Thundermother – Dirty & Divine

 

Exclusivement féminin et mené par la guitariste suédoise et membre fondatrice Filippa Nässil, Thundermother est parvenu à s’imposer jusqu’à décrocher en 2020 le prix du meilleur groupe de hard rock aux Gaffa Awards. ″ Nous nous battons pour le rock’n’roll ″ c’est le leitmotiv des filles qui tiennent leur promesse avec ce Dirty & Divine. Le hard rock qui puise son inspiration chez AC/DC et Motörhead bénéficie ici d’une touche toute personnelle. Dès la première note, ce sixième opus livre exactement ce qu’annonce le titre : des riffs bruts et des chœurs plaisants, le tout sous couvert d’une énergie honnête qui ne faiblit pas. Les dix titres ont le punch électrisant et honnête que l’on aime dans ce genre de musique C’est fort, c’est impétueux et c’est vraiment jubilatoire. Peu importe le nombre de fois où le rock sera déclaré moribond; il y aura toujours un groupe qui cherchera à prouver le contraire. Thundermother y parvient!

 

Dennis Morris – Bob, Johnny & Marianne

© Photos: Dennis Morris – Bob Marley, Johnny Rotten, Marianne Faithfull

Beaucoup de clichés sur lesquels apparaissent des figures emblématiques de la musique populaire ont probablement marqué les esprits à jamais. Connu essentiellement pour ses photos de Bob Marley ou des Sex Pistols, ce photographe anglais a également shooté de grands noms de la scène rock. De Run DMC et Lee Scratch Perry à Oasis et The Stone Roses, en passant par les Rita Mitsouko, Dennis Morris a parfois mis de côté son Leica pour se consacrer au design. C’est ainsi qu’en 1979, il créé le logo du groupe Public Image Limited et l’emballage innovant de l’album Metal Box. Il devient ensuite directeur artistique d’Island Records et conçoit des pochettes d’album pour PIL, Linton Kwesi Johnson, Bob Marley et Marianne Faithfull. Pour cette dernière, il a dirigé la séance photo qui a donné naissance au sublime cover art du non moins sublime Broken English paru en février 1979. Dennis Morris- Marianne Faithfull sur: Snap Galleries.

Patrick BETAILLE, mars 2025

Spiders – Sharp Objects

 

Depuis leurs débuts en 2012, ces suédois se sont forgés une réputation d’ambassadeurs d’un rock qui réchauffe en s’inspirant d’un passé agrémenté d’une touche de modernité. Spiders revendiquent haut et fort leurs influences. Blues, boogie, heavy rock et même new wave) suintent de Flash Point (2012), Shake Electric (2014) et Killer Machine (2018), les précédents albums. Avec Sharp Objects,  le groupe explore un nouveau territoire imprégné d’un garage rock qui sur fond de riffs ravageurs battrait au rythme de la new wave du début des années 80. Étant donné qu’aucun des 11 morceaux ne dépasse les quatre minutes, le groupe livre un album à la fois familier et imprévisible qui semble avoir été enregistré dans un seul but : divertir. Imaginez que, dans les années 70, Status Quo aurait eu Debbie Harry comme chanteuse et vous comprendrez. Ou pas. Blondie est manifestement une référence assez évidente avec au chant Ann-Sofie Hoyles qui livre ici une excellente interprétation. Les guitares old school sont une véritable force tout au long de cet album soigneusement produit et très accrocheur qui ne se contente pas de rendre hommage à l’histoire du rock; il l’entraîne dans le présent avec un joli petit coup de pied au cul. Sharp Objects ne changera pas votre vie mais il offrira du piquant à vos soirées avec des titres énergiques qui donnent l’impression d’avoir été faits pour être joué fort. Très fort!

 

Le lundi c’est permis – Urgence

Source Image: Freepik (modifiée)

 

EN CAS D’URGENCE BRISER LA VITRE  – IN CASE OF EMERGENCY BREAK GLASS


👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

Leonard Cohen – New Skin for the Old Ceremony

 

[Extrait]: C’est une habitude chez le canadien, ses disques sont immédiatement identifiables sans même les écouter. Pochettes sobres sur lesquelles ne figure que le titre de l’album, le nom et une photo de l’artiste qui, généralement, affiche la même mine que celle d’un pitbull à qui on aurait imposé un régime végane…

L’une des rares et première fois où Leonard Cohen (1934 – 2016) déroge à la règle, c’est en août 1974 avec New Skin for the Old Ceremony, son cinquième disque. L’estampe utilisée pour l’album représente une gravure tirée du Rosarium Philosophorum, un traité alchimique du XVIème siècle publié en 1550. Sous forme d’allégorie sur l’union des contraires, deux anges couronnés et ailés semblent sur le point s’adonner aux joies de la-bête-à-deux-dos. Activité, on le sait, ô combien bassement terrestre. Puritanisme oblige la gravure sera censurée, notamment aux USA et en Espagne…

La maison de disques fera donc modifier l’artwork de Teresa Alfieri. La suggestion d’un probable accouplement sera couverte par l’ajout d’une aile sur l’un des séraphins…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, février 2025

The Hellacopters – Overdriver

 

Trois après Eyes of Oblivion qui mettait fin à une pause amorcée en 2008, les métalleux suédois reviennent avec un nouvel album studio: Overdriver. L’occasion rêvée pour The Hellacopters de célébrer dignement 30 ans de bons et loyaux services rendus au rock énergique sous influence seventies. Sans pour autant laisser de côté un genre grâce auquel il a pu acquérir les faveurs du public, le gang nordique semble cette fois s’orienter vers quelque chose d’un peu plus classique certes, mais imprégné de sophistication et d’efficacité. Token Apologies et son intro tonitruante semble tout à fait adapté à une ouverture de concert. I Don’t Wanna Be Just A Memory est clairement influencé par une power pop à la fois énergique et classieuse grâce à laquelle le quintet parvient à maitriser sa fougue de la plus belle des manières. Soldier On, un beau mid tempo ponctué par des parties piano qui collent à merveille à l’ensemble. Retour aux sources avec Wrong Face On, Doomsday Daydreams et Faraway Looks, archétypes d’un classic rock vitaminé dans lequel Nicke Andersson et sa bande excellent. 

Au premier abord, Overdriver et ses 11 titres est peut-être moins facile à aborder que son prédécesseur mais ça n’est qu’une apparence derrière laquelle il faut savourer une belle constance, du talent et un soupçon d’originalité, même si…

À condition d’y prêter une oreille attentive on se laisse vite emporter par un ensemble harmonieux, des refrains convaincants et des guitares explosives. Pour ceux chez qui le doute subsisterait encore je conseille Leave A Mark qui clôture le débat en remettant l’église au milieu du village. 

 

Thin Lizzy – The Acoustic Sessions

 

En mai 1984, Thin Lizzy se sépare après avoir laissé un beau marque-page dans le livre de l’histoire du rock. C’est deux ans plus tard que, victime de nombreux excès, Phil Lynott disparait à jamais en laissant derrière lui un vide que les fans de l’époque auront bien du mal à combler. Et voilà qu’en 2025, quarante ans après la sortie de Thunder and Lightning, arrivent the Acoustic Sessions, un album composé des versions dépouillées des morceaux qui ont nourri la notoriété du combo irlandais formé à Dublin en 1969. Pour en arriver là, la batterie d’époque de Brian Downeyes et les voix originales de Phil Lynott ont été associées à de nouvelles parties de guitare de Eric Bell, membre fondateur présent au sein de la formation jusqu’en 1973. Raison pour laquelle l’intégralité des titres viennent des sessions des trois premiers albums auxquels le guitariste a participé: Thin Lizzy en 1971, Shades of a Blue Orphanage en 72, et Vagabonds of the Western World paru en 1973.

Whiskey In The Jar, Eire, Mama Nature Said, Here I Go Again, l’essentiel y est, y-compris Slow Blues qui rend hommage à Gary Moore qui avait rejoint la formation suite au départ de Bell. Chaque morceau est une version revisitée des originaux. Soutenu par une production bien équilibrée, Eric Bell a fait un travail remarquable et il parvient à nous offrir une approche différente et jouissive, bien loin des resucées mercantiles. The Accoustic Sessions est bien un nouvel album qui est à Thin Lizzy ce que le MTV Unplugged est à Nirvana! 

Patrick BETAILLE, février 2025

Vinyls – Locked Groove

© Jean-Claude Menu: Lock Groove

 

Les disques microsillon possèdent en fin d’écoute un sillon sans fin, vide de toute information sonore. Cette particularité permet d’éviter que le bras ne vienne buter sur le centreur du vinyl, endommageant ainsi la pointe de lecture. Il est possible toutefois d’enregistrer du son sur ce sillon, permettant ainsi d’obtenir une boucle sonore d’un peu plus de 1 seconde se répétant sans fin. Cette technique a été utilisée par plusieurs artistes. La première piste utilisant cette technique se trouve à la fin du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles paru en 1967. Sur les premiers pressages monophoniques de l’album destiné au marché britannique, la chanson A Day in the Life s’achève sur un collage de phrases prononcées par le groupe et enregistrées à l’envers. À la suite des Fab Four, la même année, les Who enregistrent sur le sillon sans fin de The Who Sell Out une fausse publicité pour leur label Track Records. Avec l’arrivée du numérique et du disque compact, le ″ Locked Groove ″ a laissé sa place au ″ Hidden Track ″, technique consistant à ne faire découvrir un titre qu’après plusieurs minutes de silence. En ce domaine, Placebo remporte la palme; leurs 3 premiers albums recèlent chacun une chanson cachée. Offspring s’est aussi amusé à insérer à la fin de Smash, le troisième album, une version revisitée de ce qui deviendra un tube planétaire : Come out and Play

En 2008, le dessinateur Jean-Christophe Menu fait référence aux sillons sans fin dans Lock Groove Comix,  une bande-dessinée savoureuse qui mentionne notamment beaucoup de curiosités liées aux vinyls.

Patrick BETAILLE, février 2025

Stevie Wonder – I Was Made to Love Her

 

[Extrait]: Multi instrumentiste, auteur, compositeur, aveugle comme son idole Ray Charles. Il est celui qui, à l’âge de 11 ans, signe avec Tamla Motown et obtient un premier tube avec Fingertips en 1962. La grande carrière de ″ Little Stevie ″ est lancée. Tout au long des sixties le label publie pas moins de 11 albums dont sont extraits un nombre conséquent de singles. Stevie Wonder a 17 ans quand sort son septième album qui contient des reprises de Ray Charles, Otis Redding, Smokey Robinson et James Brown, mais aussi des compositions personnelles, dont I Was Made to Love Her qui offre son titre au disque et sort en single en mai 1967. Autobiographique, la chanson parle de Susy, une très belle fille, son premier véritable amour…

Typique du style Motown, le rythme est soutenu, la voix époustouflante et pour la première fois le sitar électrique fait son apparition. Le titre atteindra deuxième place du Billboard Hot 100 et sera dans le top 5 du UK Singles Charts. Reprise par plus de cinquante artistes parmi lesquels The Beach Boys et Tom Jones, I Was Made To Love Her fut également adaptée par Gilles Thibaut et Claude François sous le titre Rien Rien Rien pour l’album Comme d’habitude


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, janvier 2025

Garland Jeffreys – Hail Hail Rock’N’Roll

 

[Hail Hail Rock’N’Roll – Album: D’ont Call Me Buckwheat – 1992]: Toi qui est né du rhythm & blues et de la soul, réveille-moi. Je pensais que je ne vieillirais jamais, ôte-moi d’un doute, ne me laisse pas planté là. Je vois la lumière, la pression monte: Little Richard, Chuck Berry, Bo Diddley, Fats Domino. Et voici Elvis, Gene Vincent, Buddy Holly et Jerry Lee… Salut Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, janvier 2025