Balles tragiques à Charlie Hebdo – 12 Morts!

 


Sous couvert de convictions politiques et religieuses ou au nom de tout et de rien, quand la connerie ne connaît plus de limites elle fait un carton plein!


Patrick BETAILLE, janvier 2015

Dominique Tarlé – Like a Rolling Stone

Dominique Tarlé Exile

 

L’ impôt a parfois des effets inattendus, surtout lorsqu’il s’agit de l’exil fiscal qu’il génère. 1971, après la sortie de Sticky Fingers, les Rolling Stones, escroqués par leur manager et menacés par le fisc anglais se barrent dans le sud de la France. Dans une villa louée à Villefranche sur Mer ils installent musiciens, studio mobile, femmes, enfants et tout ce dont ils ont besoin pour enregistrer leur prochain album. Le résultat de cet isolement forcé c’est un double album,  Exile on Main St, considéré aujourd’hui comme un classique du rock et l’un des meilleurs albums des Stones. Pendant son séjour doré la bande à Jagger  invite également quelques potes ou proches. Dominique Tarlé, photographe engagé volontaire du Rock, en fait partie. Il connaît bien le groupe qu’il suit déjà depuis quelques temps et accepte donc de consacrer une journée à shooter les gitans du Rock dans ce nouvel environnement. Il reste finalement 6 mois dans la Villa Nellcôte où, armé de ses objectifs, il immortalise le quotidien des mauvais garçons en plein trip sex, drugs and rock’n’roll. Exile, le livre des Editions Genesis, sort en 2001. Les 1740 exemplaires sont épuisés en quelques jours. Quant à la somptueuse version Luxe signée par Dominique Tarlé et Mick Taylor,  tirée seulement à 260 copies je vous laisse deviner.  Que faire pour contempler les quelques 280 tirages historiques – presque tous en noir et blanc – sinon attendre une hypothétique réédition? Ben rien! Sauf partir en quête du Graal sur le net après avoir cassé la tirelire ou se contenter de ce que quelques sites sérieux et documentés mettent à disposition. Ici par exemple!

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Jimi Hendrix – Experience illustrée

Hendrix Are you experienced Moebius

 

Milieu des années 70, l’âge d’or du rock. La bande dessinée entame alors sa révolution. Jusqu’alors plutôt destiné au jeune public cet art se tourne désormais vers le monde des adultes. Ainsi, l’on assiste en France à l’émergence de magazines tels que Métal Hurlant, l’ Echo des Savanes ou encore Fluide Glacial. Au sein de cette mouvance, les Editions Barclay qui entreprennent la réédition de la discographie de Jimmy Hendrix, ont alors une idée novatrice et intéressante: confier l’illustration des pochettes à des auteurs de bande dessinée.  Le premier double album qui réunit Are you Experienced et Axis: Bold as Love est confié à Moebius (alias Giraud, le dessinateur de Blueberry). Pour le second volume, Electric Ladyland, c’est Philippe Druillet et son univers incomparable qui met en scène le Guitar Hero. La pochette du volume 3 comprenant Band of Gypsys et The Cry of Love est dessinée par Solé. Un photographe publicitaire, Patrice Leroy, œuvre sur l’illustration du quatrième volet Hendrix in the West et War Heroes. Pour terminer, Patrick Lesueur, dessinateur à Pilote (Mâtin quel journal!) de son état, se charge du Greatest Hits de la série. Ces représentations sont magnifiques et elles prouvent que, même si l’un sollicite notre écoute pendant que l’autre est affaire de regard, Rock et BD entretiennent parfois une relation fusionnelle.

 

Hendrix Electric Ladyland Druillet

 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈

Patrick BETAILLE, juillet 2014

 

Horst A. Friedrichs – Pride and Glory

 Horst A. Friedrichs: Pride and Glory

Après Or Glory, 21 st Century Rockers et Im One, 21 st Century Mods, Horst A. Freidrichs continue son exploration ethnologique d’une culture dans laquelle Rock et Bécanes ont toujours fait bon ménage. Pride and Glory, sous titré  The Art of the Rockers’ Jacket, célèbre cette fois le blouson de cuir, seconde peau du motard et du rocker.  Les images témoignent d’un mode de vie à part où le look et les attitudes relèvent d’un subtil mélange de provocation et de folklore. Des instantanés révélateurs, des tronches invraisemblables, des cuirs patinés, ce pavé de 400 pages en regorge. On y trouve également des tonnes de clous, foultitude de pins, mais aussi des patches, des badges, des chaines et des franges. Manquent plus que les relents de bière et les effluves d’huile chaude. Somptueux! Pour l’occasion, Cafe Racer consacre dans son dernier numéro un joli Portfolio « de Cuir et de Clous » où est évoqué le tirage limité à 1000 exemplaires de cet ouvrage qui, pour la modique somme de 1500 euros, se pare d’une couverture en cuir zippée, cloutée et doublée pour l’hiver d’une doublure en tissu rouge.  Les hostiles aux collectors et les démunis du porte monnaie se contenterons de la (déjà très belle) version standard à 90 euros.

Patrick BETAILLE, décembre 2013

Michael Ochs – 1000 Record Covers

 

Né en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock.  Le New York Times considère The Michael Ochs Archive (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100.000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ″Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel″. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète,  du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.

Patrick BETAILLE, février 2013

 

Frank Margerin – Mes crobards.

 

Un nouvel album de Margerin c’est comme un rencard avec une frangine. On bouillonne, on s’y prépare fébrilement et quand arrive l’heure on essaie d’en capter toute l’intensité. Rendez vous aux Editions du Chêne. Une fois n’est pas coutume, Lucien, Ricky, Gillou, Riton, Momo et tous les autres sont pile à l’heure et ils sont comme vous ne les avez jamais vus ! C’est Frank Margerin qui fait les présentations et ce de façon inédite. Il évoque la genèse des albums et divers travaux qui ont fait le succès d’aventures motocyclistes sur fond de Rock’n’Roll et de délires potaches. Et la moto il connaît le Frank: “ la moto est une de mes passions, j’en dessine beaucoup, soit pour préparer une BD, soit pour me détendre ”. C’est ça  Mes Crobards! un recueil d’ébauches, d’idées, de transcriptions graphiques, d’instantanés devenus de grands moments de BD. Les fans et autres amateurs éclairés y trouveront l’authenticité des coulisses du travail de l’artiste et certainement pas une exploration de fonds de tiroirs. Fin des présentations et puisque tout le monde est là que la fête commence ! A wop-bop-a-loo-a-wop-a-wop-bam-boom!

Patrick BETAILLE, décembre 2012

 

 

Jean-Marie Périer – Rencontres.

 

Il y a peu, alors que je m’épanchais sur le magnifique ouvrage qu’est Musique Box, je m’assénais égoïstement la remarque suivante :  » Diantre, fichtre, foutre…pas un seul cliché de JM Périer ! « . C’est fou ça !  Delirium très épais ou fulgurance neuronale ? Allez savoir ! En tous cas voici l’occasion, non pas de combler une lacune, mais plutôt d’évoquer un temps que  les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… Dixit Charles, pas le Grand, l’autre, le petit, l’arménien quoi ! Faites un effort merde ! Les Sixties, c’est bien de cette décennie dont il s’agit aujourd’hui avec la parution de Rencontres, un recueil photographique consacré aux grands noms de la musique anglo-saxonne. L’auteur, Jean-Marie Périer donc, nous apporte sur un plateau  la bagatelle de quelques 200 témoignages annotés ! 300 pages de  souvenirs dont 85 consacrées aux Rolling Stones, une cinquantaine aux Beatles et une bonne douzaine illuminées par le joli minois de Marianne Faithfull. Miles Davis, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillepsie, Chuck Berry, Cliff Richard, Gene Vincent, Dylan, Hendrix, James Brown, tous et bien d’autres sont également passés devant l’objectif et répondent présent à l’évocation d’une époque où rien n’était sérieux mais tout était possible. Clic, Clac,Merci Kodak! C’est aux Editions du Chêne et c’est Magique !

 

 

Patricia de Gorostarzu – Vintage America

Patricia De Gorostarzu: Vintage America

 

Consacrée photographe de l’année en 2009, Patricia de Gorostarzu excelle dans le reportage dont l’authenticité fait abstraction de toute approche tapageuse bon marché. Un goût prononcé pour les voyages et les rencontres l’ont conduite entre autres et à plusieurs reprises aux  Etats-Unis d’où elle a ramené des témoignages qui resteront  à jamais le lien émotionnel entre  la nostalgie du vécu et la part de rêve enfoui au plus profond de chacun d’entre nous. On retrouve ainsi certains de ces clichés dans le magnifique ″d’ Est en Ouest″ (paru en 2002), ouvrage qui laisse s’exprimer les paysages, les objets mais aussi les visages qui jalonnent la Mother Road (en français: La Routeuh Soissanteuh Sisseuh). Plus récemment et dans Vintage America il s’agit cette fois de 200 photographies cadrées au cours d’un road trip  de quelques 20 000 kilomètres à travers l’Arizona, le Nouveau-Mexique, mais aussi le Texas, le Colorado ou la Californie. Dans ce livre paru en 2010 le temps semble s’être arrêté sur une époque révolue mais toujours présente dans les mémoires empreintes d’images de magazines, d’ambiances cinématographiques et de musiques déversées par  les Juke Box, radios et autres Teppaz. C’est là toute la force du recueil: rendre éternelle une Amérique d’aujourd’hui qui ne fait plus illusion en mettant en valeur les vestiges d’un rêve qui est en train de s’effacer comme un vieux Pola. Au fil des pages on se retrouve  tantôt au cœur d’une toile d’ Edward Hopper, tantôt en compagnie de Wim Wenders, parfois même aux abords d’un Bagdad Café où se produirait Johnny Cash. Comme un prolongement à la nostalgie ambiante on croise aussi des individus désabusés, alcooliques, dépressifs ou paumés, héros malgré eux des cinq  nouvelles qui viennent donner une dimension si particulière aux images de cette autre Amérique que Patricia de Gorostarzu saisit à merveille : ″Ses clichés ont un caractère spontané, comme s’ils avaient été pris depuis une voiture en mouvement et, en même temps, ils sont méticuleusement cadrés…″ (extrait de la préface de Kyle Eastwood).

 

© Photo: Patricia de Gorostarzu

Patrick BETAILLE, juillet 2012

Ouest Américain – C’est le Rêve

 

Au premier abord on pourrait se dire : Allez, encore un pavé à vocation touristique pour encombrants mobiles suréquipés qui,  pour assurer leur reproduction, migrent tous les ans vers les étapes du Tour de France.  Eh bien non !.. Ouest Américain est tout sauf ça.  Le temps de brûler quelques casquettes anisées ou un lot d’espadrilles bridées et je vous explique. Les photos qui illustrent l’ouvrage sont fournies par l’agence Gamma-Rapho pour laquelle œuvrent de grands noms de la photographie, tous animés par la passion du reportage de voyage et de la diversité des cultures du monde. L’auteur(e) des textes. Sophie Gergaud est ethnologue, spécialiste de cultures amérindiennes, et elle séjourne régulièrement aux Etats-Unis. Le découpage du livre n’est pas géographique ; textes et images s’articulent autour de thèmes qui relèvent plus de sensations ou d’états d’âme qui incitent au vagabondage d’humeur plutôt qu’à la quête paresseuse du gîte et du couvert. Certes, difficile de passer outre les clichés colorés de l’American Dream mais pour peu qu’il y soit sensible, le lecteur en croisant Kerouac, London ou Jim Harrison comprendra ce qu’était et ce qu’est devenu ″ The Frontier ″ : A long time ago, came a man on a track… And he put down his load where he thought it was the best (Dire Straits). Dans la collection C’est le Rêve c’est un beau voyage que nous offrent les Editions du Chêne !

″ Germaine ! Range le barbeuc, plie le auvent, éteins la télé et branche le Gps ! Cap à l’Ouest ! On part aux Staytes  bordel ! ″