David McWilliams – The Days of Pearly Spencer

[Extrait]: Sans être proche de l’IRA, cet auteur-compositeur nord-irlandais né à Belfast était toutefois fervent partisan d’une réunification de l’Irlande et il aimait être reconnu en tant qu’irlandais plutôt qu’en tant que citoyen britannique. Mais ce ne sont pourtant pas ses convictions politiques qui vont révéler David McWilliams qui passera de l’ombre à la lumière en interprétant un succès sans lendemain.

À l’origine Days of Pearly Spencer est une ballade folk dont les paroles inspirées par la pauvreté et le désespoir racontent l’histoire de Pearly, un indigent vivant dans le dénuement le plus complet…

Lors de l’enregistrement, le producteur-arrangeur Mike Leander. connu pour être à l’origine de la partie cordes de As Tears Go By des Rolling Stones, accélère le tempo en ajoutant un accompagnement orchestral de violons spécialement composé pour la circonstance. Par ailleurs, la voix de McWilliams est enregistrée via un mégaphone destiné à renforcer la dramaturgie du texte. Cette combinaison aussi étrange qu’originale est une réussite sur laquelle Solomon compte bien thésauriser… Relayé sur toutes les ondes d’Europe continentale, le morceau du troubadour de l’Ulster y rencontre un énorme succès, surtout en France où il est N°1…


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Lio – Pop Model

© Costa Kekemenis

 

Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos connaît son premier succès en 1979 avec Banana Split. Mademoiselle a alors seize ans, et se produit sous le nom de Lio. [NDLR avouez quand même que c’est plus facile à retenir et à caser sur une pochette de disque, à fortiori s’agissant d’un 45 tours].

Sorti en 1986, Pop Model est le quatrième opus studio de la chanteuse. Grâce à  Les Brunes ne Compte pas pour des Prunes et Fallait pas Commencer, l’album se vend à plus de 100 000 exemplaires. Disque d’or, il marque le retour de la lolita sur le devant de la scène et fait pas mal de bruit à cause de sa pochette.

Sur une idée du designer Esteban – inspirée par la ″ Red Girl ″, œuvre du pop artiste Allen Jones – c’est Costa Kekemenis qui s’occupe de la photographie. Couleurs vives, dessous chics face nord pour le recto et fesses sud pour le verso, difficile de louper ce cover art tapageur et suggestif devant lequel beaucoup se sont retrouvés plus excités que des acariens au salon de la moquette. Bien que trouvant le visuel plutôt approprié, Lio exprimera néanmoins des sentiments mitigés à l’égard du fétichisme et du concept de femme-objet que Jones met en avant au travers de ses œuvres.

En 2018, dans son émission Quotidien, Yann Barthès interviewe l’artiste et revient sur l’album en question en le présentant à la caméra: ″ Je me suis toujours demandé si c’était vous! ″.  Réponse de la Pop Model: ″ Je confirme, c’est moi. C’est absolument moi et la petite culotte est en cuir si vous voulez savoir! ″. Voilà qui est dit, maintenant on sait!

Patrick BETAILLE, juillet 2023

Rolling Stones – (I Can’t Get No) Satisfaction

 

[Extrait]: Glen Snoddy était loin de se douter que sans lui la face du rock aurait été changée. En 1961, lors d’un enregistrement à Nashville, cet ingénieur du son est à la manœuvre pour peaufiner les réglages de sa console. Soudain, accidentellement, il constate qu’une défaillance technique génère un son saturé en provenance de la guitare électrique d’un musicien du studio.
Intrigué et séduit, le technicien décide de créer un circuit électronique destiné à reproduire cette anomalie sonore. L’effet Fuzz vient d’être inventé ! Snoddy se rend alors chez Gibson qui, sans grande conviction, lance en 1962 la pédale d’effet Maestro FZ1 Fuzztone, également appelée Fuzzbox. L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais Non !
En 1965, les Rolling Stones sont en tournée aux Etats-Unis et le 12 mai et entrent dans les studios RCA à Hollywood. Ils arrivent de Chicago où – en tant qu’inconditionnels de blues – ils ont enregistré quelques titres, dont une composition de Keith Richards : (I Can’t Get No) Satisfaction. L’endroit où est né le riff a fait l’objet de nombreuses supputations mais l’histoire raconte que Keith en a eu l’idée durant son sommeil.

Chez RCA les Stones se remettent au boulot et travaillent sur une nouvelle mouture de Satisfaction. Le tempo est accéléré et surtout ″ Keef ″ accepte d’utiliser la Maestro FZ-1 Fuzz Tone de Gibson. Les paroles de Mick Jagger évoquent les travers de l’Amérique illustrés par la démarche d’un homme en quête d’authenticité mais incapable de l’atteindre à cause de la société de consommation…
Malgré les réticences de Richards, le single sort le 6 juin 1965 aux USA où il atteint la première place en Juillet, et le 26 août au Royaume-Uni. Grâce à ces cinq notes qui ont secoué le monde, le titre a été classé deuxième plus grande chanson de tous les temps par le magazine Rolling Stone, derrière… Like a Rolling Stone de Bob Dylan. Du coup, Les Pierres Qui Roulent remettront le couvert dans ce studio pour Paint It Black, Get Off My Cloud, Let’s Spend The Night Together et 19th Nervous breakdown. Quant à Gibson, le succès de sa Fuzzbox est désormais établi. Beaucoup de d’artistes vont désormais utiliser l’effet magique ; que ce soit dans le rock classique, le blues, le garage rock ou le rock psychédélique. Rien Qu’un Seul Mot ! C’est avec cette adaptation qu’en 1965 ″ Schmoll ″ n’a pas obtenu… Satisfaction !


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Phil Travers – The Moody Blues

 

[Extrait]: Phil Travers a travaillé deux années pour le label Decca avant d’être contacté par les Moody Blues pour réaliser l’illustration de leur album In Search Of the Lost Chord (1968). L’artiste restera le designer attitré du groupe jusqu’à Seventh Sojourn en 1972. La pochette de l’album A Question Of Balance paru en 1970 reste sans conteste l’une de ses plus belles réussites…
Une fois n’est pas coutume, le gatefold s’ouvre et se regarde de haut en bas. Des vacanciers se prélassent sur la plage qui borde une mer bleue et paisible alors qu’à l’horizon, un cyclone habité de scènes allégoriques se fait très menaçant. Sur le montage de la composition un homme brandit un revolver. Cette image provient du National Geographic. Suite à une plainte déposée par le magazine, Decca se voit contraint de rappeler les premiers exemplaires déjà en circulation. Pour les éditions suivantes, la tête du personnage sera légèrement modifiée et coiffée d’un casque colonial.


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

The Byrds – Mr. Tambourine Man

 

[Extrait]: Le 20 janvier 1965, The Byrds entrent aux studios Columbia de Los Angeles. Trois voix s’accordent à merveille, celles de Roger McGuinn, Gene Clark et David Crosby. Fasciné par les Beatles, le trio met au point sa propre version d’un titre de Bob Dylan apparue sur son album Bringing It All Back Home et sorti la même année : Mr. Tambourine Man. Électrisée par les guitares de McGuinn et Crosby, cette version n’intègre que le deuxième couplet de l’originale qui en comporte cinq. Columbia est emballée par la démo – véritable synthèse entre le folk du ″ Zimm ″ et la pop des ″ Fab Four ″ – et signe le groupe immédiatement. La maison de disques fait appel au Wrecking Crew, une équipe de requins de studio (entre autres, Leon Russel au piano), pour assurer le coup. Seul McGuinn a le droit de faire sonner sa Rickenbacker 12 cordes…

Beaucoup interprètent les lyrics comme un hymne à la drogue évoquant les premières prises de LSD de Dylan. Le ″ Tambourine Man ″ serait un trafiquant de drogue et ″ play a song for me ″ signifierait donne-moi un joint. Théorie basée sur le fait que les paroles de chansons étaient à l’époque sous surveillance étroite et souvent censurées. Les musiciens s’ingéniaient donc à délivrer des massages sur des sujets sensibles en utilisant des codes souvent alambiqués…
Enregistré en janvier 1965, le single atteint la première place du Billboard Hot 100 peu de temps après sa sortie en single le 12 avril. Mr. Tambourine Man a chamboulé le monde de la musique, convaincu Dylan de passer à l’électrique, et surtout, installé le groupe californien au pinacle d’un genre nouveau : le folk-rock…


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

The Spencer Davis Group – Keep on Running

 

[Extrait]: … L’histoire du Spencer Davis Group débute à l’Université de Birmingham où Spencer Davis, alors étudiant en langues, a dans l’idée de fonder un groupe de rock. Guitariste, chanteur et harmoniciste, le gallois ne jure que pour le rhythm & blues américain qui inonde la scène britannique du moment. En 1963, il fait la rencontre de Merwyn Winwood dit ″ Muff ″, alors à la tête d’une formation locale de dixieland qui compte dans ses rangs un jeune et déjà très talentueux pianiste de 15 ans : son frère cadet Steve Winwood… Le travail du quatuor Installé dans la capitale anglaise finit par venir titiller les oreilles de Chris Blackwell qui propose au groupe de reprendre un titre de ska composé par son protégé Wilfried Edwards : Keep On Running

… Jackpot ! Celui qui permet au groupe de mettre fin au leadership que les Beatles détiennent alors avec Day Tripper. Mieux, alors qu’il tourne régulièrement avec les Beatles et les Who, le Spencer Davis Group est élu meilleur nouveau groupe britannique du moment. D’autres succès suivront confirmant la vision gagnante de Blackwell…


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Patrick BETAILLE, juin 2023

Syd Barret – Have You Got It Yet?

 

Le film documentaire sur l’histoire de Syd Barrett réalisé par Storm Thorgerson (Hipgnosis) et le réalisateur Roddy Bogawa est sorti! Deux heures d’archives, de témoignages, d’interviews d’amis, famille et, bien sûr, de Roger Waters, David Gilmour et Nick Mason. De nombreuses années de recherches de documents ont été nécessaires pour retracer les errances d’un artiste excentrique à l’origine de la formation de Pink Floyd. Le film fait donc également l’objet d’un focus sur ce groupe de potes, de leurs ambitions, de leurs espoirs et de leurs doutes pendant l’émergence d’un raz-de-marée culturel extraordinaire: le psychédélisme du milieu des années soixante. Mi mai, le film a été présenté en avant première au Royaume-Uni et sera montré à partir de juillet aux Etats-Unis, au Canada et en Australie. À part le Danemark – en juillet également – aucune diffusion en salle n’est pour l’instant prévue en Europe. Alors la France, n’y pensez même pas! Il faudra donc se contenter de fonder quelque espoir quant à une hypothétique sortie en Dvd. Vous avez compris cette fois? Plus d’infos:  Have You Got It Yet?

Patrick BETAILLE, juin 2023

Sam the Sham and the Pharaohs – Wooly Bully

 

[Extrait]: Domingo Samudio fait ses débuts en tant que chanteur en représentant son école au cours d’un radio crochet. Plus tard, il apprend la guitare et forme un groupe de lycée avec quelques amis, dont un certain Trini Lopez. Il s’engage ensuite dans la Navy et vit au Panama pendant six ans. De retour aux États-Unis, il suit des études d’histoire de la musique pendant deux ans…
Musique classique le jour et rock’n’roll la nuit avec une multitude de petites formations d’amateurs. Au cours d’une tournée en Louisiane, Samudio rejoint un groupe local et prend le nom de Sam the Sham (NDLR – Sam l’arnaque). Les musiciens pratiquent avec énergie et fantaisie un mélange de rock et de tex-mex grâce auquel ils deviennent très vite populaires. Après trois 45 tours autoproduits et infructueux, XL – un petit label de Memphis – convoque le quintet pour une audition et finalement, en 1964, est mis en boite l’immortel Wooly Bully dont les droits sont immédiatement achetés par MGM. Avec 3 millions de disques vendus le single remporte un succès mondial, atteignant à l’été 1965 la deuxième place dans les hit-parades américains alors squattés par les groupe de la ″ british invasion ″…
Le rythme hypnotique, l’orgue et le saxophone font fureur sur les pistes de dance. Afin d’attirer l’attention et de consolider leur notoriété Sam the Sham and the Pharaohs décident d’adopter des tenues de scène excentriques. Smokings à paillettes, gandouras, keffiehs et autres turbans deviennent un signe de reconnaissance, au même titre que leurs apparitions dans un corbillard. Mais la formule s’épuise et malgré quelques autres hits mineurs, le groupe se sépare en 1968…


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Patrick BETAILLE, juin 2023

Ana Popovic – Power

 

On ne présente plus Ana Popovic, musicienne qui compose, chante et fait parler la poudre avec sa stratocaster qu’elle manie avec maestria. La plus américaine des serbes, absente des studios depuis 2018 et considérée comme l’un des génies du blues conjugué au féminin, vient de sortir un treizième album. Power est une renaissance pour celle qui, à 47 ans, vient de vaincre un cancer et n’a envie que d’une chose: jouer, encore et encore. Le changement est néanmoins palpable y compris au niveau de la pochette du disque. Finis les visuels qui mettent en valeur la plastique de la guitariste. En lieu et place, deux mains entrelacées, comme un symbole d’union et d’amitié, probablement celle qu’elle entretient avec son bassiste, collaborateur et ami Burthel Burns. Le répertoire en configuration big band est sobre, varié et bien que toujours présent en terme de feeling, le blues rock pur et dur laisse la place à des explorations enchanteresses dans le domaine du rock ( Flicker ‘N Flame, Strong Taste), du funk (Doin’ This, Queen Of The pack, Deep Down, Turn My Luck), de la soul ( Power over Me, Luv In Touch), y compris des ambiances jazzy avec Recipe Is Romance. Une variété de styles qu’Ana parvient à amalgamer avec brio, faisant des 11 titres de Power un témoignage de détermination et de virtuosité, peut être l’un de ses meilleurs albums. Immanquable !

Patrick BETAILLE, juin 2023

The Jimi Hendrix Experience – Axis : Bold as Love

 

[Extrait]: Pour Axis : Bold as Love, le deuxième album du Jimi Hendrix Experience paru en 1967, c’est une peinture de Roger Law qui illustre la pochette. Les musiciens y sont représentés parmis diverses formes du dieu Vishnou. Hendrix a exprimé sa consternation face au choix du cover art en déclarant que l’image aurait été plus appropriée si elle avait mis en évidence son héritage amérindien… Les hindous ont également exprimé leur colère face à l’appropriation de la divinité Vishnu pour la pochette et l’affiche de l’album. En Malaisie les autorités religieuses ont porté plainte pour outrage envers leur divinité. Finalement, en 2014, le gouvernement malaisien décide d’une interdiction totale de l’œuvre sur son territoire. Pas touche à Vishnou!


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Patrick BETAILLE, février 2023