Pierre Desproges – À Mort le Foot!

© Photo: Pierdet Jean Claude/ INA

 

Pierre Desproges : ″ Les hémorragies cérébrales sont moins fréquentes chez les joueurs de football. Les cerveaux aussi ! ″ 

″ Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées et sudoripares qui se disputent sur le gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied. Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football.

Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de bœufs éteints. Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grand coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois?

Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois : le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ça ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.

 Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait :  Oh, la fille ! ou bien : Tiens, il est malade. Tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footabilité. Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celles des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades ″. Extrait de Chroniques de la haine ordinaire.

Patrick BETAILLE, novembre 2013

 

Winston Churchill – Citations Misogynes

Source: Wikimedia Commons – Library of Congress

 


Une députée:  Monsieur Churchill, vous êtes ivre! Churchill: Et vous, Madame, vous êtes laide… Moi demain, je serai sobre!
Lady Astor: Monsieur Churchill, si j’étais votre femme, je verserais du poison dans votre café! Churchill: Et moi, Madame, si j’étais votre mari, je le boirais!


 

 

Van Dyke Parks – Songs Cycled

 

[Extrait]: Connu pour ses collaboration avec les Beach Boys (Smile en 1967) Ry Cooder, Alro Guithrie et Lowell George ; connu également pour des musiques de film telles que celle de Company de R. Altman en 2003, Van Dyke Parks revient en 2013 avec un disque pour le moins atypique.  L’album consiste en un judicieux amalgame de 12 titres relevant soit de matériel déjà diffusé sous forme de singles, soit de réarrangements d’anciennes compostions. Les styles et les idées s’y bousculent. L’accordéon y côtoie la guitare électrique et les cuivres flirtent de façon éhontée avec les percussions ou la mandoline faisant de Songs Cycled une œuvre digne d’une Americana baroque ou déjantée pas toujours facile à comprendre mais habilement orchestrée  et donc jubilatoire. Jubilatoire également le Cover Art de cet album qui est l’œuvre de R. Kenton Nelson dont l’ évocation de la civilisation Américaine n’est pas sans rappeler l’approche d’un Edward Hopper à ceci près qu’ici la technique consiste en une peinture à l’huile sur laquelle est appliqué un lissage subtil obtenu par sablage. Il faut s’en convaincre, l’union de ces deux talents que représente Songs Cycled n’est ni plus ni moins qu’une bouffée d’oxygène bienfaitrice.

 

© Peintures de R. Kenton Nelson
Patrick BETAILLE, septembre 2013
 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Philippe Berthet – Dottie.

© Philippe Berthet

 

Pin Up est le titre d’une Bande Dessinée (Editions Dargaud) née en 1994 d’une collaboration judicieuse  entre le scénariste Yann et le dessinateur Philippe Berthet. En dépit du titre accrocheur il ne faut s’attendre ni à une série coquine, ni à un hommage à l’érotisme ; en fait il s’agit  plutôt d’un hymne à la femme que l’on aborde au travers des aventures de Dorothy Partington, alias Dottie. L’héroïne à la personnalité attachante et au physique troublant connaît des aventures tumultueuses et tragi-comiques sur fond de conflits divers et variés. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide, le Viêt Nam, Dottie joue tour à tour et entre autres le rôle de Pin Up, d’aventurière, de physionomiste ou d’espionne. Finalement, dans le dixième et dernier tome, elle se voit proposer au détour d’une intrigue un rôle sur le tournage d’un film d’Alfred Hitchcock. Même s’il convient de ne pas réduire le talent de Philippe Berthet à cette seule série, il faut reconnaître que cet ancien de Spirou a tout de même donné un sacré élan à sa carrière en couchant sur la papier une créature de rêve.

Patrick BETAILLE, février 2013

 

Michael Ochs – 1000 Record Covers

 

Né en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock.  Le New York Times considère The Michael Ochs Archive (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100.000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ″Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel″. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète,  du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.

Patrick BETAILLE, février 2013

 

Marcel Gotlib – Noël à Chier!

Gotlib Fluide Galcial
© Gotlib

 


C’est la couverture du numéro spécial que l’on voit chez les libraires un peu avant Noël. Elle est l’oeuvre de Marcel Gotlib. Nous sommes en 1975, le numéro 3 de Fluide Glacial vient de paraître. Énorme!


Patrick BETAILLE, décembre 2012

 

Zapping Photo – 2012 en images.

© Pablo Spencer – AFP

 

C’est de saison et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable initiative que celle de The Boston Globe qui au travers de  clichés soigneusement sélectionnés nous propose de parcourir les évènements significatifs de 2012. Un magnifique zapping en images qui nous incite à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de clichés insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie ″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe: The Boston Globe!

Frank Margerin – Mes crobards.

 

Un nouvel album de Margerin c’est comme un rencard avec une frangine. On bouillonne, on s’y prépare fébrilement et quand arrive l’heure on essaie d’en capter toute l’intensité. Rendez vous aux Editions du Chêne. Une fois n’est pas coutume, Lucien, Ricky, Gillou, Riton, Momo et tous les autres sont pile à l’heure et ils sont comme vous ne les avez jamais vus ! C’est Frank Margerin qui fait les présentations et ce de façon inédite. Il évoque la genèse des albums et divers travaux qui ont fait le succès d’aventures motocyclistes sur fond de Rock’n’Roll et de délires potaches. Et la moto il connaît le Frank: “ la moto est une de mes passions, j’en dessine beaucoup, soit pour préparer une BD, soit pour me détendre ”. C’est ça  Mes Crobards! un recueil d’ébauches, d’idées, de transcriptions graphiques, d’instantanés devenus de grands moments de BD. Les fans et autres amateurs éclairés y trouveront l’authenticité des coulisses du travail de l’artiste et certainement pas une exploration de fonds de tiroirs. Fin des présentations et puisque tout le monde est là que la fête commence ! A wop-bop-a-loo-a-wop-a-wop-bam-boom!

Patrick BETAILLE, décembre 2012

 

 

Jack Daniel’s – It’s not Scotch, it’s not Bourbon, it’s Jack!

 

Jack était l’un des dix enfants de Calaway Daniel et Lucinda Cook. Perdant tôt sa mère et ne s’entendant pas avec sa nouvelle belle-mère, il est placé à l’âge de 6 ans chez l’oncle Félix, un voisin fermier, d’où il fugue pour aller travailler chez un ami de son oncle, un prédicateur luthérien qui est aussi distillateur de whisky. Dan Call, le gars en question,  décide un beau jour de se consacrer entièrement à sa fonction de prédicateur. En 1863  il vend son affaire à Jack qui en 1895 décidera de changer la forme ronde de la bouteille pour celle, carrée, qui deviendra célèbre notamment dans le monde du Rock. Ce Bourbon si particulier donnera plus tard naissance à une nouvelle appellation: le Tennessee Whiskey.  Au-delà de l’incontournable Old No.7 âgé d’au moins cinq ans aux notes immédiatement reconnaissables de vanille, d’agrumes et de chêne, Jack Daniel’s propose différentes expressions : Gentleman Jack, filtré une seconde fois à travers le charbon, se révèle encore plus doux et sophistiqué; Single Barrel, une sélection de fûts absolument superbes, aux notes de noix de pécan distinctes; et enfin Monogram, véritable joyau de la gamme et trésor du whiskey (Source: La Maison du Whisky). Jack meurt le 10 octobre 1911 suite à l’infection d’un orteil cassé après avoir donné un coup de pied à son coffre-fort. Mais quel con!″ (Black Bonnie, philosophe alambiqué).

Patrick BETAILLE, décembre 2012

Jean-Marie Périer – Rencontres.

 

Il y a peu, alors que je m’épanchais sur le magnifique ouvrage qu’est Musique Box, je m’assénais égoïstement la remarque suivante :  » Diantre, fichtre, foutre…pas un seul cliché de JM Périer ! « . C’est fou ça !  Delirium très épais ou fulgurance neuronale ? Allez savoir ! En tous cas voici l’occasion, non pas de combler une lacune, mais plutôt d’évoquer un temps que  les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… Dixit Charles, pas le Grand, l’autre, le petit, l’arménien quoi ! Faites un effort merde ! Les Sixties, c’est bien de cette décennie dont il s’agit aujourd’hui avec la parution de Rencontres, un recueil photographique consacré aux grands noms de la musique anglo-saxonne. L’auteur, Jean-Marie Périer donc, nous apporte sur un plateau  la bagatelle de quelques 200 témoignages annotés ! 300 pages de  souvenirs dont 85 consacrées aux Rolling Stones, une cinquantaine aux Beatles et une bonne douzaine illuminées par le joli minois de Marianne Faithfull. Miles Davis, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillepsie, Chuck Berry, Cliff Richard, Gene Vincent, Dylan, Hendrix, James Brown, tous et bien d’autres sont également passés devant l’objectif et répondent présent à l’évocation d’une époque où rien n’était sérieux mais tout était possible. Clic, Clac,Merci Kodak! C’est aux Editions du Chêne et c’est Magique !