la Musique Joue des Tours

 

[Marcel Destroy – Philosophe approximatif]: ″ J’aime tellement la musique que les 33 tours je les passe en 45 tours afin de pouvoir les écouter plus souvent! – I love music so much that I play LP’s into 45 Rpm so I can listen to them more often!


 

The Kinks – You Really Got Me

 

[Extrait]: 1963. The Kinks ne sont encore qu’un groupe d’amateurs mais, à Londres, ils jouissent déjà d’une certaine notoriété grâce au joyeux bordel qui caractérise leurs concerts et emporte l’adhésion du public. Début 64 un premier 45 tours voit le jour: une reprise du Long Tall Sally de Little Richard, suivi peu après de You Still Want Me. Commercialement, deux échecs. La maison de disques Pye Records menace d’annuler le contrat passé avec les frangins Davies. Mais Ray Davies (chant, guitare et claviers) sait qu’il tient quelque chose. Un truc élaboré sur le piano désaccordé de ses parents et qui déclenche l’hystérie générale au cours des prestations scéniques de sa formation. Décision est prise d’entrer en studio pour enregistrer You Really Got Me. Malheureusement personne ne parvient à se satisfaire de la signature sonore du morceau. Passablement énervé, Dave Davies (guitare et chant) pète les plombs et s’en prend à la membrane du haut parleur de son ampli bon marché qu’il lacère. Bingo! Le son obtenu – cette espèce de fuzz improbable – est repiqué sur un ampli Vox. Le single sort en août 1964 et trois jours suffisent pour qu’il atteigne le sommet des charts. L’auteur des paroles simplistes est Dave, tombé sous le charme d’une fille dans le public lors d’un concert dans un club de Piccadilly…

You Really Got Me ne ressemble a rien de connu jusqu’ alors. Le texte n’est qu’une espèce de slogan. C’est la brutalité du riff distordu qui emporte tout sur son passage avec un solo fulgurant et incontrôlé qui prouve que parfois le rock se fout complètement de la rigueur technique. Finalement, le fameux ″ TA TA TA TA TA – TA TA TA TA TA ″ deviendra l’empreinte rituelle de tous les groupes garage de la planète et probablement le premier manifeste hard rock. On parle de la reprise éruptive de Van Halen? Ben non, pas aujourd’hui! De celle (NDLR: La seule qui me tient) de Dick Rivers? Non plus, jamais!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, février 2023

Rock Anthology – 1973

 

Il est indéniable que le rock moderne doit énormément aux seventies. Pink Floyd, Led Zeppelin,  Aerosmith, Alice Cooper et d’autres inspirent parfois encore – et heureusement – de nombreux groupes contemporains. Dark Side of the Moon reste l’un des albums les plus vendus au monde, Alice Cooper brasse des billions et veut être élu et un dirigeable se pose sur la Chaussée des Géants.

Petit voyage sur un chemin de mémoire pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore une Aya Nakamura autotunée jusqu’au cul et aux nibards.

1973: Janvier – Deep Purple: Who Do We Think We Are • Février – Iggy Pop & The Stooges: Raw Power. • Mars – Byrds: Byrds. Beck Bogert Appice: BBA • Avril – David Bowie: Aladin Sane. Eagles: Desperado • Mai – Mike Oldfield: Tubular bells • Juillet – Mott The Hopple: Mott – New York Dolls: new York Dolls • Octobre – Lou Reed: Berlin • Novembre – Roxy Music: Stranded. Ringo Starr: Ringo • Décembre – Wings: Band on the Run

Alors oui, je sais. Il en manque. Beaucoup, et des bons en plus: Caravan, John Cale, Tom Waits, Cat Stevens, Elliott Murphy, Procol Harum, Graham Nash, John Lennon, Billy Joel, Stevie Wonder, Genesis, Black Sabbath, Lynyrd Skynyrd, Wailers, Queen, Who, King Crimson, Bruce Springsteen, Stones, etc..!

Patrick BETAILLE, février 2023

 

Lemmy Kilmister: 1 – Kanye West: 0

Montage: From Poster Yourdecoration.fr
Kanye West? Never heard of HER!
Lemmy Kilmister

″ Kanye West? jamais entendu parler d’ELLE!″ –  Une façon pour le leader de Motörhead d’exprimer sarcastiquement, au cours d’une interview, son mépris à l’égard du Rap et de l’une des figures de proue du genre!


 

Platon – La Musique sous Contrôle!

Dans ″La République″, son ouvrage le plus connu et le plus célèbre portant principalement sur la justice, Platon se livre à la critique de la démocratie dans sa dégénérescence en démagogie et en tyrannie. Sous la forme de ″Dialogues″, le sage grec s’interrogeait sur des sujets tels que – par exemple – le beau, le courage ou encore… la musique. Ainsi, en l’an -425 et des briquettes, le philosophe se livrait à un constat alors largement diffusé sur les réseaux sociaux:

Ce qu’ignorait Platon c’est qu’une éternité plus tard, en un lieu proche de perpette les alouettes, son allégation se retrouverait à l’honneur en tant que fil conducteur d’un ouvrage consacré aux vinyles. Étranges, intrigantes, choquantes, sublimes ou amusantes, certaines pochettes de disques au pouvoir attractif redoutable ont été réprouvées de différentes manières. C’est bien ce dont il s’agit dans cet ouvrage de 325 pages consacré à la censure de l’imagerie qui a accompagné la musique populaire des années 60 à nos jours:


👉 IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART 👈

 

La Polnarévolution de l’Amiral

Entre le 6 et le 22 octobre 1972, c’est la Polnarévolution à l’Olympia. Le 2 octobre, l’affiche promotionnelle de l’événement, placardée à six mille exemplaires sur les murs de la capitale, fait scandale. Sur une photo de Tony Frank, Michel Polnareff se présente en travesti, les fesses à l’air. Le syndicat des affichistes porte plainte. Le tribunal correctionnel condamne l’artiste à 60 000 francs (NDLR: 9100 euros) d’amende pour attentat à la pudeur. La somme sera réglée par la maison de disques. Sur les placards, un rectangle sera ajouté sur le joufflu polnarévien. Deux mois plus tard, après le succès de son premier show, L’Amiral décide d’ajouter quelques dates. Nouvelle affiche. Cette fois le chanteur est de face, les bras en l’air, un chapeau au niveau de l’entre-jambe. En ouverture de la nouvelle série de concerts, une danseuse du Crazy Horse déguisée en Polnareff arrive de dos et enlève le bas. Quant à l’album tiré du concert, il offre un poster tiré de l’affiche originale, non censurée.

Patrick BETAILLE, février 2023


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Danger – Pericolo – Hazard – Gefhar – Peligro !

 
BREAK THE GLASS IN CASE OF EMERGENCY!

Patrick BETAILLE, janvier 2023

John Fred – Judy in Disguise

 

[Extrait]: Avant de se lancer dans la musique en accompagnant Fats Domino, John Fred Gourrier était un joueur de baseball et de basketball très populaire au sein de la Southeastern Louisiana University. Il crée son groupe – John Fred & His Playboy Band – en 1956 et connaît son premier succès en 1959 avec une chanson intitulée Shirley. En 1967, Fred et un autre membre du groupe composent Judy in Disguise (With Glasses) qui se veut une parodie du Lucy in the Sky with Diamonds des Beatles. Cette année là, le single connaît un franc succès, parvenant même à chasser une autre chanson des Fab Four (Hello, Goodbye) de la première place du classement du Billboard Hot 100. Comique, entrainante, ambiance rhythm & blues façon Stax, le titre aux paroles psychédéliques dresse le portrait de Judy, une fille quelque peu excentrique (une groupie?)…

Avec plus d’un million d’exemplaires vendus la chanson est récompensée par un disque d’or mais restera à jamais un one-hit wonder qui lassera vite le public. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, janvier 2023

Heavy Metal – Yeah!

© Photo: Pierre Gable
 

[Manowar]: ″They can’t stop us! Let ’em try! For heavy metal we will die! Yeah – Ils ne peuvent pas nous en empêcher! Qu’ils essaient! Nous mourrons pour le heavy metal! Ouais!


 

Anton Corbijn – Miles Davis

Miles Davis, Montreal 1985 © Anton Corbijn

 

Né en 1955 à Strijen en Hollande Anton Corbijn est un photographe et réalisateur. Dans les années 70 il s’installe à Londres et travaille pour le new Musical Express. Ses clichés noir et blanc très contrastés le font connaître et de nombreuses stars passent devant son objectif. Parmi elles, les Stones, U2, Nirvana, The Slits, Nick Cave, Siouxsie Sioux, Arcade Fire, Tom Waits, REM, Metallica, Johnny Rotten, Depeche Mode mais aussi Isaac Hayes, the Bee Gees, David Bowie, Joe Cocker, Johnny Cash, Grace Jones et même Johnny Halliday.

Miles Davis également est devenu le sujet de l’une des photos les plus célèbres prises par Corbijn. À Montréal en 1985, Miles Davis se prêtait au jeu de l’interview face à Richard Cook (NDLR: Journaliste, chroniqueur et spécialiste du jazz). Voici l’histoire racontée par le photographe lui même et traduite par mes soins, rien que pour vous.

[Anton Corbijn] Bien qu’autorisé à assister à l’interview, je n’avais pas le droit d’utiliser mon appareil. Miles n’était pas particulièrement agréable avec Richard ce jour là. Chaque fois qu’il répondait à une question, il ajoutait: ″Comment tu t’appelles déjà?″.  J’ai quand même réussi à obtenir un rendez-vous pour un shooting avec le musicien le lendemain: cinq ou six minutes dans une chambre d’hôtel. Nous nous sommes placés près d’une fenêtre car j’utilise au maximum la lumière disponible. Miles était un bel homme au visage expressif et au regard très intense. À l’époque il était malade et souffrait beaucoup; il suivait un traitement qui affectait énormément ses pupilles. C’est ce qui est frappant sur cette photo. Ses pupilles sont vraiment énormes. Je ne me souviens pas pourquoi Miles a pris cette pose mais c’est celle qu’il souhaitait pour illustrer son album Tutu alors en préparation. Malheureusement, Warner Bros a exigé que la photo du cover art soit réalisée par un photographe reconnu et, évidemment, à l’époque je ne l’étais pas. C’est alors Irving Penn qui a eu le job. J’adore le cliché de Penn, mais vous pouvez facilement deviner d’où vient l’inspiration.

Il y a une histoire qui circule à propos de Miles dînant avec Ronald Reagan à la Maison Blanche. L’épouse du président lui demande: ″Qu’as-tu fait pour être invité ici?″  Et Miles de répondre: ″J’ai changé cinq fois le cours de la musique. Et vous? Qu’avez-vous fait à part baiser avec le président ?″ Je ne sais pas si l’anecdote est vraie mais en tous cas je la trouve savoureuse.

Patrick BETAILLE, janvier 2023