Elsa Kuhn – In Felt we trust: le Livre

 

Plusieurs fois par jour je croise le facies inqualifiable du Roi Pourpre, magnifiquement brodé à ma demande par Elsa Kuhn. Alors non, In The Court Of The Crimson King n’est pas à l’honneur dans cet étonnant recueil. Qui sait? Peut être un jour dans un second volume? D’ici là il y a dans In Felt We Trust de quoi apprécier le travail à la fois minutieux et réaliste de cette artiste qui écrit de façon originale une nouvelle page de la pop culture. Plus d’une centaines de pochettes de disques – dont certaines commentées par des plumes du rock et de la littérature – revivent sous les doigts de fée de la plus rock’n’roll des brodeuses. Bien plus qu’un catalogue, ce superbe ouvrage broché de 144 pages en couleur rend hommage aux graphismes illustrant la musique qui parfois s’écoute aussi avec les yeux. La preuve: Handmade recreations for music lovers!

Patrick BETAILLE, avril 2023

The Flower Pot Men – Let’s Go to San Francisco

 

[Extrait]: À la fin des années soixante, la Californie devient l’épicentre de la révolution culturelle et musicale. Surfant cette vague, beaucoup d’artistes et de groupes en profitent pour déposer des offrandes dans le temple du Flower Power: San Francisco. Ambiance douce et lumineuse, harmonies vocales aériennes nappées de mellotron, ce  Let’s Go to San Francisco aurait pu être très facilement confondu avec une production des Beach Boys en mode Peace & Love…

Composée et produite par John Carter et Ken Lewis, enregistrée avec des musiciens de session, la chanson occupe les faces A & B du 45 tours qui sort en août 1967 sur le label Deram, filiale de Decca. Carter et Lewis sont anglais; ce qui explique peut-être pourquoi Let’s Go to San Francisco (Parts 1 & 2) – bien qu’à priori très vendeur – fait un flop aux Etats-Unis. Par contre The Flower Pot Men [NDLR: Les Hommes Pot de Fleur, il fallait l’oser celle-ci!] trouvent un excellent terreau sur le vieux continent avec notamment une quatrième place des ventes au Royaume-Uni. La forte demande implique de nombreuses apparitions télévisuelles qui, malheureusement, sont effectuées exclusivement en playback. Comme carter et Lewis refusent de se produire en concert, la maison de disques décide de faire appel à un vrai groupe chargé de prendre la route et d’assurer la promotion sur scène. Durant sa très brève carrière, la formation ad hoc recevra entre autres dans ses rangs de futurs Deep Purple: John Lord aux claviers et Nick Simper à la basse.

Alors que l’été de l’amour touche à sa fin, quatre autres singles voient le jour. Aucun ne parvient à renouer avec la popularité du voyage chez les angelinos… The Flower Pot Men sera dissout en 1970.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

Patrick BETAILLE, mars 2023

Timo Lemmetti – Repel

© Photo Timo Lemmetti
 
 

[Proverbe Ashanti]: ″ La lune bouge doucement mais elle traverse la ville – The moon moves slowly but it crosses the city

Patrick BETAILLE, avril 2023

Jean-Claude Delmas – Chirac dans le Métro

© Photo Jean-Claude Delmas/AFP

 

La scène se déroule le 5 décembre 1980 à la station Auber du métro parisien. Le chef de file de la droite française a 48 ans, il est en route pour inaugurer une exposition de peinture. Jean-Claude Delmas, photographe pour l’AFP, est présent. C’est lui qui immortalise Jacques Chirac en train de passer par-dessus le portillon filtrant. Transgression? Provocation? Que nenni!
Vous imaginez le Grand Jacques en train de faire la queue pour acheter un billet? Moi non plus! C’est donc le directeur de la RATP qui glisse le sésame dans le système de contrôle. Le maire de Paris ne prend jamais le métro. Il ne sait même pas comment ça fonctionne. Pour sortir il oublie de reprendre le ticket et se retrouve bêtement bloqué. Pensant que le portique était en panne, spontanément il décide de sauter par-dessus le tourniquet. Clic, clac!
Dès sa publication dans la presse le lendemain, la photo devient culte. À 5 mois de l’élection présidentielle, ce moment estampillé symbole du non-conformisme à la française, montre que le maire de Paris et futur candidat à la plus haute fonction ne recule devant rien et est prêt à tout pour franchir les obstacles. Mais au premier tour Black Jack est distancé par Valy. La suite on la connaît; une vague rose installera Kermitterand à la tête de le république française. Sauter n’est pas gagner!

Patrick BETAILLE, avril 2023

Man – Slow Motion

 

[Extrait]: Pour illustrer son neuvième album de 1974, le groupe de rock progressif gallois Man fait appel au dessinateur Rick Griffin. Le graphiste californien choisit de mettre en scène Alfred E. Neuman, le personnage récurent des couvertures du magazine satirique Mad. L’anti-héro de la pop culture américaine y est éclaboussé par un thon qu’il tient à bras-le-corps, sa main gauche semblant faire un accord sur un manche de guitare. Entre MAD et MAN seule une lettre diffère et, quitte à pasticher, le graphiste utilise pour le nom du groupe la même typographie que celle du magazine. Dans son ensemble, la démarche n’est pas du tout du goût des juristes de la maison de disques United Artists et des responsables du journal qui refusent catégoriquement que la parodie de Rick Griffin soit en couverture de l’album Slow Motion. Le cover art est alors retravaillé avec un recentrage sur le thonidé frétillant. De fait, on ne voit plus qu’une partie du visage de la mascotte de Mad qui reste néanmoins facilement reconnaissable à cause de son incisive manquante et de son sourire béat quand il dit avec insouciance et nonchalance: ″ What, me worry? ″ (De quoi, moi inquiet ?).


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, avril 2023

Zager & Evans – In the Year 2525

 

[Extrait]: Des hymnes hippies comme Let the Sunshine In, aux chansons bubblegum du genre Sugar, Sugar en passant par les grands classiques des Beatles ou d’Elvis, la fin des sixties a connu sont lot de ritournelles marquantes. Marquantes et étranges aussi. C’est le cas de In the Year 2525 qui, pour la première fois, aborde musicalement le thème de la science fiction en évoquant les appréhensions de l’époque mais aussi l’émerveillement inquiet à l’égard de la technologie…

Le single sous-titré Exordium & Terminus évoque élégamment le début et la fin, celle de l’homme une fois que la technologie aura pris le dessus… Succès astronomique pour le duo folk-rock Zager & Evans. Il faut dire que l’époque se prête à merveille aux errances futuristes. Deux longs-métrages de sci-fi paraissent sur les écrans: La Planète des Singes et 2001, L’Odyssée de l’espace. Le 11 juillet, David Bowie raconte l’histoire du Major Tom lors de son Space Odity. Jugé naïvement fantasmagorique et descendu par de nombreux critiques, In the Year 2525 devient pourtant numéro 1 du Billboard Hot 1001 le 12 juillet 1969 et conserve cette place pendant six semaines. La chanson est ainsi en tête des charts anglais et américains lorsque Neil Armstrong pose le pied sur la Lune le 20 juillet. Bien qu’au bas de la liste alphabétique des artistes, Zager & Evans se retrouvent à côtoyer les étoiles avec leur hit écoulé à plus de 10 millions d’exemplaires…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

Patrick BETAILLE, avril 2023