
[George Sand]: ″ Chagrin d’enfant et rosée du matin n’ont pas de durée – Children’s sorrow and morning dew do not last long «
Outre une volonté farouche de laver l’affront subi lors de l’attaque de Pearl Harbor en décembre 1941, les américains avaient plusieurs raisons de bombarder le Japon: imposer un régime démocratique en évinçant l’empereur Hirohito qui refusait de capituler, tester en grandeur nature deux nouvelles armes atomiques, et surtout, afficher leur supériorité militaire face aux autres nations, notamment à l’URSS.
Le 6 août 1945, le Boeing B-29 Enola Gay largue sur Hiroshima Little Boy, une bombe à l’uranium enrichi. Trois jours après, le Superfortress Bocscar lâche sur Nagasaki Fatman, une bombe au plutonium cette fois. L’image du champignon s’élevant à plus de 18 kilomètres au dessus de la ville a été prise par le lieutenant Charles Levy depuis Big Stink, l’un des deux autres avions accompagnant la mission afin d’analyser les conséquences de l’explosion de l’engin.
En faisant plus de 200 000 victimes, ces épisodes dramatiques ont ouvert une nouvelle ère, celle d’une peur qui repose sur la dissuasion nucléaire, avec l’idée selon laquelle la fin justifie les moyens.
La Mémoire érigée au rang de ″ Devoir ″ suffira t’elle pour se prémunir contre les dérives du perpétuel recommencement qu’est l’Histoire? Vous avez 4 heures!
Mai 1968, restaurant La Pignata à Nice. Charles Bébert couvre la soirée d’anniversaire de Johnny Hallyday organisée par Eddie Barclay. Vers 3h du matin, le photographe croise Ringo Starr, George Harrison et leurs épouses sur le parking de l’établissement. Son flash crépite. Le guitariste anglais perd son sang-froid. Résultat : sept points de suture pour le chasseur d’images. Un ami de Bébert, animateur de Radio Monte Carlo, révèle l’incident et déclare que les Beatles ne passeront plus à l’antenne pendant dix jours, soit la durée de l’ITT dont bénéficie Bébert suite à ses blessures.
Quelques mois plus tard, les avocats des 4 de Liverpool se rendent sur la Côte d’Azur. Charles Bébert accepte un arrangement à l’amiable et l’année suivante la réconciliation officielle entre le shooter de stars et l’auteur de While my Guitar Gently Weeps aura lieu sur le tarmac de l’aéroport. [Source: livre Rock’n’Roll Justice de l’avocat Fabrice Epstein].
Nov.15: A woman demands that Indian security forces release the body of her brother, Muhammad Shafi Parry, who was killed in an explosion at a police station in Srinagar, Indian Kashmir – Une femme exige que les forces de sécurité indiennes restituent le corps de son frère, Muhammad Shafi Parry, tué dans une explosion dans un poste de police à Srinagar, dans le Cachemire indien.
Avec une sélection de 100 clichés, le magazine TIME met en lumière les événements significatifs de 2025. Actualité oblige, il y est beaucoup question de guerres et de catastrophes naturelles, mais pas seulement. Un zapping indispensable pour se focaliser sur l’essentiel car ″ La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie ″ (Milan Kundera). Attention les yeux, c’est par ici: TIME – Les 100 photos essentielles de 2025.
Photographe d’origine russe né en France à Neuilly-Sur-Seine, Elliott Erwitt (1928-2023) a passé son enfance entre l’Italie et Paris, avant de partir vers les Etats-Unis pour s’installer avec ses parents, d’abord à New York, puis à Los Angeles. Dès l’adolescence il se passionne pour la photographie moderne en se focalisant sur les scènes de la vie quotidienne ou les événements sociopolitiques, souvent captés avec dérision ou ironie.
Robert Capa sera l’un des premiers à remarquer son talent et son travail et à l’inviter à devenir membre de l’agence Magnum dès 1953 (agence qu’il présidera de 1968 à 1970). Après quelques publications, le succès est au rendez-vous et il commence un travail de photojournaliste aux USA pour Life, Look, Holiday, et en Europe pour Stern et Paris Match.
Comme en témoignent ces clichés de la série Dogs, Erwitt portait sur les chiens un regard plein de malice et de tendresse.
Retrouvez l’artiste sur la galerie du site: Magnum Photos/Elliot Erwitt.
Iconique! Marilyn Monroe en robe blanche au-dessus d’une grille de métro new-yorkais. Le photographe américain Sam Shaw a rencontré celle qui allait devenir sa muse au début des années 1950 et l’a suivie durant toute sa carrière. Ce cliché de la star hollywoodienne a été pris en 1954 lors du tournage du film de Billy Wilder Sept ans de réflexion. Dans une des scènes, Marilyn porte une robe blanche plissée qui se soulève au-dessus de sa taille grâce à une soufflerie placée en sous-sol. Une fois le tournage terminé, une reconstitution a été organisée pour une séance photo promotionnelle avec la presse. Shaw, qui avait orchestré l’événement, s’était assuré la meilleure place pour immortaliser le moment qui a définitivement marqué les esprits de l’époque et est resté gravé à jamais dans les mémoires. Pou-pou-pi-dou!
En novembre 1955, Sam Phillips fait face à des difficultés financières et pour se renflouer il décide de vendre son poulain à RCA pour 35 000 dollars. La nouvelle maison de disques veut sortir un album à partir des bandes récupérées chez Sun auxquelles sont ajoutés de nouveaux enregistrements. En mars 1956 sort Elvis Presley, le premier album éponyme du King.
Pour le cover art du EP, le Colonel Parker décide d’utiliser une photo de William V. ″ Red ″ Robertson. Le cliché en noir & blanc pris le 31 juillet 1955 lors d’un concert à Tampa en Floride est recadré et colorisé afin de mettre en valeur la personnalité d’Elvis et l’essence même de sa musique. Simplicité, énergie et violence, ce que la jeunesse aime et trouve dans le rock’n’roll se retrouve au cœur d’une composition à la typographie graphique saisissante grâce à laquelle la pochette se retrouvera plus tard à la 40ème place du classement des 100 meilleures pochettes d’albums du magazine Rolling Stone. Concept et lettrage ont été repris par The Clash pour la pochette de leur album London Calling paru en 1979.
Ce 11 septembre 2001, le photojournaliste Richard Drew couvre un défilé de mode pour Associated Press. Soudain, un cameraman de CNN annonce qu’un avion vient de percuter la Tour Nord du World Trade Center. Drew range son équipement et se précipite vers la bouche de métro la plus proche. Lorsqu’il arrive sur les lieux, il constate que des personnes commencent à sauter depuis les fenêtres des tours jumelles pour échapper au feu. Il s’empare de son 200mm et shoote en rafale ces moments au cours desquels près de 200 personnes se sont jetées dans le vide avant l’effondrement des tours. Le lendemain, l’un des clichés intitulé The Falling Man parait dans le New York Times puis, les jours suivants, dans des centaines de journaux. Des réactions violentes d’une partie des lecteurs et des familles des victimes, ont ensuite plongé la l’image au cœur de violentes polémiques. Commentaires de Richard Drew en 2001: The Falling Man.
Henry Singer, le réalisateur du documentaire intitulé 9/11: The Falling Man paru en 2006 s’étonne du caractère graphique et calme du cliché, comme si l’homme avait accepté son sort. ″ Ça prend quelque chose comme 10 secondes pour un corps de tomber d’une tour, et Richard a shooté de multiples images tout au long de la chute du corps. Il ne s’agit pas de photographie fine art. C’est du photojournalisme instinctif, c’est le monde de Robert Capa… Il faut, pour vraiment comprendre l’horreur de ce jour, inclure ce genre d’imagerie. C’est comme montrer les cercueils de soldats qui sont morts en Irak et en Afghanistan. On ne peut pas détourner le regard. Le seul moyen de comprendre le monde – et une partie du monde représente l’horreur – c’est d’être le témoin de ces images. ″
[Source: Romain Bély – Journal Sud Ouest]. Au cœur du Sud-Ouest montagneux, le photographe amateur béarnais, Éric Carrère sublime le massif pyrénéen avec des images magiques. Ce père de famille est commercial dans les assurances, ce qui l’invite à sillonner les routes du département des Pyrénées-Atlantiques, propices à quelques repérages. Le photographe s’est pris de passion pour l’image à la fin des années 1990; depuis L’appareil s’est perfectionné, les optiques se sont multipliées et l’œil s’est aiguisé. Cette photo de la lune sur le pic du Midi de Bigorre résume surtout la quête technique qui consiste à se trouver au bon endroit au bon moment, retient Éric Carrère.
Patrick BETAILLE, novembre 2025