Willy Ronis – Le Petit Parisien

© Willy Ronis

 

[ Source France Info ]: Selon Willy Ronis, ce cliché est le seul pour lequel il a demandé à son modèle de se mettre en scène. Le petit Parisien avec sa baguette dans les rues de Paris, c’est Jean Brosseron. A l’époque, en 1952, il avait 5 ans. Aujourd’hui, il se souvient comme si c’était hier que le photographe lui avait demandé de courir en sortant de la boulangerie. ″ Ravi de rendre service et de faire l’intéressant, j’ai couru avec ma baguette. Le monsieur a pris ses photos et ensuite, je suis rentré chez moi. Très fier, je l’ai dit à ma mère, mais elle ne m’a pas cru et m’a répondu : et moi, je suis la reine d’Angleterre ″ raconte, amusé, le septuagénaire.

Patrick BETAILLE, juillet 2023

Alan Schaller – Metropolis

© Alan Schaller

 

Basé à Londres, Alan Schaller est un photojournaliste, spécialiste de la photographie en noir et blanc. Son travail est souvent abstrait et intègre des éléments de surréalisme, de géométrie, de contraste élevé et des réalités et diversités de la vie au quotidien. Il voue un profond attachement à l’utilisation du seul appareil numérique monochrome du marché: son Leica; raison pour laquelle la marque l’ait choisi comme ambassadeur.
Je choisi des lieux urbains de tous les jours comme arrière-plan, pour les réimaginer en utilisant une combinaison des bons sujets, de la lumière, de l’ombre, de la perspective et de la forme de l’environnement lui-même ″.

Source, infos et galeries: Metropolis

Patrick BETAILLE, juin 2023

Jeremy Paige – Street Photographer

© Jeremy Paige

 

C’est sur la côte ouest des Etats-Unis où il vit que Jeremy Paige trouve son inspiration. Les rayons de soleil, Les palmiers, les couleurs, le photographe multidisciplinaire a aussi l’œil pour remarquer les silhouettes solitaires, les situations incongrues, le quotidien des rue. Il excelle aussi dans la mise en valeur d’effets visuels générés par l’architecture et l’environnement. La preuve en images: EatenByFlowers

Patrick BETAILLE, mai 2023

George Natsioulis – Lumière!

©Photo George Natsioulis
 

[Murat İldan – Romancier turc]: ″ If your headlight is broken, stop travelling in the darkness! Either you travel with the light or sit tight wherever you are! – Si votre phare est cassé, ne voyagez plus dans l’obscurité ! Soit vous voyagez avec la lumière, soit vous restez là, où que vous soyez ″.


 

J.R.R. Tolkien – Clôture

© Photo Willy Inselman

 


[J.R.R. Tolkien – The Fellowship of the Ring]: ″ The wide world is all about you: you can fence yourselves in, but you cannot for ever fence it out  – Le vaste monde vous concerne : vous pouvez vous y clôturer, mais vous ne pouvez pas l’exclure à jamais


Patrick BETAILLE, avril 2023

Timo Lemmetti – Repel

© Photo Timo Lemmetti
 
 

[Proverbe Ashanti]: ″ La lune bouge doucement mais elle traverse la ville – The moon moves slowly but it crosses the city

Patrick BETAILLE, avril 2023

Jean-Claude Delmas – Chirac dans le Métro

© Photo Jean-Claude Delmas/AFP

 

La scène se déroule le 5 décembre 1980 à la station Auber du métro parisien. Le chef de file de la droite française a 48 ans, il est en route pour inaugurer une exposition de peinture. Jean-Claude Delmas, photographe pour l’AFP, est présent. C’est lui qui immortalise Jacques Chirac en train de passer par-dessus le portillon filtrant. Transgression? Provocation? Que nenni!
Vous imaginez le Grand Jacques en train de faire la queue pour acheter un billet? Moi non plus! C’est donc le directeur de la RATP qui glisse le sésame dans le système de contrôle. Le maire de Paris ne prend jamais le métro. Il ne sait même pas comment ça fonctionne. Pour sortir il oublie de reprendre le ticket et se retrouve bêtement bloqué. Pensant que le portique était en panne, spontanément il décide de sauter par-dessus le tourniquet. Clic, clac!
Dès sa publication dans la presse le lendemain, la photo devient culte. À 5 mois de l’élection présidentielle, ce moment estampillé symbole du non-conformisme à la française, montre que le maire de Paris et futur candidat à la plus haute fonction ne recule devant rien et est prêt à tout pour franchir les obstacles. Mais au premier tour Black Jack est distancé par Valy. La suite on la connaît; une vague rose installera Kermitterand à la tête de le république française. Sauter n’est pas gagner!

Patrick BETAILLE, avril 2023

Égalité des Sexes

© Photo: Felix Lupa

 

Bon, ça c’est fait! Reste plus qu’à se préoccuper de l’épineuse question de l’égalité des salaires!

Patrick BETAILLE, mars 2023

Anton Corbijn – Miles Davis

Miles Davis, Montreal 1985 © Anton Corbijn

 

Né en 1955 à Strijen en Hollande Anton Corbijn est un photographe et réalisateur. Dans les années 70 il s’installe à Londres et travaille pour le new Musical Express. Ses clichés noir et blanc très contrastés le font connaître et de nombreuses stars passent devant son objectif. Parmi elles, les Stones, U2, Nirvana, The Slits, Nick Cave, Siouxsie Sioux, Arcade Fire, Tom Waits, REM, Metallica, Johnny Rotten, Depeche Mode mais aussi Isaac Hayes, the Bee Gees, David Bowie, Joe Cocker, Johnny Cash, Grace Jones et même Johnny Halliday.

Miles Davis également est devenu le sujet de l’une des photos les plus célèbres prises par Corbijn. À Montréal en 1985, Miles Davis se prêtait au jeu de l’interview face à Richard Cook (NDLR: Journaliste, chroniqueur et spécialiste du jazz). Voici l’histoire racontée par le photographe lui même et traduite par mes soins, rien que pour vous.

[Anton Corbijn] Bien qu’autorisé à assister à l’interview, je n’avais pas le droit d’utiliser mon appareil. Miles n’était pas particulièrement agréable avec Richard ce jour là. Chaque fois qu’il répondait à une question, il ajoutait: ″Comment tu t’appelles déjà?″.  J’ai quand même réussi à obtenir un rendez-vous pour un shooting avec le musicien le lendemain: cinq ou six minutes dans une chambre d’hôtel. Nous nous sommes placés près d’une fenêtre car j’utilise au maximum la lumière disponible. Miles était un bel homme au visage expressif et au regard très intense. À l’époque il était malade et souffrait beaucoup; il suivait un traitement qui affectait énormément ses pupilles. C’est ce qui est frappant sur cette photo. Ses pupilles sont vraiment énormes. Je ne me souviens pas pourquoi Miles a pris cette pose mais c’est celle qu’il souhaitait pour illustrer son album Tutu alors en préparation. Malheureusement, Warner Bros a exigé que la photo du cover art soit réalisée par un photographe reconnu et, évidemment, à l’époque je ne l’étais pas. C’est alors Irving Penn qui a eu le job. J’adore le cliché de Penn, mais vous pouvez facilement deviner d’où vient l’inspiration.

Il y a une histoire qui circule à propos de Miles dînant avec Ronald Reagan à la Maison Blanche. L’épouse du président lui demande: ″Qu’as-tu fait pour être invité ici?″  Et Miles de répondre: ″J’ai changé cinq fois le cours de la musique. Et vous? Qu’avez-vous fait à part baiser avec le président ?″ Je ne sais pas si l’anecdote est vraie mais en tous cas je la trouve savoureuse.

Patrick BETAILLE, janvier 2023

Doisneau – Le Baiser de l’Hôtel de Ville

© Robert Doisneau

 

En avril 1950, dans le Paris de l’après-guerre, Robert Doisneau est en quête de sujets pour répondre à une commande de la part de Life Magazine. Dans un café, le photographe repère un jeune couple en train de s’embrasser. Il les aborde et leur propose la somme de 500 francs pour rejouer la scène à l’extérieur. Le 12 juin, le cliché mettant en scène Françoise Delbart et Jacques Carteaud – alors tous deux élèves du Cours Simon – figure sur une double page du magazine américain : ″ In paris, young lovers kiss wherever they want to and nobody seems to care ″ (À Paris, les jeunes amoureux s’embrassent où bon leur semble et personne ne semble s’en soucier). Aux côtés de cinq autres photos, celle de l’Hôtel de ville passe alors quasiment inaperçue. Fin de l’histoire?

À partir de 1986, soit 36 ans après sa sortie dans Life magazine, Le Baiser de l’Hôtel de Ville devient la photo iconique du Paris romantique. Déclinée en posters, imprimée à des millions d’exemplaires, elle reste la plus célèbre de Robert Doisneau et figure dans le top 10 des images les plus connues au monde. C’est tout?

En 1992, Denise et Jean-Louis Lavergne, un couple d’imprimeurs, affirment qu’ils sont les protagonistes du Baiser et réclament 500 000 francs au photographe pour atteinte au droit à l’image et à la vie privée. À l’annonce du procès, Françoise Delbart réapparait avec en main le cliché original que Doisneau lui avait offert après la séance photo. En 1993, tout ce beau monde se retrouve devant le tribunal. Les Lavergne ne parviennent pas à démontrer qu’ils étaient les amants de l’Hôtel de ville et sont déboutés. Françoise également. Le tribunal estime que son visage n’est pas formellement identifiable et, à ce titre, considère qu’elle n’est qu’une figurante. Elle réclamait 100 000 francs ainsi qu’un pourcentage sur les bénéfices commerciaux et finalement elle en obtiendra 50 000 après avoir renoncé à ses droits passés et à venir. Jacques Carteaud, lui a toujours refusé d’être associé à une démarche qu’il considère comme ″ une vulgaire histoire de fric ″. Mais encore?

En 2015, lors d’une vente aux enchère, Françoise a obtenu 155 000€ de son exemplaire original du Baiser de l’Hôtel de Ville. Aujourd’hui elle a 92 ans et vit à Evreux. 

Patrick BETAILLE, novembre 2022