Fausse note! La justice anglaise interdit les guitares dans ses prisons. Une circulaire stipule en ce sens que les cordes en acier sont susceptibles de fournir aux prisonniers un moyen efficace de mettre fin à leurs jours. Depuis il s’avère que le nombre de suicides connait une forte augmentation et certains musiciens prennent position. Des membres de Radiohead rejoins par David Gilmour et Johnny Marr ont fait parvenir au ministre de la justice un courrier dans lequel ils expriment leurs inquiétudes. ”… Il y a eu une très inquiétante augmentation du nombre de suicides depuis que cette règle a été introduite. En octobre 2013, une seule mort avait été recensée. Depuis il y a eu 50 suicides, plus du double si l’on compare à la même période l’année dernière. Nous aimerions savoir si les changements récents de traitement des prisonniers – ce qui inclut une limitation du nombre de livres disponibles et l’interdiction des guitares à cordes en acier – ne serait pas à l’origine de cette augmentation drastique du nombre de décès ”. Aucune réponse pour l’instant de la part de Chris Grayling (membre de la Chambre des Lords) qui n’a pas l’air pressé de trouver un Accord Majeur.
Le zapping est une institution et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable démarche que celle du magazine The Atlantic qui au travers de clichés soigneusement sélectionnés nous propose de parcourir les événements significatifs de 2013. Un magnifique échantillon de 140 images qui nous incitent à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de clichés insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. ″La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe: The Atlantic: 2013, the year in photos.
Après Or Glory, 21 st Century Rockers et Im One, 21 st Century Mods, Horst A. Freidrichs continue son exploration ethnologique d’une culture dans laquelle Rock et Bécanes ont toujours fait bon ménage. Pride and Glory, sous titré The Art of the Rockers’ Jacket, célèbre cette fois le blouson de cuir, seconde peau du motard et du rocker. Les images témoignent d’un mode de vie à part où le look et les attitudes relèvent d’un subtil mélange de provocation et de folklore. Des instantanés révélateurs, des tronches invraisemblables, des cuirs patinés, ce pavé de 400 pages en regorge. On y trouve également des tonnes de clous, foultitude de pins, mais aussi des patches, des badges, des chaines et des franges. Manquent plus que les relents de bière et les effluves d’huile chaude. Somptueux! Pour l’occasion, Cafe Racer consacre dans son dernier numéro un joli Portfolio « de Cuir et de Clous » où est évoqué le tirage limité à 1000 exemplaires de cet ouvrage qui, pour la modique somme de 1500 euros, se pare d’une couverture en cuir zippée, cloutée et doublée pour l’hiver d’une doublure en tissu rouge. Les hostiles aux collectors et les démunis du porte monnaie se contenterons de la (déjà très belle) version standard à 90 euros.
Pierre Desproges : ″ Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi ! ″
″ Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées et sudoripares qui se disputent sur le gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied. Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football.
Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bœufs éteints. Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grand coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?
Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois : le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ça ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.
Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait : Oh, la fille ! ou bien : Tiens, il est malade. Tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footabilité. Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celles des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades ″. Extrait de Chroniques de la haine ordinaire.
Une députée: Monsieur Churchill, vous êtes ivre! Churchill: Et vous, Madame, vous êtes laide… Moi demain, je serai sobre! Lady Astor: Monsieur Churchill, si j’étais votre femme, je verserais du poison dans votre café! Churchill: Et moi, Madame, si j’étais votre mari, je le boirais!
[Extrait]: Connu pour ses collaboration avec les Beach Boys (Smile en 1967) Ry Cooder, Alro Guithrie et Lowell George ; connu également pour des musiques de film telles que celle de Company de R. Altman en 2003, Van Dyke Parks revient en 2013 avec un disque pour le moins atypique. L’album consiste en un judicieux amalgame de 12 titres relevant soit de matériel déjà diffusé sous forme de singles, soit de réarrangements d’anciennes compostions. Les styles et les idées s’y bousculent. L’accordéon y côtoie la guitare électrique et les cuivres flirtent de façon éhontée avec les percussions ou la mandoline faisant de Songs Cycled une œuvre digne d’une Americana baroque ou déjantée pas toujours facile à comprendre mais habilement orchestrée et donc jubilatoire. Jubilatoire également le Cover Art de cet album qui est l’œuvre de R. Kenton Nelson dont l’ évocation de la civilisation Américaine n’est pas sans rappeler l’approche d’un Edward Hopper à ceci près qu’ici la technique consiste en une peinture à l’huile sur laquelle est appliqué un lissage subtil obtenu par sablage. Il faut s’en convaincre, l’union de ces deux talents que représente Songs Cycled n’est ni plus ni moins qu’une bouffée d’oxygène bienfaitrice.
Pin Up est le titre d’une Bande Dessinée (Editions Dargaud) née en 1994 d’une collaboration judicieuse entre le scénariste Yann et le dessinateur Philippe Berthet. En dépit du titre accrocheur il ne faut s’attendre ni à une série coquine, ni à un hommage à l’érotisme ; en fait il s’agit plutôt d’un hymne à la femme que l’on aborde au travers des aventures de Dorothy Partington, alias Dottie. L’héroïne à la personnalité attachante et au physique troublant connaît des aventures tumultueuses et tragi-comiques sur fond de conflits divers et variés. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide, le Viêt Nam, Dottie joue tour à tour et entre autres le rôle de Pin Up, d’aventurière, de physionomiste ou d’espionne. Finalement, dans le dixième et dernier tome, elle se voit proposer au détour d’une intrigue un rôle sur le tournage d’un film d’Alfred Hitchcock. Même s’il convient de ne pas réduire le talent de Philippe Berthet à cette seule série, il faut reconnaître que cet ancien de Spirou a tout de même donné un sacré élan à sa carrière en couchant sur la papier une créature de rêve.
Né en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock. Le New York Times considère The Michael Ochs Archive (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100.000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ″Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel″. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète, du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.
C’est la couverture du numéro spécial que l’on voit chez les libraires un peu avant Noël. Elle est l’oeuvre de Marcel Gotlib. Nous sommes en 1975, le numéro 3 de Fluide Glacial vient de paraître. Énorme!