Screaming Females – All at Once

Punk Rock, Screaming FemalesDéjà 13 ans que ce groupe du New Jersey travaille sans relâche pour porter haut et fort les couleurs d’un Indie Rock aux sonorités riches et bienfaitrices. le Punk Rock spartiate des débuts a peu à peu laissé la place à un genre, certes un peu moins bruyant, mais tout aussi intelligent et singulier. All at once est le septième album studio du power trio. Aux commandes, Marissa Paternoster, un pt’it bout d’femme à la voix puissante et au jeu de guitare aussi riche que précis. La dynamique occupe une place privilégiée au sein des Screaming Females. L’interaction rythmique assurée par Mike Abbate à la basse et Jarrett Dougherty à la batterie, vient poser la trame des 15  titres convaincants et bien produits au sein desquels énergie et efficacité sont de mise. Les ambiances et les riffs entrainent incontestablement l’auditeur dans un univers que ne renieraient pas les fans de Dinausor Jr ou des Breeders; et ça c’est bon pour le moral!

Patrick BETAILLE, mars 2018

Tyler Bryant – Tyler Bryant & The Shakedown

Tyler Bryant & The Shakedown Heavy RockDeux ans après le tonitruant E.P The Wayside, Tyler Bryant nous revient avec cette fois avec un album de 11 titres. 26 ans au compteur et déjà vieux baroudeur de la scène, le guitariste est jeune mais il reste résolument ancré dans le Heavy Blues des 70’s sans prendre beaucoup de risques. Dans une époque gorgée de niaiseries Pop ou d’ Electro abrutissante qui s’en plaindrait? On retrouve avec ce groupe et son leader texan les ingrédients qui garantissent le plaisir de l’écoute. La guitare est efficace, la voix séductrice et la rythmique puissante. Tyler Bryant possède un véritable talent et cet album [même s’il n’invente rien] à au moins le mérite de proposer 11 titres très bien faits, honorablement orchestrés et produits. Le groupe connait son sujet, s’y complait et offre à tout amateur du genre 40 minutes plaisantes entrecoupées d’un Ramblin’ Bones acoustique aux accents Blues traditionnel, d’un Magnetic Field à l’ambiance Folk aérien ou d’un Manipulate Me teinté Pop Rock 80’s. Reste que c’est bien Heartland, le morceau d’ouverture teinté de Fuzz, qui exprime au mieux la ligne directrice Heavy Rock de l’éponyme Tyler Bryant & The Shakedown.

Patrick BETAILLE, février 2018

Beth Hart & Joe Bonamassa – Black Coffee

Beth Hart & Joe Bonamassa nouvel album Black Coffee

Nouveau séjour en studio pour Beth Hart et Joe Bonamassa qui se retrouvent pour écrire le troisième volet d’une collaboration qui a vu le jour en 2011 avec ″D’ont Explain″. En 2013 ″Seesaw″ confirmait le bien fondé d’un partenariat bénéfique au duo qui aujourd’hui nous sert ″Black Coffee″, un album de reprises qui puise dans le répertoire d’une Soul viscérale et intense. On assiste ainsi à la relecture de titres d’Edgar Winter (″Give it everything you got″), Ike & Tina Turner (″Black Coffee″), et Howlin’ Wolf (″Sitting on the top of the World″), pour ne citer que les principaux. Toute la magie réside dans la fusion entre le chant stratosphérique de Beth et le jeu inspiré de Joe, le tout appuyé pour la circonstance par une production colorée et aussi rétro que le cover art de l’album. Les claviers de Reese Wynan emplissent l’espace, Anton Fig assure aux drums, les chœurs puissants ou subtils gèrent l’ambiance ou l’équilibre et il arrive que les cuivres claquent comme des élastiques de string. Les albums solos respectifs de Beth Hart et Joe Bonamassa sont ce qu’ils sont mais quand  ces deux talents décident de ranimer la flamme de la Soul ou du Chicago Blues, on assiste à l’émergence d’une alchimie rare et d’un album puissant, intemporel et imparable. Avec ou sans sucre votre Black Coffee?

Patrick BETAILLE, février 2018

 

 

JD McPherson – Undivided Heart & Soul

J.D McPerson third album

Auteur, compositeur natif de l’Oklahoma, Jonathan Davies McPherson revient avec un troisième album enregistré à Nashville. Undivided Heart & Soul représente à lui seul une invite au voyage au cœur de la Soul, du Rock et de la Country. Il y déjà longtemps que McPherson a digéré de nobles influences en provenance du early Rock’n’Roll ou des balbutiements du British Rock mais là l’évidence est flagrante; le type a aussi bouffé du Punk et autres garagitudes. Les guitares sont devenues plus bruyantes et les sonorités, jadis très vintage, plus troubles. Quant à la voix de Jonathan elle n’a pas son pareil pour coller aux gimmicks les plus barrés ou pour rendre sexy les compositions les plus élémentaires. Au final 11 titres immédiats, insolents et jubilatoires, 39 minutes d’un kaléidoscope musical viscéral qui explore le passé dans un présent qui est en train d’inventer le Rock du futur. Indispensable, pas moins! Mais plutôt que des mots, un extrait: Lucky Penny!

Partick BETAILLE, décembre 2017

Roger Dean – Uriah Heep

Roger Dean Demons and Wizards

[Extrait]: Avec son style reconnaissable entre tous, le dessinateur Roger Dean, très actif au cours des années 1970 et quasiment indissociable de la discographie de Yes, a aussi œuvré pour la formation de hard-rock Uriah Heep. Dès sa création en 1969, le groupe britannique qui doit son nom à l’un des personnage de David Copperfield (Dickens), se distingue musicalement par un mariage inventif entre rock progressif et rock pêchu. Au cours des 70’s, après avoir accouché de 3 albums, David Byron (chant) et sa bande sont au sommet de leur art et brillent par une créativité prolifique. En 1972 deux LP arrivent coup sur coup dans les bacs. Le premier, Demons and Wizards se distingue par le hit Heavy RockEasy Livinet par une suite très floydienne de 15 minutes:Paradise/The Spell″. Le Second, The Magician’s Birthday, alterne lui aussi parties acoustiques, vocalises brillantes, rock punchy et délires musicaux qui flirtent parfois avec l’improvisation comme au cours des 10 minutes de l’éponyme The Magician’s Birthdayqui clôture le disque. Le point commun de ces deux albums reste qu’ils sont considérés par les fans comme les meilleurs du groupe et qu’ils se distinguent par un genre musical complexe et parfois sombre au sein duquel l’heroic fantasy occupe une place de choix, y compris au niveau des textes. Ceci expliquant cela pour ce qui concerne la contribution artistique d’un Roger Dean qui excelle dans la représentation stylisée de paysages, de mondes et de personnages étranges inspirés par le Fantastique.

Roger Dean The Magician's Birthday

Patrick BETAILLE, décembre 2017


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


La Discothèque Idéale 2017

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Kim Simmonds, Witchy Feelin'   Boogie Beasts: Come and Get Me   Premier Cd Laura Cox Band

 

Maitre Gims vous donne des envies de suicide? Fréro Delavega vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2017 n’ait pas été très généreuse question musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). Une autre! Une Autre! Une autre!…

 

Seratones, premier Cd: Get Gone   Kenny Wayne Shepherd, Lay it down   Party of One, George Thorogood

Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce disque édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: Thunder, Lightning & Rain.

Patrick BEAILLE, octobre 2017

George Thorogood – Party of One

Party of One, George Thorogood

 

S’il est une musique que s’écoute avec les pieds c’est bien celle de ce bon George. Guitariste efficace par excellence, Thorogood a passé toute sa carrière à promouvoir sa propre vision d’un rockin’ blues en faisant rugir sa Gibson ES-125 sur toute les scènes du monde.  Avec sa voix puissante et authentique il a porté des standards  tels que Move It Over d’ Hank Williams, Who Do You Love de Bo Diddley et s’est également assuré l’adhésion du public biker avec des compos comme Back to the bone″. 40 ans après la sortie de son premier album, le ricain ancien joueur de baseball effectue un 360 avec une approche purement acoustique de ses racines musicales, celles des champs de coton du Mississippi et du Chicago Blues.  Pour Party of one, son 14ème album studio, George Thorogood met au chômage son groupe The Destoyers et assure à lui seul, au dobro à la guitare et à l’harmonica, un bel hommage aux grands du genre que sont Willie Dixon, Elmore James et Robert Johnson. Moins attendues mais tout aussi efficaces des covers des Rolling Stones (No expectations) et de Bob Dylan (Down by the highway). Dans ce retour aux sources, une version acoustique de l’un des traditionnels temps forts on stage avec un titre déjà popularisé depuis fort longtemps par le grand John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer. Cheers!

Procol Harum – Novum

Procol Harum new Cd NovumCinquante ans après ″Whiter Shade of Pale″ Procol Harum revient avec aux manettes Gary Brooker en tant que seul membre restant de la formation d’origine. Novum ne prétend à rien, il ne crâne pas et pourtant il arrive à tout. Premier album studio depuis 14 ans, il est le fruit du travail d’un homme qui, bien qu’entouré de solides musiciens, reste entièrement détaché du spectaculaire et ne souhaite qu’une chose: exercer son art en paix. Ce qui est proposé ici reste la version la plus Rock de la formation anglaise qui, en 1971, avait accueilli en son sein Robin Trower  sur ″Broken Barricades″. Pour s’en convaincre il suffit de s’attarder sur ″Business Man″, ″Can’t say that″ ou encore ″Image of the Beast″. Les instants classiques sont toujours présents notamment avec une brève référence au Canon de Pachelbel sur un ″Sunday Morning″ puissamment lyrique. Et bien sûr les parties piano et la voix sépulcrale de Brooker sont là pour nous replonger avec délice dans les ambiances de Home ou de Grand Hotel des années 70. Les 11 titres du nouvel opus ont peu de rapport avec le Rock et ses couleurs criardes mais qui s’en soucie devant tant de beauté subtile? Novum affiche la classe et la sophistication musicale qui font que Procol Harum restera à jamais éblouissant.

Patrick BETAILLE, août 2017

Kenny Wayne Shepherd – Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it down

 

huitième album studio pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

Patrick BETAILLE, août 2017