sûre grandement plébiscitée au sein de la communauté hard rock. Demandez donc à Ritchie Blackmore! Belly of the Beast est un témoignage assez inattendu sur ce qui visiblement en 2022 tient à cœur au chanteur. Il ouvre le ventre de la bête et en extirpe les maux de l’époque actuelle. ″Nous sommes dans une véritable guerre spirituelle en ce moment. C’est le Bien contre le Mal. Nous avons tous un Ange sur une épaule et un Diable sur l’autre. Nous sommes dans le ventre de la bête, piégés dans le système, et il n’y a aucun moyen d’en sortir″ déclare t-il à propos de cet album à la tracklist évocatrice: Le ventre de la bête – Soleil noir – Âme Tourmentée – Le côté obscur de l’âme – Larmes de sang – N’ayez pas peur de l’obscurité – Monde déchu ou encore Requiem. Joe Lynn Turner passe du côté obscur et dévoile une facette de sa personnalité assez inattendue lorsqu’il s’en prend aux dérives de la société et invective l’establishment. La voix juste et puissante relève d’une très belle performance qui colle parfaitement à l’ensemble des titres. Guitares frénétiques, riffs stratosphériques, basse et batterie imparables, solos aériens et nappages de claviers remarquables. On est immédiatement saisi par un gros son, un groove et une grandiloquence qui ne sont pas sans rappeler les très riches heures d’un arc-en-ciel tenu à bout de bras par un certain Ronnie James Dio. Non seulement Belly of the Beast est une belle surprise mais c’est aussi la preuve qu’à 71 ans Joe Lynn Turner en a encore sous les cordes vocales et qu’il est capable de tenir le rôle d’un captain’ hard rock inspiré. 

Patrick BETAILLE, novembre 2022

Hellfest – Ligue des Champions

 
Cherchez l’erreur!

À gauche: Arriérés et violents, des fans de heavy metal manifestent leur amour de la musique au cours du Hellfest. – À droite: Sympathiques et enjoués, des fans de foot expriment leur amour du sport au cours de la Ligue des Champions.

Patrick BETAILLE, juin 2022

Jax Hollow – Underdog Anthems

 

Classic ou Revival, il arrive que le rock arrive à produire des choses intéressantes. Originaire de Nashville, Jax Hollow fait partie de ces artistes qui mettent toutes les chances de leur côté pour se placer sur le dessus de la vague. Entourée de la bassiste Leilani Kilgore et de la batteuse Angela Lese, la musicienne a donc mis sur les rails un power trio exclusivement féminin. Jusque là rien de très exceptionnel, je vous l’accorde. Là où le projet ne manque pas d’intérêt c’est que l’ensemble affiche quelques très bonnes dispositions pour faire parler la poudre avec détermination et à-propos. Pour preuve, ce premier album autoproduit paru fin 2021: Underdog Anthems. Globalement, Jax et ses deux copines lorgnent incontestablement vers un blues rock qui fait taper du pied et un heavy rock testéronisé qui envoie de quoi se chauffer l’hiver prochain. En plus d’un charme certain – ou d’un certain charme – la chanteuse/guitariste, ne manque pas d’atouts. La voix est claire et puissante, en parfaite adéquation avec son jeu souvent déchainé d’où sortent riffs qui tuent et solos ébouriffants, le tout mis en valeur par une rythmique pétaradante. Quant aux compos, elles sont largement à la hauteur, même lorsqu’il s’agit d’explorer des terres plus aériennes (Rebound) ou plus émotionnelles (Drift Together). Underdog Anthems est court, très court: 7 titres seulement pour 25 minutes d’écoute. On se  surprend à en vouloir un peu plus. Gageons que Jax Hollow a su éviter le piège de la redite en montrant ce dont elle est capable et en nous laissant espérer qu’elle en a encore sous les cordes. L’avenir le dira. D’ici là il serait dommage de ne pas prêter une oreille attentive à ce premier essai.

 

The Hellacopters – Eyes of Oblivion

 

Formé en  1994, The Hellacopters n’avait pas donné signe de vie depuis Head Off, le précédent  album paru en 2008, dans la foulée de l’annonce officielle de leur séparation. 14 ans après,  les suédois sont de retour avec un huitième album studio: Eyes of Oblivion. C’est reparti mon kiki! Les grosses guitares et le heavy rock venus du froid sonnent à nouveau la charge comme au bon vieux temps. Du rock accrocheur, des riffs tranchants, voilà le carburant de ces 10 titres, et ce, même lorsqu’il s’agit d’aller flirter avec des ambiances plus blues (So Sorry I Could Die) qu’à l’accoutumée. Nick Anderson et sa bande ne sont pas frileux quand il s’agit de nous réchauffer et Eyes of Oblivion envoie pas mal de bois. Ça tombe bien, les vagues de froid n’ont peut être pas pas dit leur dernier mot.

Patrick BETAILLE, avril 2022

Slash – 4

 

Dix ans après leur premier album, Saul Hudson – alias Slash – et Myles Kennedy reviennent avec un quatrième album. Enregistré en mode live à Nashville et avec les Conspirators en backing band, 4 prouve, si besoin en était, que le guitariste en a encore sous les semelles cordes. Sans surprise, les 10 titres de cet opus regorgent de chorus puissants et de solos éblouissants et, du premier au dernier, mettent en avant une magnifique osmose entre guitares et chant soutenus par une section rythmique redoutable. Bref, de quoi oublier pour un temps les errances des Guns et renouer avec le plaisir de l’écoute d’un rock chiadé et bougrement efficace. Un joli coup pour un premier disque sorti sur le tout nouveau label Gibson Records.

Patrick BETAILLE, février 2022