Blondie – Heart of Glass

 

Quand ils se rencontrent en 1973, Deborah Harry et Chris Stein font partie d’un groupe new-yorkais, The Silettos. Il est guitariste, elle est chanteuse et, à la scène comme à la ville, ils sont en couple. En 1974, ils fondent un nouveau groupe qui doit son nom à la crinière peroxydée de Debbie : Blondie; surnom donné par les livreurs et taxi drivers qui lorsqu’ils croisent sa route l’interpellent : ″ Hey Blondie !
Avec un répertoire pop rock parfois teinté de ska ou de rhythm & blues et des interprétations simples, ironiques et agressives, le groupe parvient à trouver sa place sur la scène post punk alors en gestation. Après un premier album éponyme, Blondie fréquente assidûment le CBGB en compagnie de Television et des Ramones et se retrouve invité en première partie des concerts de Iggy Pop. En 1977 arrive Plastic Letters, le deuxième LP accompagné du single Denis qui atteint la seconde place des classements britanniques et assure au quintet une réputation internationale grandissante, confirmée l’année suivante par Parallel Lines. Ce troisième opus représente un virage significatif pour Chris Stein et Debbie Harry qui s’intéressent alors de plus en plus à la musique électronique et à l’Eurodisco naissant. Moins spontané et plus produit, l’album explore des horizons divers et commence à faire appel aux séquenceurs et aux boites à rythmes. C’est ainsi qu’avec les sonorités disco de Heart of Glass ils vont pourtant connaître la gloire.
Problème ! Les paroles sont à l’origine d’une polémique. Debbie souhaite se démarquer de ces chanteuses pop qui pleurnichent sur leur sort en évoquant déceptions amoureuses et autres niaiseries sentimentales. ″ Once I had a love and it was a gas. Soon turned out, it was a pain in the ass ″ [NDLR Une fois j’ai eu un coup de foudre. Ça a tourné court et ça m’a fait mal au cul] écrit-elle. Cul ! Le mot est lâché et certaines radios refusent de diffuser ce genre de vulgarité. Une autre version édulcoré est donc éditée à la va-vite : ″ Once I had a love and it was a gas. Soon turned out, I had a heart of glass ″ [NDLR Une fois j’ai eu un coup de foudre. Ça n’a pas duré, j’avais un cœur de verre].
Avec l’album Parallel Lines ou avec les autres singles (Picture This et Hanging on the Telephone) qui en sont extraits, Blondie marque une rupture définitive avec le public punk des débuts qui reproche au groupe d’avoir vendu son âme et qui gueule : ″ Disco Sucks ! ″ [NDLR Le Disco c’est Nul!]. Sorti en janvier 1979, le single Heart of Glass devient numéro un aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Australie et en Autriche. John Lennon aurait, paraît il, envoyé une carte postale de New York à Ringo Starr; il lui conseillait d’écrire plus de chansons comme Heart of Glass.

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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

 

le lundi c’est permis – Rouge!

[Shilpa Ahuja]: ″Red is not the color of the woman who hides in a corner. It’s the color of a woman who wants a new adventure everyday: never afraid to fail or fall″ – ″Le rouge n’est pas la couleur de la femme qui se cache dans un coin. C’est la couleur d’une femme qui veut vivre une nouvelle aventure chaque jour: elle n’a jamais peur de se tromper ou d’échouer″.

Quand elle appliquait cette devise, on peut dire que Debbie Harry avait vraiment le sens du détail. Cela dit, pas de rouge sur les ongles. Faute de goût qu’on lui pardonne! N’est-ce pas?! 

Patrick BETAILLE, août 2022