Giorgio – Looky Looky

 

[Extrait]: Giorgio Moroder commence à jouer du piano à l’âge de 6 ans. Adolescent, il parcourt l’Europe en tant que guitariste dans un groupe de reprises. En 1960 il s’installe à Berlin pour entamer une carrière musicale vouée à l’écriture. C’est en 1969 qu’il sort son premier single sous le nom de scène de Giorgio: Looky Looky.

Chanson ″ Do It Yourself ″ par excellence, c’est grâce à ce titre que le chanteur va commencer par se faire remarquer. Moroder ne se contente pas de composer et d’interpréter les paroles ; il joue de tous les instruments. Seul le refrain [NDLR inspiré de la chanson Papa-Oom-Mow-Mow des Rivingtons] est chanté par Michael Holm, chanteur et ami de longue date qui aurait offert ses services moyennant un bon gros steak…
Paroles bubblegum, musique simpliste, sonorités à la Beach Boys, dès sa sortie Looky Looky rencontre un énorme succès et se vend à plus d’un million d’exemplaires. Numéro 1 des ventes en France pendant une semaine, il est couronné disque d’or en octobre 1970…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, juin 2023

Foo Fighters – But Here We Are

 

Mais nous sommes (encore) ! Ainsi pourrait-on traduire le titre du dernier album des américains. Une réponse à l’interrogation légitime suite à la tragique et soudaine disparition de Taylor Hawkins: que vont-ils devenir? Déjà en 1994, Dave Grohl – batteur de Nirvana – avait géré la douleur provoquée par la mort de Kurt Cobain en quittant ses futs pour mettre sur orbite le satellite Foo Fighters. Aujourd’hui et à nouveau, Dave et sa bande repartent à l’aventure avec un onzième opus de rock efficace et sincère. Si But Here We Are est le signe du retour, il est aussi annonciateur d’un changement provoqué par le chagrin et le deuil. Musicalement l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé la marque de fabrique du combo quant il est au meilleur de sa forme: puissance, exaltation et intensité. Reste que pendant l’écoute des dix titres c’est le côté à la fois arty et sombre qui offre aux compos une orientation à laquelle on ne se serait pas forcément attendu. The Glass, Show me How, Beyond Me, Rest en témoignent en mode mid tempo. Avec The Teacher qui flirte avec le psychédélisme, le groupe signe également le titre le plus long de sa carrière discographique; 10 minutes qui après plusieurs changements de rythme s’achèvent en déluge sonique. Visiblement ce disque semble ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des Foo Fighters mais à l’évidence l’identité musicale et le talent sont préservés. N’est-ce pas l’essentiel?

Patrick BETAILLE, juin 2023

Rival Sons – Darkfighter

 

Avec des mélodies imparables, des déluges soniques et une authenticité à toute épreuve, il y a comme une fulgurance chez Rival Sons. Darkfighter, le dernier album des californiens a des allures de classique qui, à une époque, aurait pu concurrencer In Rock de Deep Purple ou Toys In The Attic d’Aerosmith. Pas d‘autotune, pas de métronome, pas de bidouillages post prod. C’est du pur jus heavy rock estampillé high energy mais pas que. Huit titres, 40 minutes jouissives sans esbroufe, des riffs lourds, du fuzz et quelques incursions acoustiques qui prouvent que les gars de Long Beach en ont encore sous le coude et qu’ils sont capables de renvoyer la concurrence jouer dans le bac à sable. Jay Buchanan offre des performance vocales de possédé en poussant sa tessiture au delà de ce à quoi il nous avait habitué. Les guitares de Scott Holiday malmènent le papier peint pendant que la basse de Dave Beste louvoie adroitement au milieu des tirs croisés cadencés par le jeu d’un Mike Miley qui pourrait prétendre à la digne succession de John Bonham. Bref, ça pulse velu, sans jamais tomber dans la caricature. Tout sonne vrai, même quand le répertoire flirte de façon éhontée avec la soul ou le shuffle bluesy. Je l’affirme haut et fort: ces frères rivaux méritent beaucoup plus d’attention que celle dont ils disposent actuellement et ils sont dignes d’intégrer les troupes d’élite du rock actuel. Quant à Darkfighter, il devrait devenir l’apanage des grands groupes qui enchantent les rockers depuis l’envol d’un certain dirigeable.

 

Patrick Hernandez – Born to be Alive

[Extrait]: Qu’on le veuille ou non, Born to Be Alive possède quelque chose d’universel. Né en France d’un père espagnol et d’une mère austro-italienne, Patrick Hernandez compose la chanson alors qu’il fait encore partie de PPH (Paris Palace Hotel), un trio qui œuvre sans succès dans le glam du milieu des années 70. À cause de ce manque de reconnaissance et d’une débâcle amoureuse, il songe un temps à abandonner la musique.
C’est alors que le producteur belge Jean Vanloo lui propose de venir travailler avec lui et d’enregistrer son titre – initialement une ballade – en mode disco… Enregistré et mixé en Belgique, le single sort en novembre 1978 sur le label français Aquarius et rencontre un énorme succès, d’abord en Italie où il est certifié disque d’or. La chanson se répand ensuite comme une traînée de poudre dans toutes les discothèques européennes et finit par atteindre les côtes américaines. C’est d’ailleurs dans le contexte d’une tournée promotionnelle aux USA que Jean Vanloo auditionne à New York les danseurs qui devront accompagner la star pendant les shows. Parmi ceux qui prétendent à intégrer la chorégraphie, une certaine Louise Veronica Ciccone – pas encore Madonna mais déjà capricieuse – qui ne sera pas retenue.
Porté par un engouement planétaire pour son tube, Patrick Hernandez devient multimillionnaire en quelques mois et n’effectue ses déplacements qu’en jet et limousine. À chaque apparition en public il parade devant des foules immenses en version dandy, costume trois pièces et canne à la main pour délivrer son message…
″ Je préfère avoir vendu 27 millions de disques d’un coup plutôt que d’en avoir vendu 1 million par an pendant 27 ans ″ déclarait-il dans une interview ; tu m’étonnes ! Souvent invité sur les plateaux de télévision du monde entier, il ressort régulièrement sa panoplie pour participer à des tournées nostalgiques (Stars 80) en hommage à un temps que les moins de 30 ans n’ont pas pu connaître.


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Gary Glitter – Rock and Roll

 

[Extrait]: Au début des années 60, Paul Gadd enregistre plusieurs titres sous le pseudonyme de Paul Raven. Sans aucun hit, lâché par plusieurs maisons de disques, le chanteur change de cap et se produit un temps en tant que chanteur dans l’orchestre d’un producteur, Mike Leander, avec lequel il se lie d’amitié. Après un séjour en Allemagne, Raven revient à Londres en 1968 pour retenter sa chance, en vain…
Profitant d’une session studio vacante suite au désistement de David Essex, les deux compères travaillent ensemble sur un morceau basé sur un rythme hypnotique ponctué de claps de mains et de chœurs incantatoires scandant : ″ rock and roll ! ″ dans une première mouture et ″ hey ! ″ dans une deuxième…
Finalement le single Rock and Roll Pt. 1 & 2 sort en double face A en 1972, attribué en l’état à Gary Glitter. Brillant n’est-il pas ?! Aussi brillant que le glitter rock auquel il rend hommage à grand renfort de maquillages, de paillettes, de tenues extravagantes et de platform boots qui, lors des promos, illuminent des émissions telles que Top of the Pops. L’une des plus grandes attractions du moment devient dès lors la source d’un énorme succès auprès de la jeunesse…
Mais la mode s’essouffle. Glitter aussi. En 1975 il part à l’étranger. En deux ans il claque tout ce qu’il a gagné. Déclaré en faillite, il pète les plombs et se retrouve impliqué dans plusieurs histoires de mœurs. Il tente un retour dans les années 80 mais la justice commence sérieusement à s’intéresser à son cas. Plusieurs enquêtes déboucheront en 1997 sur une condamnation à 4 mois de prison pour détention de données à caractère pédopornographiques… En 2012, alors que des scandales de pédophilie impliquant des vieilles gloires du show-biz secouent le Royaume-Uni, il est arrêté pour avoir sexuellement agressé  un certain nombre de jeunes filles au cours de années 70 et 80. Au bout du compte, le pervers est condamné à 16 ans de prison ferme en 2015…


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Donovan – Mellow Yellow

 

[Extrait]: Dans une interview au New musical Express, ce chanteur écossais déclarait : ″ Être Mellow, c’est être cool, relax, décontracté, un peu comme lorsque l’on pratique la méditation ″. Compte tenu du contexte flower power, le jaune pâle dont il est question peut paraître crédible. D’autant plus crédible qu’en 1968 c’est lui, Donovan,  qui incite les Fab Four à aller voir chez chez le Maharashi Mahesh Yogi s’il fait beau.
Quand Mellow Yellow sort en Angleterre en février 1967 (octobre 1966 aux USA), Donovan Phillips Leitch a 20 ans, joue du folk acoustique, baigne dans le psychédélisme et fréquente John Lennon. Il n’est donc pas étonnant qu’à l’époque les paroles de ce single cool et groovy soient perçues comme ayant été écrites sous l’emprise de substances hallucinogènes et fassent l’objet d’interprétations plus ou moins fumeuses. C’est ainsi que la ″ eletrical banana ″ évoquée dans le texte devient pour certains une allusion à la pratique consistant à extraire les fibres de la peau de banane et à les fumer après séchage, histoire de pouvoir planer à 5000 mètres, moteur arrêté…

Il n’en faut pas plus pour déduire que le musicien se défonce en fumant du safran et qu’il est obsédé par les adolescentes. À y regarder de plus près, Saffron et Fourteen sont en réalité des prénoms féminins ; rares certes, mais des prénoms quand même. Même perchées et sujettes à divagations, les paroles n’ont donc rien à voir avec des trips épicés et d’hypothétiques relations avec de jeunes filles prépubères…
Enregistrée avec des pointures de jazz, produite par Mickie Most (Animals, Herman’s Hermits, Jeff beck) et arrangée par le futur led Zep John Paul Jones, la chanson distille une instrumentation originale et raffinée qui met en valeur la voix et le jeu de guitare de l’artiste qui deviendra le porte-parole de toute une génération hippie, ″ Quite rightly ″ [NDLR à juste titre ].


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Blondie – Heart of Glass

 

[Extrait]: Quand ils se rencontrent en 1973, Deborah Harry et Chris Stein font partie d’un groupe new-yorkais, The Silettos. Il est guitariste, elle est chanteuse et, à la scène comme à la ville, ils sont en couple. En 1974, ils fondent un nouveau groupe qui doit son nom à la crinière peroxydée de Debbie : Blondie; surnom donné par les livreurs et taxi drivers qui lorsqu’ils croisent sa route l’interpellent : ″ Hey Blondie !
Avec un répertoire pop rock parfois teinté de ska ou de rhythm & blues et des interprétations simples, ironiques et agressives, le groupe parvient à trouver sa place sur la scène post punk alors en gestation… En 1977 arrive Plastic Letters, le deuxième LP accompagné du single Denis qui atteint la seconde place des classements britanniques et assure au quintet une réputation internationale grandissante, confirmée l’année suivante par Parallel Lines. Ce troisième opus représente un virage significatif pour Chris Stein et Debbie Harry qui s’intéressent alors de plus en plus à la musique électronique et à l’Eurodisco naissant… C’est ainsi qu’avec les sonorités disco de Heart of Glass ils vont pourtant connaître la gloire.
Problème ! Les paroles sont à l’origine d’une polémique. Debbie souhaite se démarquer de ces chanteuses pop qui pleurnichent sur leur sort en évoquant déceptions amoureuses et autres niaiseries sentimentales…
Avec l’album Parallel Lines ou avec les autres singles (Picture This et Hanging on the Telephone) qui en sont extraits, Blondie marque une rupture définitive avec le public punk des débuts qui reproche au groupe d’avoir vendu son âme et qui gueule : ″ Disco Sucks ! ″ [NDLR Le Disco c’est Nul!]. Sorti en janvier 1979, le single Heart of Glass devient numéro un aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Australie et en Autriche. John Lennon aurait, paraît il, envoyé une carte postale de New York à Ringo Starr; il lui conseillait d’écrire plus de chansons comme Heart of Glass.


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Mungo Jerry – In the Summertime

 

[Extrait]: Coiffure afro, rouflaquettes impressionnantes, dents du bonheur, c’est le look Ray Dorset, chanteur et guitariste d’un groupe connu sous le nom de The Good Earth. En 1968, Ray se consacre à la musique en dilettante et travaille chez TIMEX à Londres où il vit. C’est probablement à cause de perspectives professionnelles peu réjouissantes et pour des raisons de morosité climatique qu’il se met à composer. L’un des ses amis, Barry Murray, alors producteur chez Pye Records, lui offre la possibilité de signer avec la maison de disques. La formation change de nom pour adopter celui de Mungo Jerry…

Un premier single est enregistré. In the Summertime sort en mai 1970, juste après une apparition du groupe au Newcastle Hollywood Festival dans le Staffordshire, sur la même affiche (certes tout en bas) que Grateful Dead, Black Sabbath, Free et Traffic. Excusez du peu! Succès immédiat principalement dû au fait que la jeunesse reçoit les paroles en tant qu’hymne au soleil, à l’insouciance et à la liberté…
Retentissement étonnant pour ce titre qui, de l’Afrique du Sud à la Suisse, figure immédiatement en première place de tous les hit parades et deviendra – avec 30 millions d’exemplaires écoulés – le troisième single le plus vendu au monde, derrière White Christmas de Bing Crosby et Candle in the Wind de Sir Elton John. In the Summertime est à mille lieues des standards musicaux du début des seventies. Le temps d’un été, Mungo Jerry parvient pourtant à remettre à la mode le skiffle avec banjo, washboard, jug et piano ragtime…


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Patrick BETAILLE, avril 2023

Manfred Mann – Ha! Ha! Said the Clown

 

[Extrait]: Il ne s’agit pas de ÇA, le personnage maléfique de Stephen King, pas plus que de l’une des multiples représentations du Joker. Le clown en question est un comédien de stand up qui se produit dans un cabaret. C’est là que se rend le protagoniste de l’histoire; le moral à zéro, il veut se changer les idées et se payer du bon temps. Sur place, son attention est attirée par une jolie fille qu’il tente de draguer. Elle lui sourit. Il pense parvenir à ses fins, jusqu’au moment où la belle lui avoue qu’elle est mariée à l’humoriste des lieux qui s’empresse de se moquer de lui: ″ Ha Ha ″ dit le clown! ″…
Au cours de sa tournée des popotes, Hazzard finit par entrer dans les bureaux de Gerry Bron – alors manager de Manfred Mann – qui, séduit, propose que le titre soit enregistré par son groupe. Très peu enthousiastes à l’égard d’une composition qu’ils trouvent inintéressante, les musiciens finissent par céder devant l’insistance de Lillian Bron, l’épouse du manager. Enregistré début février 1967 dans les studios londoniens de Philips, le single sort le 24 mars.

Rapidement Ha Ha said the Clown figure en bonne position dans les classements de la presse spécialisée: quatrième place dans le Melody Maker et le New Musical Express…


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

The Equals – Baby Come Back

 

[Extrait]: Formé en Angleterre en 1965, The Equals était un groupe de pop anglaise composé de cinq musiciens dont Eddie Grant, auteur, compositeur et guitariste. Pour la première fois au Royaume-Uni, la formation intègre en son sein des blancs et des noirs jamaïcains, les jumeaux Dervin et Lincoln Gordon respectivement chanteur et batteur. Logiquement à l’époque, le répertoire du quintet s’appuie sur du ska teinté de rhythm & blues américain mais c’est avec un titre pop rock que la carrière de The Equals prend un tournant significatif avec Baby Come Back, une supplique pour le retour de l’être aimé…

Lors de sa première sortie en juin 1967, la chanson composée par Grant figure en face B de Hold Me Closer qui passe relativement inaperçu. Quelques mois plus tard, le label change de stratégie et réédite le 45 tours en mettant Baby Come Back en face A. Et ça fonctionne! En Allemagne tout d’abord, grâce à un disc jockey qui diffuse très largement ce qui deviendra un hit international, culminant en tête des ventes en Belgique puis au Royaume-Uni en juillet 1968…


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Patrick BETAILLE, avril 2023