
[Jean Anouilh ]: ″ Les femmes ont horreur d’attendre. C‘est un supplice qu’elles nous réservent – Women hate waiting. It’s a form of torment they put us through ″
Quatrième de couverture: Les 15, 16 et 17 août 1969, dans un immense pâturage perdu dans le sud-ouest de l’État de New York, a eu lieu le plus grand festival de musique jamais organisé au monde. Pendant ces trois jours a brusquement surgi une véritable ville de 500 000 personnes, entièrement peuplée de très jeunes gens. Attirés par l’annonce d’un festival de folk, de blues et de rock psychédélique, des jeunes de la côte est des États-Unis, de tous les milieux, de toutes les origines, ont convergé vers ce site, dans des proportions jamais atteintes, pour écouter, entre autres, Joan Baez, Janis Joplin, Jefferson Airplane, les Who et Jimi Hendrix. Ceux qui ont assisté à Woodstock ont vécu une expérience au sens plein : collective, bien sûr, mais aussi existentielle et mystique. L’expérience de Woodstock a été pleine de chaos, de ferveur, de joie et même de délire, bien au-delà de ces fameux trois jours d’amour, de musique et de paix, trop souvent limités à une mode vestimentaire et à un message superficiel.
Trente ans plus tard, les 23, 24 et 25 juillet 1999, un autre Woodstock, d’une même ampleur, a réuni une génération nouvelle autour des groupes Korn, Rage Against the Machine, Metallica et Red Hot Chili Peppers. Hélas, ce Woodstock ‘99 a été un very bad trip, déchaînant une tempête de bestialité et de rage destructrice. Loin des rêveries utopiques d’une société d’entraide universelle, Woodstock ’99 a, d’une certaine façon, été un anti-Woodstock, révélant le visage grimaçant et fissuré de l’empire américain.
Riche et passionnant, le livre de Michka Assayas (GM Editions) s’adresse à ceux qui s’intéressent à l’Histoire du Rock mais pas que. Il est aussi destiné aux chanceux qui ont assisté à l’événement mais qui en ont loupé l’essentiel car trop occupés à chercher de la bouffe, des toilettes, un abri ou à lutter contre la pluie, la boue et les mauvais trips. Aux friands de détails sur les dessous d’une organisation chaotique. À certains qui ont usé le triple album jusqu’au fond des sillons et visionné plusieurs fois le documentaire de Michael Wadleigh en ignorant que pour des raisons diverses et variées de nombreux artistes brillent par leur absence. Et bien sûr, à tous les autres car ce Very Good Trip est indispensable!
Même si au cours des dernières années Chris Rea (1951-2025) a principalement utilisé des Italia et des Fender Squier, la Fender Stratocaster a toujours été son instrument de prédilection. Depuis le début de sa carrière c’est avec un modèle de 1962 qu’on le voyait le plus souvent jouer. À l’origine, cette guitare avait une finition rouge bonbon. Lors d’une inondation, elle a viré au rose après trois semaines d’immersion dans un sous-sol.
La guitare a survécu et c’est sous le nom de ″ Pinky ″ qu’elle a souvent accompagné le maître de la slide. Outre le porte-plectre présent sur toutes les guitares de Chris, la table est ornée de quelques autocollants. Sur le devant, Formentera, la plus petite des iles Baléares où le musicien avait l’habitude de passer ses vacances et celui du Club Lotus 7 et, à l’arrière, un sticker Ferrari/J. Alesi témoignant de la passion de son propriétaire pour les voitures.
Les frimats sont là mais la vague de chaleur en provenance du nord de l’Europe, elle, persiste. Après le Kickstarter des suédois de Bullet, leurs voisins norvégiens de Gluecifer reviennent avec le baume réparateur pour lèvres gercées et mains abimées par la rigueur des températures hivernales. Entre 1994 et 2005 les gars d’Oslo ont occupé une place privilégiée au sein du heavy rock scandinave. Split, reformation en 2017 avec un nouveau line up mais depuis l’album Atomic Thrill paru en 2004, ingenting, nothing, nada, nichts, que dale!
Le titre de ce nouvel album, le sixième, annonce la couleur: même médoc, nouveaux effets. Le groupe reprend les assauts sonores dont il avait le secret avec onze brûlots insolents et accrocheurs. Du furieux The Idiot à l’équilibre instable de On the Wire aucun temps mort avec au passage un clin d’œil à AC/DC (Made in the Morning) et une main tendue au punk rock avec Armadas et 1996. Fusion électrisante de rock, de punk et de glam, Same Drug, New High reste un hommage en toute simplicité à l’efficacité d’un rock euphorique et le signe annonciateur du retour de Gluecifer au sommet avec une signature sonore brute et incisive.
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[Extrait]: Sorti en janvier 1980 sur le label Factory Records, The Return of the Durutti Column est le premier album studio du groupe britannique post punk: The Durutti Column. Les pochettes des 3600 premiers exemplaires sont réalisées avec des feuilles de papier de verre assemblées par des membres de certains groupes du label. Parmi eux, Ian Dury qui bosse pendant que les autres membres de Joy Division regardent un film X. Revendeurs et clients fulminent…
Les pochettes protectrices transparentes accrochent tellement que les disquaires s’en débarrassent. Pire, le concept vieillit mal. Au fil des mois, la colle à tapisserie utilisée pour l’assemblage ne tient pas et les grains de l’abrasif se répandent un peu partout…
Une pochette noire, plus sobre, comprenant trois œuvres de Raoul Dufy est mise en œuvre par Steve Horsfall pour les éditions suivantes.
En 2013, le Benelux édite une autre version vinyle de l’album. Graphiquement conçue par Peter Saville, la feuille de papier de verre revient mais cette fois dans la pochette intérieure. Elle est visible au travers du logo officiel en die cut de Factory Records.
In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art
Mai 1968, restaurant La Pignata à Nice. Charles Bébert couvre la soirée d’anniversaire de Johnny Hallyday organisée par Eddie Barclay. Vers 3h du matin, le photographe croise Ringo Starr, George Harrison et leurs épouses sur le parking de l’établissement. Son flash crépite. Le guitariste anglais perd son sang-froid. Résultat : sept points de suture pour le chasseur d’images. Un ami de Bébert, animateur de Radio Monte Carlo, révèle l’incident et déclare que les Beatles ne passeront plus à l’antenne pendant dix jours, soit la durée de l’ITT dont bénéficie Bébert suite à ses blessures.
Quelques mois plus tard, les avocats des 4 de Liverpool se rendent sur la Côte d’Azur. Charles Bébert accepte un arrangement à l’amiable et l’année suivante la réconciliation officielle entre le shooter de stars et l’auteur de While my Guitar Gently Weeps aura lieu sur le tarmac de l’aéroport. [Source: livre Rock’n’Roll Justice de l’avocat Fabrice Epstein].
Ceux qui devant le visuel de ce disque auraient encore un doute pourront le lever en se penchant sur une tracklist* au nommage révélateur. Au cours de 25 ans d’existence, Bullet n’avait rien produit depuis Dust To Gold paru en 2018 et aujourd’hui le message est clair. Avec Kickstarter Le combo suédois est de retour pour un hommage appuyé à un heavy metal fidèle à l’esprit de la fin des seventies. Guitares rugissantes, riffs solides et énergie boostée à l’aquavit, le tout conforme au modèle sur lequel Accept, Judas Priest et, aujourd’hui encore, AC/DC ont toujours régné en maîtres. Sur les onze titres, le chanteur Dag Hofer mène la charge en tonitruant haut dans les tours, accompagné par des guitares constamment en zone rouge et une rhythmique à la synchro parfaite. Classique certes, vintage bien sûr, mais Kickstarter se distingue par une grosse dose de maturité et un soin particulier apporté à l’efficacité d’un vigoureux démarrage au kick. Attention aux guiboles!
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*Tracklist: Kickstarter, Caught In The Action, Open Fire, Keep Rolling, Hit The Road, Avenger, Chained By Metal, Spitfire, Full Throttle, Strike At Night, Night Falls Down.
[Extrait]: Eva Boyd était baby-sitter payée 35 dollars la semaine par le couple de compositeurs: Carole King et Gerry Goffin. C’est Carole qui a imaginé une mélodie dont le rythme, selon son mari Gerry, rappelait celui d’une locomotive. Quand ils ont vu Eva danser sur cet air avec leur fille, ils ont eu l’idée de lui faire enregistrer la chanson pour qu’elle devienne une nouvelle danse : The Loco-Motion…
Publié en juin 1962, le single est devenu instantanément l’un des plus gros hits mondiaux. Revers de la médaille, sa jeune interprète de 17 ans ne pouvait plus assurer son rôle de nounou. Privée de ses mentors à partir de 1963, Little Eva a dû mettre fin à sa carrière en 1965. Vendu à plusieurs millions d’exemplaires le titre a tout de même permis à la chanteuse d’acquérir sa propre maison…
Aux États-Unis, Loco-Motion a joui d’un regain de popularité à deux reprises. Une première place en 1974 pour la version de Grand Funk Railroad (si si, c’est vrai!) et une honorable troisième position grâce à Kylie Minogue en 1987. Adaptée en français l’année de sa sortie, la chanson a été reprise par Danny Boy et Ses Pénitents et par Sylvie Vartan.