
Patrick BETAILLE, février 2024
Accumulation de déchets dans les rues de Paris au neuvième jour de la grève des éboueurs contre la réforme des retraites, le 14 mars 2023 – Accumulation of rubbish in the streets of Paris on the ninth day of the dustmen’s strike against pension reform, 14 March 2023.
Avec une sélection de 100 clichés révélateurs, le magazine TIME met en lumière les événements significatifs de 2023. Actualité oblige, il y est beaucoup question des guerres Russie-Ukraine et Israël-Hamas, mais pas seulement. Un zapping indispensable pout se focaliser sur l’essentiel. ″ La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie ″ (Milan Kundera). Attention les yeux, c’est par ici: Les 100 photos essentielles de 2023.
Patrick BETAILLE, décembre 2023

Patrick BETAILLE, janvier 2024

Quel passionné de vinyles n’a pas un jour rêvé de pouvoir écouter ses précieuses galettes n’importe où et n’importe quand, sans pour autant avoir sous la main amplificateur, enceintes et surtout, une platine. La solution existe! Quand les premiers symptômes du manque se font ressentir et que vous désirez lire un 33 tours hors de chez vous voici l’astuce ultime. Il vous faut une feuille A4 (de préférence un papier fort genre feuille de dessin), un crayon, une épingle et un peu de papier collant.
Roulez la feuille de sorte qu’elle forme un cône. Maintenez le tout dans sa forme définitive à l’aide d’un morceau de ruban adhésif, puis, transpercez le cône dans sa partie pointue en y logeant l’épingle avec un angle d’environ 45 degrés. Ceci fait, sortez votre vinyle préféré car il va falloir le faire tourner. Pour ce, insérez le crayon dans l’orifice central de la galette. Vous voilà prêt. Posez délicatement le cône et son aiguille sur le disque. De l’autre main, saisissez le crayon et faites-le tourner entre vos doigts (le disque suivra le mouvement) tout en approchant votre oreille de la partie évasé du cornet. Et voilà! À vous le plaisir d’entendre votre morceau préféré, comme par magie!
Je tiens à rassurer les allergiques au bricolage enfantin, les tourmentés du système D, ceux qui sont dotés de deux mains gauches et surtout les puristes, une autre astuce les comblera de bonheur derechef: Écouter la musique avec les yeux. Si, si! Là aussi, rien de plus facile!
Il vous suffit de vous procurez IN VINYLE VERITAS, le livre ″ étonnant et indispensable ″ de 320 pages consacré à la censure des pochettes de disques et qui évoque également les dessous des pochettes de disques les plus emblématiques de l’histoire du rock.
Infos et Détails : IN VINYLE VERITAS!
Quatrième de couv: Londres 1964. Les Mods et les Rockers se battent sur les plages du sud de l’Angleterre mais Stevie Nice a mieux à faire. Les petites pilules qui permettent aux jeunes de danser toute la nuit, il en fait son commerce. Les affaires marchent pour Mr. Nice, le dealer le plus en vue du Swinging London. Mais que les Beatles ou les Who fassent partie de ses meilleurs clients ne va pas le protéger de la crise de croissance. Son succès fait des jaloux et quand les rois de la pègre londonienne – les frères Gray – décident de s’intéresser à son cas, Stevie découvre qu’il ne fait pas forcément bon être métis et homosexuel dans l’Angleterre des sixties. Le roi de la nuit va bientôt comprendre que les vrais durs ne dansent pas, ou seulement avec les cadavres…
Avec le roman de François Thomazeau, retour vers les sixties via le thème cher et déjà exploité par Pete Townsend dans Quadrophenia, son opéra rock paru en 1973: le désespoir et les errances d’une jeunesse en quête d’identité et de reconnaissance de la part d’une société alors en pleine mutation. L’ histoire débute sur fond de rivalités et de bastons entre Mods et Rockers mais cède rapidement la place aux aventures de Stevie qui, comme tout Mod* qui se respecte, roule en Vespa et apporte un soin tout particulier à sa tenue vestimentaire. Au début du moins. Rapidement, Mr. Nice se lance dans un trafic juteux de substances illicites qui devient le prétexte à une épopée bourrée d’intrigues, de méchants, de rebondissements mais aussi d’humour. Sous forme de fiction, l’intrigue se nourrit de faits réels et met en scène des personnages ayant existé à une époque rythmée par l’émergence de la Soul et du rock’n’roll. Les Who, les Kinks, Vince Taylor, les Small Faces, Stevie Wonder, James Brown, Roberta Flack Peggy Lee et les Equals sont cités. La musique est donc omniprésente, créant une ambiance qui donne incontestablement l’envie de se replonger dans l’ambiance de l’époque. Le style est agréable et l’écriture originale. ″ Je suis désolé si mon récit est un peu décousu, mais si je ne prends pas de cachets, j’ai du mal à écrire, et si j’en prends trop, ça part dans tous les sens ″. Ce sont les mots du jeune Mod* qui définissent parfaitement les errances de Stevie, le héro de ce polar musical original et very… Nice.
*Mod: Raccourci de jeune, beau et stupide (Pete Townsend).
Chanteur de The Pogues, Shane MacGowan (1957 – 2023) s’est également rendu célèbre en affichant la dentition la plus chaotique de l’hémisphère nord mais aussi grâce à quelques citations pour le moins alambiquées:
″ Ce qu’il faut retenir à propos des ivrognes c’est qu’ils sont beaucoup plus intelligents que les abstinents. Ils passent en effet beaucoup de temps à discuter dans les pubs; à la différence de ces bourreaux de travail ambitieux qui ne pensent qu’à leur carrière sans jamais développer de vraies valeurs spirituelles ni analyser ce qu’ils ont dans la tête comme le font les alcoolos – De toutes façons on aurait beau s’esquinter à boire Autant qu’un Irlandais qu’on ne parviendrait Jamais à boire Comme un Irlandais – Je bois parce que j’ai soif ″.
Entre le premier Love me Do publié le 5 octobre 1962 et Let it Be, le dernier sorti le 6 mars 1970, The Lady Madonna se situe en dix-septième position des 22 singles britanniques du catalogue de John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Star : The Beatles.
La chanson est écrite par Paul McCartney, mais créditée Lennon/McCartney comme toutes les chansons du groupe composées par John ou Paul. Pour les paroles, le bassiste des ″ Fab Four ″ s’est inspiré d’une image parue dans l’édition de janvier 1965 du magazine National Geographic. Intitulé ″ Mountain Madonna ″. le cliché de Howard Sochurek mettait en scène une femme et ses trois petits enfants, dont un en train d’être allaité. Touché par la photo incluse dans un reportage sur les forces spéciales américaines en opération au Viêt Nam, ″ Macca ″ a gardé en mémoire ce témoignage poignant sur l’humanité qui se cache derrière la guerre et sur le courage des femmes qui luttent pour pouvoir assurer le quotidien de la famille.
″ Lady Madonna, les enfants à tes pieds, je me demande comment tu arrives à joindre les deux bouts. Qui trouve l’argent pour payer le loyer? Lady Madonna, avec un bébé en train de téter, je me demande comment tu fais pour nourrir les autres. Comment trouver l’argent du loyer? Ça ne tombe pas du ciel! Rien le vendredi. Dimanche matin, elle se traine. Lundi le gosse sait lacer ses chaussures, regardez-le courir. Lady Madonna, allongée sur le lit, tu écoutes la musique que tu as dans la tête. Le mardi après-midi n’en finit pas. Pas de journaux le mercredi. Jeudi soir tes bas ont besoin d’être reprisés. Lady Madonna, les enfants à tes pieds, je me demande comment tu arrives à joindre les deux bouts ″.
Le titre est enregistré dans l’urgence aux studios EMI d’Abbey Road entre le 3 et le 6 février 1968, juste avant que le groupe ne parte pour un séjour en Inde à la rencontre du maître Maharishi Mahesh Yogi. Pour s’échauffer, Paul s’installe au piano et entame un boogie-woogie à la Fats Domino tout en essayant d’y associer son hommage aux femmes. Une fois posées les bases rythmiques, les musiciens reviennent pour les overdubs sur les voix et ajouter quelques parties de piano supplémentaires. Après quoi, pour donner du corps à l’ensemble il est décidé d’ajouter des cuivres en faisant appel à quatre musiciens de jazz, tous saxophonistes ; parmi eux, Ronnie Scott et Harry Klein, des vétérans de la scène des big bands britanniques. Magique !
Patrick BETAILLE, novembre 2023
Fin du mystère! Jadis considérée comme une peinture, la pochette de l’album Led Zeppelin IV est en réalité la photographie d’un chaumier prise dans la campagne anglaise en 1892 par Ernest Howard Farmer. Le cliché représente probablement Lot Lang, un ouvrier veuf, originaire de la ville de Mere, dans le Wiltshire. Surprenante découverte que l’on doit à Brian Edwards qui était tombé sur l’image au cours de recherches dans le cadre d’une exposition qu’il avait organisée avec le Wiltshire Museum en 2021. La photographie se trouve désormais au Wiltshire Museum de Devizes, et une exposition présentant cette image, ainsi que d’autres prises dans l’ouest de l’Angleterre durant l’époque victorienne, devrait se tenir au printemps 2024. Source et infos: The Guardian

L’histoire raconte que, plus de 50 ans en arrière, Robert Plant serait tombé sur un cliché encadré et colorisé du personnage chez un antiquaire proche de la maison de Jimmy Page. Pour la couverture de l’album, la représentation de l’homme voûté, souvent confondu avec la photographie d’un tableau, a été placée sur le mur d’une résidence de banlieue partiellement démolie avec vue sur un paysage urbain. Jimmy Page confiait qu’il aimait la représentation de cette dichotomie entre ville et campagne, pour lui symbole d’un groupe indécis qui, malgré les critiques destructrices, doit maintenir la cap et continuer à avancer.
Patrick BETAILLE, novembre 2023

Définition: ″ Une contrepèterie – ou abusivement le contrepet – est une figure de style sous forme de jeu de mots littéraire dont le procédé est d’intervertir des lettres, des syllabes ou des sons au sein d’une même phrase pour aboutir à une formulation de sens différent. La magie opère alors et la contrepèterie fait apparaître de nouvelles expressions souvent cocasses ou obscènes ″.
Patrick BETAILLE, novembre 2023
Ci-dessus, de gauche à droite. Londres, 1971: sans-abris irlandais de la banlieue Est – Viêt Nam, 1968: Marine américain en état de choc – Bangladesh, 1971: une mère et son enfant réfugiés.
Les clichés de Don McCullin pris au Vietnam, en Irlande du Nord, en Syrie et dans de nombreux autres sites de conflit ont élevé ce photographe britannique au rang de maître incontesté du reportage de guerre. Reconnues pour leur honnêteté brutale, leur maîtrise de la lumière et de la composition, ses photos se sont aussi souvent attardées sur la vie difficile des habitants pauvres de Londres et du nord industriel. En 1964, il effectue un reportage sur la guerre civile à Chypre, pour lequel il reçoit le grand prix World Press Photo. Deux ans plus tard, il signe un contrat d’exclusivité avec le Sunday Times qu’il ne quittera qu’en 1984. Durant cette période, Il couvre ainsi la famine au Bihar en Inde, la guerre des Six Jours, la guerre du Viêt Nam et du Cambodge ou le Congo où il shoote des scènes d’assassinats auxquelles il assiste en direct. ″ Je n’ai pas pensé au danger, j’ai ça dans le sang″, a déclaré le reporter en ajoutant, ″ La photographie m’a offert une vie. Le moins que je puisse faire est d’essayer d’articuler ces histoires avec la compassion, la clarté et la force qu’elles méritent. Toute autre approche relèverait du mercenariat! ″
Patrick BETAILLE, octobre 2023