Righteous Brothers – Unchained Melody

 

[Extrait]: Unchained Melody est définitivement entrée dans l’imaginaire collectif en 1990 à cause de la scène du film Ghost. Scène au cours de laquelle Molly (Demi Moore) et Sam (Patrick Swayze) s’adonnent chaudement à la poterie. Écrite en 1955 pour le film Unchained, la chanson évoque l’histoire d’un prisonnier qui souffre de l’absence de sa petite amie…
Avec plus de 500 versions différentes, elle est l’une des mélodies les plus enregistrées du vingtième siècle. La version la plus connue du titre est évidemment celle qui fait partie de la BO de Ghost. Crédité au duo américain The Righteous Brothers, le single produit par Phil Spector sort en juillet 1965. Romantico-dramatique à souhait et admirablement chanté par Bobby Hatfield, le titre devient l’une des références de la ″ Blue Eyed Soul ″ [la soul aux yeux bleus – NDLR]…
L’adaptation en français, sous le titre Les enchaînés, a été enregistrée par Mouloudji en 1956, Les Chaussettes Noires en 1962 et Johnny Hallyday en duo avec Joss Stone en 2008.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

Ghost – Skeletá

 

Les hasards de l’actualité donnent parfois aux événements une dimension quasi surnaturelle. Le 21 avril, le pape François partait au plus haut des cieux histoire de voir si j’y étais déjà. Quatre jours après, la nouvelle tombe sur les téléscripteurs de la chapelle Sixtine: Habemus papam! Sans la moindre fumée blanche, la nomination du nouveau pape Papa Emeritus V n’a bien sûr rien à voir avec la succession du Saint-Père argentin. Il ne s’agit que de la énième incarnation de Tobias Forge, le leader masqué de Ghost, groupe de metal suédois qui, depuis  2010, gère ses albums comme une saga théâtrale axée sur l’occulte et le mystique.

Dernier opus en date, Skeletá ne déroge pas à la règle. Mélant rock FM estampillé eighties (Peacefield, Cenotaph, Marks of the Evil One), hard rock classieux (Satanized, De Profundis Borealis, Missilia Amori) et prog rock (Lachryma, Excelsis) parfois imprégné de pop symphonique, les Nameless Ghouls (les gueules Anonymes – NDLR) accompagnent avec talent le prédicateur de service dans ses sermons grandiloquents. D’accord, l’ensemble n’est pas sans rappeler les riches heures de Toto ou Journey, mais qui oserait s’en plaindre? Une chose est sûre, musicalement la qualité est au rendez-vous. Pour preuve, Guiding Lights, ballade lente baignant dans une instrumentation luxuriante au service d’une voix à la fois céleste et ardente. Quant à Umbra, c’est probablement le plus de ce sixième album. Refrain magnifique, rhythmique hypnotique, dialogues claviers/guitares, voix profonde et puissante, tout y est. Un coup de génie, la recette imparable pour soulever les stades. En se penchant sur les textes, l’analyse vaudrait certainement son pesant d’hosties mais là je n’ai pas le temps; j’ai un rencart à Lourdes avec Bernadette.

Kitch Skeletá? Peut-être. En tous cas bougrement efficace, admirablement produit et doté d’un cover art sublime que l’on doit à un illustrateur polonais répondant au nom de Zbigniew M. Bielak. Ite missa est, allez en paix!

Patrick BETAILLE, avril 2025