The Shamrocks – Cadillac

 

[Extrait]: Écrite et enregistrée par le chanteur britannique Vince Taylor en 1959, Brand New Cadillac ne connaît qu’un succès confidentiel au Royaume-Uni car la BBC refuse de diffuser ce qu’elle considère comme une publicité pour la marque américaine… Le titre connaît un regain de popularité en Europe occidentale lorsqu’il est repris en 1964 par un groupe de Birmingham, The Renegades, qui, sous le titre simplifié de Cadillac, s’en attribue la paternité. En 1965 c’est en Suède que The Hep Stars reprennent la version des Renegades – crédits d’auteurs compris – en ignorant que la version originale revient à Vince taylor. Énorme succès en Europe du nord et surtout en Finlande. La même année, un autre groupe suédois, The Shamrocks, en enregistre une version garage à la fois vigoureuse et bluesy qui fera elle aussi un tabac en Allemagne, au Japon et surtout en France, atteignant la première place sur les radios de l’hexagone…


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Patrick BETAILLE, août 2023

Herik Hanna/Charlie Adlard – Altamont

 

Après le peace & love de Woodstock, la fureur et le désastre d’Altamont! Décembre 1969. Woodstock et la vague du Flower Power ont déferlé sur la côte Est des États-Unis quelques mois plus tôt. En réponse, la côte Ouest décide à son tour de faire monter les décibels lors d’un festival qui se rêve légendaire… Les plus grandes stars de l’époque sont censées y participer, à commencer par les Rolling Stones en têtes d’affiche pour enflammer la scène.

Hors de question pour Jenny et ses potes de rater le concert du siècle ! Dans leur combi Volkswagen qui roule depuis Los Angeles, l’ambiance bon enfant fleure bon la marijuana. Peu importe si l’organisation s’annonce un peu fantaisiste, ce qui prime, c’est la musique ! 300 000 personnes sont attendues pour ce rendez-vous peace, love et rock’n’roll qui aura finalement lieu sur la piste automobile d’Altamont, en Californie du Nord. Sauf que peu de temps après l’arrivée du groupe d’amis, une première altercation éclate, ne présageant rien de bon. Si tout commence dans l’exaltation, la tension est palpable. Embauchés pour assurer la sécurité et payés en bière, les Hells Angels commencent à éloigner la foule de la scène à coups de batte et de chaîne. Tandis que Thomas escalade les échafaudages et que Matt se perd dans un trip d’acide, Leonard comprend qu’ils ne sortiront pas indemnes d’Altamont. Cela devait être un beau festival, gratuit, une célébration de l’amour et du partage. Au lieu de ça, la tragédie d’Altamont est devenue le symbole de la fin d’une époque. Charlie Adlard et Herik Hanna reviennent sur cet épisode tristement célèbre du rock en nous livrant le portrait désenchanté d’une jeunesse libre et rêveuse, marquée par la guerre du Vietnam. Illustré par le dessinateur-culte de Walking Dead dans un style vintage emprunt au pop art, ce road-movie graphique qui sonne juste se lit d’une traite, le temps d’un voyage iconique. 

Aux Éditions Glénat: 136 pages au format 21 x 29cm, couverture rigide, 19,50€. Une bande dessinée jouissive à ranger pas loin de Altamont 1969 de Joel Selvin.

Patrick BETAILLE, septembre 2023

The Pretty Things – Don’t Bring me Down

 

[Extrait]: Ce petit groupe anglais du Kent se produisait sous le nom de Little Boy Blue and the Blue Boys et comportait entre autres en son sein Dick Taylor, Keith Richards et… Mick Jagger. Alors qu’ un certain Brian Jones recrute pour monter son propre groupe, les trois compères se joignent à lui et à et Ian Stewart en 1962 pour devenir The Rollin’ Stones…

Parce qu’il y avait trop de guitaristes dans cette nouvelle formation, Dick Taylor passe à la basse puis décide de quitter les Stones (il sera remplacé par Bill Wyman – NDLR) pour voler de ses propres ailes en compagnie du chanteur-harmoniciste Phil May, de John Stax à la basse, de Brian Pendleton à la guitare et de Viv Prince à la batterie. Le nouveau quintet s’appelle désormais The Pretty Things… Comme beaucoup d’autres groupes The Pretty Things ne sont ni étrangers, ni insensibles aux défis qui accompagnent souvent la célébrité et le succès. Au prétexte de relation amoureuse Don’t Bring Me Down évoque les frustrations et les pressions qui accompagnent le fait d’être sous les feux de la rampe, constamment jugés… 

Patrick BETAILLE, août 2023


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The Velvet Underground – 1969 Live With Lou Reed

 

[Extrait]: C’est le deuxième opus live du Velvet Underground. C’est aussi le premier disque du groupe à être sorti après sa dissolution en 1973. L’album a été enregistré en 1969, lors d’une tournée de 70 dates à travers l’Amérique du Nord et le Canada… Ce témoignage a bien failli ne pas voir le jour, le guitariste Sterling Morrison s’opposant à la sortie d’un enregistrement qu’il juge nuisible à la notoriété du Velvet. Détenteur des droits et seul maître à bord depuis ses succès en solo, Lou Reed passe outre et confie les bandes à Mercury Records qui, après mixage, publie les enregistrements des 17 titres sous la forme d’un double LP en septembre 1974. Le cover art imaginé par le designer Ernest Thormahlen se retrouve bloqué à la frontière espagnole, contraignant la maison de disque à masquer la culotte en dentelles que laisse entrevoir une jupette trop mini… La mention ″ Con las versiones originales ROCK AND ROLL – SWEET JANE – LISA SAYS – FEMME FATALE ″ est imprimée au recto de la pochette. En procédant à une fouille minutieuse, les autorités franquistes découvrent une dose de chnouf et procèdent à sa confiscation immédiate. De fait, Heroin – l’un des titres majeurs de l’album – est désespéramment absent de l’édition hispanique….0


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Patrick BETAILLE, septembre 2023

Alice Cooper – Road

 

La route Vincent Damon Furnier connaît. Depuis plus de 50 ans il bouffe du kilomètre aux commande de son grand rock’n’roll barnum. Pas étonnant donc qu’ Alice Cooper veuille évoquer un mode de vie consacré pour une grande part à ses errances internationales. Pour ce, le 29 ème album studio du roi des constrictors a été enregistré dans des conditions live et sans overdubs; c’est lui qui le dit et la production du fidèle Bob Ezrin semble le confirmer. Histoire de pimenter la sauce, Cooper a fait appel aux guitaristes Nita Strauss, Ryan Roxie, Tommy Henriksen et Tom Morello, au bassiste Chuck Garric et au batteur Glen Sobel. Une belle façon de rendre hommage, en les impliquant, aux compagnons de route qui partagent la scène avec lui. ″ Pour Road, je voulais que le groupe soit impliqué dans l’élaboration de toutes les chansons. Je ne vois ces gars que lorsque nous sommes sur scène. Donc, je voulais qu’ils soient aussi impliqués qu’ils le sont en concert. Quand vous avez un groupe aussi bon, je crois qu’il faut le montrer ″. Le résultat est là. Road envoie du lourd, de la virtuosité et témoigne d’une passion et d’un enthousiasme débridé qui tendent à prouver que l’éminence du classic rock n’a pas encore l’intention de prendre sa retraite. L’album tient admirablement la route et s’achève sur une reprise réussie du Magic Bus des Who au cours duquel, le temps d’un solo, Glen Sobel essaie de se faire passer pour Keith Moon. Seule ombre au tableau, Baby Please Don’t Go, une ballade sirupeuse qui vient casser le rythme et l’ambiance de ces 48 minutes d’énergie brute au cours desquelles les guitares virevoltent. Mais bon, on pardonne, c’est pas la première fois que l’on nous fait le coup. Pour oublier cet écart il suffit de s’attarder sur un White Line Frankenstein dans lequel Tom Morello se montre sous son meilleur jour.

Tracklist: 1. I’m Alice – 2. Welcome To The Show – 3. All Over The World – 4. Dead Don’t Dance – 5. Go Away – 6. White Line Frankenstein – 7. Big Boots – 8. Rules Of The Road – 9. The Big Goodbye – 10. Road Rats Forever. 11. Baby Please Don’t Go – 12. 100 More Miles – 13. Magic Bus.

Patrick BETAILLE, août 2023

James Royal – Call my Name

 

[Extrait]: À bien des égards, l’histoire de James Naim ressemble à celle de nombreux artistes britanniques des sixties. Né à Ealing en 1941, James Royal a émergé au milieu d’une décennie en pleine révolution musicale, alors que le blues et la soul importés d’Amérique creusaient leur sillon outre – Manche. Ce nouveau phénomène convenait parfaitement au style enjoué de James. Sa tessiture de voix, son énergie, son assurance et ses prestations efficaces auraient dû lui permettre de se démarquer de la tendance pop de l’époque. Ce ne fut pas le cas… La participation à la finale d’un tremplin télévisé ne suffira même pas à faire décoller la carrière de celui que le milieu surnommait pourtant ″ The King of British Blue Eyed Soul ″. Pas plus que des premières parties assurées lors de concerts au Marquee avec Ike & Tina Turner, Stevie Wonder, Tom Jones ou les Moody Blues.
En 1966 sa carrière est prise en main par Mervyn Conn (le promoteur des tournées en Grande-Bretagne des têtes d’affiche américaines telles que Johnny Cash, Chuck Berry ou Jerry Lee Lewis) qui lui obtient un contrat d’édition avec CBS Records. Plusieurs séances d’enregistrements sont organisées avec quelques requins de studio, le guitariste Jimmy Page notamment. Call My Name, le premier single issu de ces sessions, est publié en 1967 en Grande-Bretagne et l’année suivante dans les autres pays européens où il est bien accueilli, particulièrement en France au cours de événements de Mai 68. À partir d’une composition de R. Murphy et J. Klaeysen la voix de son interprète exprime avec sensibilité les thèmes de la solitude, de l’appel à l’aide et de l’amitié…

Congas bondissants, ligne de basse entêtante, guitare acoustique subtile et tonalité soul des cuivres admirablement dosés accompagnent à merveille la puissance de l’assaut vocal. James Royal venait de trouver sa place en tant que chanteur solo et ce 45 tours marquera à jamais une carrière qui, malgré tout, ne décollera jamais vraiment. Dommage !

Aparté: Mon tout premier 45 tours!


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Patrick BETAILLE, août 2023

Smug – St. Mungo

© Smug

 

Originaire de Nowra en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) Sam Bates vit en Écosse depuis 16 ans. Il s’est installé à Glasgow où il exerce son art sous le nom de Smug. Son style hyperréaliste lui a valu la reconnaissance des locaux en particulier mais aussi des écossais dans leur ensemble qui ne manquent pas une occasion de louer son talent et le choix des sujets traités. L’œuvre la plus populaire du street-artiste est une représentation allégorique du saint patron de Glasgow, un rouge-gorge posé sur son index. La légende raconte que le petit oiseau en question, tué accidentellement, aurait été ramené à la vie par St. Mungo. Non loin de là,  une autre œuvre de Smug met encore en scène St. Mungo, cette fois sous les traits d’un enfant allaité par sa mère et toujours accompagné du remarquable rouge-gorge.  

Patrick BETAILLE, août 2023

Ike & Tina Turner – River Deep, Mountain High

 

[Extrait]: 1956. Annie Mae Bulloock est fan du groupe Kings of Rhythm au sein duquel Ike Turner assure le lead, joue de la guitare et chante. À la faveur d’un concert, celle qui veut se faire un nom sur scène, fait le forcing pour être engagée dans la formation et obtient gain de cause. Ike la prend comme chanteuse, la rebaptise Tina et l’épouse en 1958…
Tina est impressionnante, c’est une bête de scène. Sa voix est un lance-flammes et elle assure le show de façon suggestive. Ses tenues couvrent à peine ses fesses et dans ses mains, sans la moindre ambiguïté, le micro devient un symbole phallique qui en affole plus d’un. Les tournées s’enchaînent et, comme par magie, les portes des studios s’ouvrent… Ike & Tina Turner parviennent à sortir une bonne trentaine de singles et plusieurs LP’s. Cette année là en novembre, lors d’un show télévisé ils font la rencontre du directeur des programmes. Phil Spector – c’est lui – est un fervent admirateur de Tina et rêve de lui faire interpréter une de ses compositions co-écrite avec Ellie Greenwich et Jeff Barry : River Deep, Mountain High. Spector veut mettre toutes les chances de son côté et pour ce, il fait appel à quelques requins de session affûtés… Après deux journées de calage de la bande son avec les musiciens, Spector fait entrer Tina en studio le 7 mars et la fait travailler encore et encore jusqu’à obtenir la perfection qu’il attend d’elle. Les paroles évoquent un amour inconditionnel, plus profond que n’importe quel fleuve et plus grand que n’importe quelle montagne…
En tout point magnifique, le single sort en mai 1966. Au final, l’enregistrement revient à 22 000$, à l’époque un prix incroyable pour un single. En dépit de l’excellent accueil qui lui est réservé en Europe (N°1 en Espagne, N°3 au Royaume-Uni), aux États-Unis c’est un flop…


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Tony Wright – Traffic

 

[Extrait]: Idée originale qu’à eu Tony Wright pour illustrer The Low Spark Of High Heeled Boys pour les britanniques de Traffic. En 1971, il parvient à s’affranchir du format carré traditionnel en concevant un artwork en trois dimensions donnant l’impression de se trouver face à un cube. Coup de génie, il prend la décision de couper deux des coins de la pochette afin d’accentuer l’illusion d’optique. L’œuvre originale du septième album studio du groupe de Steve Winwood fait aujourd’hui partie de la collection permanente du Musée d’Art Moderne de New-York. En 1973, Tony Wright fera appel au même procédé pour illustrer l’album suivant de Traffic : Shoot Out At The Fantasy Factory. Très prolixe jusque dans les années 2000, l’artiste s’est impliqué dans plus d’une centaine de jaquettes. Parmi elles, Natty Dread pour Bob Marley, Sweet Deceiver de Kevin Ayers, et Arc Of A Diver de Steve Winwood.


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Patrick BETAILLE, août 2023

Rip Cronk – Morning Shot

© Rip Cronk

 

L’imposant portrait en pied de Jim Morrison restera l’œuvre la plus populaire du street-artiste Rip Cronk et l’un des symboles emblématiques du quartier de Venice à Los Angeles. Depuis 1991, ce Morning Shot de 3,50 mètres de large et 10,50 de haut, représente le leader des Doors dans l’une de ses attitudes scéniques favorites, torse nu, un micro dans la main droite. Lors d’une restauration en 2012, le peintre a retouché sa fresque en abandonnant le bleu du fond d’origine pour un orange beaucoup plus claquant.

Patrick BETAILLE, août 2023