Nirvana – Nevermind

Nevermind

[Extrait]: Initialement, le deuxième album des américains de Nirvana devait s’intituler Sheep. Kurt Cobain choisit finalement Nevermind (tant pis), expression qui, selon lui, dépeint à merveille son ressenti vis à vis de l’existence. La pochette du disque représente un bébé nageur, sous l’eau et nu, visiblement appâté par un billet de 1 Dollar accroché à un hameçon. Intellectuellement, la composition est sensée symboliser une génération piégée dès la naissance par l’attrait de gains illusoires. Cobain a cette idée en regardant une émission consacrée aux accouchements aquatiques. Il en parle alors à Robert Fisher, le directeur artistique de sa maison de disques. Après quelques recherches, la photographie d’un nourrisson est sélectionnée. Problème. Les détenteurs des droits à cette image exigent une rente annuelle de 7 500 dollars. Fisher contacte alors un couple d’amis. Après accord sur la somme de 200 dollars, il envoie un photographe prendre quelques clichés de Spencer Elden, leur fils alors âgé de trois mois. Parmi les cinq épreuves tirées par Kirk Weddle dans une piscine du Rose Bowl Aquatic Center de Pasadena, le groupe fait son choix. Bien qu’approuvant
le concept, la maison de disques affiche quelques réticences à l’égard du pénis du bébé. Trop visible ! Soucieux de ne pas choquer les esprits, les responsables de Geffen suggèrent de retoucher l’image. Kurt Cobain refuse catégoriquement. Il leur signifie que le seul compromis qu’il puisse accepter pour masquer l’appendice, c’est une vignette sur laquelle figure la mention: ″ Si vous êtes choqué, vous êtes probablement un pédophile en puissance ″. DGC Records capitule et commercialise l’album sans modification. Succès phénoménal du titre Smells Like Teen Spirit et une première place au Billboard pour l’album qui devient la référence rock des années 1990. En 1994, Cobain se suicide et rejoint le Club 27… Quant à l’image, elle fait partie de l’une des pochettes d’albums les plus identifiables de tous les temps, au même titre que celle de Dark Side of the Moon de Pink Floyd et Abbey Road des Beatles.

Patrick BETAILLE, mars 2016


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈