Jean-Baptiste Mondino – Guitar Eros

© Photos: Jean-Baptiste Mondino

 

Jean-Baptiste Mondino débute dans les années 1970 en tant que directeur artistique chez Publicis. Devenu photographe au début des années 1980, il réalise la pochette de l’album Dernières balises d’Hubert-Félix Thiéfaine et d’autres pour le label Mankin Records (Taxi Girl) et Total Records (Prince: Lovesexy – Bjork: Debut). Il évolue vers la mode et, en parallèle, commence une carrière de réalisateur de video-clips dont celui de Cargo de Nuit d’Axel Bauer, Un Autre Monde, pour Téléphone, Russians, par Sting, Slave to Love de Brian Ferry, C’est comme Ça des Rita Mitsouko, etc. Également au palmarès du réalisateurs de pubs, Les campagnes J’Adore de Dior, avec Charlize Theron et Dior HOmmes avec Johnny Depp.

Grand passionné de musique et surtout de guitare, il a publié en 2006 un recueil de photos intitulé Guitar Eros. En couverture une photo d’un mannequin en rock’n’roll attitude, topless, clope au bec, regard hautain et Stratocaster en bandoulière: Mariacarla Boscono. 160 pages d’images de musiciens français ou internationaux, stars montantes ou reconnues. On y retrouve de nombreux guitaristes, anonymes ou célèbres, et des portraits rock stars. Mick Jagger, Madonna, Tom Waits, Keith Richards, Cat Power, Madonna, Lenny Kravitz, Ben Harper, ou encore Damien Saez. C’est pour ce dernier qu’en 2010 Mondino avait réalisé le cliché pour l’album et l’affiche de la tournée J’accuse: une femme nue dans un chariot de supermarché qui à l’époque avait été censuré. 


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Patrick BETAILLE, septembre 2021

Scorpions – Pure Instinct

 

[Extrait]: Kolossal! In Trance en 75, Virgin Killer en 76, Taken by Force en 78, Lovedrive en 79, Animal Magnetism en 80 et Love at First Sting en 84. Scorpions reste sans conteste le groupe pop rock dont les pochettes d’albums ont été les plus controversées et censurées.

Dixit Klaus Meine, le treizième album des hardos teutons était sensé être un paquet de dynamite à mèche courte. En réalité, paru en 1996 et destiné à séduire le plus grand nombre, Pure Instinct n’est qu’un album conçu, formaté et produit en mode MTV à des fins de diffusion radiophonique. Ach! Mauvaise pioche! Globalement l’album est mal reçu par le public qui n’apprécie guère, ni l’orientation musicale, ni la production clinquante des onze titres. Pour ne rien arranger, la censure jette une fois de plus son dévolu sur l’allégorie imaginée par Jo Mirowski. Sur le cliché de Gered Mankowitz, des animaux sauvages contemplent une famille en cage. C’est un rejet catégorique au pays de l’Uncle Sam. À plus forte raison si, derrière les barreaux, les homo sapiens sont exhibés dans leur plus simple appareil. Pour palier à l’incongruité et au cynisme de la situation, le cover art de Pure Instinct sera banni aux USA, remplacé par un montage photo de 4 des 5 membres du groupe (NDLR: il manque le batteur) affichant une fougue hélas absente des compositions.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, septembre 2021

Robert Specker – Sydmar Lodge Care Home

© Robert Speker

 

C’est un fait, depuis longtemps les maisons de retraite britanniques ont acquis une réputation d’endroits particulièrement sinistres et la pandémie n’a pas arrangé les choses. À cause de la Covid-19, comme beaucoup d’autres, le Sydmar Lodge Care Home à Edgware en Angleterre a été fermé aux visiteurs en mars 2020. Alors que les retraités tournaient en rond, isolées par l’impossibilité d’être visitées par leurs proches, le responsable des activités de l’hospice a alors eu l’idée d’impliquer les pensionnaires dans des parodies de pochettes de disques emblématiques. ″Il pourrait s’écouler des mois avant que la situation ne change pour eux″, expliquait Robert Speker, le photographe à l’origine du challenge. ″Par conséquent la nécessité de les garder heureux, divertis et pleins d’esprit n’a jamais été aussi cruciale.″ Parmi les albums empruntés figurent entre autres ceux d’Adele, de Queen, de Michael Jackson, de Springsteen ou des Clash. Les résidents se sont volontiers prêtés au jeu et ont été ravis du résultat. Les clichés des résidents de Sydmar Lodge ont été publiés sur les réseaux sociaux, côte à côte avec les artworks originaux. Grâce au succès rencontré, Robert Specker en a profité pour lancer une campagne de fonds destinée à des causes caritatives liées aux seniors. La musique adoucit les mœurs! Aujourd’hui plus que jamais et pour la preuve par l’image c’est ici: Care Home Album Project.

© Robert Speker

Patrick BETAILLE, août 2021


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Rock Anthology – 1971

 

Trois mois se sont écoulés depuis que Janis Joplin, victime d’une overdose en pleine gloire, est partie rejoindre le Club 27. Pourtant, un beau jour, l’exceptionnelle voix de la chanteuse résonne à nouveau. La puissance viscérale de Pearl comble les sillons d’un disque posthume qui, d’emblée, squatte le top des vente. C’est ainsi que, voilà 50 ans, débute l’année 1971 qui s’achèvera par la pendaison de Vincent Damon Furnier et restera l’un des plus riches millésimes de l’histoire de la musique rock.

1971, Janvier – Janis Joplin: Pearl. Mountain: Nantucket Sleighride • Mars – Jethro Tull: Aqualung. Serge Gainsbourg: L’histoire de Melody Nelson • Avril – The Rolling Stones: Sticky Fingers. The Doors : L.A. Woman • Juin – Emerson, Lake And Palmer: Tarkus • Juillet – The Allman Brothers Band: At Fillmore East. Black Sabbath: Master Of Reality • Août – The Who: Who’s Next. Deep Purple: Fireball. Ten Years After: A Space in Time • Septembre – T. Rex: Electric Warrior • Octobre – Pink Floyd: Meddle • Novembre – Led Zeppelin: IV. Alice Cooper: Killer.

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: David Bowie, Leonard Cohen, Funkadelic, J.J. Cale, Kinks, Caravan, Lennon, McCartney, Harrison, Genesis, Yes, Neil Young, Traffic, Moody Blues, Flamin’ Groovies, Jefferson Airplane, James Taylor et tant d’autres… Pas la peine de gueuler, de toutes façons, ici, c’est moi le chef et la playlist je l’assume.

Patrick BETAILLE, juillet 2021

Dirty Honey – Dirty Honey

 

En 2019, Marc Labelle (chant), John Notto (guitares), Justin Smolian (basse) Corey Coverstone (Batterie) font leurs premières armes sur les scènes des clubs de Los Angeles. Un premier single en 2018, suivi par un EP en 2019 affichent clairement des influences tout droit sorties du classic rock des années 70. Logiquement, Dirty Honey débarque aujourd’hui avec un premier long play éponyme prometteur. Produit par Nick Didia (Pearl Jam, Rage Against the Machine), les huit titres de l’album baignent dans des rythmiques soutenues, de bons gros riffs, une cohésion à toute épreuve et des vocalises qui vous en mettent plein les esgourdes. À coup sûr les fans de Led Zep, Aerosmith et autres Gun’N’Roses vont y trouver leur compte et bien vite oublier ces poseurs de Greta Van Fleet. Les autres vont certainement dire que Dirty Honey ne réinventent pas la roue ou l’eau tiède mais ils apprécieront certainement la spontanéité, l’énergie et l’authenticité que dégage ce premier essai. Dirty Honey ne changera pas votre vie mais si le heavy rock de qualité est votre tasse de thé, n’hésitez pas à y ajouter un peu de miel.

 

Val Shively – The Emperor of Oldies

 

Depuis son enfance, Val Shively n’a qu’une obsession: les disques en général, les 45 tours en particulier et plus précisément ceux des groupes de Doo Wop des années 50 et 60. ″ Je n’avais pas de copines, je n’ai pas assisté au bal de promo de mon lycée ni à toutes ces conneries ″, déclarait t’il dans une interview. À la fin de sa scolarité son seul but était de se trouver des petits boulots afin de pouvoir assouvir sa passion. Ce doux dingue a ainsi passé sa vie à accumuler, à répertorier et à vendre des vinyles; au point que Rolling Stone l’a couronné ″ The Emperor of Oldies ″. Après plusieurs déménagements, Val détient aujourd’hui probablement la plus incroyable boutique de disques du monde. C’est dans la banlieue de Philadelphie et ça s’appelle R&B Records. Sur trois étages, dans un foutoir sans nom se côtoient 5 millions de références dont 4 de vieux singles de R&B, de soul et de funk, pour la plupart provenant d’anciens fournisseurs de juke-boxes, de stations de radio et de reliquats de distributeurs. Hors de question de pénétrer en ses lieux sans avoir une idée précise de la pièce recherchée et d’annoncer la couleur. Simple curieux, vous vous voilà prévenus! Idem pour les chouraveurs: un squelette suspendu au plafond menace: ″ Voici ce qu’il reste du gars que j’ai chopé en train de chourer ″. Ou encore:  » Les intrus seront flingués, les survivants poursuivis! « . À 77 ans, Val Shively est finalement tout aussi célèbre pour ses frasques et sa personnalité que pour son immense collection.

Patrick BETAILLE, juin 2021

David Willardson – American Graffiti

 

[Extrait]: Après avoir fréquenté l’Art Center College of Design de Pasadena en Californie, cet américain débute en réalisant quantité d’illustrations à l’aérographe pour le magazine The Los Angeles Times. Grâce à une notoriété grandissante, David Willardson est amené à accompagner de nombreuses campagnes publicitaires en mettant en scène les pin-up rétros qu’il affectionne particulièrement. C’est ainsi qu’en 1973, il livre l’affiche du film réalisé par George Lucas: American Graffiti. Il commence également à travailler pour Disney en concevant un nouveau look pour les personnages présents sur de nombreuses affiches de films (sa collaboration avec la firme cinématographique s’étendra sur un bonne vingtaine d’années). Véritable maître de l’aérographe primé à maintes reprises, Willardson a joué un rôle déterminant dans l’essor de la culture pop. À ce titre il travaille occasionnellement sur des couvertures de Rolling Stone Magazine, des illustrations pour la promotion des guitares Fender et sur de nombreuses pochettes d’albums. Au crédit du graphiste l’on trouve des albums des Carpenters, Ike & Tina Turner, Beach Boys, Count Daisy, Fats Domino, Little Richard, Mötley Crüe, Pacific Gas & Electric, The Meters et d’autres. Parmi ces cover art, certains sont particulièrement représentatifs du style et des talents de l’artiste. C’est le cas ici avec le There Must be More to Love than This de Jerry Lee lewis en 1970, ′Ot N Sweaty, le live de cactus en 72 et Rainbow, le premier album post Deep Purple de Ritchie Blackmore en 1975.

Patrick BETAILLE, juin 2021


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Vinyls à la Tonne – Robert Lacire

© Photo: AFP

 

Je parle en poids car c’est plus facile dit Robert Lacire, 78 ans, lui qui a accumulé tout au long de sa vie le nombre faramineux de 21 tonnes de vinyles. Rien de comparable avec les 6 000 000 d’exemplaires de Zero Freitas mais quand même! Près de 130 000 galettes ont leur place dans chaque recoin de son domicile rennais et dans plusieurs garages. Aujourd’hui, il souhaiterait que sa collection fasse partie d’un conservatoire ou d’un musée du disque. Malgré de nombreux courriers adressés à des institutions locales, et même en son temps à Jacques Chirac, la démarche de ce passionné n’a pour l’instant pas abouti. Tout le monde trouve le projet très bien mais personne ne bouge. Je vieillis, ça va partir chez Emmaüs plutôt que de rester dans la mémoire dans une région, regrette-t-il et on le comprend! Source et intégralité de l’article: La Dépêche.


L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!


Patrick BETAILLE, juin 2021

Saxon – Inspirations

Que ce soit par conviction, par manque d’inspiration ou pour des raisons purement mercantiles, en général, les groupes qui se livrent à l’exercice de l’album de reprises prennent un risque. Celui de se voir confrontés à l’exigeante virulence des milieux spécialisés et à la critique ou, au mieux, à l’indifférence de leurs propres fans et de ceux des groupes auxquels ils prétendent rendre hommage. Avec son dernier album, Saxon assume ses influences de la plus belle des manières. Inspirations est un véritable best of de ce qui s’est fait de mieux dans le domaine du classic rock. Jugez plutôt:

Paint It Black (The Rolling Stones). Immigrant Song (Led Zeppelin). Paperback Writer (The Beatles). Evil Woman (Black Sabbath). Stone Free (Jimi Hendrix). Bomber (Motörhead). Speed King (Deep Purple). The Rocker (Thin Lizzy). Hold The Line (Toto). Problem Child (AC/DC). See My Friends (The Kinks).

Le résultat est étonnant! De la puissance mélodique de Paperback Writer à la solidité charpentée de Evil Woman ou de Bomber et au passage en surmultipliée pour Speed King, le groupe exprime sa passion et parvient à apporter sa patte à tous les titres sans pour autant en trahir l’esprit. Biff Byford au chant est tout simplement au sommet de son art quand il s’attaque à The Rocker, Immigrant Song et Problem Child.

Personne n’est dupe, en tant qu’album de reprises, Inspirations est un album dispensable mais il a au moins le mérite de donner une seconde jeunesse à une playlist emblématique tout en offrant une récréation bienvenue et jouissive. Ne boudons pas notre plaisir, surtout par les temps qui courent!

Patrick BETAILLE, juin 2021

Neon Animal – Make no Mistake

 

Effectivement, passer à côté de l’album de Neon Animal serait commettre une erreur. Une grosse erreur. Parmi les groupes qui pourraient prétendre perfuser un peu de sang neuf dans un genre qui souffre d’asthénie depuis pas mal de temps, ce quatuor londonien semble bien décidé à vouloir s’imposer au sein de la mouvance d’un classic rock revival. Neuf titres sans fioritures, accrocheurs, lourds et efficaces à souhait. Neuf titres qui parlent de sexe, de drogue et de rock’n’roll en foutant un bon coup de pied au cul du consensus musical aseptisé du moment. Grosses guitares, lourdes rythmiques, vocalises intenses, Make No Mistake est une véritable ouverture des hostilités sans négociation préalable. Une déclaration de guerre. De celles qu’à une époque les New York Dolls ont perdue, de celles auxquelles Aerosmith a succombé à force de poser, de celles à cause desquelles Guns N’ Roses a perdu son panache, de celles auxquelles Greta Van Fleet ne prendra jamais part et de celles enfin qu’aurait pu gagner Motörhead si Lemmy…. Rock ‘N’ Roll War,  Let’s Make The World Rock, Rock ‘N’ Roll Suicide… Le message est plutôt clair. Neon Animal aime le heavy rock, il le prouvent avec ce deuxième album qui reste une véritable menace! À bon entendeur, rock’n’roll bordel!