Joe Bonamassa – Time Clocks

Voilà deux décennies que Joe Bonamassa occupe les sommets du blues moderne de la plus belle des manières. Inutile donc de présenter ce boulimique de la six cordes, toujours aussi habité et prolixe. Revoici donc le natif de New Hartford avec un nouvel album virevoltant entre riffs rock, chorus bluesy et compos aux petits oignons. Avec Time Clocks Joe prouve qu’il n’est pas encore temps de s’endormir sur ses lauriers ou de ne devenir que l’ombre – certes talentueuse – de lui même. Plus inspiré que jamais il nous offre 10 titres grand cru dont 6 explosent le compteur des 6 minutes. Étrangement c’est un bref instrumental atmosphérique et très floydien qui annonce la couleur. Pilgrimmage donne le ton d’un esthétisme majestueux bien présent tout au long des 55 minutes au cours desquelles l’écoute navigue entre heavy blues efficace (The Heart That Never Waits), classic rock classieux (Notches) et pop épurée (Time Clocks et Mind’s Eyes). C’est bien sûr la guitare qui a le rôle principal et Bonamassa n’a pas son pareil quand il s’agit de jeter un pont entre influences revendiquées (Eric Clapton et Peter Green notamment) et compostions stylées qui culminent avec un Known Unknowns aux accents rythm & blues qui s’achève sur un solo ciselé absolument éblouissant.

Patrick BETAILLE, novembre 2021

Joe Bonamassa – British Blues Explosion

CD1: Beck’s Bolero/Rice Pudding. Mainline Florida. Boogie With Stu. Let Me Love You Baby. Plynth (Water Down The Drain). Spanish Boots. Double Crossing Time. Motherless Children.
CD2: SWLABR. Tea For One/I Can’t Quit You Baby. Little Girl. Pretending. Black Winter/Django. How Many More Times.

Joe Bonamassa LiveNon! Il ne s’agit pas d’une compilation du meilleur de ce qu’a produit le Blues Boom des années 60-70. Ce concert au Old Royal Naval College de Greenwich a été enregistré en 2016 et consiste en un hommage aux maîtres de la dite période: Jeff Beck, Jimmy Page, Eric Clapton et John Mayall, et par conséquence Cream, Led Zeppelin et autres Bluesbreakers sont à l’honneur. Aux commandes le boulimique Joe Bonamassa, le king of the Blues Rock himself, champion du monde toutes catégories de la production d’enregistrements live et de contributions diverses et variées. Le résultat est incontestablement imparable, aussi bien au niveau du fond que de la forme. Le choix des titres est judicieux, la qualité artistique est là, l’exécution est millimétrée, le son excellent et la production au top. De quoi ravir les fans pour qui ce énième live sera incontournable, indispensable et plus, puisque affinité. Les autres trouveront là une belle opportunité de redécouvrir les versions originales d’une époque ô combien furieusement emblématique car globalement la prestation manque un tant soit peu d’âme et de spontanéité. L’ensemble est un peu trop propre, un peu trop formaté, un peu trop linéaire et au final on est quand même bien loin de la folie des premiers enregistrements publics du guitariste. Dommage, mais bon, faute de mieux on prend! Joe Bonamassa ne tente pas de réinventer le Blues Rock, il est le putain de Blues Rock. British Blues Explosion est disponible en double Cd, Dvd et BlueRay bonussés et triple Vinyl colorisé, comme la jaquette qui pique les yeux.

PB, juin 2018

Beth Hart & Joe Bonamassa – Black Coffee

Beth Hart & Joe Bonamassa nouvel album Black Coffee

Nouveau séjour en studio pour Beth Hart et Joe Bonamassa qui se retrouvent pour écrire le troisième volet d’une collaboration qui a vu le jour en 2011 avec ″D’ont Explain″. En 2013 ″Seesaw″ confirmait le bien fondé d’un partenariat bénéfique au duo qui aujourd’hui nous sert ″Black Coffee″, un album de reprises qui puise dans le répertoire d’une Soul viscérale et intense. On assiste ainsi à la relecture de titres d’Edgar Winter (″Give it everything you got″), Ike & Tina Turner (″Black Coffee″), et Howlin’ Wolf (″Sitting on the top of the World″), pour ne citer que les principaux. Toute la magie réside dans la fusion entre le chant stratosphérique de Beth et le jeu inspiré de Joe, le tout appuyé pour la circonstance par une production colorée et aussi rétro que le cover art de l’album. Les claviers de Reese Wynan emplissent l’espace, Anton Fig assure aux drums, les chœurs puissants ou subtils gèrent l’ambiance ou l’équilibre et il arrive que les cuivres claquent comme des élastiques de string. Les albums solos respectifs de Beth Hart et Joe Bonamassa sont ce qu’ils sont mais quand  ces deux talents décident de ranimer la flamme de la Soul ou du Chicago Blues, on assiste à l’émergence d’une alchimie rare et d’un album puissant, intemporel et imparable. Avec ou sans sucre votre Black Coffee?

Patrick BETAILLE, février 2018

 

 

Joe Bonamassa – Different Shades of Blue

Joe Bonamassa. Differnet Shades of BlueOn ne présente plus l’ américain, prodige du Blues qui est à lui seul le représentant émérite d’un renouveau qui l’a propulsé à un niveau de popularité rarement atteint dans un domaine sensé être en voie d’extinction. Revoilà donc Joe Bonamassa qui n’avait pas sorti d’album studio strictement personnel depuis l’excellent ”Dust Bowl” en 2011. Sans surprise majeure pour ce qui concerne la teneur et l’ambiance, ”Different Shade of Blue” vient étayer le talent et la boulimie multi directionnelle d’un artiste pour le moins généreux et surdoué. Dans l’ensemble très bon et très bien soutenu par des musiciens talentueux, l’album ouvre  sur un hommage à Hendrix et s’achève sur une ballade ennuyeuse dont on se serait facilement passé. Heureusement il contient aussi un ”oh beautiful” qui n’est pas sans rappeler ”Black Dog” de Zeppelin et livre de grands moments comme l’impétueux ”Living on the Moon” ou le torride ”Heartache Follows Wherever I Go” qui regorgent de cuivres que Joe a ramené de ses dernières collaborations avec Beth Hart. Reste un mystère. Celui de la pochette de l’album qui n’est pas sans rappeler l’image de Roland Free battant le record de vitesse à Bonneville Salt Flats en Septembre 1948. Une idée? Je suis preneur car, à part les nuances de bleu, je ne vois pas!

Patrick BETAILLE, novembre 2014

Beth Hart & Joe Bonamassa – Live in Amsterdam

Dvd Beth Hart & Joe Bonamassa Live in AmsterdamPassons sur la pauvreté graphiquement nauséeuse du packaging et attardons nous sur ce que moi j’ose appeler un putain de bon moment musical. Ce double Dvd Live in Amsterdam n’est ni plus ni moins que la transcription exacte d’un concert que Joe Bonamassa et Beth Hart ont donné lors de la tournée promotionnelle de l’album Seesaw Pas d’overdubs, pas de bidouilles numériques. Ce que vous entendez est ce qui a été joué. La quasi totalité du dernier album et cinq titres de Don’t explain sont interprétés par ces deux artistes qui s’offrent même le luxe de quelques autres covers bien senties. Pour l’occasion Beth et Joe sont soutenus par une section de cuivres et une bande de tueurs patentés déjà vus aux côtés du guitariste surdoué. Que ce soit le batteur Anton Fig, le bassiste Carmine Rojas, le guitariste rythmique Blondie Chaplin ou le clavier Arlan Schierbaum, tous sont incroyablement inspirés et efficaces, visiblement heureux de participer à ce qui se passe sur scène. Nous n’assistons pas à  un concert de guitar héro pas plus qu’à une prestation de diva reconnue. Non! et pourtant il y aurait matière à, tant le talent de ces deux artistes est énorme. Point d’ego prédominant donc. Tout n’est que collaboration fusionnelle et capacité considérable à transmettre un large éventail d’émotions bienfaitrices. La lecture dévastatrice de I’d Rather Go Blind (Etta James) en est la meilleure preuve; dix minutes de pur bonheur, le feeling de Joe Bonamassa fait des merveilles et l’interprétation de Beth Hart est orgasmique. Croyez moi! Cette nana c’est Otis Redding moins les baloches! 21 titres (sans compter les bonus), plus de deux heures de musique, un film sobre et efficace, et un son tout ce qu’il y a de plus propre, que demander de plus? Un petit extrait? Bon d’accord et c’est bien parce que c’est vous: Live in Amsterdam! .

Patrick BETAILLE, avril 2014