16 Creative – Trump Guitars

©Trump Guitars

 

Pendant sa campagne, le président élu et prochainement locataire de la Maison Blanche n’a pas lésiné pour mettre sur le marché des produits vantant de supposés qualités et mérites. Outre les casquettes, les mugs et autres bricoles promotionnelles à son effigie, le républicain milliardaire a proposé à ses partisans des montres à 100 000$, des pièces de monnaie en édition limitée, des baskets dorées et même des bibles dédicacées. On le sait, Donald Trump n’a peur de rien et surtout pas du ridicule. Le 20 novembre dernier, il a publié une photo de lui, rayonnant, tenant fièrement une… Guitare! Si, si! Son image figure sur le site officiel des Trump Guitars qui pour l’occasion se fend d’une accroche en Mi majeur:  ″ La seule guitare officiellement approuvée par le président Donald J. Trump ″. Ce dernier en a même signé quelques exemplaires; ce qui, pour un même modèle, fait passer le prix de 1 500$ à 11 500$). On peut lire sur les manches des guitares électriques et acoustiques des slogans tels que ″ MAKE AMERICA GREAT AGAIN ″ ou encore ″ GOD BLESS THE USA ″. 

Il y a quand même de l’électricité et de la distorsion dans l’air. Gibson menace l’entreprise 16 Creative, le luthier pro-Trump, de poursuites judiciaires pour avoir copié la forme de son légendaire modèle Les Paul vieux de 120 ans pour commercialiser une six cordes décorée d’un aigle devant le drapeau fédéral et nommée ″ American Eagle ″. 

À ce stade l’on est en droit de se demander si quelques abrutis seraient susceptibles de se porter acquéreurs de ce type d’instruments. Hélas oui! Certains modèles sont Sold Out et une nouvelle série ″ Présidentielle ″ est d’ores et déjà prévue. D’ici à ce que l’Agent Orange nous sorte une gratte qui crache des bastos de 7.65 par le manche y’a pas loin!

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Stephen King – Rêves et Cauchemars

 

Nightmares & Dreamscapes est un recueil de nouvelles écrites par Stephen King et publié en 1993. Parmi ces récits courts figure You Know They Got a Hell of a Band. ″ Un Groupe français ″, le titre en français, provient de la chanson Rock and Roll Heaven (1973) des Righteous Brothers qui comporte les paroles suivantes: ″ If there’s a rock and roll heaven, you know they got a hell of a band ″ [S’il existe un paradis du rock and roll, il doit y avoir un groupe d’enfer] – NDLR]. L’auteur a eu l’idée d’écrire cette nouvelle en remarquant le nombre particulièrement élevé de rockers morts jeunes [ceux du Club 27 – NDLR] et/ou dans des circonstances atroces.

Résumé: Clark et Mary prennent des vacances dans l’Oregon et se perdent sur des routes secondaires. La route devient de plus en plus étroite au point qu’ils ne peuvent même plus faire demi-tour. Ils finissent par arriver dans une petite ville:  Rock and Roll Heaven. Clark insiste pour qu’ils s’arrêtent dans un troquet. À l’intérieur, ils constatent que la patronne et le cuisinier sont les sosies parfaits de Janis Joplin et Rick Nelson. Une serveuse les avertit qu’ils sont en danger. Le couple s’échappe mais leur voiture entre en collision avec un bus arrêté en plein milieu de la route. Tous deux sont ramenés en ville par le chef de la police, Otis Redding. Le maire, Elvis Presley, leur impose d’assister à un show à l’issue duquel il leur affirme qu’ils pourraient décider de s’installer définitivement. Clark et Mary retrouvent au concert les vrais habitants, piégés dans leur propre ville, ainsi que la serveuse qui les avait averti et qui en guise de punition a eu un doigt coupé. Alors que le DJ Alan Freed annonce les musiciens participants au concert, tous décédés, la serveuse explique aux Willingham qu’un seul concert peut durer plus d’un an. Mary et Clark comprennent alors qu’ils sont définitivement prisonniers de Rock and Roll Heaven…


retrouver les  Righteous Brothers dans le livre:
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Patrick BETAILLE, novembre 2024

Jeff Beck – Gibson Oxblood

 

Considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs du monde, le guitariste Jeff Beck (décédé le 23 janvier 2023) avait de son vivant émis le souhait que ses instruments soient vendus. ″ J’espère que les guitaristes qui achèteront ces objets pourront se rapprocher de son génie ″ a déclaré Sandra son épouse. Des dizaines de guitares et d’autres équipements de musique seront donc mis en vente aux enchères en janvier 2025, chez Christie’s à Londres.

La pièce maitresse de cette vente est la guitare ″ Oxblood ″, une Gibson Les Paul de 1954. Il s’agit de celle qui apparaissait sur le cover art (peinture de John Collier) de l’album instrumental paru en 1975: Blow By Blow. Le prix de vente estimé pour cette 6 cordes se situe entre 400 000 et 600 000 euros. Également au catalogue la ″ YardBurst ″ (estimation: 45 000 – 70 000 euros) une autre Gibson Les Paul de 1958 qu’il avait achetée à Londres en 1966 alors qu’il était encore avec les Yardbirds, et, la ″ Tele Gib ″ (estimation: 120 000 – 180 000 euros) une guitare construite spécialement pour le musicien en 1973 par Seymour Duncan.

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Jerry Lee Lewis – Great Balls of Fire

 

[Extrait]: Repéré par Sam Philipps, le patron de Sun Records, Jerry Lee Lewis est engagé comme pianiste de session pour les artistes du label. Il a ainsi l’occasion d’accompagner Carl Perkins et Johnny Cash. En 1955, il obtient le feu vert pour enregistrer deux titres sous son propre nom. D’emblée, l’un d’eux fait des ravages : Whole Lotta Shakin’ Goin’ On
Deux ans plus tard et déjà tout auréolé de gloire, Jerry se voit proposer d’enregistrer une composition d’Otis Blackwell, un auteur prolifique qui a écrit de nombreux succès pour Elvis Presley… 
Au moment de l’enregistrement, Jerry Lee rechigne et commence à se disputer avec Sam Philipps, affirmant que les tentations dont il est question et les préceptes de son éducation religieuse ne sont pas compatibles. Sam prétend au contraire que c’est avec ce genre de message que le chanteur peut sauver des âmes.  » Comment le diable pourrait-il sauver des âmes ? Le diable est en moi  » rétorque Lewis. Au bout d’une heure, l’artiste – certes passablement bourré – finit par accepter et se lance en trio dans une prise mémorable.
Great Balls of Fire sort le 11 novembre 1957. L’Amérique et le monde découvrent ce  » Killer  » à la fois angélique, pervers, rebelle, bigot, prude ou obsédé sexuel et lui font un triomphe… Le single met le feu au rock’n’roll, se vend à 5 millions d’exemplaires et se place au top des hits dans de nombreux pays…
Little Richard était rigolo, Elvis était cool, mais Jerry Lee Lewis était terrifiant ″ (Don Dixon : producteur).


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Le lundi c’est permis – Clown

© Boing Boing/Medijourney


[Proverbe turc]: ″ If a clown moves into a palace, he doesn’t become king, the palace becomes a circusSi un clown emménage dans un palais, il ne devient pas roi, le palais devient un cirque ″.


Patrick BETAILLE, novembre 2024

Andy Warhol – Sérigraphies

Andy Warhol

 

En 1967, Andy Warhol se fait remarquer en apposant son nom sur la pochette de The velvet Underground & Nico illustré par la désormais célébrissime Banane. Deux ans plus tard, nouveau coup d’éclat:  l’artiste est à l’origine du concept illustrant la pochette du Sticky Fingers des Rolling Stones. L’inoubliable fermeture éclair.

Figure de proue du mouvement Pop Art, c’est à partir de cette époque que Warhol atteint l’apogée de sa notoriété. Ses œuvres explorent la relation entre l’expression artistique et le culte de la célébrité. Il est désormais associé à un style immédiatement reconnaissable, dérivé de ses portraits sur lesquels il applique une technique qu’il utilisera pour ses œuvres les plus célèbres. Les artistes sont photographiés de près et en noir et blanc. Warhol redessine ou repeint sur des aplats en couleur certaines de leurs caractéristiques physiques et leurs traits sont réduits à l’essentiel. Le transfert sérigraphié sur toile met en valeur les yeux, les cheveux ou la bouche. Il suffit de s’arrêter un instant sur les pochettes des albums Love You Live des Stones (1977), Silk Electric de Diana Ross (1982), Aretha d’Aretha Franklin (1986) ou Menlove Ave de John Lennon (1986), pour comprendre le procédé qui consiste à offrir aux stars le statut d’icones. 

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Peter Tosh – Bush Doctor

 

[Extrait]: Publié en 1978 sur le label des Rolling Stones,  Bush Doctor, le troisième album de Peter Tosh est un hymne à la weed. À ce titre, le disque arbore un sticker ″ Scratch & Sniff ″ [Gratte et Renifle – NDLR] sensé libérer une odeur de cannabis. En réalité il ne s’agit que d’effluves de graines médicinales qui pourtant condamneront l’album auprès de certains revendeurs tels que le londonien Boots…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, novembre 2024

Bee Gees – Holiday

 

[Extrait]: … Brushings impeccables, combinaisons moulantes, chemises ouvertes sur des torses virils, chaînes en or et dents ultrabright. C’est l’image que l’on garde des Bee Gees et de leur gloire insolente quand la fin des années soixante-dix avait la fièvre du samedi soir, symptôme d’une travoltite aiguë…
C’est un peu vite oublier que les frères Gibb ont eu une vie avant le disco. Ils chantaient déjà leurs propres chansons sous les cieux de la lointaine Aussie, et ce, depuis la fin des années 50… Barry, Robin et Maurice Gibb vont enchaîner les tubes avec une facilité déconcertante. En commençant par le sirupeux Holiday. Le single paraît en avril 1967 et les paroles sont bien en phase avec la pop baroque-psychédélique du moment, vaguement poétiques et quasiment incompréhensibles…
La chanson baigne dans une mélancolie que viennent renforcer des arrangements fastueux strictement orchestraux avec profusion de cordes et sans autre percussion qu’un vague tambourin surgissant au moment du pont : ″ dee-dee-da-dee-dee ″… Le chant est envoûtant, les harmonies vocales remarquables et la recette fait mouche. Bilan : un record de plus de 220 millions de disques vendus avec à la clef 9 Grammy Awards en plus de 40 ans de carrière.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, octobre 2024

Warren Haynes – Million Voices Whisper

 

Warren Haynes est de retour et après neuf ans d’absence en studio, le guitariste de Gov’t Mule et de l’Allman Brothers Band affiche clairement sa volonté d’explorer de nouveaux horizons. Joués avec un groupe exceptionnel, les onze (14 en version Deluxe) titres de Million Voices Whisper établissent un équilibre subtil entre blues, funk et soul. Le disque débute par These Changes, co-écrit avec Derek Trucks. Tout en légèreté, le morceau brille d’un magnifique dialogue de guitares qui n’est pas sans rappeler l’époque où le duo dialoguait au sein des Allman Brothers. Day Of Reckoning offre des accents country à ce qui ressemble à un blues rock mené à plusieurs voix.  L’ambiance Muscle Shoals prend vraiment vie sur un Go Down Swinging tout de cuivres nourri. You Ain’t Above Me débute en blues lent et va crescendo vers un final au cours duquel Haynes livre un beau solo et se laisse aller en donnant une belle puissance à sa voix. This Life As We Know It impressionne par son côté enjoué et accrocheur. Retour de Derek Trucks sur une ballade chargée d’émotion avec Real, Real Love dans lequel Warren rend hommage à son ami défunt, Gregg Allman. Funky time now! Dans le genre, Lies, Lies, Lies se présente comme une jam époustouflante au cours de laquelle le travail à l’orgue de John Medeski est aussi lumineux que la partition du guitariste à la wah-wah. Quant à Kevin Scott, le bassiste et compère au sein de Gov’t Mule depuis 2023, il est monstrueux avec un groove et une finesse dignes d’un Jaco Pastorius! Incontestablement le grand moment de Million Voices Whisper qui s’achève sur Terrified et Hall Of Future Saints tout aussi funky et classieux, offrant quelque chose d’unique de la part de Warren Haynes qui maîtrise son sujet mieux que jamais. Son solo sur From Here On Out devrait convaincre les plus sceptiques.

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Beth Hart – You Still Got Me

 

Depuis 2019 et son Tribute to Led Zeppelin en 2022, Beth Hart n’avait rien produit d’original.  2024 annonce donc le retour de la diva avec de nouvelles compostions sur l’album You Still Got Me. Si besoin en était, Madame prouve qu’elle est une excellente chanteuse mais aussi une musicienne/compositrice de haut vol. Elle nous offre 11 chansons, différentes dans leur style, mais qui mettent toujours en valeur une authenticité classieuse. Wanna Be Big Bad Johnny Cash tape dans le classic rock, et le Never Underestimate A Gal offre des teintes jazzy et Pimp Like That oscille entre calme et tempête. Plus intimes, Little Heartbreak girl, Wonderful World ou la superbe balade soft-jazz Drunk On Valentine et le titre éponyme You Still Got Me sont interprétés avec douceur, sensibilité et brio; piano, voix et production aux petits oignons occupent admirablement l’espace. Avec son ambiance bluesy ponctuée de pulsations et d’un solo de guitare remarquable, Don’t Call The Police semble tout droit sorti d’un thriller qui s’achèverait sur le Machine Gun Vibrato au rythme hypnotique sur lequel les vocalises évoluent dans plusieurs registres.

Les fans de la screameuse Beth Hart en mode blues rock viscéral (avec Joe Bonamassa notamment) risquent d’être un peu désorientés par cet assemblage. Qu’ils se rassurent. Suga N My Bowl remet les pendules à l’heure avec Eric Gale et surtout, You Still Got Me ouvre sur ce Savior With A Razor qui vous ferait sortir les c******* par les oreilles en associant la puissance vocale aux riffs lourdement ciselés de maitre Slash.

Patrick BETAILLE, octobre 2024