Stars and Stripes – In Rock

De gauche à droite. MC5: Kick Out the Jam – Bruce Springsteen: Born in the USA – Black Crowes: Amorica

 

[George Washington]: ″ Nous prenons les étoiles du ciel, le rouge de notre pays d’origine (l’Angleterre), avec des bandes blanches en guise de séparation montrant ainsi que nous nous sommes séparés d’elle. Les bandes blanches passeront à la postérité comme symbole de liberté ″.
Aujourd’hui et après maintes évolutions, les 50 étoiles du Stars And Stipes représentent collectivement les états membres de l’union et les treize bandes symbolisent les treize colonies britanniques sécessionnistes à l’origine de la création du pays de Uncle Sam. 
Hors célébrations et commémorations officielles, le drapeau américain peut être sorti tous les jours de l’année entre l’aube et la tombée de la nuit. Ainsi, Il flotte régulièrement sur les pelouses des habitations, accompagne les évènements sportifs et sert de support aux campagnes de communication ou de publicité.
Mais, souvent détournée à des fins critiques ou revendicatives, la bannière étoilée a aussi été au cœur de la culture américaine. Notamment dans le domaine du rock en apparaissant sur certaines pochettes d’albums.
De Jefferson Airplane (Volunteers) ou Sly and The Family Stone (There’s a riot goin’ On) à Drive By Truckers (American band) en passant par Johnny cash (Ragged old flag) et Dolly Parton (For God and Country), les exemples sont légion. Certains ont même fait l’objet de polémiques virulentes et même de censure.

MC5: Kick Out the Jams – 1969. The Star-Spangled Banner figure en filigrane sur cet album live du groupe protopunk de la scène deDetroit. Brut, sauvage et direct, le disque a été censuré. Non pas du fait de la présence du drapeau mais à cause d’un ″ kick out the Jams motherfuckers ″ politiquement revendicatif et révolutionnaire. Lire l’article!
Bruce Springsteen: Born in The USA – 1984. Photographié par Annie Leibovitz, The Boss est de dos devant la bannière étoilée. Les titres de l’album critiquent sévèrement le comportement d’une Amérique qui abandonne ses vétérans du Vietnam et ignore ses nécessiteux. Bruce sera même accusé de poser en train de pisser sur le drapeau. Lire l’article!
Black Crowes: Amorica – 1994. Chez l’Oncle Sam, on n’apprécie pas du tout le persil qui dépasse du cabas. Surtout s’il s’agit d’un string aux couleurs étasuniennes. Les diffuseurs refusent de commercialiser le disque. La pochette sera noircie pour ne laisser apparaitre que le triangle étoilé sur lequel la pilosité vagabonde a été gommée. Lire l’article!


Bientôt 52 étoiles? L’Agent Orange joue au Risk. Il prétend annexer le Canada en l’asphyxiant économiquement et veut s’approprier le Groenland en misant sur le billet vert. What the fuck!


Joe Rosenthal – Iwo Jima

© Joe Rosenthal

 

Réformé par l’armée en raison de sa mauvaise vue, Joe Rosenthal (1911 – 2006) rejoint l’agence Associated Press et suit l’US Marine Corps dans le théâtre des opérations du Pacifique. Le 23 février 1945, six Marines américains plantent le Stars and Stripes au sommet d’une colline dévastée par les combats sur l’île d’Iwo Jima, un bastion japonais farouchement défendu. 

Dans les faits, une équipe de Marines avait déjà hissé un petit drapeau américain. Le sergent-chef Louis Lowery, photographe officiel de l’armée, a immortalisé le moment où le mât de fortune a été érigé. Mais la présence de ce drapeau a provoqué une salve de tirs des troupes japonaises et, en se jetant à l’abri, Lowery casse son appareil photo. Il doit donc redescendre la colline pour aller chercher du nouveau matériel. En chemin, il rencontre Rosenthal, qui lutte encore pour atteindre le sommet, et lui annonce la nouvelle: le mont Suribachi a été pris et le drapeau a été hissé. Rosenthal continue néanmoins son ascension, espérant obtenir de bonnes photos depuis le sommet.

Anéanti par l’effort il arrive sur les lieux. Il remarque alors une équipe de Marines qui se prépare à hisser un deuxième drapeau, plus grand, sur ordre des officiers supérieurs qui voulaient qu’il soit visible de toute l’île. Le photographe oriente son appareil dans la bonne direction et il appuie sur le déclencheur sans même regarder dans son viseur. En définitive, cinq jours après le début de l’une des batailles les plus sanglantes de la guerre du Pacifique, Rosenthal était en retard mais finalement il est arrivé au bon moment. Symbole du courage et de la solidarité des combattants, le cliché capture un épisode essentiel dans une composition artistique parfaite. Si parfaite que durant tout le reste de sa vie son auteur a dû réfuter les nombreuses accusations selon lesquelles il avait tout organisé et mis en scène. 

Publiée par l’Associated Press, l’image emblématique a été immédiatement récompensée par le prix Pulitzer. En voyant la photographie, le président des États-Unis Franklin D. Roosevelt réalise que celle-ci constituerait un excellent symbole sur la base duquel il lance un emprunt national afin que l’épargne privée soutienne l’effort de guerre.

En 1951, Felix de Weldon fut chargé de la conception d’un mémorial en hommage au corps des Marines. La statue de bronze reproduit ″ Raising the Flag on Iwo Jima ″ – la scène figée pour la postérité par Joe Rosenthal – et est installée à proximité du cimetière national d’Arlington, à Rosslyn en Virginie.

Patrick BETAILLE, octobre 2024