Rolling Stones – Blue & Lonesome

Rolling Stones Blue & Lonesome

 

Flashback: Il y a plus de 50 ans Jagger et Richard, tous deux copains d’école passionnés de Blues, se croisent par hasard sur un quai de gare. Ils ont sous le bras quelques enregistrements dont un disque de Robert Johnson qu’ils écoutent ensemble un peu plus tard. Keith: ″ Qui c’est le second guitariste? ″ – Mick: ″ Ben il est tout seul! ″.  Retour au présent, avec en toile de fond cette époque au cours de laquelle Jagger, Richards et Charlie Watts étaient juste un groupe de reprises de blues. Pas de compositions originales parmi les douze titres qui composent Blue & Lonesome, vingt-troisième  album studio des pierres qui roulent. Juste des reprises de Little Walter, Howlin Wolf, Magic Sam, Eddie Taylor, Otis Rush et Willie Dixon. L’ensemble est cohérent,  joué juste, bien produit et l’on sent que les septuagénaires sont à l’aise dans cette ambiance du Chicago Blues des années 50 et 60. Back to the roots donc, et, pour lever le doute il suffit de réaliser que l’harmonica est présent sur la quasi totalité du disque. Jagger excelle dans ce domaine et dixit Keith ″ Il n’est jamais aussi sincère que  quand il souffle dans cet instrument ″. Même quand ils invitent Eric Clapton sur deux titres les musiciens jouent ensemble, comme un groupe qui a remisé ses égos pour privilégier instinct et sincérité. Et ça fonctionne! Même Mick n’en fait pas trop au chant pour une fois. Blue & Lonesome ne révolutionnera pas la Musique et ne changera pas le cours de l’histoire des Rolling Stones, mais il nous offre un joli coup de blues et ce serait dommage de ne pas en profiter. Seul bémol, le packaging lippu d’un bleu canard WC absolument hideux!  Ecouter  Everybody knows about my good thing.

Patrick BETAILLE, décembre 2016

 

 

The Rolling Stones – Sticky Fingers

Rolling Stones, censure de Sticky Fingers

[Extrait]: Publié en avril 1971, Sticky Fingers marque l’entrée des Rolling Stones dans les seventies. C’est avec cet album que le groupe lance son propre label, Rolling Stones Records, mettant ainsi fin à sa collaboration avec Decca Records pour le Royaume-Uni, et London Records aux USA. Pour la première fois Mick Taylor est présent sur les 10 titres du disque et Mick Jagger est crédité sur certaines parties guitares. Première apparition également du désormais incontournable logo ″ Tongue and Lip ″. Chef-d’œuvre rock, triple platine et considéré comme le meilleur album de la longue carrière des Stones, Sticky Fingers se fait aussi remarquer par sa jaquette pour le moins originale. L’idée est d’Andy Warhol qui, pour la photo, fait appel à Billy Name. C’est Craig Braun qui est en charge de la partie technique du concept de la fermeture éclair. Mick Jagger insiste sur le fait que le zip doit être opérationnel et, qu’une fois actionné, il doit révéler ce à quoi l’on s’attend. Beaucoup de fans pensent que c’est à Mick Jagger qu’appartient la proéminence sous la braguette des jeans.
En fait non. Plusieurs figurants étaient présents lors des séances photos et c’est Joe Dallesandro, un acteur ami et probablement amant de Warhol, qui revendique le fait d’ avoir été sélectionné. Pour une fois, malgré le côté suggestif du visuel, la jaquette ne sera pas désavouée aux États-Unis, pas plus qu’en Grande-Bretagne. En 2003, la chaîne américaine Network VH1 attribue même à l’objet le titre de  » plus belle pochette de disque de tous les temps « . Seuls quelques distributeurs déplorent le fait que la fermeture éclair endommage les vinyles lors du stockage et de la manipulation. En Espagne par contre, la censure est appliquée et le jean zippé est remplacé par une boite de mélasse d’où émergent des doigts, évidemment gluants. Par la même occasion, Sister Morphine est banni de cette version hispanique. Pour cause d’incitation aux drogues, le titre est remplacé par une version live de Let it Rock, une composition de Chuck Berry. Olé !

Patrick BETAILLE, juillet 2015


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Dominique Tarlé – Like a Rolling Stone

Dominique Tarlé Exile

 

L’ impôt a parfois des effets inattendus, surtout lorsqu’il s’agit de l’exil fiscal qu’il génère. 1971, après la sortie de Sticky Fingers, les Rolling Stones, escroqués par leur manager et menacés par le fisc anglais se barrent dans le sud de la France. Dans une villa louée à Villefranche sur Mer ils installent musiciens, studio mobile, femmes, enfants et tout ce dont ils ont besoin pour enregistrer leur prochain album. Le résultat de cet isolement forcé c’est un double album,  Exile on Main St, considéré aujourd’hui comme un classique du rock et l’un des meilleurs albums des Stones. Pendant son séjour doré la bande à Jagger  invite également quelques potes ou proches. Dominique Tarlé, photographe engagé volontaire du Rock, en fait partie. Il connaît bien le groupe qu’il suit déjà depuis quelques temps et accepte donc de consacrer une journée à shooter les gitans du Rock dans ce nouvel environnement. Il reste finalement 6 mois dans la Villa Nellcôte où, armé de ses objectifs, il immortalise le quotidien des mauvais garçons en plein trip sex, drugs and rock’n’roll. Exile, le livre des Editions Genesis, sort en 2001. Les 1740 exemplaires sont épuisés en quelques jours. Quant à la somptueuse version Luxe signée par Dominique Tarlé et Mick Taylor,  tirée seulement à 260 copies je vous laisse deviner.  Que faire pour contempler les quelques 280 tirages historiques – presque tous en noir et blanc – sinon attendre une hypothétique réédition? Ben rien! Sauf partir en quête du Graal sur le net après avoir cassé la tirelire ou se contenter de ce que quelques sites sérieux et documentés mettent à disposition. Ici par exemple!