Hugh Hefner – PlayBoy se rhabille!

© Kate Moss by Mert Alas and Marcus Piggott

 

Finie l’époque au cours de laquelle Playboy effeuillait sans compter, se lisait en loucedé, ou servait de prétexte à un onanisme libératoire. A 89 ans, Hugh Hefner, le fondateur, vient de donner son accord pour une nouvelle formule de son magazine. A partir de mars 2016, l’ édition américaine fera une croix sur ce qui est son cœur de métier, la nudité. Subsisteront bien sûr quelques clichés suggestifs et osés mais c’en est définitivement fini du nu intégral et naturel. Un comble pour une publication qui bâtit son succès et sa fortune en publiant des photos qui, de Marilyn Monroe en 1953 à Kate Moss en 2014, ont de près ou de loin contribué à la révolution sexuelle et à l’émancipation des mœurs. Dixit le patron, il s’agit aujourd’hui de remédier à la chute vertigineuse des ventes (6 millions d’exemplaires en 1975, 800 000 aujourd’hui!), à la concurrence du porno sur internet et au vieillissement du lectorat.


Il faut absolument que je retrouve mon exemplaire de 1990 consacré à Sharon Stone!


 

Le Monde à la Plage – La Une de l’Horreur !

 

La photo représente le corps échoué et sans vie d’un petit Syrien de 3 ans. Aylan Kurdi gît sur une plage de Turquie. Que le journal Le Monde, comme d’autres, décide d’en faire sa une pour illustrer les affres des problèmes migratoires c’est son choix et le débat déjà lancé reste entier et pourrait se suffire à lui même. Malheureusement, dans ce même quotidien et quelques pages plus loin un autre cliché. Celui d’une jeune femme blonde, pâle, les yeux cernés de noir, étendue elle aussi sur le sable mouillé. Elle est mannequin. Sa tête repose sur un sac. Un sac de luxe. Il s’agit d’une campagne publicitaire pour GUCCI. Mises côte à côte par manque de discernement, les deux photos deviennent tout à coup le symbole absolu de la révulsion, du cynisme, du mauvais goût et de l’obscénité. Elle est là aussi la véritable horreur! Pauvre Monde! Triste monde!

Henri Lœvenbruck – Nous rêvions juste de liberté

Henri Loevenbruck, Nous rêvions juste de liberté″Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, pour son bien. J’ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins″. Hugo, Freddy, Alex et Oscar, vite rejoins par d’autres, enfourchent leurs bécanes pour  fuir l’ennui et la misère du quotidien morose qui est le leur. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et la solidarité règnent. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paye cher. Ce road movie aux relents de ″Fureur de Vivre″ et de ″Easy Rider″, raconte les aventures de gamins à la fois paumés et idéalistes qui d’excès en dérives découvrent désillusion et descente aux enfers. En ce sens Henri Lœvenbruck maîtrise parfaitement le scénario et le décor. Rock, violence, alcool, bécanes, sexe, rien ne manque. Même si parfois les ficelles sont un peu grosses tout est prétexte à sublimer la loyauté et l’amitié. Même l’écriture. Le style très ″parlé″ donne aux personnages une dimension réaliste et attachante. Les pages tournent vite. On rit parfois, on sourit souvent, mais au final c’est l’émotion qui domine dans ce roman prenant et sincère.

Patrick BETAILLE, juin 2015

Patrick Higgins – A Shot of Rhythm and Blues

Patrick Higgins Doctor FeelgoodVoilà une bien belle surprise que cet ouvrage consacré à un groupe qui a écrit les lettres de noblesse du Pub Rock: Dr Feelgood. 80 pages et 130 photos, couleur et noir & blanc, prises lors de concerts en France et en Angleterre. Durant une décennie, de 1983 à 1993, Patrick Higgins a suivi, côtoyé et lié une relation toute particulière avec Wilko Johnson et Lee Brilleaux qui se retrouvent donc immortalisés ici. ″A Shot of Rhythm and Blues ″ rend donc hommage à ces deux allumés notoires qui, pour notre plus grand bonheur, apparaissent tout empreints d’énergie et de fougue. Le Doctor clope, transpire, bouffe son micro ou son harmonica avec ou sans Gordon Russel ou Steve Walwyn à ses côtés. Wilko, pour le coup en congé du Medecine Man, triture sa Telecaster et tente d’hypnotiser le public avec ses airs de clergyman halluciné. Les dernières pages du livre regroupent pochettes de disques, posters et souvenirs personnels de l’auteur qui évite de se perdre en commentaires superflus pour privilégier et partager l’ambiance de la scène. En tirage limité à 1000 exemplaires ce témoignage à ne rater sous aucun prétexte ne coûte que 18 euros (Frais de port en sus selon destination).

Alors mettez ″Down by the Jetty ″sur la platine, décapsulez une bière et prenez contact avec Patrick qui se fera un plaisir de rédiger votre ordonnance. Contact et infos: phiggins21091963@gmail.com – Tel: 0623482150.

Patrick BETAILLE, Mars 2015

Balles tragiques à Charlie Hebdo – 12 Morts!

 


Sous couvert de convictions politiques et religieuses ou au nom de tout et de rien, quand la connerie ne connaît plus de limites elle fait un carton plein!


Patrick BETAILLE, janvier 2015

Dominique Tarlé – Like a Rolling Stone

Dominique Tarlé Exile

 

L’ impôt a parfois des effets inattendus, surtout lorsqu’il s’agit de l’exil fiscal qu’il génère. 1971, après la sortie de Sticky Fingers, les Rolling Stones, escroqués par leur manager et menacés par le fisc anglais se barrent dans le sud de la France. Dans une villa louée à Villefranche sur Mer ils installent musiciens, studio mobile, femmes, enfants et tout ce dont ils ont besoin pour enregistrer leur prochain album. Le résultat de cet isolement forcé c’est un double album,  Exile on Main St, considéré aujourd’hui comme un classique du rock et l’un des meilleurs albums des Stones. Pendant son séjour doré la bande à Jagger  invite également quelques potes ou proches. Dominique Tarlé, photographe engagé volontaire du Rock, en fait partie. Il connaît bien le groupe qu’il suit déjà depuis quelques temps et accepte donc de consacrer une journée à shooter les gitans du Rock dans ce nouvel environnement. Il reste finalement 6 mois dans la Villa Nellcôte où, armé de ses objectifs, il immortalise le quotidien des mauvais garçons en plein trip sex, drugs and rock’n’roll. Exile, le livre des Editions Genesis, sort en 2001. Les 1740 exemplaires sont épuisés en quelques jours. Quant à la somptueuse version Luxe signée par Dominique Tarlé et Mick Taylor,  tirée seulement à 260 copies je vous laisse deviner.  Que faire pour contempler les quelques 280 tirages historiques – presque tous en noir et blanc – sinon attendre une hypothétique réédition? Ben rien! Sauf partir en quête du Graal sur le net après avoir cassé la tirelire ou se contenter de ce que quelques sites sérieux et documentés mettent à disposition. Ici par exemple!

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Jimi Hendrix – Experience illustrée

Hendrix Are you experienced Moebius

 

Milieu des années 70, l’âge d’or du rock. La bande dessinée entame alors sa révolution. Jusqu’alors plutôt destiné au jeune public cet art se tourne désormais vers le monde des adultes. Ainsi, l’on assiste en France à l’émergence de magazines tels que Métal Hurlant, l’ Echo des Savanes ou encore Fluide Glacial. Au sein de cette mouvance, les Editions Barclay qui entreprennent la réédition de la discographie de Jimmy Hendrix, ont alors une idée novatrice et intéressante: confier l’illustration des pochettes à des auteurs de bande dessinée.  Le premier double album qui réunit Are you Experienced et Axis: Bold as Love est confié à Moebius (alias Giraud, le dessinateur de Blueberry). Pour le second volume, Electric Ladyland, c’est Philippe Druillet et son univers incomparable qui met en scène le Guitar Hero. La pochette du volume 3 comprenant Band of Gypsys et The Cry of Love est dessinée par Solé. Un photographe publicitaire, Patrice Leroy, œuvre sur l’illustration du quatrième volet Hendrix in the West et War Heroes. Pour terminer, Patrick Lesueur, dessinateur à Pilote (Mâtin quel journal!) de son état, se charge du Greatest Hits de la série. Ces représentations sont magnifiques et elles prouvent que, même si l’un sollicite notre écoute pendant que l’autre est affaire de regard, Rock et BD entretiennent parfois une relation fusionnelle.

 

Hendrix Electric Ladyland Druillet

 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈

Patrick BETAILLE, juillet 2014

 

Horst A. Friedrichs – Pride and Glory

 Horst A. Friedrichs: Pride and Glory

Après Or Glory, 21 st Century Rockers et Im One, 21 st Century Mods, Horst A. Freidrichs continue son exploration ethnologique d’une culture dans laquelle Rock et Bécanes ont toujours fait bon ménage. Pride and Glory, sous titré  The Art of the Rockers’ Jacket, célèbre cette fois le blouson de cuir, seconde peau du motard et du rocker.  Les images témoignent d’un mode de vie à part où le look et les attitudes relèvent d’un subtil mélange de provocation et de folklore. Des instantanés révélateurs, des tronches invraisemblables, des cuirs patinés, ce pavé de 400 pages en regorge. On y trouve également des tonnes de clous, foultitude de pins, mais aussi des patches, des badges, des chaines et des franges. Manquent plus que les relents de bière et les effluves d’huile chaude. Somptueux! Pour l’occasion, Cafe Racer consacre dans son dernier numéro un joli Portfolio « de Cuir et de Clous » où est évoqué le tirage limité à 1000 exemplaires de cet ouvrage qui, pour la modique somme de 1500 euros, se pare d’une couverture en cuir zippée, cloutée et doublée pour l’hiver d’une doublure en tissu rouge.  Les hostiles aux collectors et les démunis du porte monnaie se contenterons de la (déjà très belle) version standard à 90 euros.

Patrick BETAILLE, décembre 2013

Michael Ochs – 1000 Record Covers

 

Né en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock.  Le New York Times considère The Michael Ochs Archive (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100.000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ″Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel″. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète,  du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.

Patrick BETAILLE, février 2013