Brimstone Coven, l’album

Brimstone CovenIl n’est pas dit que l’année 2014 s’achève sans un bon petit brûlot de Heavy Rock.  La jaquette de l’album éponyme de Brimstone Coven annonce une couleur que Richard Clayderman n’oserait entrevoir, même dans ses rêves les plus avinés. Crânes, grimoire, bougies, sorcières aux yeux vides… tout y est et pour sûr on imagine aisément les membres hirsutes de ce groupe de Virginie se balader avec le premier opus de Black Sabbath sous le bras. Dès la première écoute ça se confirme; les gus ne sont pas là pour enfiler des perles. Les riffs sont rugueux à souhait, la rythmique plombée et à n’en pas douter le chanteur « Big John William » à fignolé ses cordes vocales à la râpe à bois. Plus surprenant par contre,  c’est que ça et là viennent s’immiscer des ambiances plus bluesy, et parfois même des harmonies plus psychédéliques. De toute évidence Brimstone Coven a passé du temps à écouter les Maîtres du genre mais sans tomber dans le piège de l’imitation mercantile. Nous sommes bien au sein de ce que l’on pourrait appeler du Neo-Metal Retro (Sic!) et on ne s’ennuie jamais à l’écoute de ces 17 titres qui ne sont ni plus ni moins que la compilation remastérisée des deux premiers albums que ce combo prometteur a auto-produit entre 2012 et 2013.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

AC/DC – High Voltage Rock’n’Roll

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AC/DC High Voltage Rock’n’Roll

 

J’ai toujours été fan d’ AC/DC; à des degrés divers certes, et notamment avec un creux au cours de la période 1981-2000 (putain 30 ans!) qui a brillé par une production discographique qualitativement légèrement en dessous. Il faut quand même reconnaitre aussi qu’après Back in Black (2ème place des albums les plus vendus au monde… quand même!) faire mieux relevait plus de la quête du Graal que des courses à carrefour un premier samedi du mois. Fan donc! au point que quand se pose la question –Tiens qu’ est ce que je vais bien pouvoir m’écouter là tout de suite maintenant? – et que la fulgurance de la réponse n’est pas au rendez vous, il se passe quasiment toujours la même chose. Le tiroir avale goulument soit un Doctor Feelgood première époque, soit un skud d’Angus et sa bande. Et ça marche! Impossible de rester en place, vous avez des fourmis dans les jambes et vous tapez du pied (Jimmy Page). Fan disais-je, mais pas au point de dévorer ou de collecter tout ce qui de près ou de loin concerne les Anglo/Australiens High Energy. En clair je me souciais peu de leur histoire. Jusqu’à ce qu’une âme bien intentionnée mette entre mes mains l’ultime et splendide biographie par Phil Sutcliffe. Cet éminent journaliste anglais écrit sur le monde du rock depuis les années 70, il a arboré son pass backstage sur les scènes du monde entier pour interviewer les plus grands et alimenter de nombreuses publications. Autant dire que nous avons à faire à un spécialiste, un fan et un passionné surtout. Il n’en est pas à son coup d’essai le Phil! Il avait commis, entre autres publications, un très bel ouvrage consacré à Queen et publié aux Editions du Chêne en 2010. Aujourd’hui, avec High Voltage Rock’n’roll l’auteur retrace avec précision et exaltation la carrière de ceux qui ont donné au Heavy Rock ses lettres de noblesse. Au travers des 224 pages illustrées (pas moins de 150 photos couleur, une centaine de photos en noir et blanc) et bourrées d’anecdotes le lecteur est littéralement pris en otage. Consciencieusement et chronologiquement, des Easybeats à la mort de Bon Scott et au nouveau départ, on apprend tout et le reste. Tout, vous saurez tout sur: les line up successifs, les bastons, la diabolisation du groupe et même le type de cordes qu’affectionne Angus, c’est dire! Personnellement ce que j’ai particulièrement apprécié c’est la façon dont sont décortiqués tous les albums et les touches d’humour qui, çà et là, ponctuent le récit:  » We’re going to be one of the greatest bands in the world It’s a shame Hendrix is dead: I wanted to blow him off stage. (Angus Young). Voilà pour le contenu. Couverture animée, papier glacé et mise en page soignée rendent la lecture agréable et placent incontestablement le contenant au rang des beaux objets. Au final le résultat est un superbe hommage à AC/DC et à la puissance sonore. Il se peut que cette année, le 24 décembre à minuit pour être précis, vous entendiez un gros son de cloches… Ne paniquez surtout pas, c’est juste que Belzébuth aura fait un queue de poisson au traineau du père Noël pour arriver chez vous le premier! Heeeells Beeeells!

 

 

 

The Muggs – On With the Show

 

Voici un disque qui normalement devrait réconcilier tout un chacun avec ce qui fait défaut aujourd’hui, je veux parler bien sûr du Heavy Rock  celui qui vous fait sortir les couilles par les oreilles. Après un premier album éponyme sorti en 2005 et totalement passé inaperçu the Muggs revient avec ce On with the show qui est impressionnant à plus d’un titre. Les onze compos sont originales, la maîtrise est incontestable et surtout les musiciens sont excellents et dotés d’ un sens inné de la construction musicale. On ne s’ennuie pas une seconde à l’écoute des quelques 50 minutes de ce brûlot homogène et on se retrouve plongé dans l’ambiance que dégageaient à l’époque les premiers albums du Zep, du Sabbath ou encore de Cream.  Cerise sur le gâteau il règne cette espèce de folie, ou de démence c’est selon, qui a fait les riches heures de Frost ou encore du grand MC5 de Détroit. C’est peut être là la clef ! The Muggs – autoproclamé Ugliest band in the world est lui aussi de Détroit – a adopté la formule du power trio et sait parfaitement où il va. Batterie puissante et syncopée, ligne de basse efficacement mélodique et  guitares redoutables. Danny Methric est un guitariste extraordinaire et sans renier ses influences 70’s il le prouve dans tous les morceaux, que ce soit en rythmique ou en solo. Kick out the jam brothers and sisters ! On with the show est un disque de Rock implacable. Greasy, bluesy et heavy, c’est un gros pétard à mèche courte qui va vous péter à la gueule. Vous ne vous en remettrez pas de si tôt. Pour en savoir plus? C’est ici > The Muggs!

Patrick BETAILLE, janvier 2010