Banksy – La Modeste Collection à Pau

© Banksy

 

La Banksy Modeste Collection est une exposition itinérante qui fait le tour du pays depuis 2021 dans le but de faire découvrir l’univers de l’artiste de street art et de lever des fonds pour les associations. La ville de Pau est la neuvième escale de cette manifestation qui se tiendra dans l’ancien hôtel des Postes au 15 rue Lamothe jusqu’au 22 octobre 2023, tous les jours de 11h à 19h. Entré gratuite pour découvrir et apprécier plus de 200 œuvres et objets: affiches, photos, pochettes d’albums, cartes postales et sérigraphies. Source et infos: Journal Sud Ouest.

Patrick BETAILLE, octobre 2023

Herik Hanna/Charlie Adlard – Altamont

 

Après le peace & love de Woodstock, la fureur et le désastre d’Altamont! Décembre 1969. Woodstock et la vague du Flower Power ont déferlé sur la côte Est des États-Unis quelques mois plus tôt. En réponse, la côte Ouest décide à son tour de faire monter les décibels lors d’un festival qui se rêve légendaire… Les plus grandes stars de l’époque sont censées y participer, à commencer par les Rolling Stones en têtes d’affiche pour enflammer la scène.

Hors de question pour Jenny et ses potes de rater le concert du siècle ! Dans leur combi Volkswagen qui roule depuis Los Angeles, l’ambiance bon enfant fleure bon la marijuana. Peu importe si l’organisation s’annonce un peu fantaisiste, ce qui prime, c’est la musique ! 300 000 personnes sont attendues pour ce rendez-vous peace, love et rock’n’roll qui aura finalement lieu sur la piste automobile d’Altamont, en Californie du Nord. Sauf que peu de temps après l’arrivée du groupe d’amis, une première altercation éclate, ne présageant rien de bon. Si tout commence dans l’exaltation, la tension est palpable. Embauchés pour assurer la sécurité et payés en bière, les Hells Angels commencent à éloigner la foule de la scène à coups de batte et de chaîne. Tandis que Thomas escalade les échafaudages et que Matt se perd dans un trip d’acide, Leonard comprend qu’ils ne sortiront pas indemnes d’Altamont. Cela devait être un beau festival, gratuit, une célébration de l’amour et du partage. Au lieu de ça, la tragédie d’Altamont est devenue le symbole de la fin d’une époque. Charlie Adlard et Herik Hanna reviennent sur cet épisode tristement célèbre du rock en nous livrant le portrait désenchanté d’une jeunesse libre et rêveuse, marquée par la guerre du Vietnam. Illustré par le dessinateur-culte de Walking Dead dans un style vintage emprunt au pop art, ce road-movie graphique qui sonne juste se lit d’une traite, le temps d’un voyage iconique. 

Aux Éditions Glénat: 136 pages au format 21 x 29cm, couverture rigide, 19,50€. Une bande dessinée jouissive à ranger pas loin de Altamont 1969 de Joel Selvin.

Patrick BETAILLE, septembre 2023

Smug – St. Mungo

© Smug

 

Originaire de Nowra en Nouvelle-Galles du Sud (Australie) Sam Bates vit en Écosse depuis 16 ans. Il s’est installé à Glasgow où il exerce son art sous le nom de Smug. Son style hyperréaliste lui a valu la reconnaissance des locaux en particulier mais aussi des écossais dans leur ensemble qui ne manquent pas une occasion de louer son talent et le choix des sujets traités. L’œuvre la plus populaire du street-artiste est une représentation allégorique du saint patron de Glasgow, un rouge-gorge posé sur son index. La légende raconte que le petit oiseau en question, tué accidentellement, aurait été ramené à la vie par St. Mungo. Non loin de là,  une autre œuvre de Smug met encore en scène St. Mungo, cette fois sous les traits d’un enfant allaité par sa mère et toujours accompagné du remarquable rouge-gorge.  

Patrick BETAILLE, août 2023

Rip Cronk – Morning Shot

© Rip Cronk

 

L’imposant portrait en pied de Jim Morrison restera l’œuvre la plus populaire du street-artiste Rip Cronk et l’un des symboles emblématiques du quartier de Venice à Los Angeles. Depuis 1991, ce Morning Shot de 3,50 mètres de large et 10,50 de haut, représente le leader des Doors dans l’une de ses attitudes scéniques favorites, torse nu, un micro dans la main droite. Lors d’une restauration en 2012, le peintre a retouché sa fresque en abandonnant le bleu du fond d’origine pour un orange beaucoup plus claquant.

Patrick BETAILLE, août 2023

Salman Rushdie – Kalach’

© Photo: The Eye of Photography

 


[Salman Rushdie – 2015]: ″ Religious radicalism radiates a form of glamour. Give a penniless, jobless young person a Kalashnikov and a uniform, and suddenly you’re giving power to someone who feels vulnerable and disadvantaged ″.

Le radicalisme religieux irradie une forme de séduction. Offrez une kalachnikov et un uniforme à un jeune sans le sou, sans emploi, et soudain vous donnez un pouvoir à celui qui se sent vulnérable et défavorisé ″.


Patrick BETAILLE, août 2023

Le Lundi c’est Permis – Saxo

Source Image: Candy Dufler From Screenshot Masterfunk on TV

 


[Emil Cioran, philosophe]: ″ À quoi bon fréquenter Platon, quand un saxophone peut aussi bien nous faire entrevoir un autre monde? –  Why would we get involved with Plato, when a saxophone can give us a glimpse of another world? ″.


 

Lio – Pop Model

© Costa Kekemenis

Vanda Maria Ribeiro Furtado Tavares de Vasconcelos connaît son premier succès en 1979 avec Banana Split. Mademoiselle a alors seize ans, et se produit sous le nom de Lio. [NDLR avouez quand même que c’est plus facile à retenir et à caser sur une pochette de disque, à fortiori s’agissant d’un 45 tours].

Sorti en 1986, Pop Model est le quatrième opus studio de la chanteuse. Grâce à  Les Brunes ne Compte pas pour des Prunes et Fallait pas Commencer, l’album se vend à plus de 100 000 exemplaires. Disque d’or, il marque le retour de la lolita sur le devant de la scène et fait pas mal de bruit à cause de sa pochette.

Sur une idée du designer Esteban – inspirée par la ″ Red Girl ″, œuvre du pop artiste Allen Jones – c’est Costa Kekemenis qui s’occupe de la photographie. Couleurs vives, dessous chics face nord pour le recto et fesses sud pour le verso, difficile de louper ce cover art tapageur et suggestif devant lequel beaucoup se sont retrouvés plus excités que des acariens au salon de la moquette. Bien que trouvant le visuel plutôt approprié, Lio exprimera néanmoins des sentiments mitigés à l’égard du fétichisme et du concept de femme-objet que Jones met en avant au travers de ses œuvres.

En 2018, dans son émission Quotidien, Yann Barthès interviewe l’artiste et revient sur l’album en question en le présentant à la caméra: ″ Je me suis toujours demandé si c’était vous! ″.  Réponse de la Pop Model: ″ Je confirme, c’est moi. C’est absolument moi et la petite culotte est en cuir si vous voulez savoir! ″. Voilà qui est dit, maintenant on sait!

 

Philippe Brossat – Streets of Los Angeles

 

Généralement, Il existe des moyens somme toute classiques – mais qui ont fait leurs preuves – pour raconter l’histoire du rock. Ce ne sont pas les biographies d’artistes ou de groupes qui manquent. Souvent accompagnées de témoignages, d’anecdotes, de faits avérés ou légendaires, avec en toile de fond les lieux, les tournées, la scène, les backstages, les maisons de disques, les studios, les amours etc; elles racontent les errances de ces musiciens qui ont nourri les pages de la musique populaire.

Philippe Brossat, lui, fait le choix de la cartographie, celle de Los Angeles, haut lieu du cinéma mais aussi temple de la culture musicale. Pour son Streets of Los Angeles, l’auteur se met en mode Guide du Routard et nous emmène visiter des endroits plus ou moins connus, théâtres d’évènements heureux, cocasses ou dramatiques, de rencontres, d’albums mythiques, de carrières fulgurantes mais aussi de déchéances qui ont marqué durablement l’histoire du rock.

La visite commence par le Continental Hyatt dans les couloirs duquel John Bonham se baladait en Harley Davidson à l’époque où Led Zeppelin en tournée louait les six derniers étages. Keith Moon et Keith Richard, eux, préféraient balancer des téléviseurs par les fenêtres; Axl Rose y cuisait des steaks au barbeuk sur le balcon de sa chambre, Jim Morrison escaladait la façade du bâtiment et Corey Taylor loupait son suicide en sautant du huitième étage. Cap sur le Château Marmont, le quartier général de quelques stars comme Robert Plant où John Belushi qui a trouvé la mort dans l’un des bungalows jouxtant le bâtiment. Quelques numéros plus loin, le London Frog, club dans lequel les Doors se produisirent sur scène pour la première fois. En route pour les studios Columbia où furent enregistrés les premiers albums des Byrds et de Buffalo Springfield; pour le Troubadour où défilèrent Joni Mitchell, David Crosby, Jackson Browne ou encore Elton John pour son premier concert sur le sol américain. Un peu plus loin, Radio Recorders. C’est là qu’ Elvis Presley a enregistré Jailhouse Rock.

Au fil des 288 pages, on passe de Laurel Canyon – où vécurent Neil Young, Frank Zappa, les Eagles et The Mamas & The Papas – aux environs de la Santa Monica Freeway où Marvin Gaye fut assassiné par son père. On peut aussi décider de flâner sur Santa Monica Boulevard là où Janis Joplin sera retrouvée morte d’une overdose dans la chambre 105 du Landmark Hotel et où Jim Morrison pissa sur le comptoir du Barney’s Beanery, bar dans lequel Quentin Tarantino écrira plus tard le script de Pulp Fiction.  Mais le visiteur est également bien accueilli dans le saint des saint, le Guitar Center sur le parvis duquel les mains de guitaristes (AC/DC, Van Halen, Motörhead, Zappa, etc;) sont imprégnées dans le ciment. Quant à Jimi Hendrix, il a carrément son effigie en façade. Sans oublier une véritable catastrophe pour le monde de la musique. Celle de l’incendie d’un entrepôt situé près du parc d’attractions Universal, hangar anonyme dans lequel étaient stockés certains masters originaux de Chuck Berry, Bill Haley, Buddy Holly, Jerry Lee Lewis, B.B. King, Police, Iggy Pop, Elton John, etc; etc. 

Truffé de tranches de vies et de références indispensables à la compréhension du monde du rock, ce trip sans Gps dans la Cité des Anges est historiquement étonnant, culturellement savoureux, et donc, nécessaire. Édité par Le Mot et le Reste, Streets of Los Angeles est actuellement diponible partout et même ailleurs.

Patrick BETAILLE, juillet 2023

 

Willy Ronis – Le Petit Parisien

© Willy Ronis

 

[ Source France Info ]: Selon Willy Ronis, ce cliché est le seul pour lequel il a demandé à son modèle de se mettre en scène. Le petit Parisien avec sa baguette dans les rues de Paris, c’est Jean Brosseron. A l’époque, en 1952, il avait 5 ans. Aujourd’hui, il se souvient comme si c’était hier que le photographe lui avait demandé de courir en sortant de la boulangerie. ″ Ravi de rendre service et de faire l’intéressant, j’ai couru avec ma baguette. Le monsieur a pris ses photos et ensuite, je suis rentré chez moi. Très fier, je l’ai dit à ma mère, mais elle ne m’a pas cru et m’a répondu : et moi, je suis la reine d’Angleterre ″ raconte, amusé, le septuagénaire.

Patrick BETAILLE, juillet 2023

Festival BD de Dieppe – Le Décolleté de Marie

© Jim

 

Une robe à peine décolletée a fait réagir la municipalité de gauche de Dieppe qui a fait rajouter des livres sur ce dessin de Jim, l’invité d’honneur du festival de la bande dessinée et auteur de Une Nuit à Rome qui met en scène en scène Marie et Raphaël, amants de 20 ans qui se promettent de se revoir à Rome pour leurs 40 ans. C’est donc tout naturellement que l’héroïne figure sur l’affiche destinée à promouvoir l’événement culturel. Voici donc Marie, accoudée sur des piles de livres avec en arrière plan l’église Saint-Jacques. Au prétexte que s’agissant d’annoncer un événement qui touche tous les publics, la mairie communiste a pensé que ″ la représentation d’une jeune femme en pose lascive, avec un décolleté même discret, n’entrait pas dans la vision qu’elle se fait de la lutte contre les discriminations « . Sans consulter ni faire appel aux services de l’artiste le visuel a donc été modifié. Le décolleté de Marie s’est ainsi retrouvé masqué par un empilement de bouquins, ses cheveux ont pris de la longueur et les fines bretelles de sa robe ont gagné en épaisseur.

Face à l’émoi provoqué par la volonté municipale de modifier le visuel original de l’affiche, l’élu Nicolas Langlois a pris la décision de revenir à la version originale. Ouf! Nous avons échappé au pire! Certes, mais jusqu’à quand? Les moralisateurs, coincés du fondement, bas du front, puritains et autres béni-oui-oui, eux les conformistes soumis au politiquement correct sont là, ils veillent. De plus en plus présents et prêts à déclencher une tempête dans un verre d’eau au nom d’une bien-pensance navrante, pitoyable et ridicule.

Patrick BETAILLE, juillet 2023