Rock Relics – Les ravages du Temps

Source Images: Izismile.com

 

Drogues, alcool, débauches et excès en tous genres exercent sur les Rock Stars des ravages plus ou moins visibles. D’aucuns dirons que c’est le prix à payer à la dépravation même si les dommages physiquement constatés ne s’appliquent pas de façon égalitaire. Keith Richard a enterré les trois médecins successifs qui lui garantissaient une mort proche, violente et certaine s’il ne mettait pas un terme à sa consommation de dopes. Certains comme les illustres du Cub 27 n’ont même pas eu le loisir de constater de visu leur propre décrépitude car violemment emportés par la démesure de leurs abus. D’autres enfin sont partis sur le tard, victimes des conséquences pathologiques auxquelles ils auraient pu, sous couvert d’abstinence, faire un pied de nez. Au delà de ces disparités réside une constante équitable qui relève des ravages du temps qui passe. La grande faucheuse dispose d’outils redoutables pour avachir les chairs, déplumer les crinières, creuser les traits ou ramollir les postures. Au moment d’interroger le miroir pour savoir si en terme de souillure le superflu prend le pas sur l’essentiel il faut s’attendre à ce que la réponse fasse mal. Très mal. La preuve en images!

Patrick BETAILLE, décembre 2014

Maurizio Marcato – Pin Art

© Maurizio Marcato

 

Cet artiste italien développe très tôt des talents qu’il exprime au travers de la peinture. Il découvre ensuite que la photographie lui permet de donner plus aisément corps à sa propre interprétation du quotidien et de sa réalité. En 1979 Maurizio Marcato ouvre à Vérone un studio depuis lequel il réalise divers projets touchant à la photo industrielle, l’architecture, la publicité et bien sûr au portrait. Ces clients se trouvent aux USA, au Japon, en Europe et il collabore également pour de nombreux magazines de design. L’artiste expose également. L’une de ces expositions, ″Pin Art″, célèbre la beauté de la femme au travers de 25 clichés pour lesquels mise en scène et décors sont délibérément axés sur le modèle des Pin-Up des années 60. Comme quoi les italiens savent faire autre chose que des trucs rouges qui font du bruit!

 

© Maurizio Marcato

Patrick BETAILLE, décembre 2014

Zapping Photo – 2014 en images

© China Space Administration of Science

 

Le zapping est une institution et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable démarche que celle du magazine The Atlantic qui au travers de clichés soigneusement sélectionnés nous propose de parcourir les événements significatifs de 2014. Un magnifique échantillon de 140 images qui nous incitent à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de clichés insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. ″La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe et c’est en 3 volets: The Atlantic: 2014, the year in photos.

 

Le Père Noël est un motard: Extraits

Santa Claus Biker
Album Cover Art: Brett Eldredge – Merry Christmas

 

Cher Père Noël, je voudrais que tu m’apportes un BMW NineT. Merci. Bruno. Cher Bruno! L’ improbable étron acheté à un gendarme ne te suffit plus? Tu ne manques pas d’air! C’est dit, cette année tu auras un sifflet. Connard!

Cher Père Noël, je voudrais que tu m’apportes une Guzzi California. Bisous. Patrick. Cher Patrick! Apprends d’abord à rouler et on avisera. Tu te contenteras d’un déambulateur pour t’éclater en maison de retraite. Prétentieux!

Cher Père Noël, je voudrais que tu m’apportes un Honda CBX 1000 cadre Martin. Tendrement. Olivier. Cher  Olivier! Tu n’es qu’un petit branchouillard vintage addict et ça m’énerve! Pour la peine tu auras un caban, ça t’apprendra à vivre. Frimeur!

Cher Père Noël, je voudrais que tu m’apportes une Moto Guzzi Bellagio. S’il te plait. Philippe. Cher Philippe! Tu te contenteras d’une paire de tendeurs pour ta Ducat, ça t’évitera d’emmerder le monde avec le transport de tes bagages. Branleur!

Cher Père Noël, je ne veux rien mais j’ai laissé sous l’arbre des diots pour toi et des carottes pour tes rennes. A plus. Gérard. Cher Gérard! Si tu veux vraiment être lèche cul, offre moi une bouteille de Bourbon, une barrette de shit et invite des copines bien roulées. Non Mais!

Patrick BETAILLE, décembre 2014

 

Dominique Tarlé – Like a Rolling Stone

Dominique Tarlé Exile

 

L’ impôt a parfois des effets inattendus, surtout lorsqu’il s’agit de l’exil fiscal qu’il génère. 1971, après la sortie de Sticky Fingers, les Rolling Stones, escroqués par leur manager et menacés par le fisc anglais se barrent dans le sud de la France. Dans une villa louée à Villefranche sur Mer ils installent musiciens, studio mobile, femmes, enfants et tout ce dont ils ont besoin pour enregistrer leur prochain album. Le résultat de cet isolement forcé c’est un double album,  Exile on Main St, considéré aujourd’hui comme un classique du rock et l’un des meilleurs albums des Stones. Pendant son séjour doré la bande à Jagger  invite également quelques potes ou proches. Dominique Tarlé, photographe engagé volontaire du Rock, en fait partie. Il connaît bien le groupe qu’il suit déjà depuis quelques temps et accepte donc de consacrer une journée à shooter les gitans du Rock dans ce nouvel environnement. Il reste finalement 6 mois dans la Villa Nellcôte où, armé de ses objectifs, il immortalise le quotidien des mauvais garçons en plein trip sex, drugs and rock’n’roll. Exile, le livre des Editions Genesis, sort en 2001. Les 1740 exemplaires sont épuisés en quelques jours. Quant à la somptueuse version Luxe signée par Dominique Tarlé et Mick Taylor,  tirée seulement à 260 copies je vous laisse deviner.  Que faire pour contempler les quelques 280 tirages historiques – presque tous en noir et blanc – sinon attendre une hypothétique réédition? Ben rien! Sauf partir en quête du Graal sur le net après avoir cassé la tirelire ou se contenter de ce que quelques sites sérieux et documentés mettent à disposition. Ici par exemple!

Bill Steber – Voyage au Pays du Blues

© Photos: Bill Steber

 

Diplômé en photographie par la Tennessee State University, ce photographe américain travaille pour un journal de Nashville. Il obtient plus de trente prix de photojournalisme régional et national. En 1993, il entame un projet de documentation sur le Blues dans le Mississipi. La démarche prendra plusieurs années durant lesquelles Bill Steber parcourt villes, villages et campagnes à la recherche de tout ce qui touche à ce genre musical en tant que culture mais aussi mode de vie. Ramassage du coton, événements religieux, musiciens, maisons, ambiances de clubs, tout est là pour témoigner sur ce qui a donné naissance ou influencé le Blues. Les photos parlent avec magie de peines, de douleurs et de misère mais aussi, d’espérances, de ferveurs et de joies. Elles sont porteuses de beaux mystères ou de joyeux désespoirs que vient renforcer le noir & blanc tout au service d’une fantasmagorie que l’on a envie d’explorer. Explorer pour enfin savoir si le Blues est une musique sacrée ou une musique du diable. C’est peut être tout simplement la musique des hommes qui se retrouve ici, visuellement replacée dans une démarche à perspective historique, similaire à celle du label discographique Music Maker.

 

Alain Aslan: 1930 – 2014

© Aslan

 

De son vrai nom Alain Gourdon, ce Girondin s’est entre autres distingué en tant que sculpteur.  Entre 1968 et 1978, il a exécuté les bustes de Brigitte Bardot et Mireille Mathieu en ” Marianne ” pour l’Association des Maires de France ainsi qu’ un buste du Général De Gaulle. En 1986, il réalise le buste du comédien Alain Delon, ainsi que son portrait qu’il peint sur un véhicule 4×4 participant au rallye Paris-Dakar pour la promotion des parfums de la star. En 1987, il fait la statue en pierre de la chanteuse Dalida pour sa tombe, au cimetière de Montmartre. L’artiste a également commis de nombreuses publicités et affiches de spectacles pour les Folies Bergère, le Crazy Horse et le Casino de Paris. Mais c’est en tant que peintre et dessinateur qu’ Aslan a connu la célébrité. Chaque mois, de 1963 à 1981, il a dessiné les célèbres pin-up du mois dans le magazine qui se lit d’une main: LUI! Se définissant comme un artiste intimiste hyper figuratif, il deviendra l’un des maîtres français de la Pin Up hyperréaliste. Nommé commandeur des Arts et des Lettres en 2003, il décède à l’âge de 83 ans le 11 Février 2014 au Canada où il vivait depuis une vingtaine d’années.

Vivian Maier – Photographe de Rue

© Photos : Vivian Maier

C’est ainsi que par le plus grand des hasards débute l’histoire d’une découverte. À la fin de l’année 2007, John Maloof, un jeune agent immobilier de 25 ans, président d’une société historique locale, recherche des photographies pour illustrer un livre qu’il coécrit sur le quartier de ″Portage Park″ à Chicago. Il court les salles de ventes et finit par acheter pour 400 dollars un énorme lot de négatifs (30 000 négatifs, des dizaines de rouleaux de pellicule et seulement quelques tirages réalisés dans les années 1950-1960). Il n’y a pas d’images de ″Portage Park″. Déçu, John Maloof remise son achat dans un placard pendant plus de six mois avant de se rendre compte que ces images, principalement en noir et blanc, sont belles, émouvantes et superbement composées. Un véritable trésor! Ce trésor est l’œuvre de Vivian Maier. Passionnée de photographie depuis son plus jeune âge cette américaine d’origine française s’adonne chaque fois qu’elle le peut, à son passe temps favori en parcourant les rues, Rolleiflex autour du cou, shootant tout ce qui pour elle suscite un intérêt ou touche sa sensibilité. Elle photographie les miséreux et les quartiers malfamés des villes, les situations cocasses, émouvantes ou insolites mais aussi les éléments architecturaux. Ainsi naît une légende, celle d’un génie de la photographie qui a vécu dans l’anonymat en tant nounou à New York où elle est née et à Chicago où elle est décédée dans la misère en 2009 à l’âge de 83 ans. Aujourd’hui et même si des zones d’ombre subsistent, l’œuvre de l’artiste fait l’objet de nombreux articles, d’ouvrages documentés, d’expositions et même d’un film. Autant de supports qui replacent légitimement Vivian Maier dans l’histoire de la photographie du XXème siècle à laquelle appartient désormais cette très grande photographe. Pour s’en convaincre il suffit de parcourir le site officiel en attachant une attention particulière aux photographies de rue: Portfolios > Street; le témoignage d’une époque et de sa société y est beau, émouvant et tellement réaliste.

 

© Photos : Vivian Maier

MuPop – Le Musée des Musiques

Musée des Musiques PopulairesDe notre correspondant  permanent France-Breizh, Gaël Gourvezvank: « Un excellent musée à visiter pour les musiciens ou amateurs de musiques. Le MuPop de Montluçon. Le musée des musiques populaires couvre tous les styles:  (electro, guinguette, Rock, Punk, Métal, Disco, Swing, Rap, Fanfare, etc…..) et expose des instruments aussi bien  ancestraux que modernes. Dans une pièce, Jimmy Hendrix en concert sur écran géant avec murs de Marshall; comme si vous y étiez!  Dans une autre, le local de répétition d’un groupe punk des années 80, ou encore la chambre type d’un ado des années soixante. Le MuPop c’est aussi des expositions de costumes, d’affiches ou encore de pochettes de disques, de tourne-disques et de Juke Boxes… Envie d’écouter le son d’une cornemuse ou d’une Gibson de 1962? C’est possible! Un album de Pink Floyd ou de MC5? Egalement! »  Et si après avoir examiné de près les 3500 instruments de musique et participé au parcours interactif il vous reste un peu de temps vous pourrez le passer  au centre de documentation également présent sur le site. Pour en savoir plus: N’oubliez pas le guide!

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014