
[Jean-Luc Godard – Cinéaste]: ″ Tout ce dont vous avez besoin pour un film, c’est d’un pistolet et d’une fille – All you need for a movie is a gun and a girl ″
Patrick BETAILLE, mars 2025
[Extrait]: Ce premier vrai groupe hippie des années 60, quatuor vocal californien pourtant formé à New York en 1963, a failli être celui de Janis Joplin. Après un premier Go Where you Wanna Go qui passe totalement inaperçu, viennent les splendides harmonies vocales de California Dreamin’ qui paraît en décembre 1965 et qui devient un tube mondial. Dans la foulée, The Mama’s & The Papa’s enregistrent leur premier LP – If you Can Believe Your Eyes and Ears – duquel est extrait un morceau composé par John Phillips : Monday Monday. Publiée en single en 1966, la chanson est consacrée au jour de la semaine que personne n’aime, surtout quand il devient annonciateur d’une rupture amoureuse : le lundi…
À l’époque, les radios diffusaient largement California Dreamin’ mais dès la sortie de l’album, les stations commencent à passer Monday Monday en boucle. Ainsi, déjà connu du public, le single devient très rapidement un énorme succès et n°1 du Bilboard Hot 100. John Phillips avouait qu’il n’avait aucune idée de l’impact que pouvait avoir le texte. Quant à Denny Doherty il déclarait: ″ Personne n’aime le lundi, alors j’ai pensé que c’était juste une chanson à la con sur un jour de la semaine ″...
En juin 1967, forts d’une renommée internationale, les Mama’s & Papa’s sont annoncés en tant que vedettes du Monterey Pop Festival organisé par John Phillips lui-même. Ils se produisent en clôture et leur prestation laisse quasi indifférent un public pas encore remis de ce qu’il leur a été offert par Janis Joplin, les Who et Jimi Hendrix.
Patrick BETAILLE, mars 2025

À l’origine du projet, le chanteur/guitariste Gyasi Heus qui, du fin fond de la Virginie Occidentale, s’est construit à travers diverses expériences. Ses parents lui ont transmis leur passion pour le blues, le Jazz et la world music. Par la suite l’artiste a découvert les Stones, Hendrix et a développé une passion pour le rock psychédélique et le glam rock de Bowie et de T.Rex.
Un premier album, Androgyne, parait en 2019 et offre un melting-pot de ces influences auxquelles viennent s’ajouter des touches de pop, de folk et d’un hard rock à la sauce Led Zep.
Le deuxième album de Gyasi (prononcer Jah-See ou Jossi) paru récemment, s’épanouit lui aussi dans une fusion de glam vintage et de rock brut, où cohabitent riffs, rythmes soutenus et chant puissant. Toujours ancré dans l’approche rock flamboyant, la production du disque est bien étoffée et les arrangements sont suffisamment audacieux pour créer une alchimie immédiate et puissante qui insuffle de la nouveauté dans un genre qui a fait ses preuves depuis fort longtemps.
Here Comes The Good Part est un voyage intéressant dans le passé et le futur du rock. L’approche audacieuse et le style de Gyasi alliés à la technique d’un groupe efficace donne naissance à un album à la fois classique et avant-gardiste. Même les fans des New York Dolls devraient trouver leur bonheur dans cet équilibre – entre tape-à-l’œil et intensité brute – qui possède déjà sa propre identité.

John C. Kacere (1920-1999) était un peintre américain qui, à ses début, œuvrait dans l’expressionisme abstrait. En 1963, il s’oriente vers un hyperréalisme axé sur la plastique féminine. Même si en 1969 il peint sa première toile photoréaliste représentant le corps entier d’une femme, presque toutes ses peintures se focalisent sur la partie inférieure de ses modèles vêtus de lingerie. En 1978, l’une de ses peintures a été utilisée comme illustration du premier album éponyme du musicien Jorge Santana, le frère cadet du célèbre Carlos Santana. Le travail de l’artiste fait désormais partie des collections publiques de plusieurs institutions, dont le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Portland Museum of Art et le Speed Art Museum de Louisville dans le Kentucky. Certains des tableaux de John Kacere sont visibles ici: WikiArt.
D’autres chroniques à retrouver dans le livre: In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art

Le chat Church (diminutif de Winston Churchill), est campé par deux félins abandonnés, Tonic et Leo. Tous deux font partie de la distribution du dispensable remake de Simetierre, le film tiré du roman d’épouvante de Stephen King. Ces deux Maine Coon n’étaient pas des professionnels mais ils étaient toutefois capables de feuler à la demande, de regarder fixement et d’attendre. À l’instar de leurs partenaires humains, les félins devaient également passer par la case maquillage afin de donner l’illusion qu’ils revenaient d’entre les morts. Il a fallu deux mois pour les habituer à ce processus. L’actrice Amy Seimetz a dû prendre des antiallergiques durant le tournage en raison de son allergie aux chats, qu’elle décrit comme ″ de vrais enfoirés, qu’ils reviennent d’entre les morts ou pas ″ ! Le film d’horreur de Kevin Kölsch est sorti le 10 avril 2019. Leo – aka Church – est décédé 2 mois après.

Au regard du nombre de musiciens qui sont passés dans ses rangs et compte tenu du nombre d’albums publiés, on peut affirmer sans hésiter que Jethro Tull fait partie de ces institutions garantes de la qualité de la musique populaire, la vraie! Quasiment 60 ans que Ian Anderson promène sa flute sur les scènes du monde entier pour promouvoir cette espèce rock conceptuel et inclassable imprégné de musique classique, de folklore celtique, de blues et de rock progressif aux touches parfois heavy.
Après un gros passage à vide au cours des années 80, le Tull est parvenu plus tard à redonner espoir aux fans de la première heure avec deux albums solides parus successivement en 2022 et 2023: The Zealot Gene et RökFlöte. En 1976, sur une jambe perchée, Anderson chantait qu’il était trop vieux pour faire du rock ‘n’ roll mais trop jeune pour mourir. Pour preuve, nous voici en 2025 avec ce Curious Ruminant entre les oreilles. Puppet and the Puppet Master annonce la couleur du retour aux sources avec un rythme soutenu, des guitares acoustiques et des échanges entre l’orgue Hammond de John O’Hara et la guitare de Jack Clark qui s’exprime à merveille sur le titre qui suit en apportant son nom à l’album. Bien sûr, il y a la flûte, si caractéristique et omniprésente qui domine et illustre notamment Dunsinane Hill et The Tipu House. On retrouve également dans ce 23ème album de la mandoline, de l’accordéon, du piano et beaucoup de guitares acoustiques révélatrices d’un retour aux racines folk du groupe. La voix de Ian est toujours aussi rauque et l’écossais fait preuve d’un lyrisme à nul autre pareil. Toutes les compositions sont concises, carrées, efficaces; de belle manière, elles vont à l’essentiel. Seule exception, Drink From The Same Well qui dure près de 17 minutes et qui n’est pas sans rappeler les magnifiques envolées de Thick As a Brick. Quelques accords de guitare acoustique pour Interim Sleep le dernier morceau. Ambiance pesante, nappage de clavier, flute subtile. Ian Anderson ne chante pas, il parle, avec en fond des pulsations qui finissent par s’éteindre car il s’agit d’exprimer le décès d’un être cher. Émouvant!
À 77 ans Ian Anderson n’a pas encore dit son dernier mot. Inspiration et créativité sont le lot de ses dernières productions discographiques. Plus encore sur ce Curious Ruminant passionnant et musicalement très abouti.
Patrick BETAILLE, mars 2025

[Lemmy Kilmister. 1945-2015]: ″ There’s two kinds of music, music you like, and music you don’t like; music that moves you, and music that doesn’t. That’s all there is! – Il y a deux sortes de musique : celle que l’on aime et celle que l’on n’aime pas ; celle qui nous émeut et celle qui ne nous émeut pas. C’est tout ! ″
Patrick BETAILLE, mars 2025
[Extrait]: Bref mais honnête témoignage d’une époque au cours de laquelle Eric Clapton revient, à peu près en forme, d’une descente aux enfers de la drogue. Avec E.C. Was Here, RSO souhaite attirer l’attention du public sur ce témoignage de concerts californiens enregistrés en juillet 1974. Graphiquement parlant, et bien qu’un tantinet tapageur, le cover art de l’album est en ce sens une quasi réussite…
Sur un fond rouge vif, une photo de Frank Moscati met en valeur les courbes d’une femme nue. Sur son dos, le titre de l’album sous la forme d’un tag incitant le regard à se poser sur la chute de ses reins. Pour le verso, même dynamique et mêmes couleurs. Les titres des six morceaux et les crédits sont en rouge sur le gros plan d’une partie de la poitrine du modèle…
Pas de censure pour le visuel d’un disque musicalement assez bien accueilli. Néanmoins, l’Espagne et le Venezuela opteront pour un zoom destiné à contrecarrer la connotation provocatrice ou sexiste de la jaquette originale.
In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art
Patrick BETAILLE, mars 2025

Bruce Springsteen est un peu à Chevrolet ce qu’Elvis fut à Cadillac: un concessionnaire en puissance! Grace au succès de l’album Born to Run paru en 1975, The Boss s’offre quelques années plus tard une Chevrolet Corvette édition 1960 qu’il achète à un vendeur de glaces de son quartier pour la somme – à l’époque exorbitante – de 6.000 dollars. La voiture en question est devenue la pièce maitresse d’une collection enrichie par la suite d’une Corvette Stingray de deuxième génération. Dans les années 80, place à une Chevrolet Z28 Camaro. Même si les Muscle Cars occupent une place de choix dans son garage, Bruce doit céder plus tard aux sirènes de la praticité. En 1991 il épouse la choriste du groupe E Street Band, Patti Scialfa, et trompe Chevy avec un Range Rover L322. Depuis, le couple ne jure que par quelque chose d’au moins aussi américain que la Corvette: une Jeep Cherokee.
Mais c’est bien Chevrolet qui occupe une place particulière dans le cœur de Springsteen. Une photo en noir et blanc prise par son ami Frank Stefanko lors d’une journée d’hiver dans le New Jersey en témoigne. Le Boss est assis sur le capot de sa Corvette C1. Le cliché illustre Born to Run, l’autobiographie de l’artiste parue en 2016, ainsi que le cover art de Chapter and Verse, la compilation qui accompagne le livre.
″ J’ai une Chevy de 69 avec un V8 de 6 litres et un levier de vitesses Hurst ″ chantait-il en 1978 dans Racing in the Street sur l’album: Darkness on the Edge of Town.
Patrick BETAILLE, mars 2025