The Darkness – Dreams on Toast

 

Huitième album studio pour cette formation britannique qui distille depuis toujours un rock de qualité. Aujourd’hui, The Darkness persiste et signe en remettant au goût du jour les codes du heavy metal et du glam rock. Iconoclaste par essence, Dreams on Toast propose donc un patchwork étonnamment éclectique. Rock And Roll Party Cowboy ouvre l’album avec un véritable hommage au heavy rock à l’énergie brute et aux solos tranchants. Avec I Hate Myself  Justin Hawkins se prend pour Russell Mael des Sparks pour s’ancrer cette fois dans une veine glam réjouissante. Queen première époque ne renierait certainement pas ce Hot On My Tail aux accents folk de ’39 (A Night at the Opera) qui offre un bon moment de calme avant un entêtant Mortal Dread aux accents classic rock. Don’t Need Sunshine, une ballade rock des plus classiques riche en harmonies vocales et arrangements classieux. 

Le reste du disque ressasse la formule, chacun des morceaux répondant de près ou de loin aux influences évoquées précédemment. Il faut néanmoins retenir le mid tempo enjôleur de Don’t Need Sunshine et un The Longest Kiss aux faux airs de pop bubblegum nourrie de vocalises expressives et de guitares cristallines. Quant à The Battle For Gadget Land, voilà une autre pépite énergique aux accents métal qui prend au passage des tournures stoner. Cold Hearted Woman: guitare acoustique, tambourin, banjo et fiddle sont de sortie pour une ballade moderne dans l’Ouest américain. Dreams On Toast s’achève sur Weekend In Rome, un titre conçu comme une musique de film avec des voix parlées accompagnées d’une orchestration grandiloquente qui installe une atmosphère totalement décalée. Véritable épilogue émotionnel à contrepied, ce dernier morceau souligne la capacité du quatuor à sortir brillamment de son registre habituel pour séduire la plupart avec un album foisonnant et réussi.

 

Le lundi c’est permis – Dressing

 


[Caitlin Moran – Journaliste anglaise]:  When a woman says: ″I have nothing to wear″ what she really means is: ″There’s nothing here for who I’m supposed to be today″ – Lorsqu’une femme dit: ″Je n’ai rien à me mettre″, ce qu’elle veut dire en réalité, c’est: ″ Il n’y a rien ici qui corresponde à ce que j’ai envie d’être aujourd’hui ″.


Patrick BETAILLE, avril 2025

Aerosmith – Dream On

 

[Dream On – Album: Aerosmith – 1973]: Quand je me regarde dans le miroir, les traits de mon visage sont de plus en plus marqués. Le temps passe, aussi vite que l’aube file vers le crépuscule. C’est ainsi, à un moment dans la vie, tout le monde a des comptes à rendre. Personne ne sait d’où l’on vient et où l’on va… Tout le monde fait des erreurs, il faut perdre pour apprendre à gagner. Alors chante avec moi, ris, pleure et chante avec moi. Ne serait-ce qu’aujourd’hui, car demain tu ne seras peut-être plus là. Rêve. Rêve et rêve encore, jusqu’à ce que tes rêves deviennent réalité.

 

Tana Douglas – Loud

© Screenshot from tanadouglas.com

 

C’est écrit sur la couv! Tana Douglas est tout simplement la première femme roadie au monde. Elle a à peine 16 ans lorsqu’elle quitte la maison, abandonne ses études et part sur la route. Elle découvre Janis Joplin et l’album Cheap Thrills. ″ Joe Cocker, Marvin Gaye, les Beatles, Les Stones et Cat Stevens étaient géniaux, mais Summertime c’était de l’émotion à l’état brut. Enfin quelqu’un qui parlait à mon cœur. Wow! Quelle nana! ″. 

Rencontres, festivals, acides, la jeune rebelle finit par rejoindre l’équipe technique de l’équilibriste sur fil français Philippe Petit, de passage en Nouvelle-Galles. Retour au bercail après un bref séjour en prison pour possession de drogues et nouvelle escapade pour Melbourne où elle décroche un job chez AC/DC. Elle devient membre à temps plein de l’équipe juste après l’arrivée de Bon Scott fin 1974. Pendant deux ans, Tana participe à de nombreuses premières du groupe: première apparition télévisée, premiers disques et premières tournées au cours desquelles elle s’occupe du montage des scènes, du son, des lumières et de l’intendance. It’s a Long Way to the Top!

Loud est un témoignage fascinant sur le fonctionnement du combo des Frères Young à ses débuts mais pas que. Tout au long des 350 pages du livre, Tana évoque l’exaltation des tournées laborieuses et parfois surréalistes dans un monde exclusivement masculin et pas encore secoué par le mouvement #Metoo [Tana: ″ Peu importe qu’elle soit la meilleure à son poste, une femme devra toujours faire ses preuves ″]. Qu’il s’agisse d’accompagner Iggy Pop à travers l’Europe, de grimper dans les cintres alors qu’elle est enceinte de sept mois, de boire des shots de Jack Daniel’s avec Bon Scott dans les coulisses de Wembley, ou d’enfiler un costume sur mesure pour s’occuper des lumières d’Elton au château de Windsor, l’auteure a tout fait. Elle a aussi bossé pour Joan jett, Deep Purple, Iron Maiden, Lenny Kravitz, Ozzy Osbourne, Pearl Jam, Red Hot Chili Peppers, Status Quo, The Offspring, Police, les Who et bien plus encore ! Let There be Rock!

L’ouvrage (en anglais) est bien plus qu’un hommage à la vie de roadie. Il offre un aperçu captivant des coulisses de la scène rock des années 70 à 90. Mais au-delà de la frénésie des tournées, des extravagances des artistes et des excès en tous genres, Tana Douglas dévoile aussi les hauts et les bas d’un parcours personnel qui débute par une enfance difficile. Vulnérabilité, isolement, problèmes de couple ponctuent trente années de passion passées sur les routes et brillamment illustrées d’anecdotes savoureuses sur le rock en version live. Indispensable!

Un sujet de Philippe Lageat – interview en français réalisée le 4 mars 2021 pour Rock Hard: She is the Road Crew.

Loud le livre. Éditeur : ‎ ABC Books (fév. 2021) – Langue : ‎ Anglais – Broché: ‎ 352 pages – 19 €

Patrick BETAILLE, avril 2025

Le lundi c’est permis – Smith & Wesson

© Photo: Troublemaker Studios – Eva Green, affiche Sin City 2

 


[Jean-Luc Godard – Cinéaste]: ″ Tout ce dont vous avez besoin pour un film, c’est d’un pistolet et d’une fille – All you need for a movie is a gun and a girl ″


Patrick BETAILLE, mars 2025

Mama’s & Papa’s – Monday Monday

 

[Extrait]: Ce premier vrai groupe hippie des années 60, quatuor vocal californien pourtant formé à New York en 1963, a failli être celui de Janis Joplin. Après un premier Go Where you Wanna Go qui passe totalement inaperçu, viennent les splendides harmonies vocales de California Dreamin’ qui paraît en décembre 1965 et qui devient un tube mondial. Dans la foulée, The Mama’s & The Papa’s enregistrent leur premier LP  – If you Can Believe Your Eyes and Ears – duquel est extrait un morceau composé par John Phillips : Monday Monday. Publiée en single en 1966, la chanson est consacrée au jour de la semaine que personne n’aime, surtout quand il devient annonciateur d’une rupture amoureuse : le lundi…
À l’époque, les radios diffusaient largement California Dreamin’ mais dès la sortie de l’album, les stations commencent à passer Monday Monday en boucle. Ainsi, déjà connu du public, le single devient très rapidement un énorme succès et n°1 du Bilboard Hot 100. John Phillips avouait qu’il n’avait aucune idée de l’impact que pouvait avoir le texte. Quant à Denny Doherty il déclarait: ″ Personne n’aime le lundi, alors j’ai pensé que c’était juste une chanson à la con sur un jour de la semaine ″...
En juin 1967, forts d’une renommée internationale, les Mama’s & Papa’s sont annoncés en tant que vedettes du Monterey Pop Festival organisé par John Phillips lui-même. Ils se produisent en clôture et leur prestation laisse quasi indifférent un public pas encore remis de ce qu’il leur a été offert par Janis Joplin, les Who et Jimi Hendrix.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, mars 2025

Gyasi – Here Comes The Good Part

 

À l’origine du projet, le chanteur/guitariste Gyasi Heus qui, du fin fond de la Virginie Occidentale, s’est construit à travers diverses expériences. Ses parents lui ont transmis leur passion pour le blues, le Jazz et la world music. Par la suite l’artiste a découvert les Stones, Hendrix et a développé une passion pour le rock psychédélique et le glam rock de Bowie et de T.Rex.

Un premier album, Androgyne, parait en 2019 et offre un melting-pot de ces influences auxquelles viennent s’ajouter des touches de pop, de folk et d’un hard rock à la sauce Led Zep. 

Le deuxième album de Gyasi (prononcer Jah-See ou Jossi) paru récemment, s’épanouit lui aussi dans une fusion de glam vintage et de rock brut, où cohabitent riffs, rythmes soutenus et chant puissant. Toujours ancré dans l’approche rock flamboyant, la production du disque est bien étoffée et les arrangements sont suffisamment audacieux pour créer une alchimie immédiate et puissante qui insuffle de la nouveauté dans un genre qui a fait ses preuves depuis fort longtemps.

Here Comes The Good Part est un voyage intéressant dans le passé et le futur du rock. L’approche audacieuse et le style de Gyasi alliés à la technique d’un groupe efficace donne naissance à un album à la fois classique et avant-gardiste. Même les fans des New York Dolls devraient trouver leur bonheur dans cet équilibre – entre tape-à-l’œil et intensité brute – qui possède déjà sa propre identité.

 

John Kacere – Jorge Santana

© John Kacere – Jorge Santana 1st Album – 1978

John C. Kacere (1920-1999) était un peintre américain qui, à ses début, œuvrait dans l’expressionisme abstrait. En 1963, il s’oriente vers un hyperréalisme axé sur la plastique féminine. Même si en 1969 il peint sa première toile photoréaliste représentant le corps entier d’une femme, presque toutes ses peintures se focalisent sur la partie inférieure de ses modèles vêtus de lingerie. En 1978, l’une de ses peintures a été utilisée comme illustration du premier album éponyme du musicien Jorge Santana, le frère cadet du célèbre Carlos Santana. Le travail de l’artiste fait désormais partie des collections publiques de plusieurs institutions, dont le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Portland Museum of Art et le Speed ​​Art Museum de Louisville dans le Kentucky. Certains des tableaux de John Kacere sont visibles ici: WikiArt.


D’autres chroniques à retrouver dans le livre:
👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Le lundi c’est permis – Dessous

© Photo: Brooke Williams. Album Cover Art-The Twilight Singers

 


[Lilian Day – Romancière]: ″ A lady is the one who never shows her underwear unintentionally – Une vraie dame est celle qui ne montre jamais ses dessous de façon non délibérée ″


Patrick BETAILLE, mars 2025

Stephen King – Simetierre

© Photo: Kerry Hayes/Paramount Pictures

 

Le chat Church (diminutif de Winston Churchill), est campé par deux félins abandonnés, Tonic et Leo. Tous deux font partie de la distribution du dispensable remake de Simetierre, le film tiré du roman d’épouvante de Stephen King. Ces deux Maine Coon n’étaient pas des professionnels mais ils étaient toutefois capables de feuler à la demande, de regarder fixement et d’attendre. À l’instar de leurs partenaires humains, les félins devaient également passer par la case maquillage afin de donner l’illusion qu’ils revenaient d’entre les morts. Il a fallu deux mois pour les habituer à ce processus. L’actrice Amy Seimetz a dû prendre des antiallergiques durant le tournage en raison de son allergie aux chats, qu’elle décrit comme ″ de vrais enfoirés, qu’ils reviennent d’entre les morts ou pas ″ !  Le film d’horreur de Kevin Kölsch est sorti le 10 avril 2019. Leo – aka Church – est décédé 2 mois après.