The Peels – Juanita Banana

 

Dans une petite ville tranquille, au sud de la frontière mexicaine, vivait la jolie Juanita, fille d’un planteur de bananes. Elle rêvait de chanter à l’opéra, mais son père se moquait d’elle. Pourtant, tous les jours, dès son travail accompli, Juanita chantait. Un jour, Juanita déménagea et parti en quête de richesse et de célébrité. Il ne lui fallut pas plus de deux chansons pour être acclamée par le monde entier. Resté à la maison, son père était stupéfié. Sa Juanita Banana une star ? Il décida de bruler ses plants, se rendit à la ville et s’acheta une guitare″. Voilà une histoire Ô combien épique qui valait bien le témoignage musical qui germa dans la tête du producteur Tash Howard. Son idée? Faire interpréter par un groupe, créé pour la circonstance, une chanson qu’il avait écrite avec Murray Kenton et que sa société de production (Howard-Smith Productions) financerait. Composé de Gail Allan, Bill Spilka, Harvey Davis et Harold Swart, The Peels enregistrent donc le fameux Juanita Banana. Sur la pochette originale, aucune information liée aux sources musicales. Le refrain est pourtant bel et bien tiré d’un air de bel canto extrait du Rigoletto de Giuseppe Verdi écrit 115 ans plus tôt. dès sa parution en 1966 le single devient culte, au point d’atteindre la cinquante-neuvième place au Billboard Hot 100 et de trouver un écho international avec des interprétations plus ou moins loufoques. En France, c’est le comique de service cher à Maritie et Gilbert Carpentier qui y va de sa version scopitonée. Henri Salvador y apparaît grimé en Juanita aux longs cheveux nattés et en père pourvu de moustaches fournies qui plus tard inspireront Philippe Martinez. Certains se souviennent peut-être aussi du film Le Goût des Autres (2000) et de cette scène impayable au cours de laquelle Jean-Pierre Bacri, reconnaissant l’extrait de l’opéra diffusé en musique d’ambiance, se met à entonner Juanita Banana. Quant à Tash Howard, il fera d’autres tentatives avec deux nouveaux singles, Juanita Banana-Part 2 et Scrooey Mooey, suivis d’un EP également nommé Juanita Banana. Mais le succès ne sera pas au rendez-vous. C’en était fini de The Peels.

Patrick BETAILLE