Le Boogie Rock en deuil – Rick Parfitt n’est plus!

Rick Parfitt 1948-201629 janvier. J’y étais. Un peu par hasard mais j’y étais. Port du Havre, il pleut, il fait froid et le grand hall de la gare maritime résonne du bruit d’un foule dont la densité me laisse muet et m’empêche d’entendre mon pote qui jubile tout en me trainant vers le premier rang. Les lumières s’éteignent, la clameur explose en même temps que mon ventre qui tente de résister  à la pression des barrières métalliques. ″Junior’s Wailing″ ouvre à cent à l’heure. Les filles sont aussi de la partie; ″Big fat Mama″ est venue avec la ″Little lady″ et sa copine ″Caroline″. Avec une frénésie hors du commun le show de deux heures s’achève sur un ″Bye bye Johnny″ apocalyptique. Dehors la pluie a cessé et le froid ne fait qu’accentuer les acouphènes nés de ″Don’t Waste My Time″, ″Roll Over Lay Down″, ″Roadhouse Blues″ et ″Is there a better way″. Nous sommes en 1977 et je venais de m’enrôler dans l’armée du ″Number one Rock’n’Roll band in the world″: Status Quo! Aujourd’hui c’est ce moment qui refait surface et je revois encore une fois Rick Parfitt qui assure la rythmique avec une constance métronomique. C‘en est fini des duels de guitares à faire fumer les amplis Marshall. Richard John Parfitt vient de raccrocher sa Telecaster. Suite à une blessure à l’épaule il avait été admis dans un hôpital de Marbella en Espagne. Il y est mort d’une infection le 24 décembre. Wo-oh-oh-oh-ooooh!

PB, décembre 2016

Francis Rossi & Richard Parfitt – Forty-Five Hundred Times

Franci Rossi et Richard Parfitt Status Quo LiveSur la scène Rock, la fantasia électrique ne relève pas forcément d’un exercice individuel qui propulse celui qui le pratique au rang de Guitar Hero. Pour un bon nombre de groupes les chorus font l’objet d’échanges entre partenaires avisés; ce sont alors deux, et parfois trois guitaristes, qui s’ expriment dans d’excitants duels qui deviennent la marque de fabrique des Guitar Band auxquels ils appartiennent. Souvent aussi l’on a affaire à des associations d’instrumentistes qui relèvent d’une osmose parfaite entre rythmique et soli. Depuis 1962 qu’ils frappent le Boogie et enfourchent le Rock’ n’ Roll, Francis Rossi & Richard Parfitt , tous deux adeptes de l’acidité de la Fender Telecaster, peuvent revendiquer le titre de doyens des duos guitaristiques. Ces deux techniciens inépuisables perpétuent la tradition des joutes à la 6 cordes et des duels harmoniques au sein d’un combo trop souvent mésestimé, Status Quo! Malgré une certaine naïveté des phrasés, Richard y assure le rythme avec une constance métronomique pendant que Francis se livre en solo à des exercices inspirés tout en finesse et précision. C’est sur scène que l’union énergique de ce tandem prend toute sa dimension tant  le plaisir de jouer ensemble est communicatif. Avec son Boogie Rock honnête et sans prétention, Status Quo a au moins le mérite de faire secouer les têtes et taper du pied des générations en quête de divertissement.

Ecouter: De ″Dog of two Heads″ à ″Live!″ toute la discographie des années 70. Après ça se gâte un peu malgré un sursaut intéressant avec ″Heavy Traffic″ en 2002 et ″In the search of the Fourth Chord″ en 2007.  S’il n’en faut qu’un: ″Live!sorti en 1977 . Indispensable car bourré de hits et révélateur d’une énergie bienfaisante. Pour s’en convaincre il suffit d’écouter les 17 minutes de 45 hundred times dans lequel à la fin Rossi s’approprie le riff de ″Race with the Devil″ (The Gun).

PB, décembre 2014