Bill Steber – Voyage au Pays du Blues

Photos Bill Steber Blues

 

Diplômé en photographie par la Tennessee State University, ce photographe américain travaille pour un journal de Nashville. Il obtient plus de trente prix de photojournalisme régional et national. En 1993, il entame un projet de documentation sur le Blues dans le Mississipi. La démarche prendra plusieurs années durant lesquelles Bill Steber parcourt villes, villages et campagnes à la recherche de tout ce qui touche à ce genre musical en tant que culture mais aussi mode de vie. Ramassage du coton, événements religieux, musiciens, maisons, ambiances de clubs, tout est là pour témoigner sur ce qui a donné naissance ou influencé le Blues. Les photos parlent avec magie de peines, de douleurs et de misère mais aussi, d’espérances, de ferveurs et de joies. Elles sont porteuses de beaux mystères ou de joyeux désespoirs que vient renforcer le noir & blanc tout au  service d’une fantasmagorie que l’on a envie d’explorer. Explorer pour enfin savoir si le Blues est une musique sacrée ou une musique du diable alors que c’ est peut être tout simplement la musique des hommes qui se retrouve ici visuellement replacée dans une démarche à perspective historique, similaire à celle du label discographique Music Maker.

Vivian Maier – Photographe de Rue

© Photos : Vivian Maier

C’est ainsi que par le plus grand des hasards débute l’histoire d’une découverte. À la fin de l’année 2007, John Maloof, un jeune agent immobilier de 25 ans, président d’une société historique locale, recherche des photographies pour illustrer un livre qu’il coécrit sur le quartier de ″Portage Park″ à Chicago. Il court les salles de ventes et finit par acheter pour 400 dollars un énorme lot de négatifs (30 000 négatifs, des dizaines de rouleaux de pellicule et seulement quelques tirages réalisés dans les années 1950-1960). Il n’y a pas d’images de ″Portage Park″. Déçu, John Maloof remise son achat dans un placard pendant plus de six mois avant de se rendre compte que ces images, principalement en noir et blanc, sont belles, émouvantes et superbement composées. Un véritable trésor! Ce trésor est l’œuvre de Vivian Maier. Passionnée de photographie depuis son plus jeune âge cette américaine d’origine française s’adonne chaque fois qu’elle le peut, à son passe temps favori en parcourant les rues, Rolleiflex autour du cou, shootant tout ce qui pour elle suscite un intérêt ou touche sa sensibilité. Elle photographie les miséreux et les quartiers malfamés des villes, les situations cocasses, émouvantes ou insolites mais aussi les éléments architecturaux. Ainsi naît une légende, celle d’un génie de la photographie qui a vécu dans l’anonymat en tant nounou à New York où elle est née et à Chicago où elle est décédée dans la misère en 2009 à l’âge de 83 ans. Aujourd’hui et même si des zones d’ombre subsistent, l’œuvre de l’artiste fait l’objet de nombreux articles, d’ouvrages documentés, d’expositions et même d’un film. Autant de supports qui replacent légitimement Vivian Maier dans l’histoire de la photographie du XXème siècle à laquelle appartient désormais cette très grande photographe. Pour s’en convaincre il suffit de parcourir le site officiel en attachant une attention particulière aux photographies de rue: Portfolios > Street; le témoignage d’une époque et de sa société y est beau, émouvant et tellement réaliste.

 

© Photos : Vivian Maier

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

August Landmesser – Heil!

August Landmesser: l'homme qui refusa de faire le salut nazi!

 

Dans l’Allemagne d’Adolf Hitler, port de Hambourg, un jour de 1936. August Landmesser refuse de faire le salut nazi, restant les bras croisés au milieu d’une foule qui lève le bras à l’unisson lors du lancement d’un navire flambant neuf, le Horst Wessel. La scène a été immortalisée par un photographe et le cliché est exposé au centre de documentation ″ Topographie de la Terreur ″ situé dans l’ancien QG de la Gestapo, à Berlin. La famille Landmesser est arrêtée et emprisonnée en 1938. Libéré en 1941, August est envoyé sur le front duquel il ne reviendra pas.


Le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre (Nelson Mandela).


 

Pink Floyd – Back Catalogue

© Phyllis Cohen/Tony May

 

[Extrait]: La pratique commerciale est courante: remettre sur le marché les œuvres déjà produites par un artiste. C’est ce que l’on appelle le ″ Back Catalogue ″. En 1997, EMI, la maison de disque de Pink Floyd passe commande d’ un poster destiné à promouvoir la réédition des disques du groupe. L’équipe sollicitée en ce sens, opte non sans humour, pour un concept consistant à peindre les six jaquettes originales de Storm Thorgerson sur le dos de filles nues. ″ Back ″… ″ Dos ″… Vous suivez? L’artiste Phyllis Cohen réalise ce body painting classieux qui sera mis en image par Tony May. J’offre une tringle à rideaux à quiconque me fournira le recto de ce cliché pris au bord d’une piscine privée de la banlieue sud de Londres. À bon entendeur!

 

Jaquettes Back Catalogue Pink Floyd

Patrick BETAILLE, Juillet 2014


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Iggy Pop s’affiche pour Amesty International!

Iggy Pop pour Amnesty International!

Icône du Rock , précurseur du mouvement Punk,  Chevalier des Arts et des Lettres, celui que l’on surnomme l’Iguane, s’affiche aujourd’hui en tant qu’ambassadeur d’une ONG. Lancée en mai 2014 , la campagne d’ Amnesty International contre la torture s’offre un nouveau souffle, notamment avec cette affiche choc, montrant Iggy Pop le visage tuméfié et déclarant que ″L’avenir du Rock’n’Roll, c’est Justin Bieber. Une manière, s’il en est, de démontrer l’inefficacité de la torture.

Iggy Pop et Amnesty International

 Patrick BETAILLE, juin 2014

Zapping Photo – 2013 en images.

© Photo: Fred Dufour – AFP

 

Le zapping est une institution et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable démarche que celle du magazine The Atlantic qui au travers de clichés soigneusement sélectionnés nous propose de parcourir les événements significatifs de 2013. Un magnifique échantillon de 140 images qui nous incitent à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de clichés insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. ″La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe: The Atlantic: 2013, the year in photos.

Patrick BETAILLE, décembre 2013

Horst A. Friedrichs – Pride and Glory

 Horst A. Friedrichs: Pride and Glory

Après Or Glory, 21 st Century Rockers et Im One, 21 st Century Mods, Horst A. Freidrichs continue son exploration ethnologique d’une culture dans laquelle Rock et Bécanes ont toujours fait bon ménage. Pride and Glory, sous titré  The Art of the Rockers’ Jacket, célèbre cette fois le blouson de cuir, seconde peau du motard et du rocker.  Les images témoignent d’un mode de vie à part où le look et les attitudes relèvent d’un subtil mélange de provocation et de folklore. Des instantanés révélateurs, des tronches invraisemblables, des cuirs patinés, ce pavé de 400 pages en regorge. On y trouve également des tonnes de clous, foultitude de pins, mais aussi des patches, des badges, des chaines et des franges. Manquent plus que les relents de bière et les effluves d’huile chaude. Somptueux! Pour l’occasion, Cafe Racer consacre dans son dernier numéro un joli Portfolio « de Cuir et de Clous » où est évoqué le tirage limité à 1000 exemplaires de cet ouvrage qui, pour la modique somme de 1500 euros, se pare d’une couverture en cuir zippée, cloutée et doublée pour l’hiver d’une doublure en tissu rouge.  Les hostiles aux collectors et les démunis du porte monnaie se contenterons de la (déjà très belle) version standard à 90 euros.

Patrick BETAILLE, décembre 2013

Zapping Photo – 2012 en images.

© Pablo Spencer – AFP

 

C’est de saison et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable initiative que celle de The Boston Globe qui au travers de  clichés soigneusement sélectionnés nous propose de parcourir les évènements significatifs de 2012. Un magnifique zapping en images qui nous incite à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de clichés insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie ″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe: The Boston Globe!

Jean-Marie Périer – Rencontres.

 

Il y a peu, alors que je m’épanchais sur le magnifique ouvrage qu’est Musique Box, je m’assénais égoïstement la remarque suivante :  » Diantre, fichtre, foutre…pas un seul cliché de JM Périer ! « . C’est fou ça !  Delirium très épais ou fulgurance neuronale ? Allez savoir ! En tous cas voici l’occasion, non pas de combler une lacune, mais plutôt d’évoquer un temps que  les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… Dixit Charles, pas le Grand, l’autre, le petit, l’arménien quoi ! Faites un effort merde ! Les Sixties, c’est bien de cette décennie dont il s’agit aujourd’hui avec la parution de Rencontres, un recueil photographique consacré aux grands noms de la musique anglo-saxonne. L’auteur, Jean-Marie Périer donc, nous apporte sur un plateau  la bagatelle de quelques 200 témoignages annotés ! 300 pages de  souvenirs dont 85 consacrées aux Rolling Stones, une cinquantaine aux Beatles et une bonne douzaine illuminées par le joli minois de Marianne Faithfull. Miles Davis, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillepsie, Chuck Berry, Cliff Richard, Gene Vincent, Dylan, Hendrix, James Brown, tous et bien d’autres sont également passés devant l’objectif et répondent présent à l’évocation d’une époque où rien n’était sérieux mais tout était possible. Clic, Clac,Merci Kodak! C’est aux Editions du Chêne et c’est Magique !