John Douglas – Rock’n’Roll Legacy

© John Douglas – Joe Perry

 

Sa contribution au monde du rock est tout simplement légendaire. Le parcours atypique de John Douglas débute alors qu’il est au lycée. À la fois artiste et batteur dans un groupe local, il commence à peindre les peaux de ses grosses caisses. D’autres musiciens remarquent son travail et font appel à lui. Les créations artistiques de John n’échappent pas à la communauté rock. Une trentaine d’années plus tard, il a peint, personnalisé et modifié batteries et guitares pour certains des plus grands groupes du monde, notamment Pantera, Slash, Lynyrd Skynyrd, Kid Rock, Van Halen, Bon Jovi, ZZ Top et Aerosmith, groupe avec lequel l’artiste a entretenu une relation particulière. Tout a commencé par une rencontre au début des années 90 qui le conduit à peindre la guitare Billie de Joe Perry. Peu après, il customise les fûts de Joey Kramer, puis devient son technicien personnel. En 2019, lorsque Joey se blesse il le remplace au pied levé pour assurer la tournée américaine du groupe.
Au cours de sa carrière et de ses nombreux déplacements John Douglas a peint des œuvres saisissantes représentant des icones du rock comme Billy Gibbons, Eddie Van Halen, Stevie Nicks, Dave Grohl, Bono, les Rolling Stones et beaucoup d’autres visibles ici: John Douglas Fine Art.  

Ken Kelly – Kiss

C’est sous la houlette de son oncle Frank Frazetta que Ken Kelly (1946-2022) a fait ses premières armes en illustrant des bandes dessinées horrifiques ou fantastiques. Très vite remarqué par le monde de l’Héroïc Fantasy, le dessinateur va bénéficier de l’opportunité de diversifier sa production.
En 1976, le groupe américain Kiss, alors en pleine ascension, souhaite offrir à son nouvel album une image plus en rapport avec le shock rock pyrotechnique et extravagant qui fait le succès de ses shows. Pour ce, Paul Stanley et Genne Simmons font appel à Frazetta qui, passablement débordé, refile la patate chaude à son neveu. C’est donc Ken Kelly qui est à l’origine du cover art de Destroyer, la quatrième production studio qui parait en mars 1976 et connait un immense succès. Logiquement, Kelly est à nouveau sollicité pour illustrer, Love Gun, pour lequel il s’inspire de son épouse Rose pour matérialiser les femmes présentes aux pieds du quatuor. Entre ces deux pochettes, l’artiste a également réalisé la magnifique illustration de Rising, le deuxième opus de Rainbow, le nouveau combo de l’ex-Deep Purple: Ritchie Blackmore. À partir de la fin des années 80, Ken Kelly entamera une longue collaboration avec le groupe de métal Manowar pour lequel il signera les visuels de six disques.


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Patrick BETAILLE, octobre 2025

Le lundi c’est permis – Élégance

© Olivier Tramoni

 


[Audrey Hepburn]: ″ Elegance is the only beauty that never fades – L’élégance est la seule beauté qui ne fane jamais ″ Olivier Tramoni


Patrick BETAILLE, août 2025

Barclay James Harvest – Octoberon

 

Groupe britannique de pop rock, Barclay James Harvest a très souvent utilisé l’emblème du papillon. Sous une forme ou une autre, le lépidoptère s’est retrouvé à l’honneur sur différentes pochettes de disques (BJH & And Other Short Stories, Once Again, Baby James Harvest,Time Honoured Ghosts, Gone to Earth, XII, et Turn of the Tide) et même intégré de belle manière dans le light show laser des concerts. La plus belle pochette des albums de BJH reste celle d’Octoberon paru en 1976. S’appuyant sur ce symbole illustrant des mélodies ambitieuses, le groupe a cette fois utilisé un tableau datant de 1901 et peint par l’artiste britannique Frederick Marriott (1860-1941). On y voit Oberon, le roi des elfes, sous la forme d’un papillon aux ailes déployées. Le personnage avec ses incrustations de nacre et ses dorures a été apposé en relief sur un paysage verdoyant.

Quant l’intitulé du disque, Octoberon, il résulte de la contraction de octo (le disque étant le huitième du groupe) et Oberon, l’un des personnages d’une comédie de William Shakespeare écrite en 1595, Le Songe d’une nuit d’été.

Patrick BETAILLE, juillet 2025


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John Kacere – Jorge Santana

© John Kacere – Jorge Santana 1st Album – 1978

John C. Kacere (1920-1999) était un peintre américain qui, à ses début, œuvrait dans l’expressionisme abstrait. En 1963, il s’oriente vers un hyperréalisme axé sur la plastique féminine. Même si en 1969 il peint sa première toile photoréaliste représentant le corps entier d’une femme, presque toutes ses peintures se focalisent sur la partie inférieure de ses modèles vêtus de lingerie. En 1978, l’une de ses peintures a été utilisée comme illustration du premier album éponyme du musicien Jorge Santana, le frère cadet du célèbre Carlos Santana. Le travail de l’artiste fait désormais partie des collections publiques de plusieurs institutions, dont le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Portland Museum of Art et le Speed ​​Art Museum de Louisville dans le Kentucky. Certains des tableaux de John Kacere sont visibles ici: WikiArt.

Patrick BETAILLE, mars 2025


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Sebastian Krüger – Face 2 Face

© Sebastian Krüger – The Rolling Stones – 2006

 

Sebastian Krüger est né en Allemagne en 1963. Il a étudié la peinture et les arts graphiques à l’Université des Beaux-Arts de Brunswick dans les années 1980 et a gagné sa vie très tôt en dessinant des pochettes d’album. Il s’est rapidement lancé dans une carrière d’illustrateur pour des magazines comme Stern, Spiegel, Rolling Stone ou Playboy et s’est fait un nom dans le monde de l’art. Depuis 2023 il se consacre exclusivement à la peinture, abandonnant son travail commercial pour ses désormais légendaires portraits de personnalités ou d’icônes du show-business d’hier à aujourd’hui. Ses œuvres vont des croquis au crayon aux peintures presque abstraites, en passant par des rendus proches du photoréalisme, et il maîtrise chaque variante avec une habileté extraordinaire. Parmi les collectionneurs d’œuvres de Krüger figurent les Rolling Stones, avec qui il est ami depuis des années. Keith Richards figure d’ailleurs parmi ses sujets préférés. Pour s’en convaincre, il suffit de parcourir cette galerie: San Francisco Art Exchange.

Patrick BETAILLE, février 2025

 

Les Arcanes de La Joconde

Source Image: La maison des tableaux.com

 

Pour faire parler les tableaux, les grands musées du monde s’entourent de techniciens de haut niveau et d’équipements de pointe. L’idée? Analyser les pigments, les matériaux, la technique des artistes pour en apprendre plus sur l’histoire de l’art et mieux identifier, restaurer ou préserver les œuvres. Parfois même, lever le voile sur certaines énigmes.

Depuis sa réalisation par Léonard de Vinci dans les années 1500, le fameux portrait de La Joconde n’a cessé d’interpeler public, artistes et scientifiques. La raison? Le sourire énigmatique qu’affiche l’épouse du marchand florentin Francesco Del Giocondo. Durant des siècles, les analyses les plus pointues ont été mises en œuvre pour éclaircir le mystère du chef-d’œuvre exposé au Louvre. Au fur et à mesure des avancées technologiques, la toile a été soumise à la microscopie, la radiographie, la spectrométrie, la chromatographie, aux infrarouges, aux ultraviolets et même aux rayons X.  Récemment, grâce à une caméra multispectrale de dernière génération il a été possible de pénétrer sous la surface de la toile, d’analyser toutes les couches de peintures et de reconstituer l’ensemble en très haute définition.

L’on peut enfin deviner le motif de l’émotion qui se cache derrière un si plaisant demi-rictus: la présence, durant la séance de pose, d’un chat lové dans les bras de Mona Lisa.

Patrick BETAILLE, janvier 2025

 

David Uhl – Women of Harley: Ruth

© David Uhl

 

Au même titre que Ruby, Betty, Pearl et Rose, Ruth fait partie de cette série d’hommages aux femmes d’exception que David Uhl aime mettre en scène. L’œuvre date de 2005, le modèle – Ruth Helm – faisait partie des WASP (Womens Airforce Service Pilots). Dans cette interprétation inspirée de faits réels on retrouve l’aviatrice au pied de son P-51 Mustang au retour d’une mission d’entraînement. Elle a posé son avion de chasse sur le terrain d’aviation Avenger à Sweetwater, au Texas et, histoire de prolonger les good vibrations, elle vient d’enfourcher un bobber Harley-Davidson Knucklehead de 1940, celui-là même que possède le peintre. Sur la carlingue de l’avion, en guise de Nose Art: IT’S ABOUT TIME [ C’est le moment – NDLR ]. Un clin d’œil de la part du maître incontesté de la peinture dédiée à Harley Davidson, comme un hommage adressé au WASP pour sa contribution à l’effort de guerre.

Patrick BETAILLE, mai 2023

Kris Preslan – Watercolors

© Kris Preslan

 

Originaire de l’Oregon, Kris Preslan, bien qu’autodidacte, est au pays de l’Oncle Sam, l’une des figures emblématiques de l’art pictural. Spécialiste dans le domaine de l’aquarelle qu’elle pratique depuis une quarantaine d’années, cette coloriste fait partie entre autres de l’American Watercolour Society et de la Transparent Watercolour Society of America. Si son sujet de prédilection touche essentiellement aux paysages et aux scènes urbaines, l’artiste s’attarde aussi parfois sur des personnages de la vie quotidienne et sur les animaux. Peut- être un peu plus étonnant encore, Kris Preslan a fait sienne la représentation de véhicules en célébrant le chrome et les courbes de la culture mécanique dans tout ce qu’elle a de plus représentatif. Sous ses pinceaux, et grâce à l’utilisation de pigments puissants, motos et voitures, modernes ou anciennes, apparaissent de façon extrêmement réaliste, presque une célébration en trompe-l’œil: Wheels: Watercolors by Kris Preslan.

Patrick BETAILLE, février 2023

Martin Sharp – Cream

 

Dans les années 60, Martin Sharp (1942 – 2013) devient directeur artistique du magazine satirique australien OZ.  Les représentations psychédéliques de Bob Dylan, Jimi Hendrix, Donovan ou encore lMona Lisa entourées de bananes font de lui un artiste immédiatement reconnaissable. Sharp est alors le maitre incontesté des entrelacs tourmentés, des couleurs criardes et des lettrages surréalistes qui deviendront l’apanage de l’un des plus beaux courants artistiques des sixties. À Londres, il se lie d’amitié avec Eric Clapton avec qui, pendant un temps, il partage le même appartement. Au cours de cette période il offre au guitariste un poème qui aboutira à la chanson Tales of Brave Ulysse figurant en 1967 sur Disraeli Gears de Cream, album pour lequel le groupe bénéficiera du travail du designer quant à la réalisation du cover art. L’année suivante, Martin Sharp sera de nouveau de la partie pour l’illustration – en noir et blanc cette fois – du troisième opus du power trio Eric Clapton/Ginger Baker/Jack Bruce: Wheels of Fire.


D’autres anecdotes sur les pochettes de disques dans le livre: IN VINYLE VERITAS


 

Patrick BETAILLE, septembre 2022