Début 1977 Edward Van Halen achète pour un peu plus de cent dollars un corps et un manche de Stratocaster, des pièces déclassées qu’il trouve chez Boogie Bodies, le magasin de Wayne Charvel. De retour chez lui, il assemble le tout en ajoutant un vibrato Fender et un micro récupéré sur une vieille Gibson ES-335. Il repeint la caisse en noir, puis en blanc après avoir posé des caches pour créer un effet de rayures. La Frankenstrat (mot-valise issu de Frankenstein et de Stratocaster) était née et c’est sous cette forme qu’elle a servi à enregistrer le premier album de Van Halen en 1978, une bombe dévoilant le jeu unique et novateur du guitariste qui, comme en témoignent l’instrumental Eruption et la reprise de You Really Got Me des Kinks, viennent de faire exploser les limites du solo rock.
En 1979 Eddie apporte plusieurs modifications, à commencer par un vibrato Floyd Rose plus efficace que l’original. Un vieux micro et un sélecteur rouillé sont ajoutés. Tous deux hors d’usage ne sont là que pour renforcer l’effet rafistolage. Quant au pickguard customisé à l’arrache, il n’en reste plus grand chose. La différence la plus visible reste l’ajout d’une couche de peinture rouge par-dessus la couche originelle. ″ Ce qui me surprend avec cette guitare, c’est que lorsque je l’ai peinte en rouge, elle est devenue encore plus célèbre. Beaucoup de gens ignorent encore qu’il s’agit de la même guitare que celle en noir et blanc qui figure sur la pochette du premier album ″.
À la fin des années 80 la Frankenstrat sera mise au placard et remplacée par une Kramer 5150 Baretta issue d’un partenariat entre le fabriquant et le guitariste qui a largement contribué à la conception de ce modèle exclusif au look similaire mais techniquement différent pour pouvoir répondre à ses exigences.
