The Pretty Reckless – Dear God

 

Les newyorquais de The Pretty Reckless ont passé une grande partie de ces dernières années dans les stades en première partie d’AC/DC. Cinq ans d’absence avant que Taylor Momsen et ses acolytes ne reviennent avec Dear God. Si le précédent Death By Rock And Roll puisait essentiellement dans le registre rock alternatif ou grunge, ce cinquième album ne déroge pas à la règle mais annonce un virage significatif. Les 14 titres révèlent une formation qui, sous une apparente simplicité, explore avec subtilité un univers baigné de tensions portées par la voix de Momsen. Totalement investie, elle est capable avec la même aisance de passer du murmure au cri primal pour créer un lien entre puissance et vulnérabilité. Énergie directe pour For I Am Death et When I Wake Up, soutenus par la guitare rageuse de Ben Phillips sans qui l’album ne serait pas ce qu’il est. Intro acoustique pour Dragonfire qui prend son temps avant de déclencher une dévastation sonore. Le titre éponyme devient quasiment viscéral, laissant Momsen livrer l’une de ses interprétations les plus remarquables. C’est le mid tempo qui caractérise un Dark Days quasiment aérien et touchant. Délicieusement acoustique, Devil In Disquise s’achève tout en douceur sur un nappage de pedal steel guitar. Surprenant, Life Evermore décliné en trois interludes respiratoires de 45 secondes: Pt.2 en intro, Pt.3 au milieu du gué et Pt.1 en conclusion.
Question son, tout est géré de main de maitre. Pas de superflu, pas de surproduction. Riffs efficaces, rhythmiques dosées, lignes vocales aussi simples qu’organiques. L’authenticité est remarquablement présente et le sens du détail propulse l’ensemble dans une atmosphère eurythmique.


Dear God s’écoute sans effort et offre une cohérence rare. Le hard rock musclé qui a fait la réputation du groupe est toujours là, mais il s’accompagne de nombreuses nuances. Les compositions accrocheuses s’articulent harmonieusement sans jamais tomber dans la facilité et Taylor Momsen confirme qu’elle reste l’une des voix les plus intéressantes du rock contemporain. Magistral! 


 

XTC – Skylarking

 

[Extrait]: Skylarking est le huitième album du groupe XTC. Au départ, et sur une idée du guitariste Andy Partridge, la pochette devait dévoiler des gros plans sur des sexes à la toison pubienne fleurie; celui d’une femme au recto et celui d’un homme sur le verso… D’emblée, les distributeurs signifient catégoriquement à la maison de disques qu’ils refuseront de commercialiser le disque avec un tel packaging. Dans l’urgence, Partridge décide d’utiliser un dessin ancien qu’il modifie en attribuant des flûtes aux deux personnages. Il déclare:  » j’ai trouvé ça assez classe et de toutes façons il aurait été suicidaire de publier la pochette originale « … Les éditions de 1986 sont également amputées de Dear God. Le titre en question s’en prend au culte religieux et contient des propos potentiellement aptes à froisser certaines susceptibilités. Skylarkind sera réédité en 2010 dans sa version intégrale et avec son packaging d’origine.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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