Le plus avant-gardiste des cabarets parisiens ouvre ses portes et célèbre les plus fascinantes des danseuses. Il y a eu le film, il y aura toujours le spectacle mais désormais il y a aussi le livre. Dans un album tout en photos Antoine Poupel met en scène la perfection des corps et l’intensité des moments. Magie de la scène, fébrilité des coulisses et bien sûr intimité des filles, rien n’échappe à l’objectif maîtrisé, discret et respectueux. Au fil de la centaine de pages la perfection des corps est palpable mais jamais vulgaire et toujours pudique; en noir et blanc ou en couleur la sensualité est au rendez-vous ; forte, inexplicable, impossible d’y échapper. On s’y complait et on revient pour découvrir le détail masqué par la nervosité du premier parcours. Ce récit en images aurait peut être mérité un format plus imposant mais qu’importe, même en 24 x 20cm Crazy Inside nous offrent un indispensable et sublime hommage à la beauté et au spectacle.
Catégorie : Kiosque
Musique Box – La Musique par les grands photographes!

480 pages, 450 photos de 300 artistes ; le tout mis en scène sur des textes du journaliste Gino Castaldo qui, de façon originale,structure l’ensemble autour d’une dizaine de rubriques cohérentes et intimement liées. A tout seigneur tout honneur, c’est la guitare qui sur des accords magiques s’enflamme sous les doigts de Jimmy Hendrix ou se sacralise avec Django Reinhart. Vient ensuite une série de portraits consacrée au couvre chef, cet élément indissociable d’artistes tels que Bob Marley, Lemmy ou encore Jake et Elwood. La magie de la nuit est évoquée aussi ; magie de la clandestinité, des énergies cachées, de l’obscurité indispensable aux artistes et à leur intimité. C’est quelques pages plus loin que cette intimité acquiert de la profondeur dans les yeux Jeff Buckley ou de Kurt Cobain dont les portraits en disent long sur les doutes, la folie et les angoisses qui les animent et les font avancer artistiquement. Dedans et dehors, tout est prétexte à la captation de ce qui s’exprime sur et devant la scène. Que ce soit à Woodstock ou à Venice, qu’il s’agisse de Joe Cocker ou d’un fan anonyme, il est toujours un moment où il se passe quelque chose de « spécial ». A mi lecture, arrêt sur le Backstage pour des « avant » ou « après » concert, toujours révélateurs de ce qui a eu lieu ou de ce qui va arriver au cours de l’instant privilégié qui consiste à fêter la musique, quelle qu’elle soit. Quand on voit Jimmy Page biberonner une bouteille de Jack Daniels on est en droit de s’imaginer pour la suite le pire… ou le meilleur. Au chapitre suivant, Bowie se métamorphose, les membres de Kiss se travestissent à l’excès ou Vincent Furnier joue d’artifices pour devenir Alice Cooper. Tous expriment ou traduisent un ressenti ; même Angus Young lorsqu’il dévoile ses arrières, même Boy George… euh…non rien en fait ! Ressenti, disais-je, qui devient, bon gré mal gré, une projection, une marque de fabrique voir un identifiant, et ce au même titre que les tatouages d’ Axl Rose, les dreadlocks de Bob Marley ou le maquillage de Marilyn Manson. Mais quand tombent les masques ou que le rideau se ferme Gainbourg devient Serge dans un cave de Saint Germain, Billy Joel fait le plein de sa bécane, le Pink Floyd au complet se prépare à un match de foot, Robert Plant et Roger Daltrey s’affichent en gentlemen farmer et Johnny Cash pouponne. Comme quoi… Qu’en est il de la vie ordinaire et de la normalité quand on devient un artiste célèbre ? Musique Box, aux Editions Du Chêne, ne répond pas à la question dans ce livre indispensable mais affiche » le son des regards, les notes du corps, la symphonie des mouvements pour restituer l’intégrité visuelle de la musique « . Pour ce qui concerne l’identité sonore, l’auteur suggère en annexe et pour chaque artiste présenté dans l’ouvrage un album choisi selon des critères entièrement personnels. C’est tout con mais il fallait y penser!
AC/DC – High Voltage Rock’n’Roll

J’ai toujours été fan d’ AC/DC; à des degrés divers certes, et notamment avec un creux au cours de la période 1981-2000 (putain 30 ans!) qui a brillé par une production discographique qualitativement légèrement en dessous. Il faut quand même reconnaitre aussi qu’après Back in Black (2ème place des albums les plus vendus au monde… quand même!) faire mieux relevait plus de la quête du Graal que des courses à carrefour un premier samedi du mois. Fan donc! au point que quand se pose la question –Tiens qu’ est ce que je vais bien pouvoir m’écouter là tout de suite maintenant? – et que la fulgurance de la réponse n’est pas au rendez vous, il se passe quasiment toujours la même chose. Le tiroir avale goulument soit un Doctor Feelgood première époque, soit un skud d’Angus et sa bande. Et ça marche! ″ Impossible de rester en place, vous avez des fourmis dans les jambes et vous tapez du pied ″ (Jimmy Page). Fan disais-je, mais pas au point de dévorer ou de collecter tout ce qui de près ou de loin concerne les Anglo/Australiens High Energy. En clair je me souciais peu de leur histoire. Jusqu’à ce qu’une âme bien intentionnée mette entre mes mains l’ultime et splendide biographie par Phil Sutcliffe. Cet éminent journaliste anglais écrit sur le monde du rock depuis les années 70, il a arboré son pass backstage sur les scènes du monde entier pour interviewer les plus grands et alimenter de nombreuses publications. Autant dire que nous avons à faire à un spécialiste, un fan et un passionné surtout. Il n’en est pas à son coup d’essai le Phil! Il avait commis, entre autres publications, un très bel ouvrage consacré à Queen et publié aux Editions du Chêne en 2010. Aujourd’hui, avec High Voltage Rock’n’roll l’auteur retrace avec précision et exaltation la carrière de ceux qui ont donné au Heavy Rock ses lettres de noblesse. Au travers des 224 pages illustrées (pas moins de 150 photos couleur, une centaine de photos en noir et blanc) et bourrées d’anecdotes le lecteur est littéralement pris en otage. Consciencieusement et chronologiquement, des Easybeats à la mort de Bon Scott et au nouveau départ, on apprend tout et le reste. Tout, vous saurez tout sur: les line up successifs, les bastons, la diabolisation du groupe et même le type de cordes qu’affectionne Angus, c’est dire! Personnellement ce que j’ai particulièrement apprécié c’est la façon dont sont décortiqués tous les albums et les touches d’humour qui, çà et là, ponctuent le récit: » We’re going to be one of the greatest bands in the world… It’s a shame Hendrix is dead: I wanted to blow him off stage.″ (Angus Young). Voilà pour le contenu. Couverture animée, papier glacé et mise en page soignée rendent la lecture agréable et placent incontestablement le contenant au rang des beaux objets. Au final le résultat est un superbe hommage à AC/DC et à la puissance sonore. Il se peut que cette année, le 24 décembre à minuit pour être précis, vous entendiez un gros son de cloches… Ne paniquez surtout pas, c’est juste que Belzébuth aura fait un queue de poisson au traineau du père Noël pour arriver chez vous le premier! Heeeells Beeeells!
Keith Richards – Life

Comment dire… Une biographie qui débute bien avec l’enfance, la jeunesse, la découverte du blues et ses influences, les rencontres, les débuts du groupe et les galères. Un bouquin qui s’achève bien également avec notamment une peinture assez pointue de la dégradation relationnelle Jagger/Richards qui débouche sur le changement de cap musical de l’auteur avec les X-pensive Winos et son implication avec les jamaïcains de Wingless Angels. En gros c’est 200 pages sur les quelques 600 qui composent ce pavé. Non, le problème c’est les 400 autres pages. Dope mode d’emploi ! Tout ou quasiment tourne autour de çà, rien que çà. On savait qu’on y couperait (Mmouarf !) pas mais que c’est loooong… même si au détour d’un joint ou d’un fix on arrive à glaner quelques infos dignes de ce nom : les problèmes avec Anita, les compos, les embrouilles judiciaires, les rencontres, les gosses, l’open tunnig etc… Globalement rien de fondamental et somme toute une peinture assez People et frustrante. On aurait aimé en savoir plus sur les relations avec Mick Taylor ou Lennon, les rencontres avec d’autres musiciens (le passage de Rory Gallagher au sein des Stones n’est même pas évoqué !). Et puis, faut quand même pas déconner, à en croire Keith tous les albums des Stones sont d’un très bon niveau ! Or tout le monde sait que depuis It’s only Rock’n’Roll en 1974 la production discographique des Glimmer Twins est assez moyenne, et ce, même si Some Girls et Tatto You sortent un peu du lot. Bref, en refermant le livre on aurait aimé avoir les Sticky Fingers ; ce n’est pas le cas et c’est dommage. Allez, disons que ça restera un assez bon bouquin… dès qu’il sera disponible en format Poche.
Milo Manara – Claudia.

L’anecdote prétend qu’au cours d’une interview, à la question : ″ Quelles femmes dessinez vous ? ″ Milo Manara répondit : ″ Surtout celles que je vois dans la rue…″ Bon, ben il va falloir qu’il me dise où est-ce qu’il se promène car jamais je n’ai croisé ou vu de dos des ″ Philis ″, ″ Miel ″ et ″ Claudia ″. Pas même leurs équivalences, et c’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Certains affirment, mais c’est leur problème, que toutes ces héroïnes au tempérament certain sont toutes identiques. De loin nous dirons que ça n’est pas faux. Les filles de Manara sont toutes pareilles car parfaites. Trop belles pour être vraies mais trop vraies pour n’être que du papier et c’est la raison pour laquelle elles investissent aussi aisément notre imaginaire. De près, coquines ou malicieuses elles restent somptueuses et débordent de volupté. Admirez les en parcourant la production abondante du Maître et prenez le temps de les détailler ; qui sait, peut être aurez vous le Déclic!
Patrick BETAILLE, décembre 2009
Paolo Serpieri – Druuna

Druuna est l’héroïne de la bande dessinée de Serpieri. A la croisée de la Science Fiction et de l’érotisme le personnage évolue dans un monde futuriste et apocalyptique. Le scénario est complexe, l’intrigue tirée par les cheveux et l’ensemble n’est qu’un prétexte à diverses scènes plus ou moins explicites mettant en valeur une représentation graphique des plus sensuelles.
Patrick BETAILLE, novembre 2009
Régis Loisel – Pelisse.

Pelisse: Personnage haut en couleurs et en formes de Régis Loisel. Accompagnée de son inséparable « Fourreux » et sexy en diable elle est rusée et s’ illustre, parfois avec humour, tout au long des sept tomes de ″La quête de l’oiseau du temps″ (Editions Dargaud). http://www.regisloisel.com.
Patrick BETAILLE, novembre 2009
