Gluecifer – Same Drug New High

 

Les frimats sont là mais la vague de chaleur en provenance du nord de l’Europe, elle, persiste. Après le Kickstarter des suédois de Bullet, leurs voisins norvégiens de Gluecifer reviennent avec le baume réparateur pour lèvres gercées et mains abimées par la rigueur des températures hivernales. Entre 1994 et 2005 les gars d’Oslo ont occupé une place privilégiée au sein du heavy rock scandinave. Split, reformation en 2017 avec un nouveau line up mais depuis l’album Atomic Thrill paru en 2004,  ingenting, nothing, nada, nichts, que dale!
Le titre de ce nouvel album, le sixième, annonce la couleur: même médoc, nouveaux effets. Le groupe reprend les assauts sonores dont il avait le secret avec onze brûlots insolents et accrocheurs. Du furieux The Idiot à l’équilibre instable de On the Wire aucun temps mort avec au passage un clin d’œil à AC/DC (Made in the Morning) et une main tendue au punk rock avec Armadas et 1996. Fusion électrisante de rock, de punk et de glam, Same Drug, New High reste un hommage en toute simplicité à l’efficacité d’un rock euphorique et le signe annonciateur du retour de Gluecifer au sommet avec une signature sonore brute et incisive.
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Bullet – Kickstarter

 

Ceux qui devant le visuel de ce disque auraient encore un doute pourront le lever en se penchant sur une tracklist* au nommage révélateur. Au cours de 25 ans d’existence, Bullet n’avait rien produit depuis Dust To Gold paru en 2018 et aujourd’hui le message est clair. Avec Kickstarter Le combo suédois est de retour pour un hommage appuyé à un heavy metal fidèle à l’esprit de la fin des seventies. Guitares rugissantes, riffs solides et énergie boostée à l’aquavit, le tout conforme au modèle sur lequel Accept, Judas Priest et, aujourd’hui encore, AC/DC ont toujours régné en maîtres. Sur les onze titres, le chanteur Dag Hofer mène la charge en tonitruant haut dans les tours, accompagné par des guitares constamment en zone rouge et une rhythmique à la synchro parfaite. Classique certes, vintage bien sûr, mais Kickstarter se distingue par une grosse dose de maturité et un soin particulier apporté à l’efficacité d’un vigoureux démarrage au kick. Attention aux guiboles!  
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*Tracklist: Kickstarter, Caught In The Action, Open Fire, Keep Rolling, Hit The Road, Avenger, Chained By Metal, Spitfire, Full Throttle, Strike At Night, Night Falls Down.


 

Rock Anthology – 1976

 

Putain 50 ans! En 1976, Steve Jobs lance Apple, le Concorde effectue son premier vol commercial, le film Rocky est à l’affiche et Jimmy Carter remporte l’élection présidentielle américaine. Queen passe une journée aux courses, Led Zeppelin fait acte de présence, Thin Lizzy s’évade de prison et les Eagles squattent un hôtel en Californie.

Petit voyage sur un chemin de mémoire musicale pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore l’autotune.

Évidemment il en manque dans ce millésime. Beaucoup! Dr Feelgood: Stupidity – Stevie Wonder: Songs in the Key of Life – David Bowie: Station to Station – Ramones: Ramones – Bob Dylan: Desire – Genesis: A Trick of the Tail Rolling Stones: Black & Blue – Scorpions: Virgin Killer – AC/DC: Dirty Deeds Done Dirt Cheap – Aerosmith: Rocks – Black Sabbath: Technical Extasy – JJ Cale: Troubadour –  Bob Marley, Judas Priest, Blondie, Kiss,  Blue Öyster Cult, Kansas, Eagles, ZZ Top, Boston, Rainbow, etc… Le bon temps quoi!

 

La Discothèque Idéale 2025

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Vous tombez de votre chaise en apprenant que Gims a obtenu en France le statu de plus GROS vendeur de disques 2025 en écoulant 260 000 exemplaires de son dernier album? Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le vide abyssal du rap mainstream vous met le foie au bord des lèvres?
Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

 

Noël en Toc et Rock en Stock

 

Difficile de s’y soustraire! À l’approche des fêtes et avec l’arrivée éminente du Père Noël, le mercantilisme hivernal ciblé gère sa masse critique en vomissant son trop plein de consommables divers et déjà avariés. Le monde du rock, hélas, ne déroge ni à la règle, ni à ce déluge de trucs compilés, réédités, incontournables, indispensables, méga-top et déjà dans les bacs, à côté des invendus d’une saison déjà trop pauvre. Les artistes les plus intègres, les interprètes les plus déjantés, les musiciens les plus destroy, les groupes les plus cloutés s’y sont essayés. Tous ou presque – Doors, Beatles, Elvis, Ramones, Pearl Jam, etc. – de près ou de loin et tôt ou tard, se sont commis avec plus ou moins de bonheur dans la célébration du White Christmas et ce sans forcément se déshonorer sur les lauriers de Petit Papa Noël ou Jingle Bells
Admettons ! Tout le monde peut trouver son bonheur dans ces hommages de circonstance mais il est temps de reprendre le pouvoir et de lutter contre les ringardises auto-tunées des uns, la soupe samplée des autres et le racket insidieux de l’industrie musicale. Pour la préservation de vos cages à miel et de la culture musicale, il ne vous reste plus qu’à vous rabattre sur les quelques valeurs sûres qui échappent aux saisons et n’obéissent ni au forcing des majors, ni à la bouillie assénée par les médias. Or donc, et pour la lettre au Père Noël, il n’est pas encore trop tard et c’est par ici: Rock’N’Roll Bordel!


Et pour la Musique qui s’écoute aussi avec les Yeux ou autour d’un Jukebox!
👉  IN VINYLE VERITAS!  👈

 

 

Danko Jones – Leo Rising

 

Fidèle à la tradition, le douzième album studio de Danko Jones propose un heavy rock sec, carré et percutant. Leo Rising ne fera pas certainement basculer la carrière du groupe canadien mais il confirme une sincérité qui n’est pas étrangère au fait que l’on apprécie ce power trio depuis plus de 20 ans. Certes, pas de quoi faire oublier la frénésie de We sweet Blood paru en 2003 mais les onze titres du nouvel opus prouvent que, sans chichis, sans esbrouffe et loin des tendances, le rock n’est pas encore mort dans l’Ontario. Pour preuve, Diamond in the Rough et son clip en hommage à Kiss s’impose avec un solo incandescent de Marty Friedman (Megadeth) qui transforme le morceau en explosion de virtuosité et de flamboyance.
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 William V. Robertson – Elvis Presley

© Photo: William V. Red Robertson/RCA

 

En novembre 1955, Sam Phillips fait face à des difficultés financières et pour se renflouer il décide de vendre son poulain à RCA pour 35 000 dollars. La nouvelle maison de disques veut sortir un album à partir des bandes récupérées chez Sun auxquelles sont ajoutés de nouveaux enregistrements. En mars 1956 sort Elvis Presley, le premier album éponyme du King.
Pour le cover art du EP, le Colonel Parker décide d’utiliser une photo de William V. ″ Red ″ Robertson. Le cliché en noir & blanc pris le 31 juillet 1955 lors d’un concert à Tampa en Floride est recadré et colorisé afin de mettre en valeur la personnalité d’Elvis et l’essence même de sa musique. Simplicité, énergie et violence, ce que la jeunesse aime et trouve dans le rock’n’roll se retrouve au cœur d’une composition à la typographie graphique saisissante grâce à laquelle la pochette se retrouvera plus tard à la 40ème place du classement des 100 meilleures pochettes d’albums du magazine Rolling Stone. Concept et lettrage ont été repris par The Clash pour la pochette de leur album London Calling paru en 1979.

Slash – Live at the S.E.R.P.E.N.T

 

C’est en 2024, durant les sessions de Orgy of the Damed, que Slash met en place le concept S.E.R.P.E.N.T (Solidarity-Engagement-Restore-Peace-Equality-N-Tolerance). Le but? Via une série de concerts organisés aux États-Unis, célébrer et promouvoir le blues en se produisant avec d’autres artistes pour collecter des fonds destinés à plusieurs associations caritatives.
Dans ce contexte l’album Live at the SERPENT Festival a été enregistré et filmé LE 17 juillet 2024, lors du concert au Mission Ballroom à Denver Colorado. Slash et sa bande s’attaquent à un mélange de standards ayant inspiré toute une génération de musiciens. Les 14 titres reprennent quasiment tous les morceaux de Orgy of the Damned, à l’exception de Hoochie Coochie Man, Awful Dream et Living for the City. La setlist passe ainsi de Parchman Farm Blues de Bukka White et Killing Floor de Howlin’ Wolf à Oh Well de Fleetwood Mac, Born Under A Bad Sign de Booker T. & the MG’s et Shake Your Money Maker d’Elmore James. La version de Papa Was A Rolling Stone des Temptations repose sur un groove envoûtant, tandis que Stormy Monday ralentit le rythme jusqu’à une intensité croissante avant d’exploser en une catharsis soul. Le guitariste dévoile également une nouvelle composition originale, Metal Chestnut, un morceau puissant, arrogant et en parfaite harmonie avec tout le reste.
Sous le nom de Slash’s Blues Ball, l’ex pistolero des Guns’N’Roses est accompagné de Teddy Andreadis (claviers, harmonica et chant), Tash Neal (guitare rythmique et chant), Johnny Griparic (basse et chœurs) et Michael Jerome (batterie). Ensemble ils nous offrent un concert brut de fonderie en rendant un hommage puissant aux légendes qui ont façonné le rock et le blues.
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Laura Cox – Trouble Coming

 

Laura Cox confirme son envie de ne pas se laisser enfermer dans un genre qui pourtant lui sied à merveille. Ce changement de cap, la guitariste franco-britannique l’avait déjà amorcé avec Head Above Water paru en 2023 et aujourd’hui elle enfonce le clou avec un quatrième album: Trouble Coming. Cette nouveauté démarre sur les chapeaux de roues avec trois titres de rock puissant et de blues rock poisseux. Changement de climat avec Inside The Storm et Dancing Around the Truth pour une incursion pop rock de belle tenue à laquelle on ne s’attendait pas forcément. Fallait bien ça pour nous amener gentiment vers Out of the Blue, une ballade intimiste à l’ambiance particulièrement admirable générée par le chant accompagné au banjo et à la slide. Tempo soutenu et guitares rugissantes; chacun dans leur genre, The Broken et Rise Together bénéficient d’un groove imparable. Quant à Do I Have Your Attention, en à peine un peu plus de trois minutes le morceau devrait convaincre les plus réticents grâce à son énergie furieuse et communicative. Le disque s’achève sur Strangers Someday, une power ballad fort bien interprétée.
Avec Trouble Coming Laura Cox s’impose en tant que chanteuse accomplie et confirme ses talents de compositrice et de guitariste virtuose au service d’un rock parfaitement maîtrisé.

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Walter Trout – Sign Of The Times

 

Cinq décennies que ce guitariste, compositeur, chanteur et harmoniciste originaire du New Jersey prêche la bonne parole du blues incandescent. Cet ancien de Canned Heat et des Bluebreakers de John Mayall n’a visiblement pas l’intention de se reposer sur ses lauriers. À 74 ans, Walter Trout est plus motivé que jamais et il nous offre une restitution brute et sans concession de ce blues rock qui lui colle à la peau. Plus rock que blues et sans pour autant céder à la nostalgie, les dix titres du nouvel album cohabitent entre fureur et volupté. D’emblée Artificial déboule avec un tempo lourd et un riff monstrueux qui mènent tout droit à la langueur bluesy de Blues on My Pilow. Brutal, lancinant et éruptif, Sign of the Times et son orgie sonore exploite une ambiance des plus sombres. Autres temps, autres mœurs. Place à l’ode à l’amour qu’est Mona Lisa Smile, une superbe ballade acoustique. Plus classiques au sens noble du terme, Hightech Woman, I Remember et Hurt no More. Autour d’envolées évoquant l’univers tourmenté de Jimi Hendrix, No strings attached mijote avec une classe éblouissante. Contraste de son et de style, clin d’œil à Sonny Terry et Brownie McGhee avec Too Bad, un blues acoustique intime qui fait la part belle à l’harmonica. L’album s’achève en beauté sur ce Struggle to Believe tout en puissance qui montre pourquoi Walter Trout fait partie des grands du blues rock.
Sign of the Times est une déclaration qui va bien au-delà d’une expression musicale basique. Captivant dès la première écoute, il perpétue l’histoire et le style d’un vétéran du blues qui, avec plus de 40 albums à son actif, est reconnu pour ses performances électrisantes et ses compositions émouvantes.
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Patrick BETAILLE, novembre 2025