Status Quo – Ames Room

 

Status Quo, l’un des groupes de boogie rock britannique les plus significatifs des seventies, a définitivement marqué son époque grâce à un son reconnaissable entre tous et surtout à ses prestations scéniques des plus énergiques. Parmi la discographie du quatuor, On the Level paru en 1975 assure avec ses prédécesseurs Hello! et Quo une mise en valeur d’un groupe au sommet de ses pouvoirs créatifs, capturant l’essence de leurs performances live dans un environnement studio. Des chansons à l’énergie brute comme Down Down, Little Lady ou la reprise de Johnny B. Goode (Bye Bye Johnny) illustrent la capacité du Quo à créer des hymnes rock sur des rythmes entraînants accompagnés de riffs irrésistibles.

Au même titre que le contenu, le contenant est lui aussi captivant. Sur la pochette de ce huitième album, Francis Rossi, Richard Parfitt, Alan Lancaster et John Coghlan apparaissent dans un concept visuel créant une illusion d’optique qui capte immédiatement l’attention. C’est le designer Jack Wood qui a eu l’idée de ce cover art pour lequel les musiciens sont photographiés dans une Ames Room, du nom de son inventeur, l’ophtalmologue américain Adelbert Ames. Ce type de décor, inventé en 1946, génère une perception déformée de la taille et de la forme des objets ou des personnes qui s’y trouvent. La pièce est construite selon une forme trapézoïdale dans laquelle le mur du fond est beaucoup plus court d’un côté que de l’autre. Le sol et le plafond sont également inclinés pour épouser la forme de la pièce, créant ainsi l’illusion d’un espace rectangulaire. En plaçant les individus dans la pièce, ils peuvent sembler changer de taille de manière saisissante. La personne qui se trouve du côté le plus court de la pièce semble nettement plus grande que celle qui se trouve du côté le plus long, même si en réalité elles sont de taille similaire. 

Publié sur le label Vertigo, le disque a atteint la première place du UK Albums Chart, devenant ainsi le deuxième album (après Hello en 1973) de Status Quo à se classer au sommet des charts.

Patrick  BETAILLE, mars 2025


d’autres chroniques à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Carl Perkins – Blue Suede Shoes

 

[Extrait]: Les chaussures en daim étaient un article de luxe dans le Sud des États-Unis. Summum de l’élégance, chères, fragiles et difficiles à entretenir, peu nombreux étaient ceux qui en avaient. Carl Perkins n’en a jamais possédé mais Johnny Cash lui a raconté l’histoire de quelqu’un qui en portait une paire. Plus tard, Perkins relate qu’alors qu’il anime un bal de lycée, il remarque un gars qui se préoccupe plus de ses godasses que de sa cavalière et qui demande à tout le monde de faire gaffe à ses chaussures en daim bleu. Au petit matin, Carl se lève et écrit les paroles de Blue Suede Shoes…

Le single est publié en janvier 1956… Il atteint très rapidement le million de ventes, fait de Carl Perkins une star et sauve Sam Philipps – le patron de Sun Records – de la faillite…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, mars 2025

Philip Morris – It’s a Long Way

© Screenshot from tanadouglas.com

 

[Source – Tana Douglas]: Né en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, Philip Morris a débuté sa carrière de photographe à Sydney dès l’âge de 15 ans. À la fin des années 1960, il devient photographe pour Go-Set, la première publication nationale australienne consacrée la musique populaire. Philip s’est rapidement retrouvé à shooter les musiciens qu’il admirait en tant que fan. Il a ainsi immortalisé la toute première prestation professionnelle d’AC/DC et a continué à photographier le groupe pendant plusieurs années. Morris a également photographié pratiquement toutes les superstars internationales de passage en Oz-tralia, notamment Led Zeppelin, Pink Floyd, Paul McCartney, les Rolling Stones, Frank Zappa, Yes, les Jackson 5 et bien d’autres.

Sur 220 pages, It’s A Long Way, le livre paru en 2015, rassemble le travail du photographe capturant l’âge d’or de la musique australienne sur la période 1969-1979. Malheureusement il va vous falloir vous équiper de bottes et de frontale pour explorer le marché de l’occase et, avec un peu de chance, trouver From ACCA-DACCA to Zappa. L’ouvrage est épuisé! 

 

© Photo: Malcolm Young – By courtesy of Philip Morris

Wild Drawing – Melting Point

Source Image : 20 Minutes/Streetartcities.com

 

Deux enfants quittent leurs écrans des yeux pour regarder au loin. Cette superbe fresque murale de l’artiste balinais WD (Wild Drawing) met en valeur son talent exceptionnel en matière d’anamorphose et de trompe-l’œil. Réputé pour intégrer de manière transparente des éléments architecturaux tels que fenêtres, gouttières et angles de murs dans ses œuvres, le street artiste transforme les façades des bâtiments en toiles narratives immersives. Pour cette œuvre peinte sur un immeuble de Aurec-sur-Loire (43110), l’effet tridimensionnel est remarquable.

Intitulée Melting Point la fresque murale a été réalisée lors de la 11e édition du Golden Street Art. En compétition avec 14 autres peintures, celle de Wild Drawing a obtenu pour 2024 le titre de la plus belle fresque murale réalisée en France.

Patrick BETAILLE, février 2025

Le lundi c’est permis – Parapluie

© Source Photo: moto-station.com

[Georges Brassens – Le Parapluie]: ″ Un petit coin de parapluie, contre un coin de paradis, elle avait quelque chose d’un ange. Un petit coin de paradis contre un coin de parapluie, je ne perdais pas au change, pardi ″.


 

Van Halen – 1984

 

[Extrait]: Pour illustrer son sixième album, Van Halen souhaite la présence de quatre danseuses ayant l’apparence de droïdes chromés. Le groupe fait appel à Margo Zafer Nahas, une artiste réputée pour son aptitude à gérer ce type d’effets spéciaux. Devant l’ampleur de la tâche, l’illustratrice décline mais propose plusieurs idées et l’une d’elles sera retenue: un chérubin narquois et, au premier plan, deux paquets de cigarettes posés sur une table…

C’est Raul Vega qui a photographié Carter Helm, l’enfant de deux ans du meilleur ami de Margo. Le petit garçon tient une clope dans sa main droite. Dès sa sortie au Royaume-Uni, le disque est censuré et habillé d’un bandeau destiné à planquer les cibiches pourtant en… chocolat.

La pochette originale de MCMLXXXIV figure à la 73ème place des 100 plus belles pochettes citées par Rolling Stone. Jusqu’à son retour au sein de la formation en 2012, l’enregistrement sera le dernier à profiter de la présence de David Lee Roth au chant.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, mars 2025

Thundermother – Dirty & Divine

 

Exclusivement féminin et mené par la guitariste suédoise et membre fondatrice Filippa Nässil, Thundermother est parvenu à s’imposer jusqu’à décrocher en 2020 le prix du meilleur groupe de hard rock aux Gaffa Awards. ″ Nous nous battons pour le rock’n’roll ″ c’est le leitmotiv des filles qui tiennent leur promesse avec ce Dirty & Divine. Le hard rock qui puise son inspiration chez AC/DC et Motörhead bénéficie ici d’une touche toute personnelle. Dès la première note, ce sixième opus livre exactement ce qu’annonce le titre : des riffs bruts et des chœurs plaisants, le tout sous couvert d’une énergie honnête qui ne faiblit pas. Les dix titres ont le punch électrisant et honnête que l’on aime dans ce genre de musique C’est fort, c’est impétueux et c’est vraiment jubilatoire. Peu importe le nombre de fois où le rock sera déclaré moribond; il y aura toujours un groupe qui cherchera à prouver le contraire. Thundermother y parvient!

 

Dennis Morris – Bob, Johnny & Marianne

© Photos: Dennis Morris – Bob Marley, Johnny Rotten, Marianne Faithfull

Beaucoup de clichés sur lesquels apparaissent des figures emblématiques de la musique populaire ont probablement marqué les esprits à jamais. Connu essentiellement pour ses photos de Bob Marley ou des Sex Pistols, ce photographe anglais a également shooté de grands noms de la scène rock. De Run DMC et Lee Scratch Perry à Oasis et The Stone Roses, en passant par les Rita Mitsouko, Dennis Morris a parfois mis de côté son Leica pour se consacrer au design. C’est ainsi qu’en 1979, il créé le logo du groupe Public Image Limited et l’emballage innovant de l’album Metal Box. Il devient ensuite directeur artistique d’Island Records et conçoit des pochettes d’album pour PIL, Linton Kwesi Johnson, Bob Marley et Marianne Faithfull. Pour cette dernière, il a dirigé la séance photo qui a donné naissance au sublime cover art du non moins sublime Broken English paru en février 1979. Dennis Morris- Marianne Faithfull sur: Snap Galleries.

Patrick BETAILLE, mars 2025

Le lundi c’est permis – Bière

© Maurizio Marcato

 


″ A woman who loves beer is not weird. She’s just ahead of her time – Une femme qui aime la bière n’est pas bizarre. Elle est juste en avance sur son temps ″.


 

Spiders – Sharp Objects

 

Depuis leurs débuts en 2012, ces suédois se sont forgés une réputation d’ambassadeurs d’un rock qui réchauffe en s’inspirant d’un passé agrémenté d’une touche de modernité. Spiders revendiquent haut et fort leurs influences. Blues, boogie, heavy rock et même new wave) suintent de Flash Point (2012), Shake Electric (2014) et Killer Machine (2018), les précédents albums. Avec Sharp Objects,  le groupe explore un nouveau territoire imprégné d’un garage rock qui sur fond de riffs ravageurs battrait au rythme de la new wave du début des années 80. Étant donné qu’aucun des 11 morceaux ne dépasse les quatre minutes, le groupe livre un album à la fois familier et imprévisible qui semble avoir été enregistré dans un seul but : divertir. Imaginez que, dans les années 70, Status Quo aurait eu Debbie Harry comme chanteuse et vous comprendrez. Ou pas. Blondie est manifestement une référence assez évidente avec au chant Ann-Sofie Hoyles qui livre ici une excellente interprétation. Les guitares old school sont une véritable force tout au long de cet album soigneusement produit et très accrocheur qui ne se contente pas de rendre hommage à l’histoire du rock; il l’entraîne dans le présent avec un joli petit coup de pied au cul. Sharp Objects ne changera pas votre vie mais il offrira du piquant à vos soirées avec des titres énergiques qui donnent l’impression d’avoir été faits pour être joué fort. Très fort!