[Extrait]: Initialement, 38 Special est l’un des nombreux groupes de Southern Rock dans la veine des Allman Brothers et Lynyrd Skynyrd. Donnie Van Zant le leader n’est ni plus ni moins que, le frère de Ronnie Van Zant, patron de Lynyrd Skynyrd. Formé en 1975 c’est après quelques errances Country et dans les années 80 que le groupe de Jacksonville parvient au sommet de sa popularité en alignant sur scène deux guitares et deux batteurs et en assurant des shows ravageurs au cours desquels preuve est faite que les membres n’ont pas pour habitude de mettre de l’eau dans le Bourbon qu’ils consomment sans modération…
Trois albums honnêtes marquent cette époque. Rockin’ into the night en 1980, Wild eyed Southern Boys l’année suivante, et, en 1982 Special Forces. Musicalement intéressantes les compositions bénéficient en outre d’un packaging accrocheur sur lequel le peintre Larry Gerber met en scène les valeurs emblématiques – Je vous laisse deviner lesquelles – de rigueur à l’époque dans le milieu du Rock Confédéré. Plus tard hélas la bande à Van Zant s’enlise dans un rock FM convenu et sans grande personnalité qui aboutit à un oubli légitime malgré un come back poussif en 1997.
Patrick BETAILLE, juillet 2012
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Consacrée photographe de l’année en 2009, Patricia de Gorostarzu excelle dans le reportage dont l’authenticité fait abstraction de toute approche tapageuse bon marché. Un goût prononcé pour les voyages et les rencontres l’ont conduite entre autres et à plusieurs reprises aux Etats-Unis d’où elle a ramené des témoignages qui resteront à jamais le lien émotionnel entre la nostalgie du vécu et la part de rêve enfoui au plus profond de chacun d’entre nous. On retrouve ainsi certains de ces clichés dans le magnifique ″d’ Est en Ouest″ (paru en 2002), ouvrage qui laisse s’exprimer les paysages, les objets mais aussi les visages qui jalonnent la Mother Road (en français: La Routeuh Soissanteuh Sisseuh). Plus récemment et dans Vintage America il s’agit cette fois de 200 photographies cadrées au cours d’un road trip de quelques 20 000 kilomètres à travers l’Arizona, le Nouveau-Mexique, mais aussi le Texas, le Colorado ou la Californie. Dans ce livre paru en 2010 le temps semble s’être arrêté sur une époque révolue mais toujours présente dans les mémoires empreintes d’images de magazines, d’ambiances cinématographiques et de musiques déversées par les Juke Box, radios et autres Teppaz. C’est là toute la force du recueil: rendre éternelle une Amérique d’aujourd’hui qui ne fait plus illusion en mettant en valeur les vestiges d’un rêve qui est en train de s’effacer comme un vieux Pola. Au fil des pages on se retrouve tantôt au cœur d’une toile d’ Edward Hopper, tantôt en compagnie de Wim Wenders, parfois même aux abords d’un Bagdad Café où se produirait Johnny Cash. Comme un prolongement à la nostalgie ambiante on croise aussi des individus désabusés, alcooliques, dépressifs ou paumés, héros malgré eux des cinq nouvelles qui viennent donner une dimension si particulière aux images de cette autre Amérique que Patricia de Gorostarzu saisit à merveille : ″… Ses clichés ont un caractère spontané, comme s’ils avaient été pris depuis une voiture en mouvement et, en même temps, ils sont méticuleusement cadrés…″ (extrait de la préface de Kyle Eastwood).
Au premier abord on pourrait se dire : Allez, encore un pavé à vocation touristique pour encombrants mobiles suréquipés qui, pour assurer leur reproduction, migrent tous les ans vers les étapes du Tour de France. Eh bien non !.. Ouest Américain est tout sauf ça. Le temps de brûler quelques casquettes anisées ou un lot d’espadrilles bridées et je vous explique. Les photos qui illustrent l’ouvrage sont fournies par l’agence Gamma-Rapho pour laquelle œuvrent de grands noms de la photographie, tous animés par la passion du reportage de voyage et de la diversité des cultures du monde. L’auteur(e) des textes. Sophie Gergaud est ethnologue, spécialiste de cultures amérindiennes, et elle séjourne régulièrement aux Etats-Unis. Le découpage du livre n’est pas géographique ; textes et images s’articulent autour de thèmes qui relèvent plus de sensations ou d’états d’âme qui incitent au vagabondage d’humeur plutôt qu’à la quête paresseuse du gîte et du couvert. Certes, difficile de passer outre les clichés colorés de l’American Dream mais pour peu qu’il y soit sensible, le lecteur en croisant Kerouac, London ou Jim Harrison comprendra ce qu’était et ce qu’est devenu ″ The Frontier ″ : A long time ago, came a man on a track… And he put down his load where he thought it was the best (Dire Straits). Dans la collection C’est le Rêve c’est un beau voyage que nous offrent les Editions du Chêne !
″ Germaine ! Range le barbeuc, plie le auvent, éteins la télé et branche le Gps ! Cap à l’Ouest ! On part aux Staytes bordel ! ″
Jimi Hendrix brûlant sa guitare à Monterey c’était lui. Le doigt d’honneur de Johnny Cash à Saint Quentin, encore lui. Le grand écart de Chuck Berry toujours lui ! A partir de 1959 Jim Marshall a shooté les plus grandes Stars et couvert les rassemblements majeurs qui ont marqué l’histoire du Rock ; le Monterey Pop Festival ou Woodstock il y était. Il a également été le seul à avoir réussi à couvrir les coulisses du dernier concert des Beatles à San Francisco en 1966 ou la tournée historique des Stones en 1972. Sa passion pour la musique et la photo l’ont amené à développer un lien particulier avec les artistes qu’il captait sur scène ou dont il tirait le portrait ; c’est d’ailleurs par ce biais qu’il a participé à quelques 500 pochettes d’albums (Alman Brothers, Jefferson Airplane…) ″ Faire des photos n’a jamais été un job, c’était ma vie, tout simplement! ″. Jim a définitivement remisé son Leica le 24 Mars 2010 à l’âge de 74 ans. Reste son témoignage photo sous forme d’albums éblouissants; deux d’entre eux, regroupant clichés et anecdotes, sont indispensables : Trust et Not Fade Away.
Le plus avant-gardiste des cabarets parisiens ouvre ses portes et célèbre les plus fascinantes des danseuses. Il y a eu le film, il y aura toujours le spectacle mais désormais il y a aussi le livre. Dans un album tout en photos Antoine Poupel met en scène la perfection des corps et l’intensité des moments. Magie de la scène, fébrilité des coulisses et bien sûr intimité des filles, rien n’échappe à l’objectif maîtrisé, discret et respectueux. Au fil de la centaine de pages la perfection des corps est palpable mais jamais vulgaire et toujours pudique; en noir et blanc ou en couleur la sensualité est au rendez-vous ; forte, inexplicable, impossible d’y échapper. On s’y complait et on revient pour découvrir le détail masqué par la nervosité du premier parcours. Ce récit en images aurait peut être mérité un format plus imposant mais qu’importe, même en 24 x 20cm Crazy Inside nous offrent un indispensable et sublime hommage à la beauté et au spectacle.
480 pages, 450 photos de 300 artistes ; le tout mis en scène sur des textes du journaliste Gino Castaldo qui, de façon originale,structure l’ensemble autour d’une dizaine de rubriques cohérentes et intimement liées. A tout seigneur tout honneur, c’est la guitare qui sur des accords magiques s’enflamme sous les doigts de Jimmy Hendrix ou se sacralise avec Django Reinhart. Vient ensuite une série de portraits consacrée au couvre chef, cet élément indissociable d’artistes tels que Bob Marley, Lemmy ou encore Jake et Elwood. La magie de la nuit est évoquée aussi ; magie de la clandestinité, des énergies cachées, de l’obscurité indispensable aux artistes et à leur intimité. C’est quelques pages plus loin que cette intimité acquiert de la profondeur dans les yeux Jeff Buckley ou de Kurt Cobain dont les portraits en disent long sur les doutes, la folie et les angoisses qui les animent et les font avancer artistiquement. Dedans et dehors, tout est prétexte à la captation de ce qui s’exprime sur et devant la scène. Que ce soit à Woodstock ou à Venice, qu’il s’agisse de Joe Cocker ou d’un fan anonyme, il est toujours un moment où il se passe quelque chose de « spécial ». A mi lecture, arrêt sur le Backstage pour des « avant » ou « après » concert, toujours révélateurs de ce qui a eu lieu ou de ce qui va arriver au cours de l’instant privilégié qui consiste à fêter la musique, quelle qu’elle soit. Quand on voit Jimmy Page biberonner une bouteille de Jack Daniels on est en droit de s’imaginer pour la suite le pire… ou le meilleur. Au chapitre suivant, Bowie se métamorphose, les membres de Kiss se travestissent à l’excès ou Vincent Furnier joue d’artifices pour devenir Alice Cooper. Tous expriment ou traduisent un ressenti ; même Angus Young lorsqu’il dévoile ses arrières, même Boy George… euh…non rien en fait ! Ressenti, disais-je, qui devient, bon gré mal gré, une projection, une marque de fabrique voir un identifiant, et ce au même titre que les tatouages d’ Axl Rose, les dreadlocks de Bob Marley ou le maquillage de Marilyn Manson. Mais quand tombent les masques ou que le rideau se ferme Gainbourg devient Serge dans un cave de Saint Germain, Billy Joel fait le plein de sa bécane, le Pink Floyd au complet se prépare à un match de foot, Robert Plant et Roger Daltrey s’affichent en gentlemen farmer et Johnny Cash pouponne. Comme quoi… Qu’en est il de la vie ordinaire et de la normalité quand on devient un artiste célèbre ? Musique Box, aux Editions Du Chêne, ne répond pas à la question dans ce livre indispensable mais affiche » le son des regards, les notes du corps, la symphonie des mouvements pour restituer l’intégrité visuelle de la musique « . Pour ce qui concerne l’identité sonore, l’auteur suggère en annexe et pour chaque artiste présenté dans l’ouvrage un album choisi selon des critères entièrement personnels. C’est tout con mais il fallait y penser!
C’est de saison et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable initiative que celle de The Atlantic qui au travers de quelques 100 clichés nous propose de parcourir les événements significatifs de 2011. Un magnifique zapping en images commentées qui nous incite à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de témoignages insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. Étonnants, émouvants, parfois même horribles, ces clichés n’en restent pas moins magnifiques. A consommer sans modération. ″La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe:In Focus with the Atlantic!
Avant que dans les années 50 ne débute l’âge d’or des Pin-Up, la seconde guerre mondiale est le théâtre d’un essor non négligeable quant à la diffusion de ces motifs provocateurs et affriolants. En attente d’opérations, certains pilotes font peindre sur leurs avions ces effigies qui deviennent très rapidement pour les équipages une façon de se distinguer et d’afficher avec humour identité ou personnalité. Au delà, le passe temps graphique consiste aussi en une forme de provocation vis-à-vis de l’ennemi mais encore de l’autorité militaire qui pourtant fait preuve de tolérance. Souvent inspirées par des publications de l’époque (George Petty, Gil Elvgren, Alberto Vargas…) ou encore par des actrices (Rita Hayworth notamment), ces représentations sont appliquées le plus souvent sur le nez de l’appareil ou sous le poste de pilotage. Chasseurs ou bombardiers deviennent le support sur lequel des artistes, amateurs ou professionnels, se livrent à ce qui allait devenir le Nose Art.
Vulgaire ou de bon goût, joliment fait ou approximatif, triste ou marrant, impertinent ou humoristique, le Nose Art à cette époque est partout, même sur les blousons. Pin-Up et autres personnages de Cartoons sont même agrémentés de trophées. Drapeaux ennemis pour chaque avion abattu, bombe pour chaque mission de bombardement, bateau pour chaque navire coulé, tout est bon pour afficher scores, intentions ou raisons d’être. ″ Bomber Girls ″ mises à part, le motif le plus récurrent est celui d’une gueule de requin peint dans le bas du nez d’un chasseur à hélice ou à réaction. À l’origine créé par des aviateurs allemands pendant la première guerre mondiale, ce motif a été adopté par les aviateurs alliés pendant la seconde, principalement sur les ″ Tigres volants ″ Curtiss P-40. Aujourd’hui et à de rares exceptions près l’utilisation de sujets quels qu’ils soient tend à disparaître du contexte guerrier et ce sous couvert du politiquement correct. Ainsi récemment, les dessins de Pin-Up ont été interdits en Grande-Bretagne pour ne pas offenser les femmes ou les personnes de religion musulmane.
J’ai toujours été fan d’ AC/DC; à des degrés divers certes, et notamment avec un creux au cours de la période 1981-2000 (putain 30 ans!) qui a brillé par une production discographique qualitativement légèrement en dessous. Il faut quand même reconnaitre aussi qu’après Back in Black (2ème place des albums les plus vendus au monde… quand même!) faire mieux relevait plus de la quête du Graal que des courses à carrefour un premier samedi du mois. Fan donc! au point que quand se pose la question –Tiens qu’ est ce que je vais bien pouvoir m’écouter là tout de suite maintenant? – et que la fulgurance de la réponse n’est pas au rendez vous, il se passe quasiment toujours la même chose. Le tiroir avale goulument soit un Doctor Feelgood première époque, soit un skud d’Angus et sa bande. Et ça marche! ″ Impossible de rester en place, vous avez des fourmis dans les jambes et vous tapez du pied ″ (Jimmy Page). Fan disais-je, mais pas au point de dévorer ou de collecter tout ce qui de près ou de loin concerne les Anglo/Australiens High Energy. En clair je me souciais peu de leur histoire. Jusqu’à ce qu’une âme bien intentionnée mette entre mes mains l’ultime et splendide biographie par Phil Sutcliffe. Cet éminent journaliste anglais écrit sur le monde du rock depuis les années 70, il a arboré son pass backstage sur les scènes du monde entier pour interviewer les plus grands et alimenter de nombreuses publications. Autant dire que nous avons à faire à un spécialiste, un fan et un passionné surtout. Il n’en est pas à son coup d’essai le Phil! Il avait commis, entre autres publications, un très bel ouvrage consacré à Queen et publié aux Editions du Chêne en 2010. Aujourd’hui, avec High Voltage Rock’n’roll l’auteur retrace avec précision et exaltation la carrière de ceux qui ont donné au Heavy Rock ses lettres de noblesse. Au travers des 224 pages illustrées (pas moins de 150 photos couleur, une centaine de photos en noir et blanc) et bourrées d’anecdotes le lecteur est littéralement pris en otage. Consciencieusement et chronologiquement, des Easybeats à la mort de Bon Scott et au nouveau départ, on apprend tout et le reste. Tout, vous saurez tout sur: les line up successifs, les bastons, la diabolisation du groupe et même le type de cordes qu’affectionne Angus, c’est dire! Personnellement ce que j’ai particulièrement apprécié c’est la façon dont sont décortiqués tous les albums et les touches d’humour qui, çà et là, ponctuent le récit: » We’re going to be one of the greatest bands in the world… It’s a shame Hendrix is dead: I wanted to blow him off stage.″ (Angus Young). Voilà pour le contenu. Couverture animée, papier glacé et mise en page soignée rendent la lecture agréable et placent incontestablement le contenant au rang des beaux objets. Au final le résultat est un superbe hommage à AC/DC et à la puissance sonore. Il se peut que cette année, le 24 décembre à minuit pour être précis, vous entendiez un gros son de cloches… Ne paniquez surtout pas, c’est juste que Belzébuth aura fait un queue de poisson au traineau du père Noël pour arriver chez vous le premier! Heeeells Beeeells!
Comment dire… Une biographie qui débute bien avec l’enfance, la jeunesse, la découverte du blues et ses influences, les rencontres, les débuts du groupe et les galères. Un bouquin qui s’achève bien également avec notamment une peinture assez pointue de la dégradation relationnelle Jagger/Richards qui débouche sur le changement de cap musical de l’auteur avec les X-pensive Winos et son implication avec les jamaïcains de Wingless Angels. En gros c’est 200 pages sur les quelques 600 qui composent ce pavé. Non, le problème c’est les 400 autres pages. Dope mode d’emploi ! Tout ou quasiment tourne autour de çà, rien que çà. On savait qu’on y couperait (Mmouarf !) pas mais que c’est loooong… même si au détour d’un joint ou d’un fix on arrive à glaner quelques infos dignes de ce nom : les problèmes avec Anita, les compos, les embrouilles judiciaires, les rencontres, les gosses, l’open tunnig etc… Globalement rien de fondamental et somme toute une peinture assez People et frustrante. On aurait aimé en savoir plus sur les relations avec Mick Taylor ou Lennon, les rencontres avec d’autres musiciens (le passage de Rory Gallagher au sein des Stones n’est même pas évoqué !). Et puis, faut quand même pas déconner, à en croire Keith tous les albums des Stones sont d’un très bon niveau ! Or tout le monde sait que depuis It’s only Rock’n’Roll en 1974 la production discographique des Glimmer Twins est assez moyenne, et ce, même si Some Girls et Tatto You sortent un peu du lot. Bref, en refermant le livre on aurait aimé avoir les Sticky Fingers ; ce n’est pas le cas et c’est dommage. Allez, disons que ça restera un assez bon bouquin… dès qu’il sera disponible en format Poche.