Alice Cooper – The Revenge of Alice Cooper

 

L’album du retour que tout le monde redoutait ″. Le message est clair. D’autant plus clair qu’à y regarder de plus près on peut lire aussi: ″ Le groupe des origines? 14 nouveaux titres? Pas de pitié? ″. Alice revient, sans son lapin mais en compagnie de ceux avec qui elle a écrit les plus belles pages du shock rock des seventies. Michael Bruce (Guitare), Denis Dunaway (Basse), Neal Smith (Batterie)  sont là pour revivre la grande époque de Love It to Death, Killer, School’s Out et Billion Dollar Babies. Un seul manque à l’appel: Glen Buxton, le guitariste disparu en 1997 à qui un hommage est rendu avec See you on the Other Side, titre dans lequel Alice chante : ″ à bientôt, je sais qu’un jour nous jouerons à nouveau ensemble ″.

Essayer de faire revivre le passé peut s’avérer délicat, voire risqué s’agissant d’une réunion d’anciens combattants. Même si les protagonistes affichent plus de 70 au compteur de leurs existences, The Revenge of Alice Cooper est une réussite. Certes, le rock horrifique de monsieur Furnier s’est considérablement assagi mais la magie opère toujours et l’alchimie est palpable. Pas d’esbroufe, la formation au complet accepte le temps qui passe et en fait un atout. Avec ses 14 titres l’album navigue sans temps morts entre rock, théâtralité, grandiloquence et même psychédélisme. Témoignage simple et  efficace de la part de ceux qui n’ont pas besoin de se réinventer pour prouver qu’il sont encore vivants.

Patrick BETAILLE, juillet 2025

Bruce Springsteen – Tracks II: The Lost Album

 

Tracks, sorti en 1998, regroupait déjà des pépites que les inconditionnels du Boss avaient recherché pendant des années et qui pour certains figuraient sur de rares bootlegs faisant l’objet de quêtes fébriles. Sept ans après, Bruce Springsteen remet le couvert avec Tracks II en commercialisant, sous forme de coffret, des inédits couvrant essentiellement les années 90, période au cours de laquelle le E Street Band avait été délaissé au profit d’une entame de carrière solo. Un véritable trésor: des albums ambitieux regroupant 83 titres qui pour certains avaient été mixés mais jamais publiés. De démos austères aux orchestrations grandiloquentes en passant par de l’americana gorgée d’émotions ou du gospel inspiré, chaque disque possède sa propre identité et braque les projos sur le talent du plus grand conteur de l’histoire du rock qui affiche 75 printemps et plus de 50 ans de carrière.

Tracks II est disponible en édition limitée de neuf vinyls ou sept Cd pour la modique somme de 285 à 350€ selon les versions, photos et livrets compris. Pour les fans qui souhaitent un point d’entrée plus abordable, une version complémentaire, Lost and Found: Selections from The Lost Albums, rassemble 20 titres de l’intégrale sur deux LP ou un CD.

Patrick BETAILLE, juillet 2025

 

Carolyn Wonderland: Truth Is

 

Carolyn Wonderland a ceci d’exceptionnel qui consiste à prouver que le blues n’est ni simpliste, ni unidimensionnel.  Son treizième album – le deuxième sur le label Aligator – couvre presque tous les genres, de la country au gospel, du rock au boogie-woogie en passant par le blues. Chanteuse, compositrice, guitariste et multi-instrumentiste, cette artiste a fréquenté quasiment tout le gotta de la musique américaine, John Mayall, Townes Van Zandt et Buddy Guy compris. Il n’est donc pas étonnant de percevoir avec délectation des influences diverses à l’écoute des 12 titres joliment rythmés par des claviers et des parties guitares qui classent la dame parmi les meilleurs musiciens de country blues. Et puis il y a cette voix puissante qui ne lâche rien en offrant une étendue extraordinaire aux compositions. Sooner or Later et son jeu de lap steel guitar. I Ain’t Going Back à la sauce blues funky. Rock en mode shuffle éblouissant pour Truth Is (mon préféré) et Tattoos As His Talisman. Teinte soul aux intonations jopliniennes période Pearl pour un Let’s Play a Game poignant. Whistlin’ Past The Graveyard Again à la lisière du blues et de la country. Piano virevoltant sublime sur Blues for Gene et un It Should Take aux accents louisianais. Direction les Caraïbes avec Deepest Ocean Blue. Flowers in Bloom débute tout en douceur et va crescendo pour laisser libre cours à une performance vocale énorme.

Truth Is c’est ça: un pot-pourri de haute volée qui reflète la classe, le talent et le feeling incontestables d’une musicienne d’exception.

Patrick BETAILLE, juillet 2025

 

Status Quo – Quo Live!

 

Quo Live est le premier album en public de Status Quo. Il est sorti le 1er mars 1977 sur le label Vertigo Records et a été produit par le groupe. Ce double LP a été enregistré avec le studio Rolling Stones Mobile à l’Apollo Theatre de Glasgow, lors des trois concerts des 27, 28 et 29 octobre 1976. Véritable tournant dans la carrière du groupe ce brulot de boogie rock frénétique a déjà fait l’objet de rééditions remastérisées en 2005 et, en 2014, sous la forme de 4 cd incluant des extraits de concerts australiens.

Marketing oblige, en prenant en compte le fait que Francis Rossi n’ait jamais été vraiment satisfait du son de l’album original et que récemment des masters aient été exhumés par hasard, voici qu’arrive le graal qui devrait combler de bonheur les fans du quatuor anglais.

Dans un coffret de 8 CD on retrouve l’album original, fraîchement remasterisé, mais aussi les 3 prestations écossaises dans leur intégralité et remixées à partir du son des 24 pistes sources. Bien évidemment et mises à part des subtilités au niveau de l’interprétation de la part de musiciens métronomiques patentés, la set list ne varie pas d’un soir à l’autre. Raison pour laquelle l’objet s’adressera essentiellement aux inconditionnels. Les autres – ceux qui possèdent les vinyls ravagés jusqu’au fond des sillons ou ceux qui ont déjà investi dans les rééditions – se laisseront peut-être tenter par les informations regroupées dans le livret inclus dans le contenant. Ils auront raison! Des notes de Dave Ling (auteur et fondateur de Classic Rock Magazine) révèlent les dessous de la création du disque et de son impact lors de sa sortie et, en supplément de commentaires et de photos inédites, un article d’Andy Gamble (AVP Studios) dévoile les processus de mastering et d’ingénierie sonore. 

Seule ombre au tableau: le packaging. Avec un tarif de plus de 100 euros, la valeur historique de ce document sonore aurait mérité un emballage moins cheap et surtout une conception mieux adaptée à la manipulation des cd.

Woo-Ooh-Ooh-Ooh-Ooh! - Wow-Ooh-Ooh-Ooh-Ooh!

Patrick BETAILLE, juin 2025

The Dead Daisies – Lookin’ For Trouble

 

The Dead Daisies sortent de leur zone de confort au sein de laquelle ils pratiquent un rock énergique qui leur réussit plutôt bien. Même pas peur! Avec Lookin’ for Trouble, les australo-américains se jettent à corps perdu dans un genre sur lequel beaucoup avant eux se sont cassés les chicots: le blues high octane! Histoire de remettre l’église au cœur du village, ce nouvel album a été enregistré dans les studios Fame de Muscle Shoals en Alabama. C’est depuis ce lieu mythique que le quintet rend un hommage appuyé à des compositeurs ou interprètes qui ont définitivement marqué l’histoire de la musique populaire grâce à des classiques intemporels. Jugez plutôt: I’m Ready (Muddy Waters) – Going Down (Freddy King) – Boom Boom (John Lee Hooker) – Black Betty (Lead Belly) – The Thrill Is Gone (B.B. King) – Born Under A Bad Sign (Albert King) – Crossroads (Robert Johnson) – Sweet Home Chicago (Robert Johnson) – Walking The Dog (Rufus Thomas) et Little Red Rooster (Howlin’ Wolf).

Le groupe ne se contente pourtant pas de resucées honnêtes de standards vénérés. Ils prennent parfois aussi le risque de mettre à mal les préceptes du blues en trois accords sur douze mesures. Le chant puissant de John Corabi et les interventions virtuoses du guitariste Doug Aldrich à la slide offrent à l’ensemble une dimension particulière à la musique du diable. Aucune faute de goût non plus de la part de David Lowy (guitar), Michael Devin (bass) et la nouvelle recrue Sarah Tomek (drums) qui viennent prouver avec efficacité qu’eux aussi sont là pour péter la gueule aux fantômes et faire se lever de sa chaise n’importe quel cul de jatte.

En dix titres électrifiés par la puissance et l’assurance sur lesquelles ils ont bâti leur réputation, The Dead Daisies font de chaque morceau un amalgame de feeling, d’audace et de férocité en offrant à Lookin’ For Trouble un blanc-seing pour laisser le blues venir percuter le heavy rock de plein fouet. Juste histoire de chercher des ennuis en tentant de mettre fin à la querelle des anciens et des modernes.

Patrick BETAILLE, juin 2025

Larkin Poe – Bloom

 

Il est de ces formations dont on ne se lasse que très difficilement. C’est le cas de Larkin Poe qui, album après album, atteste le talent des sœurs Lovell: Rebecca (chant et guitare) et Megan (chœurs et lap steel guitar). Depuis 2013, le duo n’a cessé de rendre hommage à la musique du Deep South avec un mélange jouissif de blues, d’americana et de rock sudiste. Coproduit par Tyler Bryant, Bloom reflète à merveille toute la force créative des filles d’Atlanta. D’emblée, ce huitième album studio s’impose avec Mockinbird, Easy Love Part1 et Little Bit qui, entre blues et ballades, ne font pas les chose à moitié question feeling. En mode blues rock Bluephoria monte en puissance juste avant que les vumètres ne s’affolent sur Nowhere Fast, If God Is a Woman et surtout Pearls, un titre étourdissant qui, gorgé de riffs et de pulsations, déchire tout sur son passage. Dans Easy Love part 2, You Are The River et Bloom Again, folk et folk rock sont à l’honneur en apportant une touche d’émotion. Quels que soient les genres, les Larkin Poe les transcendent avec un talent et une habileté indéniables en explorant les contrées musicales qui leur sont chères. En navigant entre douceur et puissance, Rebecca et Megan nous offrent un album riche et captivant que l’on savoure  à chaque écoute !

Patrick BETAILLE, mai 2025

 

Anthny Gomes – Praise the Loud

 

Tronche de killer hurlant, Ginson Flying V fumante pointée vers le ciel, d’emblée le message est clair: le mec il n’est pas là pour enfiler des perles. Ce guitariste canadien est pour moi une découverte prescrite par un mien expert en trucs qui hérissent les poils de la guitare. Anthony Gomes s’y connait en 6 cordes et c’est toute son énergie qu’il déverse aux pieds du blues rock, du hard rock et du metal. Question voix le gars ne fait pas dans la dentelle non plus avec un clonage des cordes vocales de Rod Stewart (Love Song Gone Wrong) et celles de Billy Gibbons (Praise the Loud), le tout dégrossi à la râpe à bois puis mixé au pili-pili. Le vaste répertoire vociférant de Gomes rend parfois aussi hommage à ses pairs tels que Free (Inside Out) ou AC/DC (Electric Blues Crusade). Who cares! En 12 titres Praise the Loud est véritablement une expérience électrisante, délivrée avec virtuosité, décontraction et un savoir faire redoutable de la part de ce power trio.

D’entrée, le titre éponyme frappe très fort en juxtaposant riffs puissants et solo explosif à la wah-wah. Pour la suite, la même recette est appliquée, y compris sur des morceaux mid tempo comme Netflix and Chill. En juxtaposant guitares massives, chant puissant et rhythmique impeccable de la part de ses deux acolytes (le bassiste Jacob Mreen et le batteur Chris Whited), Anthony Gomes parvient à ouvrir la frontière entre le blues et le rock en saupoudrant largement les genres d’incandescence. En ce sens, In the Name of the Blues et son jeu de guitare exceptionnel est probablement le plus représentatif de ce processus. Même tarif, même punition pour Electric Blues Crusade au solo de guitare jouissif et exceptionnel d’audace. L’album s’achève comme il a commencé sur Blame on Rock and Roll, un hard rock plombé de chœurs entêtants.

Praise the Loud est convaincant. Le genre est assuré de prospérer tant que des artistes comme Anthony Gomes seront là pour entretenir la flamme!

Patrick BETAILLE, mai 2025

Ally Venable – Money & Power

 

Ally Venable a pratiqué le chant dès son plus jeune âge, découvert la guitare à 12 ans et n’en avait que 14 lors de la sortie de Wise Man, son premier EP de 7 titres. De cordes en micros la texane a passé la dernière décennie à se faire une place dans un monde musicalement dominé par les hommes. Très influencée par Stevie Ray Vaughan et Samantha Fish, la guitariste et chanteuse a été nominée en 2018 pour le prix du meilleur nouvel artiste aux Blues Awards. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle fasse partie en 2019 de la Blues Caravan de Ruf Records (sa maison de disques) et que Kenny Wayne Shepard l’embarque en première partie de sa tournée de 2021. L’ascension de Venable a donc été fulgurante. Après le succès de Real Gone, N°1 du Billboard blues en 2023, et la reconnaissance par le magazine Total Guitar comme l’une des 100 meilleures guitaristes de blues, l’artiste revient avec un sixième album dans lequel elle confirme vouloir repousser les limites de son art.

Sans être forcément révolutionnaire, Money & Power est un album de blues rock audacieux et agressif qui réveille et satisfait les attentes. Brown Liquor ouvre les hostilités en compagnie de  Christone ″ Kingfish ″ Ingram venu livrer un furieux solo. Changement d’ambiance avec Maybe Someday et son ambiance soul portée par la voix et les cuivres. L’album explose avec le titre éponyme, précis, direct et cinglant porté par un solo à la wah wah de haute volée. Suit Do you cry, un slow blues viscéral au cours duquel la puissance de la voix et un solo d’anthologie vous font sortir les roustons par les oreilles. Même recette mais accélération du tempo sur un Heal Me qui précède Stopper Back Papa qui vient prouver les talents de la dame dans un style plus funky.  Legends, Keep In Mind, Unbreakable irréprochables eux aussi. Stepping Stone et Feel That Thing, puissants et énergiques mais aux ambiances plus atmosphériques et envoutantes. C’est sur Black Cat, un titre fringant emprunté à Janet Jackson, que s’achève Money & Power avec lequel Ally Venable affiche son ambition de vouloir s’imposer à l’avant-garde d’un blues rock puissant et équilibré.

Patrick BETAILLE, mai 2025

L.A. Guns – Leopard Skin

 

En ce printemps 2025, L.A. Guns, les vétérans du sleaze rock californien nous gratifient de leur quinzième album studio. Leopard Skin témoigne de pas loin de 40 années de bons et loyaux services au cours desquelles le groupe a toujours fait preuve d’une énergie sans faille pour entretenir la flamme d’un heavy rock simple et efficace. Les dix titres de ce nouvel album – le quatrième depuis le retour aux affaires des membres fondateurs Phil Lewis (chant) et Tracii Guns (Guitare) – offrent une ambiance baignée à la fois de nostalgie et d’inventivité. Dès le premier morceau, Taste It, on retrouve avec plaisir la signature sonore qui a fait la renommée du quintet de Los Angeles: des riffs tranchants, une rythmique entraînante et la voix puissante de Phil Lewis. Lucky Motherfucker vient confirmer la tendance en y ajoutant à mi-course une touche funky et un break étonnant d’originalité. Pas de baisse de régime avec The Grinder, Intense et crasseux avec ses solos de slide. Hit And Run est un mid tempo moins bourrin mais irrésistible. Rien à voir toutefois avec le déjanté Don’t Gimme Away. Lui aussi en mode mid tempo, I’m your Candy Man précède l’étonnant Runaway Train [Rien à voir avec le titre de Soul Asylum – NDLR], une incursion country and western acoustique. Follow The Money s’inscrit dans la lignée des classiques du hard rock avec guitares en veux-tu en voilà et déclamations voraces. Dans la série  » on sait faire aussi des ballades  » c’est le moment de The Masquerade. Intro acoustique, profusion de cordes avant que ne débraque la fée électricité et ses lignes mélodiques dans la plus pure tradition power ballad des eighties. Avec If You Wanna, l’album s’achève comme il a commencé; avec le même punch.

Même s’il ne bouscule pas les codes, Leopard Skin est l’occasion d’apprécier l’honnêteté et l’efficacité de ces Guns encore et toujours prêts à défourailler pour entretenir leur légende, y compris en faisant appel à l’artiste peintre Kahla Lewis pour un cover art des plus attractifs.

Patrick BETAILLE, mai 2025

Ghost – Skeletá

 

Les hasards de l’actualité donnent parfois aux événements une dimension quasi surnaturelle. Le 21 avril, le pape François partait au plus haut des cieux histoire de voir si j’y étais déjà. Quatre jours après, la nouvelle tombe sur les téléscripteurs de la chapelle Sixtine: Habemus papam! Sans la moindre fumée blanche, la nomination du nouveau pape Papa Emeritus V n’a bien sûr rien à voir avec la succession du Saint-Père argentin. Il ne s’agit que de la énième incarnation de Tobias Forge, le leader masqué de Ghost, groupe de metal suédois qui, depuis  2010, gère ses albums comme une saga théâtrale axée sur l’occulte et le mystique.

Dernier opus en date, Skeletá ne déroge pas à la règle. Mélant rock FM estampillé eighties (Peacefield, Cenotaph, Marks of the Evil One), hard rock classieux (Satanized, De Profundis Borealis, Missilia Amori) et prog rock (Lachryma, Excelsis) parfois imprégné de pop symphonique, les Nameless Ghouls (les gueules Anonymes – NDLR) accompagnent avec talent le prédicateur de service dans ses sermons grandiloquents. D’accord, l’ensemble n’est pas sans rappeler les riches heures de Toto ou Journey, mais qui oserait s’en plaindre? Une chose est sûre, musicalement la qualité est au rendez-vous. Pour preuve, Guiding Lights, ballade lente baignant dans une instrumentation luxuriante au service d’une voix à la fois céleste et ardente. Quant à Umbra, c’est probablement le plus de ce sixième album. Refrain magnifique, rhythmique hypnotique, dialogues claviers/guitares, voix profonde et puissante, tout y est. Un coup de génie, la recette imparable pour soulever les stades. En se penchant sur les textes, l’analyse vaudrait certainement son pesant d’hosties mais là je n’ai pas le temps; j’ai un rencart à Lourdes avec Bernadette.

Kitch Skeletá? Peut-être. En tous cas bougrement efficace, admirablement produit et doté d’un cover art sublime que l’on doit à un illustrateur polonais répondant au nom de Zbigniew M. Bielak. Ite missa est, allez en paix!

Patrick BETAILLE, avril 2025