Jerry Lee Lewis – Great Balls of Fire

 

[Extrait]: Repéré par Sam Philipps, le patron de Sun Records, Jerry Lee Lewis est engagé comme pianiste de session pour les artistes du label. Il a ainsi l’occasion d’accompagner Carl Perkins et Johnny Cash. En 1955, il obtient le feu vert pour enregistrer deux titres sous son propre nom. D’emblée, l’un d’eux fait des ravages : Whole Lotta Shakin’ Goin’ On
Deux ans plus tard et déjà tout auréolé de gloire, Jerry se voit proposer d’enregistrer une composition d’Otis Blackwell, un auteur prolifique qui a écrit de nombreux succès pour Elvis Presley… 
Au moment de l’enregistrement, Jerry Lee rechigne et commence à se disputer avec Sam Philipps, affirmant que les tentations dont il est question et les préceptes de son éducation religieuse ne sont pas compatibles. Sam prétend au contraire que c’est avec ce genre de message que le chanteur peut sauver des âmes.  » Comment le diable pourrait-il sauver des âmes ? Le diable est en moi  » rétorque Lewis. Au bout d’une heure, l’artiste – certes passablement bourré – finit par accepter et se lance en trio dans une prise mémorable.
Great Balls of Fire sort le 11 novembre 1957. L’Amérique et le monde découvrent ce  » Killer  » à la fois angélique, pervers, rebelle, bigot, prude ou obsédé sexuel et lui font un triomphe… Le single met le feu au rock’n’roll, se vend à 5 millions d’exemplaires et se place au top des hits dans de nombreux pays…
Little Richard était rigolo, Elvis était cool, mais Jerry Lee Lewis était terrifiant ″ (Don Dixon : producteur).


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Nick Tosches – Hellfire

 

Le premier ouvrage de Nick Tosches( 1949-2019) est une biographie de Jerry Lee Lewis publiée en 1982. Dès sa parution, Hellfire  assure à l’écrivain une place au premier rang des écrivains majeurs de la scène musicale. ″ Je veux que les choses soient bien claires. Hellfire de Nick Tosches est le plus beau livre jamais écrit sur un interprète de rock’n’roll – il est sans égal. Mais il est loin de n’être que cela. Tôt ou tard, Hellfire sera reconnu comme un classique américain ″. C’est par ces mots que s’ouvre la préface de Greil Marcus, éminent critique rock et spécialiste de la pop culture américaine.

Nick Tosches remonte aux sources infernales du succès : les disques Sun, la famille pentecôtiste de Jerry, sa quête effrénée d’une musique explosive et retrace ensuite la chute de celui qui était sur le point de ravir sa couronne à Elvis the Pelvis: Le Killer. Les détails sont légion, le récit nerveux, concis et passionnant. Le style narratif percutant et travaillé, l’écriture absolument maitrisée. de quoi offrir à ce bouquin la richesse et la puissance  nécessaire à la compréhension d’une descente aux enfers de la gloire. Pas une seule seconde d’ennui à la lecture des quelques 200 pages de Hellfire et comme le dit si bien l’ami Vince grâce à qui j’ai découvert ce brûlot: ″ La tarte dans la gueule est immédiate, solide et implacable, personne n’y résiste, c’est efficace et rodé comme du papier à musique…″ (Lire la chronique sur Veetess!). À lire, Hellfire est à Jerry Lee ce que le concert Live at the Star Club de Lewis est à écouter: le témoignage rock & roll le plus pur, le plus dur jamais offert; un putain de bâton de dynamite. Attention, mèche courte!

Patrick BETAILLE, juin 2021

Jerry Lee Lewis – Jack Daniels, Old No7

Jerry Lee Lewis Jack Daniel's Old No7
© Image: JerryLeeLewis.com

 

Bruce Springsteen a dit de lui: ″ This Man doesn’t play Rock’n’Roll. He is Rock’n’Roll!  (Cet homme ne joue pas du rock’n’roll! Il est le rock’n’roll !). Véritable pionner en la matière, Jerry Lee Lewis  exprime au chant et au piano un rock fulgurant et déjanté. Plusieurs compos de ce bad boy du rock ‘n’ roll sont devenus de grands classiques: Great Balls of FireWhole Lotta Shakin’ Goin’ OnHigh School Confidential, ou encore sa reprise de What’d I say de Ray Charles. Marqué par de nombreux drames familiaux et autres démêlés avec la justice, celui que l’on surnomme The Killer cultive le sens de la provocation aussi bien à la ville en épousant sa nièce de 13 ans, que sur scène en mettant le feu à son clavier. Mais Jerry Lee est aussi un gros consommateur de drogues diverses et d’alcool avec une appétence avérée pour le Jack Daniel’s. Il rend hommage au Tennessee Whiskey dans une chanson country intitulée Jack Daniels, Old Number Seven et Il affirme par ailleurs: ″ le rock ‘n’ roll n’aura été pour moi qu’un moyen de gagner de quoi enregistrer des disques de country, ma véritable passion″.

A woman wrings her hands and cries: I’ve lost my man. You should a seen him, tote that diesel ‘cross the land. Now you’ll find him upon Lynchburg, Tennessee. Collecting bottles in his old dungarees ″. Traduction: Une femme pleure et se lamente: Mon mari est parti! Tu aurais dû le voir au volant de son pick-up mais à l’heure qu’il est tu le trouveras du côté de Lynchburg Tennessee, occupé à bourrer son vieux bleu de travail de bouteilles.

A écouter: Live at the Star Club, Hambourg (1964) un paquet de dynamite mèche courte considéré comme le meilleur album live de l’histoire du rock ‘n’ roll!

Patrick BETAILLE, juillet 2019